TRACTS

La vague de manifestations arrive au Kurdistan.

En même temps que les soulèvements révolutionnaires en Tunisie, Egypte, Yémen, Liban, Iran, Bahrein, Jordanie, la vague de luttes se manifeste au Kurdistan et dans d’autres villes, en Irak. Cette rupture commune et violente a libéré des forces révolutionnaires contre l’exploitation et nous montre la force de notre classe internationale. Cette vague internationale est le résultat d’une accumulation et d’un approfondissement d’un problème social que le capital n’est pas capable de solutionner. L’Etat est faible et incapable de nous fermer la gueule. C’est pourquoi nous avons pu nous exprimer sans qu’il nous la boucle avec une nouvelle carotte. A Souleymania, les bureaux du parti de l’Etat ont été attaqué par les jets de pierre des manifestants et ceci fait partie des actions du prolétariat international actuel. L’Etat en tirant sur les manifestants, en les tuant, les arrêtant, relance le terrorisme d’Etat de toujours, de même qu’à Pirra, Magrun et Halabja où les manifestations s’étaient propagées. Alors que là-bas on réprime, à Bagdad, Bassora, Kut, Wasset, les manifestants ont ébranlé la paix sociale, déstabilisé l’Etat et terrorisé nombre de ses membres. Ces manifestations n’ont rien à voir avec un changement de gouvernement, que réclame juste l’opposition bourgeoise “Changement” (un nouveau parti, constitué sur la base de la gauche du parti de Talabani, UPK - Ndr) et les fractions islamistes. Au contraire, tous ces partis vont main dans la main avec le gouvernement pour réprimer les manifestations. “Changement” ne nie pas cette collaboration et appelle publiquement à la paix sociale, comme le gouvernement et demande des réformes. L’Etat traite les manifestants de subversifs, étrangers, voleurs, en niant la profondeur sociale du mouvement, comme il l’a toujours fait. Pour affronter la terreur de l’Etat, nous devons:
1- nous organiser nous-mêmes, concentrer nos forces, pour généraliser le mouvement partout, en connectant toutes les parties de l’Irak et en créant des comités insurrectionnels révolutionnaires;
2- armer le mouvement contre la terreur de l’Etat;
3- attaquer les centres des partis de l’Etat et les brûler;
4- appeler les pauvres de ces partis bourgeois à rompre avec eux et à nous rejoindre, avec leurs armes;
5- appeler à la grève générale, à ce que personne n’aille travailler et à fermer bureaux, usines et administrations étatiques;
6- cracher contre les moyens de diffusion bourgeois et briser les caméras;
7- ne pas se concentrer dans un seul lieu pour ne pas faciliter le travail de répression.


GCI

février 2011


Appel à ceux qui luttent au Kurdistan et en Irak.

Les manifestations dans toutes les villes et villages du Kurdistan sont l’expression directe de la colère du prolétariat contre l’exploitation, contre l’Etat, et le résultat de la crise sociale, et la contradiction entre le travail et le capital. Ces luttes ne sont pas isolées de la chaîne de manifestations et de soulèvements en Grèce, en France, et plus tard, en Tunisie, Egypte et Libye et du reste du monde. C’est le début de l’éclosion d’une révolution sociale internationale qui touche aujourd’hui le Kurdistan. En ce sens, ces luttes sont une réponse des exploités du Kurdistan qui expriment que c’est la même classe qui lutte partout et donnent une continuité aux actions révolutionnaires de notre classe entamées ailleurs. Sans aucun doute, c’est la même lutte contre l’Etat partout, qui crée la panique et l’instabilité au sein de chaque Etat dans le monde.

L’ennemi essaie de dévier la lutte pour qu’elle ne touche pas les centres décisifs: Arbil (capitale du Kurdistan et siège du gouvernement), Kirkouk (centre pétrolier) et Duhok (siège central du PDKI et des affaires). Voici la tactique de l’État :
- d’abord, pour empêcher l’expansion de la protestation, faire venir d’ailleurs des forces militaires spéciales, pour entourer Souleymania ;
- ensuite, utiliser le Square de la Libération pour créer un centre permanent de célébration pour répéter jour et nuit des slogans patriotiques ;
- appeler à des réformes de la société civile, renforcer le civisme ;
- autres mesures: utiliser les gaz lacrymogènes, dénoncer les “casseurs”, les pilleurs, faire une propagande contre le terrorisme armé par l’étranger ;
- renouveler les saloperies autour de la “Libération de Kirkouk” pour réactiver le patriotisme.

