Ne boudons pas notre plaisir. Tous ces feux de joie aux quatre coins de la France et même au-delà des frontières de l'hexagone, cela fait chaud au cur. Ils ont prouvé, à qui veut l'entendre, que quand gronde la révolte, elle peut se répandre comme une traînée de poudre. A ceux qui pensent que la révolution n'est plus à l'ordre du jour, que le prolétariat est trop résigné, soumis, impuissant, voire inexistant, l'extension rapide du mouvement et sa puissance a prouvé le contraire: le prolétariat peut relever la tête. Evidemment, ne nous faisons pas d'illusions, la situation générale du prolétariat, son morcellement, ses clivages, n'a pas permis de rompre suffisamment avec l'isolement de cette lutte sur le plan national comme international. Il ne fallait pas espérer que cette explosion puisse entraîner toute la planète dans une insurrection généralisée, la bourgeoisie ayant la capacité aujourd'hui à circonscrire le cadre de la révolte à un secteur du prolétariat, à ne pas le faire trop déborder des frontières et à l'étouffer temporairement, mais ne nous étonnons pas que la révolution mondiale puisse surgir aussi subitement avec une violence de même nature. Les explosions sont inéluctablement liées à la catastrophe quotidienne du capital, le prolétariat se défendant contre les agressions de plus en plus provocantes de ce mode de production inhumain.

A contre-courant d'un pessimisme ambiant quant à la capacité du prolétariat à redevenir sujet de l'histoire, à contre-courant de toutes les falsifications et divisions que l'Etat et ses serviteurs de tous bords tentent d'imposer au mouvement pour mieux le disqualifier et l'affaiblir, nous voyons objectivement la révolution en potentiel derrière ce mouvement parce que nous considérons sa nature profondément prolétarienne. Nous affirmons haut et fort qu'il s'agit ni plus ni moins de notre classe qui refuse la condition qui lui est faite. Reconnaître nos frères de classe en lutte nous impose aussi d'être critiques. Les limites que nous constatons, dans ce mouvement, nous ne pouvons les imputer à la seule répression, à l'armement des forces de maintien de l'ordre, mais aussi aux propres limites que le prolétariat s'impose, en se laissant notamment "créduliser" par les idéologies qui nous entravent. Aujourd'hui, de nombreux prolétaires ne se sont effectivement pas reconnus dans ces jets de cocktails molotovs qui ont fait trembler l'ordre bourgeois, empêchant par cette attitude un élargissement nécessaire du mouvement, pour diverses raisons que nous allons analyser brièvement.

De nombreux bâtiments publics ont été pris pour cible, tels que postes de police, palais de justice, centre culturel, centres de sécurité sociale, bureau de poste, gymnases et écoles, transports publics...

Ainsi que de nombreux commerces: banques, magasins et entrepots...

 

1. Certains ont considéré que leurs conditions de survie sont plus enviables que celles des habitants des HLM. Ils ne perdent rien pour attendre d'être, à leur tour, relégués dans les poubelles du capital. D'autres s'y sont reconnus mais n'ont pas fait le pas d'aller prêter main forte aux rebelles par peur de perdre le peu que la bourgeoisie leur concède pour les enchaîner à un pseudo-confort, mais celui-ci ne tient qu'à un fil car nos maîtres sont poussés par la concurrence effrénée à nous arracher des mains les carottes qu'ils nous tendent et devront utiliser de plus en plus le bâton lorsque nous essayerons de les en empêcher. Les salaires baissent, la stabilité de l'emploi fait partie d'un passé mythique, les mesures d'asservissement et les mécanismes d'aliénation s'amplifient: l'absurdité de ce monde éclate de partout. Peu de travailleurs, même ceux qui aujourd'hui luttent en France et ailleurs, ont remarqué l'identité de leur lutte avec celle qui se déroulait devant leurs yeux.

Le populisme "antiimpérialiste", comme toujours, en faveur de l'état et contre la lutte prolétarienne:

"Nous condamnons cela et nous exprimons notre solidarité au peuple français et au gouvernement français, qui est un gouvernement frère, un ami."

