La démocratie "ouvrière" (c'est-à-dire le "gouvernement du peuple ouvrier") maintient toutes les médiations entre politique et économie, entre homme et société... propres au capital. Elle remplace le culte du parlement et des libertés de l'individu atomisé par celui des "soviets démocratiques", des "syndicats libres", des "assemblées générales souveraines", de l'"ouvrier libre".

Leur contenu est identique: dans les deux cas, le sujet n'est plus une classe subversive avec une direction et un programme révolutionnaires, mais l'individu libre, qu'il soit "ouvrier" ou non. Au mythe a-classiste du citoyen, du peuple, de la nation, version "démocrate bourgeoise", correspond le mythe tout aussi bourgeois des "ouvriers", des "masses prolétariennes" (définies sociologiquement), de la "majorité exploitée"... propre à la version "démocratie ouvrière". Une fois de plus, la terminologie "ouvrière" sert à cacher le substrat de la société capitaliste et à le faire passer pour une conquête ouvrière.


TH30 : Thèse 30