Tous ces mouvements, d’après ce que nous savons, ont commencé par des petites expressions locales et avec peu de monde. Plus tard, la direction se transforma et devint puissante et a donné beaucoup d’énergie aux exploités pour briser le mur de la peur. Des milliers de militants et de combattants prolétaires ont affronté l’Etat. La classe dominante sait très bien que ce mouvement sonne l’alarme de sa propre mort, c’est pourquoi elle fait tout son possible pour nous séparer, nous individualiser, nous disperser, nous diviser par catégories, empêcher la généralisation des manifestations. Dans ce sens, toutes les fractions de L’Etat, avec l’aide des médias, des collaborateurs de l’Etat (par exemple les écrivains, les profs d’université, tous ceux qui parlent au nom du peuple), se mettent secrètement d’accord avec l’Etat pour défendre le parlementarisme et détruire la révolution sociale. D’un côté, la terreur, les arrestations, les assassinats, les emprisonnements, les disparitions, et comme ce n’est pas assez efficace, la cooptation des personnes les plus représentatives (les religieux, les réformistes), les gens acceptables qui ne veulent que réformer le nouveau et “ fragile Etat kurde ”, dont il faut “ préserver la jeune expérience ”. Quelle expérience veulent-ils défendre quand ils disent, au nom de l’Etat capitaliste: tais-toi et ne lutte pas?! Nous leur répondons : vous êtes une partie de l’Etat mondial, mais nous faisons partie de cette situation révolutionnaire, qui, avec sa propre expérience, s’étend partout, jalon après jalon, par ses victoires sur le capital mondial, y compris l’Etat au Kurdistan.
L’Etat veut pacifier et citoyenniser la lutte, avec la permission de la police et, face aux caméras des médias, il nous demande de dire au monde qu’on veut des réformes, de nouvelles élections et seulement changer de gouvernement. Ils font cela parce qu’ils ont peur de la généralisation de la lutte à d’autres régions.

Nous déclarons de nouveau : organisons-nous nous-mêmes, dans une même communauté de lutte, généralisons le mouvement partout. C’est notre force et la seule garantie de la victoire pour détruire cette société inhumaine.

Vive le soulèvement du prolétariat !
A bas le système du travail et l’Etat !
En avant pour la révolution communiste !

Groupe Communiste Internationaliste
février 2011.


Contre la dictature de l’économie

Vive la révolte internationale du prolétariat !


Quelle est la différence entre ces révoltes dans le “ monde arabe ” et les révoltes précédentes en Amérique latine, en Grèce ou dans les banlieues françaises ? Quelle différence peut-il y avoir entre les luttes des prolétaires en Algérie, Tunisie, en Égypte, en Lybie, au Bahreïn, en Syrie, au Yémen… et en Bolivie, en Chine? Elles n’ont pas de causes différentes, elles n’ont pas d’ennemi différent, elles n’ont pas de perspectives différentes. Si elles éclatent encore de manière décalée dans le temps, c’est d’une part en raison de la capacité du capital mondial à attaquer paquet par paquet le prolétariat, à étaler les plans d’austérité en fonction des directives des appareils de contre-insurrection, et d’autre part à cause de l’incapacité du prolétariat à coordonner ses propres luttes.
Les grands moyens de désinformation que sont les médias ont fait l’impossible pour occulter la réelle force de la révolte prolétarienne. Pour la bourgeoisie, la perspective que sa domination soit déstabilisée n’est pas de la fiction : il faut à tout prix éviter que cette lutte ne devienne un exemple pour d’autres prolétaires dans le monde. Tout doit y être présenté comme différent de nous, sauf la mystification démocratique qui serait le paradis pour tous ! La lutte sociale à laquelle nous assistons dans une partie chaque fois plus étendue de la planète n’est pas une lutte pour plus de démocratie, ni pour imposer telle ou telle secte religieuse, et ce n’est pas seulement une lutte contre tel ou tel dictateur. Il s’agit d’une profonde révolte sociale contre le capitalisme mondial qui condamne une part chaque fois plus grande d’êtres humains à devoir supporter de plein fouet la catastrophe de ce système social.
Les augmentations de prix des céréales, des légumes, de la viande… se sont à nouveau généralisées fin 2010 et début de cette année. Les révoltes en Tunisie, Algérie, Égypte, Palestine, Irak, Libye, Syrie… sont d’abord et avant tout des révoltes d’une même classe sociale et pour les mêmes raisons. La survie est chaque jour plus difficile, la lutte contre l’oppression capitaliste chaque jour plus nécessaire. C’est cette identité de nécessités et de perspectives que l’on tente le plus d’occulter derrière des idéologies de “ révolutions démocratiques ” et/ou religieuses.
Il est vrai que la révolte attaque frontalement la domination politique formelle de tel ou tel pays, de tel ou tel dictateur soudainement présenté comme monstrueux par les dirigeants des États-gendarmes. Rien de plus logique que le soulèvement prolétarien éclate d’abord contre les oppresseurs de leur propre État. Rien de plus normal, quand le terrorisme d’État ne s’en sort pas dans une région du monde, que la bourgeoisie comme classe mondiale laisse tomber ceux qu’elle a toujours appuyés. Comme il est normal que les fractions bourgeoises d’opposition qui souhaitent en finir avec la révolution le plus rapidement possible crient à la “révolution démocratique” ou déterminent que l’objectif de celle-ci est uniquement la liquidation d’un tyran.
Au-delà de la liquidation de tel ou tel chef d’État haï, ce qui fait des différentes révoltes une seule lutte mondiale, c’est cette lutte fondamentale pour la survie, la lutte pour la vie contre le monde mortifère du capitalisme, contre la dictature du marché et du profit. Ce qui est important ce n’est pas ce qui figure sur chaque drapeau ou consigne mais de voir que la négation de tel ou tel personnage contient en même temps la négation du monde capitaliste et donc la possibilité que le prolétariat sous d’autres latitudes se reconnaisse dans ces luttes.
Nous saluons l’attaque des prolétaires contre les bastions et symboles de chacune des dictatures régionales, contre chacun des tyrans, des tortionnaires. Mais dans ces attaques nous réaffirmons l’universalité de cette lutte qui surgit de la contradiction générale entre capitalisme et humanité, entre capital et terre, entre la survie de ce système social et la nécessité pour l’espèce humaine de détruire pour toujours ce système social mondial.
S’il s’agit évidemment de lutter contre la dictature, ce n’est pas contre telle ou telle dictature politique particulière mais bien plus largement contre la dictature sociale et générale du capitalisme.