Hugo Chavez, le 10.11.2005

 

2. D'autres ne se sont pas reconnus dans ces mouvements parce que les principaux acteurs étaient jeunes. Ils n'ont pas remarqué que ces jeunes prolétaires étaient les porte-parole, porte-fureur, porte-désespoir, de leurs aînés, de leurs plus jeunes, de leurs surs,... sans doute plus coincés par des rôles et des responsabilités plus contraignantes. Comment ne pas imaginer que beaucoup soutenaient, participaient à la révolte et l'organisaient, à d'autres niveaux que celui de se jeter dans le feu de l'action. Maintenir cette confusion en en faisant une question de jeunes désuvrés a été le principal argument utilisé par la bourgeoisie pour confiner le mouvement. Peu nous importe l'âge des acteurs de première ligne: dans la rue c'étaient des prolétaires contre l'Etat.

3. L'Etat a promotionné la représentation d'émeutes "d'immigrés", et beaucoup de prolétaires gobent et reproduisent la panoplie de clichés utiles à les différencier de ceux qu'ils se plaisent à traiter de "racaille". Il faut rappeler que la société capitaliste est fondamentalement raciste. Il n'y a pas une fraction bourgeoise, y compris social-démocrate, qui soit réellement antiraciste. Ceux qui se disent tels sont ceux qui prétendent que le capitalisme pourrait ne pas être raciste, qu'il pourrait ne pas régénérer sans cesse les conditions de la reproduction du racisme au sein même des prolétaires, mis en concurrence face à leurs exploiteurs. On l'a encore vu au moment de ces émeutes, les bourgeois discutent d'une seule chose, la manière de mater les prolos, tout en nous jouant le spectacle de polémiques sur la proportion de citoyenneté patriotique et d' "intégration" dont pourraient se prévaloir les différentes catégories de détenteurs de permis de séjour et de papiers définitivement provisoires. La division mondiale et raciste du travail est une réalité objective, de par les différences historiques de soumission à l'exploitation et aux idéologies qui la justifient. Tout prolétaire porte avec lui son "origine" et cela le différencie sur le marché de la force de travail, face au logement, face aux flics... Nous savons que les banlieues qui se sont embrasées connaissent une forte proportion de prolétaires d'origine immigrée, souvent à l'énième génération. Nous savons aussi que le système social crée les conditions du pourrissement des contradictions sociales, entassant des prolétaires qui finissent par devenir invivables les uns avec les autres, et utilise encore une fois ce pourrissement contre les luttes qui éclatent inévitablement, stigmatisant les fauteurs de désordre "étrangers". Nous savons qu'un tel mouvement entraîne avec lui les prolétaires indépendamment de leur origine et rappelle brutalement au capital que, de fait, il ne cesse d'unifier ses esclaves dans leur misère. C'est dire si nous nous trouvons à contre-courant de ceux qui s'emploient à falsifier des mouvements comme celui-ci en les considérant comme simples exacerbations du pourrissement social propres à ces cités, dont les habitants, jugés pas assez "ouvriers", se voient idéologiquement retirer jusqu'au statut de prolétaires.

4. Le mouvement s'est déclenché dans les banlieues et beaucoup d'autres prolétaires ne se sont pas, non plus, sentis concernés, à cause de cela. Certains parce qu'ils ont réussi à les fuir pour s'offrir un lieu de résidence moins pourri, d'autres n'ont pas encore été contraints d'y séjourner et se sentent plus à l'abri de l'ignominie des politiques du logement. Mais quelle importance qu'on nous parque dans des cages à poules, que l'on paie un loyer de plus en plus exorbitant ou que l'on soit obligé de se saigner pour payer les traites d'une maison. Ces différences font planer l'idée que l'on pourrait améliorer notre quotidien mais tant que nous ne sortirons pas de la préhistoire, tant que nous n'abolirons pas les rapports sociaux capitalistes, notre quotidien sera toujours celui de payer notre droit à l'existence à ceux pour qui, et par qui, a été instauré l' "Etat de droit". Et si la bourgeoisie n'a aucun scrupule à enfermer nos frères de classe dans des tours immondes, ne nous illusionnons pas sur le fait qu'elle n'épargne aucun de nous et qu'elle nous laissera crever si nous n'avons plus les moyens de la servir. Par la bouche du ministre de l'intérieur est sorti le mot qui illustre la haute estime qu'elle nous porte et qui est valable pour chacun de nous, même s'il a essayé d'en limiter la portée aux seuls fauteurs de troubles: nous sommes tous de la racaille puisque nous sommes tous potentiellement dangereux pour la survie de son monde.

