Mais s'il est vrai que la condamnation du terrorisme ou de la violence ouvrière (nécessairement minoritaire dans ses premières phases) est la pratique générale du réformisme et de la contre-révolution, en déduire que la violence ou que l'action armée est en soi révolutionnaire constitue une absurdité idéologique dont l'objectif principal est d'encadrer et de liquider les secteurs combatifs du prolétariat en les faisant servir un projet réformiste et bourgeois. Considérer que la lutte armée contiendrait en elle-même des vertus révolutionnaires ou des "perversions humaines", que la terreur est intrinsèquement bonne ou mauvaise indépendamment du programme de classe qui le développe, indépendamment du projet social porté par cette classe qui, inévitablement détermine la forme et le contenu réel de cette violence tout cela n'est qu'une vision morale similaire à celle des curés, idéalistes et volontaristes de tous types, en totale opposition à la conception matérialiste de l'histoire et constitue un obstacle à la pratique révolutionnaire. Il est certain que la révolution sociale sera nécessairement violente mais il est totalement erroné de prétendre que la violence conduit nécessairement à la révolution. Réforme et révolution ne se distinguent en rien du fait de l'utilisation ou non de la violence, mais bien par la pratique sociale globale au service ou à l'encontre de la reproduction réformée du système. La bourgeoisie aussi utilise la lutte armée dans sa guerre. Des fractions d'oppositions, des réformistes, des nationalistes en tout genre... ont recourt, depuis toujours à la violence et à la lutte armée afin de défendre leurs propres intérêts pour occuper ou participer à la direction de l'Etat, pour en changer la forme, pour imposer des variantes dans la forme ou le type d'accumulation capitaliste, variantes qui leur garantiront une plus grande partie de l'accroissement de survaleur... Aussi fortement armées qu'elles soient, aussi "révolutionnaires" que s'affirment être leurs dirigeants... ces luttes ne constituent en rien une affirmation de la révolution contre la réforme. Elles sont bien plutôt l'affirmation de la réforme et de la guerre capitaliste contre le prolétariat et la révolution.

TH43A : Thèse 43a