Vive la lutte contre tous les dictateurs !
Vive la lutte contre la dictature sociale et mondiale !

La fabrication idéologique des “ révolutions démocratiques ” n’est évidemment pas seulement une question idéologique. Les drapeaux que les campagnes d’information relaient et promeuvent sans cesse sont en même temps les limites du mouvement même du prolétariat. De plus, toutes les agences de sécurité, les forces militaires et les structures d’espionnage et de sabotage agissent pratiquement pour transformer ces profondes révoltes sociales en simples luttes politiques entre fractions bourgeoises, entre puissances impérialistes.
Face au prolétariat mondial, et particulièrement quand celui-ci réaffirme sa perspective révolutionnaire internationale de détruire le capitalisme mondial, quand la voie des réformes ne suffit plus à neutraliser la force sociale de la classe prolétarienne, la bourgeoisie internationale a comme unique perspective la destruction de cette force en la canalisant dans des polarisations interbourgeoises et interimpérialistes.
C’est à cette réalité qu’obéissent les actions militaires menées en Libye sous la direction des États-gendarmes. Elles ne veulent pas seulement s’approprier le pétrole libyen ni faire prévaloir leurs intérêts particuliers comme fractions bourgeoise. Leurs actions continuent à avoir le même objectif que celui de Kadhafi : liquider la révolte prolétarienne ! Ranger les combattants dans l’un ou l’autre camp impérialiste !

Contre la guerre impérialiste : la guerre sociale !
La lutte des prolétaires au Maghreb et au Moyen Orient est notre lutte !
L’ennemi c’est le capitalisme et la dictature du marché mondial.
L’objectif est le même partout : la révolution sociale !
Destruction du capitalisme et de l’État !

Groupe Communiste Internationaliste – Mars 2011
http://gci-icg.org et notre email info@gci-icg.org

LA LUTTE PROLÉTARIENNE DANS D’AUTRES PAYS EST NOTRE LUTTE !