La classe dominante a toujours fait en sorte de détenir le monopole de la violence et d'utiliser une partie de la classe exploitée pour défendre l'exploitation. Voilà bien la clé principale de sa longévité. Alors, quand le prolétariat dans les banlieues ne s'exprime pas pacifiquement, par des marches moutonnières et des calicots consensuels, d'autres prolétaires sont désarçonnés. Ils ne voient plus la violence historique qui consiste à nous faire bosser chaque jour pour engraisser le capital, la violence subtile sans cesse à l'uvre pour maintenir notre soumission et ils ferment les yeux devant la répression qui se déchaîne sur ceux qui n'acceptent plus docilement leurs conditions de survie. Ils oublient que c'est cette même bourgeoisie qui n'hésite pas à nous envoyer violemment nous faire trouer la peau à la guerre si ses intérêts l'imposent. Ils oublient la violence quotidienne de la catastrophe du mode de production capitaliste qui fait des ravages aux quatre coins de la planète et qu'ils cachent derrière des catastrophes naturelles, des conflits "interethniques", de la mauvaise gouvernance. Non seulement ils ne voient plus cette violence, ce terrorisme qu'exerce la bourgeoisie en permanence contre nous, mais ils la soutiennent en condamnant toute riposte de leurs propres frères de classe, riposte prolétarienne nécessairement violente, terreur révolutionnaire qui seule pourra accoucher d'une société sans violence: le communisme.

 

6. La principale force du mouvement a certainement été de ne rien revendiquer. Habitués à revendiquer de manière constructive, raisonnable, citoyenne, des hausses de salaire, des baisses d'impôt, des changements de politique sociale économique ou politique... pour beaucoup de prolétaires, ce mouvement dans les banlieues n'avait pas d'objectif clair et apparaissait dès lors comme sans perspective, voire autodestructeur. Notre perspective est pourtant bien de ne rien revendiquer, dans le sens réformiste du terme, c'est-à-dire de ne rien demander à la bourgeoisie mais de lui reprendre ce qu'elle s'est approprié: les moyens de production de la vie. Nous ne revendiquons rien de particulier, nous revendiquons tout. Et donc, nous voyons des perspectives révolutionnaires là où beaucoup masquent et trafiquent la réalité derrière l'apologie permanente du cadre borné de revendications ponctuelles, de réponses "positives" à des désirs sociaux: un boulot, un logement, un salaire et de quoi nous distraire de nos vrais désirs d'humains. Dans les mouvements en question nous voyons une détermination à un changement radical car même si elle n'a pas été clairement verbalisée, elle s'est clairement exprimée dans les actes. Il s'y est affirmé une nette tendance à viser ce qui nous détruit, nous en faisons un bref inventaire dans notre tract. Evidemment, toute la presse bourgeoise s'est mobilisée pour nous présenter un spectacle de catastrophe nihiliste, de violence aveugle, de jeu morbide et de manipulation. Ainsi, les rares prolétaires qui ont été identifiés comme tels ne l'ont souvent été qu'en tant que propriétaires de voitures incendiées, tentative pour nous faire croire que les prolétaires et les bourgeois ont la même chose à défendre. Pour illustrer tout ceci, nous brûlons d'envie de publier cet extrait d'un tract anonyme surgi des événements:

Brûler simplement le décor que l'on ne veut plus voir, celui de la misère qui oppresse, celui de la ville-béton qui enferme, qui asphyxie.
Brûler les moyens de transports qui humilient tous les jours l'impossibilité de sortir de ce gris.
Brûler les écoles de "la République" qui sont les premiers lieux d'exclusion, de sélection, de tri, d'apprentissage de l'obéissance à tout prix.
Brûler les mairies, gestionnaires de la misère, et les commissariats, synonymes d'humiliation, de brimades, de tabassages. Brûler l'Etat qui gère ces prisons à ciel ouvert.
Brûler les locaux de partis politiques. Brûler les politiciens méprisants. Brûler l'élite.
Brûler les entrepôts de marchandises, des concessionnaires automobiles, des banques, vidéoclubs, supermarchés, centres commerciaux, studio de production télé.
Brûler et non voler1. Juste pour voir partir en fumée cette marchandise pour laquelle on doit trimer et que l'on doit - "normalement" - convoiter, consommer, accumuler.
Brûler parce que cela semble le seul moyen de se faire entendre, de ne plus être invisible.
Brûler avec l'espoir évident de voir changer les choses.