La lutte actuelle dans d’autres pays : tunisie, égypte, libye, yémen, bahreïn, oman, jordanie, maroc, irak, iran, arabie saoudite, côte d’ivoire, bangladesh, corée du sud, chine, islande, angleterre, france, irlande, espagne,portugal, italie, turquie, grèce, états-unis, brésil, chili, bolivie,… [ les noms de pays sont en minuscule dans l’original - ndr] est notre lutte parce que l’actuelle et catastrophique crise capitaliste est mondiale et nous attaque nous, les prolétaires de partout, en intensifiant notre exploitation; parce que les conditions précaires de vie des prolétaires de là-bas sont les mêmes que les prolétaires d’ici; parce que les frères de classe sous ces latitudes sont occupés à lutter en réponse à cette crise et aux conditions d’existence qu’elle provoque; parce que, comme le capital, nous, les prolétaires, nous n’avons ni patries ni frontières; parce que notre classe et notre lutte sont mondiales.
Ce n’est pas en vain si la rage sociale qui s’est accumulée et qui s’est déchaînée sous la forme de révoltes dans un pays ou un coin du monde se transmet de manière vertigineuse dans d’autres pays, tel un effet domino ou une traînée de poudre. Elle a ouvert de la sorte la possibilité pour que cette nouvelle vague de luttes s’étende aussi aux pays sud américains comme en équateur, où la contre-révolution citoyenne et le capitalisme du 21ème siècle peuvent encore maintenir ahuri démocratiquement la majorité de la population avec de bons cadenas sabatinas (ndr.: exercice médiatique du président Correa qui tout les samedis adresse un discours public pour justifier sa gestion), des débats sur des lois, des “ consultations populaires ” et, en général, sur des sujets purement bourgeois et secondaires sur lesquels s’entretiennent les droites et les gauches du capital en déviant volontairement l’attention de ce qui est réellement important: nos conditions matérielles d’existence, la crise mondiale, la lutte des classes… Équateur où en même temps, le chômage, le sous emploi, la précarité, la pauvreté, la déprédation de la nature, la cooptation pour la répression de la protestation sociale, en d’autres mots, là où l’exploitation capitaliste et l’oppression étatique sont à l’ordre du jour et continuent à faire des siennes.
Il est donc fort probable que les effets de la crise capitaliste actuelle ne tardent pas à se faire sentir avec force dans nos poches et dans nos estomacs, quand cette même crise mondiale oblige le gouvernement du patron-flic Correa –grenouille de bénitier, ennemi de notre classe– à imposer des mesures d’austérité. En réponse à cela, nous, les prolétaires, nous devons nous lancer dans les rues (comme nos frères/sœurs prolétariens au moyen-orient et en grèce) pour lutter contre la pénurie, la faim et la misère causées uniquement par cette maudite dictature démocratique de l’économie. Pour lutter en profondeur, pour tenter d’émanciper nos vies des griffes du travail, de la routine, de la propriété privée, de l’argent, de l’Etat, de la police, de la patrie, des institutions, des idéologies, des chefs, de la concurrence, de l’individualisme; et, dans le feu de la lutte, côte à côte avec nos frères/sœurs de classe, tenter d’arrêter d’être des marchandises et tenter de reconstruire notre authentique communauté humaine mondiale contre le capital, pour vivre une vie qui mérite d’être vécue. Cela n’est déjà plus une utopie; ça ne l’a jamais été, c’est une possibilité depuis qu’existe le capitalisme et aujourd’hui s’ouvre à nouveau le chemin grâce au nouveau cycle mondial de luttes prolétariennes qui est en train de remettre en question l’ordre social bourgeois.
Si la révolte prolétarienne vient à éclater dans ce coin, il est alors fort probable que tout le pouvoir bourgeois-étatique, apparemment si solide et indestructible, commence à être remis en question et à être contesté dans les rues. Que toute forme de prison étatique et sociale commence à s’effondrer ! Et au plus haut se situe le vol de ces gouvernements capitalistes, populistes et répressifs du “ socialisme du XXI siècle ”, au plus dure sera leurs chutes. Les dernières manifestations des prolétaires en bolivie contre les mesures économiques gouvernementales lancent des signaux clairs à ce propos… Et au centre de ce scénario possible: les nécessités humaines réelles, la vie même qui se pose antagoniquement au capital et à l’Etat.
Les bourgeois et les hommes politiques de ce pays et des autres, même s’ils le dissimulent ou l’occultent bien, sont déjà en train de grincer des dents de peur face au fantasme du prolétariat en lutte, au fantasme du communisme. De fait, les luttes contagieuses que livre notre classe dans divers endroits sont la preuve la plus irréfutable que le monde capitaliste entier se trouve aujourd’hui soumis à une catastrophe irréversible à long terme. Le capitalisme ne peut plus apporter une solution de fond et durable à ses contradictions ! Le capitalisme est devenu absolument incompatible avec toutes formes de vie qui existe sur la planète, parce qu’il la rend malade et la détruit complètement (en provoquant ainsi les dites “ catastrophes naturelles ”) ! La seule chose que puisse nous offrir ce système c’est la misère, la barbarie, la dévastation et la mort: les tragédies en libye et au japon ne sont rien d’autre que des exemples de cette catastrophe capitaliste !
Cependant, la crise mondiale actuelle ne signifie pas la fin du capitalisme, puisque celui-ci s’alimente de ses crises pour se renouveler et maintenir son fonctionnement “naturel” basé sur l’exploitation et la domination sur notre classe. C’est pourquoi, nous ne croirons pas complètement en la crise du capital tant que les bourgeois et leurs laquais ne commenceront à se suicider en masse, et pas avant que nous, les prolétaires, nous ne commencions à comprendre dans cette lutte que l’unique solution radicale et totale à la crise du capitalisme est la révolution sociale, la destruction insurrectionnelle de ce système qui nous détruit quotidiennement et la construction d’une société sans exploiteurs ni exploités, sans oppresseurs ni opprimés : le communisme, l’anarchie…
Malgré les limites et les obstacles des révoltes en cours (manque de constitution du prolétariat en sujet révolutionnaire avec un programme et une force propre, illusions démocratiques et nationalistes, manque de coordination internationale de ces révoltes, répressions sanguinaires –qui a fait des milliers de morts– et/ou des “ réformes démocratiques ” faites par l’Etat, etc), il n’y a aucun doute sur le fait que le lion prolétarien n’est par un géant endormi. Il se réveille. Il réémerge, il résiste, il contre-attaque et ce n’est que le début…
Comme nous l’avons déjà dit, il est fort probable que cette traînée de poudre s’étende et arrive à cette région de la planète. Même comme ça, rien ni personne ne peut le garantir. C’est une possibilité qui, pour qu’elle se concrétise, dépend de nous-mêmes, ceux qui n’ont rien à perdre, les prolétaires. En luttant pour satisfaire nos besoins vitaux, ce que nous faisons ou arrêtons de faire autonomement en tant que classe contre le système capitaliste est déterminant pour que cela se passe. Et c’est précisément pour cela que nous lançons un appel. Rien ni personne ne peut non plus garantir une victoire. Il ne faut pas se faire d’illusions. Ce qui est certain c’est que “ si nous luttons, nous pouvons perdre, mais si nous ne luttons pas, nous sommes perdus ”.
Alerte, prolétaires d’ici et de partout ! La solidarité internationaliste de classe est aussi notre arme ! Empoignions la contre nos ennemis ! Diffusons ces luttes prolétariennes internationales, tirons des leçons de celles-ci et multiplions-les ! Luttons contre “ notre ” “ propre ” bourgeoisie et “ notre ” “ propre ” Etat ! L’ennemi et la lutte de notre classe sont les mêmes partout ! Faisons de l’agitation, organisons-nous, résistons, luttons avec les moyens qui sont à notre portée pour que l’incendie de ces révoltes contre le capital s’étende, arrive ici et ailleurs, continue et se radicalise, jusqu’à se convertir en guerre de classes mondiale et en révolution communiste mondiale !

Le capitalisme est en crise ? Qu’il explose une bonne fois pour toutes !
Le capitalisme ne se réforme pas, ni ne se soigne, il est à détruire !
L’unique solution ? Le Communisme et l’Anarchie !
Contre la dictature démocratique de l’économie, imposons la dictature de nos besoins humains !

Notre classe prolétarienne n’a pas de patries !
Solidarisons-nous avec les luttes prolétariennes dans d’autres pays
en luttant contre “ notre ” “ propre ” bourgeoisie et “ notre ” “ propre ” Etat !
Pour la Guerre de Classes Mondiale !
A bas tous les Etats et toutes les frontières !
Luttons pour la Révolution Prolétarienne Mondiale !


Proletarios Salvajes
Quito (équateur) Mars 2011. 12
comunismoobarbarie@gmail.com

Le même cœur, la même nécessité de vivre… nous changerons le monde de base !

Les travailleurs du monde entier sont les seuls qui puissent en finir avec l’exploitation et l’oppression sociale capitaliste et nous affranchir de la misère dans laquelle se décompose toute l’humanité. Ceci n’est pas une création idéologique de notre part ni une invention prophétique communiste mais bien une réalité historique qui se rebelle contre toute idéologie bourgeoise et qui se manifeste par de massives et combatives luttes prolétariennes partout dans le monde.

Le prolétariat démontre une fois de plus sa condition de classe révolutionnaire, tout le monde vibre au rythme des derniers événements en Egypte et dans les pays voisins. Les bourgeois pleurent, se réunissent, conspirent, font appel à leurs économistes, conseillers et prophètes, ils ne savent pas quoi faire avec les révoltes et les soulèvements des exploités. Des milliers de nos frères se lèvent, rompent les chaînes qui les attachent à la machinerie bourgeoise et prennent leur vie en main. Il ne leur reste pas d’autre chemin, ils se regardent, et voient la même douleur dans leur vie, la même plainte pour le futur de leurs enfants, l’indignation face à l’injustice, et le plus important : ils voient qu’il n’y a qu’eux qui puissent changer leur existence infâme. Les grèves, les protestations dans la rue, la prise de locaux, les barricades, les débats spontanés, l’organisation autonomes des quartiers, les saccages collectifs sont les strophes de la poésie appelée révolte sociale.

Ils n’ont jamais rien eu, nous qui écrivons ceci le savons très bien, nos frères qui ont défié le couvre-feu, les tanks, les bombes lacrymogènes, les balles, les policiers et militaires. Peur de mourir ? Tous les jours nous nous levons et nous existons pour travailler, enrichir quelqu’un d’autre, faire ce qu’on nous ordonne et être jeté à la rue quand nous “ coûtons ” trop cher ; la seule peur que nous pouvons avoir est de passer dans ce monde et ne pas savoir ce que c’est de vivre pour de vrai. C’est le moteur de la lutte et aussi la preuve que la classe travailleuse se réveille, les balles ne peuvent détruire l’espoir d’un monde nouveau, et que nous sommes les seuls à pouvoir émanciper l’humanité de la servitude salariée.

Les quartiers du Caire, de Suez et d’Alexandrie existent pour lutter, le poing levé est la constante en ces lieux. Nous sommes si loin géographiquement de ces quartiers et en même temps si proches des intérêts qui se défendent là-bas ! Nous autres, un secteur des travailleurs du Pérou, nous faisons aussi partie de cette grande masse dépossédée, qui vit et ressent la même exploitation, la même misère, la même pourriture d’un système qui s’alimente de notre vie, de nos fils et de leur innocence, de nos parents et de leur fatigue, de nos frères et de leur jeunesse, de nos rires, joies et rêves. Mais nous faisons partie aussi de l’espoir d’un pouvoir qui surgit, d’un poing qui se lève et frappe, bien qu’à tâtons, mais chaque fois plus près de l’objectif, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, la Grèce, la Tunisie, l’Algérie, la Chine, le Bangladesh et maintenant l’Egypte… Nous faisons partie d’un géant qui commence à se réveiller, un géant qui commence à se souvenir de ses anciennes batailles contre le démon anthropophage appelé capitalisme et voit un futur prometteur.

La classe des exploiteurs, les maîtres de tout, les maîtres du monde, et ceux qui se sont emparés de notre vie, veulent nous faire penser que les luttes que nous sommes en train de développer ont pour but d’atteindre la démocratie, d’expulser quelque politicien corrompu, trouver plus de liberté à l’intérieur du capitalisme. Ils veulent nous faire croire que nous luttons seulement pour réformer l’exploitation et la misère, que nous ne luttons pas pour en finir avec ce monde bourgeois, la racine de nos problèmes, mais bien pour le rendre “ un peu meilleur ”. On ne va pas leur permettre de nous duper, d’ici nous dénonçons ces idéologues bourgeois qui, déguisés en défenseurs de nos droits, sont des gauchistes, des nationalistes, des social-démocrates, qui veulent nous faire dévier de notre lutte parce qu’ils veulent nous diriger, ils veulent que nous donnions notre vie pour leur amener le pouvoir et continuer la servitude et l’esclavage. Nous seuls, travailleurs, organisés de façon autonome, pouvons créer un nouveau pouvoir pour décider quoi faire de nos vies et le monde que nous sommes les seuls à pouvoir faire bouger ou arrêter.

Pendant que nous sommes en train d’écrire cette sorte de déclaration, en Egypte se réunissent des millions de nos frères, sans peur et le cœur à nu, l’humanité retient son souffle, son existence dépend uniquement de nos futures luttes. En réalité nous ne savons pas comment se terminera ce processus de combat, cette étape de la lutte historique des exploités contre les exploiteurs, nous ne savons même pas si le poids des idéologies religieuses et gauchistes aura imprégné nos frères. Mais ce que nous savons c’est que cela ne s’arrêtera pas avec une réforme et le départ d’un président. Chaque génération prolétarienne se nourrit des luttes, prend confiance en elle-même, dans l’ensemble des leçons que la classe nous a laissées. La solidarité a été et sera présente dans ce processus, il n’y a que lorsque nous sommes unis que nous sommes forts. Qu’importe comment finira cette bataille, ce sera une grande avancée pour nous dans cette guerre contre le capital.