7. Comme d'habitude, nous l'avons évoqué, les médias ont amplement relayé l'idée éculée selon laquelle le mouvement ne pouvait être dirigé que par une pègre sans scrupule ou par des "islamistes radicaux". Encore un élément de l'arsenal mis en place pour éviter le pire... pour l'Etat. Celui-ci a été forcé de reconnaître après coup, service des Renseignements Généraux en tête2, qu'il n'en était trois fois rien, mais le doute sur les motivations des insurgés avaient eu l'impact souhaité: nier et occulter son caractère essentiellement prolétarien. Le piège de la récupération est évidemment bien présent mais autant par les gourous islamistes que par ceux de la gauche traditionnelle, bref, la social-démocratie religieuse ou laïque, tous unis pour oeuvrer à l'enterrement de notre lutte. Les appels au calme ont fusé de toutes parts. Ne pouvant nier la violence étatique, le pourrissement social, la plupart des organisations de gauche se sont retranchées derrière le mot d'ordre puant selon lequel "il faut substituer à l'état d'urgence policier un état d'urgence sociale". Ce qui signifie plus de flics de proximité, plus de contrôleurs/assistants sociaux, plus d'animateurs pompiers, plus de négriers pour de "nouveaux marchés du travail"... L'Etat social c'est toujours l'Etat policier. Répression et réformisme: même combat !

Tous ces écrans de fumée ont eu pour conséquence de laisser nos frères des banlieues se débrouiller seuls pour affronter l'Etat. Peu de prolétaires de l'extérieur se sont joints à leur lutte. Ils auraient pu le faire en dehors des banlieues, le capital est partout. Mais la division du prolétariat a permis une nouvelle fois aux forces de répression de reprendre, provisoirement, le contrôle des quartiers prolétaires.

Ceux qui soutiennent activement ou par leur passivité la répression en France permettent aux forces de répression d'écraser nos luttes ailleurs, que ce soit en Irak, en Bolivie, en Algérie... Ces forces de différentes nations savent s'unir lorsque le capital est en péril à un coin de la planète. Elles redoutent, plus que tout, que le prolétariat de leur pays d'origine ne s'unisse, par l'action concomitante, à leurs frères d'ailleurs car cette situation les entraverait dans la réalisation de leurs crimes.

Nous allons tirer une conclusion provisoire parce que l'histoire n'a pas encore conclu, ce mouvement rejaillira tôt ou tard de plus belle. Entretenons la flamme qui l'a animé afin que le vent de la révolte souffle alors, plus fort encore, jusqu'en dehors des banlieues.

La répression a frappé fort, entraînant beaucoup de nos frères dans les geôles du capital. Peu nous importe que ceux qui ont été réprimés aient ou n'aient rien à se reprocher du point de vue de l'ordre public. C'est notre classe qui a été attaquée et quoi que nous puissions faire pour les en sortir, faisons-le !

Beaucoup d'associations citoyennes vont essayer de nous faire marcher pour réclamer plus de justice: débordons-les !

Des fauteurs de paix sociale ont essayé de ramener le calme dans les cités: gardons-les en mémoire !

Des structures d'organisation de la lutte ont été mises en place informellement ou formellement: essayons de les maintenir et de les développer !

Faire l'expérience d'une lutte ouverte contre le capital, ce n'est pas anodin: discutons, analysons, préparons-nous pour le prochain sursaut !

Que vivent ces feux de révolte !

 

Notes

1- Dommage que les prolétaires en lutte n'aient pas eu plus l'occasion de se réapproprier une partie de ce que notre classe a produit !

2- Extrait du rapport des Renseignements Généraux du 23 novembre 2006: "La France a connu une forme d'insurrection non organisée avec l'émergence dans le temps et dans l'espace d'une révolte populaire des cités, sans leader et sans proposition de programme. (...) Les jeunes des cités étaient habités d'un fort sentiment identitaire ne reposant pas uniquement sur leur origine ethnique ou géographique, mais sur leur condition d'exclus de la société française."
 