Notre victoire finale se rapproche chaque jour, elle n’est maintenant plus aussi lointaine que nous le pensions, bien qu’il reste un long chemin à parcourir. L’exemple de l’Egypte comme celui de la Grèce et de la Tunisie alimente l’esprit révolutionnaire et montre le chemin que nous devons suivre, ce sont les étincelles de la grande explosion que sera la révolution.

D’ici nous sentons l’ambiance de la lutte prolétarienne au Caire, Suez et Alexandrie, depuis le Pérou nous ressentons cette émotion indescriptible de nous savoir vivants, de savoir que rien ne fut vain, que l’histoire nous appuie, et que le futur attend d’être construit par l’humanité libre de l’esclavage salarié, libre des classes sociales, libre de l’exploitation. Bien que le chemin ne soit pas encore clair, et que nos coups soient mal ciblés, quelle joie nous ressentons en sachant que nous nous libérons des vieilles attaches, que la classe commence à reconnaître son vrai ennemi et à savoir quelles formes l’affrontement doit prendre ! Les armes de la classe ont été déployées massivement : Le Débat, Les Assemblées, La Grève, La Réflexion, La Solidarité, La Confiance dans le Futur…

Nous terminons en remerciant de tout cœur nos frères travailleurs qui sont en train de lutter, nous sommes une partie de vous, vous nous avez remplis de joie, vous avez rempli nos veines de sang révolutionnaire. Avec vous, nous ferons partie de la révolution mondiale de demain.

Alerte prolétaires, un nouveau monde nous attend !

Prolétaires de tous les pays unissons-nous !

Groupe d’Eclaircissement Communiste.
http://esclarecimientocomunista.blogspot.com/

Lutte de classe au Maghreb et au Machrek 1…
Lutte de classe dans le monde entier…

Depuis des semaines et des mois, un fort mouvement secoue le soi-disant “ monde arabe ”, qui n’est rien qu’une partie de l’ensemble du monde du capital. Des pays comme la Tunisie, l’Egypte, le Yémen, Bahreïn, la Libye, la Syrie, etc., des villes comme Tunis, Gafsa, Sfax, Kasserine, Le Caire, Alexandrie, Suez, Sanaa, Aden, Tripoli, Benghazi, Misrata, Tobrouk, Damas, Deraa, Latakieh, Homs, etc. sont en feu et brûlent de notre colère sociale. Protestations et manifestations, affrontements avec la police et les unités spéciales, grèves massives et violentes, pillages, incendies de banques et d’institutions de l’Etat, actions de solidarité et agitation, mise en place de comités et de “ shoras ”… tout cela et beaucoup d’autres choses sont des expressions du mouvement prolétarien qui s’est développé à travers ces régions. C’est notre perspective de classe qui émerge de ces “ révoltes populaires ” – tant en organisant des structures afin de distribuer de la nourriture et de l’aide médicale en-dehors et contre les rapports d’échange comme à Misrata par exemple, que lorsque des ouvriers détruisent le quartier général du syndicat officiel égyptien, ou encore lorsque des manifestations de défaitisme révolutionnaire éclatent en Arabie saoudite contre leurs “ propres ” troupes qui sont envoyées pour écraser la rébellion au Bahreïn.
Les médias continue cependant à décrire le mouvement soit comme une lutte contre la dictature et pour la démocratie, soit comme une action de vandales irresponsables et d’agents provocateurs payés par la CIA ; ces deux versions ayant pour but de toujours occulter et falsifier la véritable et profonde nature de notre mouvement de classe. Sarkozy, Obama, Cameron, Ban Ki-Moon, Schwarzenberg ou Chavez, aussi bien que d’innombrables autres analystes et journalistes politiques et militaires, tous nous offrent telle ou telle explication du mouvement. Ce n’est pas surprenant. Ils le dépeignent de la façon qui corresponde le mieux aux intérêts bourgeois. Et ces intérêts sont clairs : maintenir son ordre mondial, ébranlé par le mouvement prolétarien, par tous les moyens possibles en poussant ses fractions indésirables à quitter le pouvoir et en proclamant “ la révolution victorieuse ” d’un côté (comme en Egypte ou en Tunisie), et écraser les rebelles en envoyant des unités spéciales et des armées contre eux (comme au Bahreïn) d’un autre côté. Quelle que soit la méthode, la tâche est la même – prévenir l’extension du mouvement à “ nos pays bien-aimés ” en insistant sur le fait que les événements sont déterminés par les conditions spécifiques comme les “ régimes autoritaires ”, la “ mentalité moyen-orientale ”, les “ rapports tribaux ”, l’“ avidité pour le pétrole des conspirateurs impérialistes ”, etc. En dépit du fait qu’une telle possibilité n’est pas encore à l’ordre du jour ici, son fantôme hante la bourgeoisie européenne (sûrement plus en Grèce, au Portugal ou en Irlande qu’en République tchèque) et la bourgeoisie dans le monde entier.
C’est parce que c’est la réalité matérielle de la vie partagée par tous les prolétaires autour du globe ; la réalité de l’exploitation, de la pauvreté et de la terreur d’Etat qui est la véritable raison de toute lutte de classe. Hausse des prix des produits de base comme la nourriture, l’essence, l’eau et l’électricité, augmentation du taux de chômage et généralisation des conditions de travail précaires pour ceux qui ont encore un boulot, baisse du salaire réel, problèmes de logement, les prolétaires à travers le monde doivent faire face à cette situation, de l’Europe centrale à la Russie, de l’Amérique du Nord à l’Indonésie, et tout ces problèmes sont aussi la vraie cause du mouvement de l’actuelle lutte de classe au Maghreb et au Machrek.
C’est parce qu’aucun changement de gouvernement ou de régime ne peut résoudre ces problèmes car ils sont le modus vivendi du capital. Grèves, émeutes et expropriation collective de marchandises continuent encore même après que Moubarak et Ben Ali aient été renversés, et que de nombreux gouvernements soient tombés. Les ouvriers textiles d’El-Mahalla El-Koubra ainsi que les ouvriers du canal de Suez ou les ouvriers agricoles et d’autres partout en Egypte ont lancé un mouvement de grève massif pour une augmentation du salaire minimum et contre les prix élevés de la nourriture. Farouchement dénoncé par toutes les fractions bourgeoises en Egypte (l’armée mais aussi les Frères musulmans ou la clique de Mohamed El-Baradei), le mouvement de grève continue en Egypte (comme en Tunisie), en défiant directement son interdiction émise par le gouvernement militaire. Le “ Conseil National de Transition ” libyen (CNT) revendique comme objectif la “ restauration de la vie civile habituelle ”, ce qui en réalité signifie la dépossession des prolétaires de leur propre vie et de son organisation. En désarmant les insurgés et en restaurant le monopole de la violence en faveur de l’Etat, le CNT organise des gardes armés pour maintenir l’ordre sur les champs pétroliers et les raffineries qui avaient subi des actions de grève au début du soulèvement.
C’est parce que tout mouvement prolétarien contient les graines du renversement du capitalisme et exprime la perspective de la communauté humaine sans classe qui se construira sur les cendres de ce vieux monde. Le mouvement prolétarien au Maghreb et au Machrek exprime cette perspective d’une façon limitée et avec beaucoup de faiblesses mais de façon suffisamment forte pour révéler les intérêts prolétariens qui sont antagonistes à ceux des bourgeois. En Libye, le mouvement fit un pas en avant et a organisé une insurrection qui a obligé la bourgeoisie à intervenir (via les bombardements de l’OTAN ainsi que les négociations diplomatiques) et à créer deux camps : la nouvelle/vieille (la moitié d’entre eux sont des hauts fonctionnaires de l’ancien régime) fraction bourgeoise organisée dans le CNT et le “ colonel socialiste ” Kadhafi (l’associé commercial bien-aimé des fractions bourgeoises occidentales jusqu’à très récemment), afin de détourner la frontière entre prolétariat et bourgeoisie, et de transformer la guerre de classe en une guerre civile sanglante.
En Egypte, Tunisie, Libye, Irak, Syrie, au Yémen et Bahreïn, en Grèce et Chine, au Royaume-Uni, Wisconsin et Chili… en République tchèque… partout dans le monde, le capital nous offre soit de mourir lentement au turbin quand il a besoin de notre force de travail, soit la destruction physique de nos vies quand il n’en a plus besoin.

En Egypte, Tunisie, Libye… ce sont nos frères et sœurs de classe, c’est notre classe qui lutte contre le capital et son Etat.
Leur lutte est la nôtre !
Affirmons sa perspective prolétarienne
contre toutes les mystifications démocratiques !

Groupe Guerre de Classe - Avril 2011 - http://www.tridnivalka.tk - E-mail : tridnivalka@yahoo.com


1. Contrairement à l’idéologie euro-centriste qui ne peut considérer le monde qu’en tant qu’entités séparées avec un centre (l’Europe et l’Amérique du Nord) et la périphérie (le reste du monde), nous préférons utiliser les termes arabes “ Maghreb ” (qui signifie le “ Couchant ”) et “ Machrek ” (le “ Levant ”), c.-à-d. l’ouest et l’est de l’aire “ arabo-musulmane ”, plutôt que les expressions Proche- et Moyen-Orient… Proche de quoi ? De l’Europe, bien sûr !

Qu’ils s’en aillent tous !

Nous sommes nombreux à avoir ces jours-ci conflué dans les rues pour protester. Nous nous sommes tous identifiés au refus des partis politiques, des syndicats, des employeurs… Nous nous sommes avant tout rendu compte que nous sommes arrivés à la limite. Qu’on en a ras-le-bol d’être les parias de ce monde. Que nous ne supportons plus que quelques-uns se remplissent les poches et vivent comme des rois, tandis qu’à nous autres, on nous sert la vis au-delà de toute limite, avec l’excuse de maintenir la santé de la sacro-sainte économie. Que nous savons que pour changer cela nous devons lutter nous-mêmes en marge des partis, des syndicats et autres représentants qui prétendent être nos représentants.
Plus que tout, cette réalité exprime une question fondamentale qui affecte le monde entier : la contre-position des besoins et intérêts entre l’économie et l’humanité. Cela nos frères rebelles, en Afrique du nord, l’ont parfaitement compris, cela nous le comprenons aujourd’hui, ici, quand la situation est déjà insoutenable pour nous tous et que nous sortons pour lutter. Nous avons supporté l’insupportable, nous avons souffert d’une dégradation de nos conditions de vie qui ne s’est pas produite depuis des décennies. Mais finalement nous avons dit basta !, et nous sommes ici, exprimant notre refus de tout ce système infernal qui transforme notre vie en marchandise.
Nous voulons exprimer avec force notre refus tranché de l’étiquette de citoyen. Sous celle-ci s’agglutine toute bête vivante depuis le politique au chômeur, depuis le dirigeant syndical à l’étudiant, depuis l’employeur plein aux as à l’ouvrier le plus misérable ; on mélange des conditions de vie totalement antagoniques. Pour nous il ne s’agit pas d’une lutte de citoyens. C’est une lutte de classe entre exploités et exploiteurs, entre prolétaires et bourgeois, comme disent certains. Chômeurs, travailleurs, étudiants, pensionnés, émigrants… formons une classe sociale sur laquelle retombe, dans une plus ou moins grande mesure, tous les sacrifices. Les politiciens, les banquiers, les patrons… forment l’autre classe de la société, celle qui bénéficie, également dans une plus ou moins grande mesure, de nos pénuries. Celui qui ne veut pas voir la réalité de cette société de classe, vit au pays des merveilles. Arrivés jusqu’ici en protestant sur les places de nombreuses municipalités du pays, il est l’heure de réfléchir, de concrétiser nos positions, d’orienter bien notre pratique. L’hétérogénéité est grande sans aucun doute. Tous ont conflué, des camarades qui ont de nombreuses années de lutte contre ce système, d’autres qui sortent pour la première fois dans les rues, quelques-uns qui veulent jouer clairement “ le tout pour le tout ” (“ nous voulons tout et maintenant ”, indiquait une pancarte à la Puerta del Sol), d’autres parlent de réformer certains aspects, d’autres se retrouvent désorientés, d’autres veulent seulement manifester leur ras-le-bol… Et il y a aussi ceux, il faut bien l’avoir en tête, qui tentent de pêcher dans le fleuve agité, qui cherchent à canaliser ce mécontentement pour en neutraliser la force, en profitant des indécisions et faiblesses que nous portons. Depuis longtemps une chose que nous avons discutée entre divers camarades dans les rues, c’est que notre force est dans le refus, dans le mouvement de négation de ce qui nous empêche de vivre. C’est ce qui a forgé notre unité dans les rues. Nous pensons que c’est dans ce sens qu’il faut avancer, approfondir et concrétiser mieux notre refus. C’est pour cela, parce que la force nous l’avons dans cette négation, que nous voyons clairement que nous ne solutionnerons pas nos problèmes en exigeant d’améliorer la démocratie, comme certaines consignes l’ont exprimé, ni même en revendiquant la meilleure démocratie que nous puissions imaginer. Notre force est dans le refus que nous sommes en train de manifester à la démocratie réelle, la démocratie, “ de chair et d’os ”, dont nous souffrons jour après jour et qui n’est rien d’autre que la dictature de l’argent. Il n’y a pas d’autre démocratie. C’est un piège que de revendiquer cette démocratie idéale et merveilleuse, qu’ils nous content depuis tout petits. De la même manière il ne s’agit pas d’améliorer tel ou tel autre aspect, parce que ce qui est fondamental restera debout : la dictature de l’économie. Il s’agit de transformer totalement le monde, de le changer de haut en bas. Le capitalisme ne se réforme pas, il se détruit. Il n’y a pas de chemin intermédiaire. Il faut aller au fond, il faut aller jusqu’à l’abolition du capitalisme.
Nous avons occupé la rue à quelques jours de la fête parlementaire, cette fête où on élit la gueule de celui qui exécutera les directives du marché. Bien, c’est un premier pas. Mais nous ne devons pas en rester là. Il s’agit de donner de la continuité au mouvement, de créer et consolider des structures et des organisations pour la lutte, pour la discussion entre camarades, pour affronter la répression qui nous a déjà frappés à Madrid et Grenade. Il faut être conscient que sans la transformation sociale, sans révolution sociale, tout continuera comme avant.
Nous appelons à continuer à montrer tout notre refus du spectacle du cirque électoral de toutes les manières que nous pouvons. Nous appelons à lever partout la consigne “ qu’ils s’en aillent tous !” Mais nous appelons aussi à ce que la lutte continue après les élections du dimanche 22. A ce que nous allions bien au-delà de ces jours. Nous ne pouvons laisser mourir les liens que nous sommes en train de construire. Nous appelons à la formation de structures pour lutter, nous appelons à développer nos contacts, à coordonner le combat, à lutter dans les assemblées qui sont en train d’être crées, en faisant d’elles des organes pour la lutte, pour la conspiration, pour la discussion de la lutte, non pour des meetings citoyens. Nous appelons à nous organiser dans tout le pays pour lutter contre la tyrannie de la marchandise.


Dans la rue, luttons !
La démocratie c’est la dictature du capital !
Le capitalisme ne se réforme pas, il se détruit !


BLOQUE “ QUE SE VAYAN TODOS ! ” qsevayan@yahoo.es - 19 mai 2011.
Nous encourageons la reproduction et la diffusion de ce texte par tous les moyens appropriés.


CE63.3 Divers tracts