Voici les positions, par rapport aux récents mouvements en France, de ceux qui pensent que la révolution ne sera pas le déchaînement de toutes les passions sociales produites par la catastrophe du capital, mais l'uvre ordonnée et consciente des ouvriers nationaux, mûrs, responsables, pacifiques, disciplinés par le travail,... Ceux-là non plus ne veulent pas que la racaille fasse sauter les bases mêmes de ce monde.

Sous le haut patronage du Ministre de l'Intérieur, Monsieur Sarkozy,

qui déclara vouloir "nettoyer les banlieues de la racaille au Kärcher"

nous proposons donc comme lauréats au concours du

Prix Kärcher 2005

Courant Communiste
International

"Ce qui frappe, plus encore que l'ampleur des dégâts et des violences, c'est leur totale absurdité."

"Les actes de violence et les déprédations qui se commettent, nuit après nuit dans les quartiers pauvres n'ont rien à voir, ni de près ni de loin avec une lutte de la classe ouvrière."

"De même, les blessures infligées aux pompiers, des personnes dont c'est la profession de secourir les autres, souvent au péril de leur vie, ne peut que choquer!"

PCF - le 6.11.2005

"La propagation des actes de violence est insupportable pour les populations concernées. L'ordre doit être rétabli. Il y a urgence à prendre un ensemble de mesures permettant de mettre un terme à une évolution de plus en plus dangereuse. La sécurité de tous ne peut être rétablie par l'acceptation de l'escalade de la violence."

Mouvement Communiste

"L'expression politique informelle de ces violences urbaines n'est pas compatible avec la perspective de la lutte prolétarienne indépendante."

"Il faut uvrer pour que cessent les actes qui ne font qu'aggraver la condition déjà difficile de la classe ouvrière."

Evidemment, le fait que des organisations, qui se disent du prolétariat, dénigrent la lutte du prolétariat et défendent, face à celui-ci, l'ordre bourgeois qu'ils disent remettre en question, n'est pas un fait nouveau.

 

Si nous publions ces perles, ce n'est pas seulement pour souligner le rôle contre-révolutionnaire concret que jouent ces groupes, mais, plus encore, pour dénoncer une conception générale du prolétariat (ouvriériste, machiste, européiste, syndicaliste,...) qui amène invariablement à une pratique contre-révolutionnaire.


"C'est la canaille? Eh bien j'en suis!"

(La Commune de Paris, 1871)

Il y a plus d'un siècle, alors que la bourgeoisie traitait déjà les prolétaires de "canaille", ceux-ci répondirent en affirmant par l'insurrection leur propre mépris de cette société qui n'a que la misère à leur offrir.

Aujourd'hui, la société capitaliste nous parque et nous entasse dans des cités-poubelles où la misère brutale et l'ennui règnent en maîtres absolus. Dès que la rue s'est embrasée, l'Etat a voulu en faire une question d' "immigrés" et a stigmatisé comme toujours la "canaille", la "racaille". Contre cette division, la lutte de notre classe répond :

"C'est la racaille? Eh bien j'en suis!"

Aujourd'hui, dans différentes villes du monde, des prolétaires se reconnaissent dans l'embrasement des quartiers de près de 300 communes en France !

Attaques de mairies, de banques, de la poste, de palais de justice, de centres de sécurité sociale, de centres de mise au travail (ANPE), d'écoles, de centres sportifs, de commissariats, d'entrepôts, de magasins, de transports, d'équipes de journalistes,...

Prolétaire, oui, c'est la propriété privée, la marchandise et les institutions qui les défendent qui sont responsables de notre misère, de notre exploitation, des assassinats, des "bavures", de la tôle et des expulsions au quotidien... L'Etat fait tout pour nous enfermer dans les quartiers, usines, écoles: distances, transports, flics, assistants sociaux et autres socio-flics de "proximité", abrutissement scolaire et sportif...

Prolétaire, franchis ces cordons sanitaires, sors de la banlieue! Vois en Argentine: ils sont sortis de leurs différents quartiers pour tout bloquer, paralysant l'économie et organisant la riposte à la répression.

Les politiciens en place ou de rechange, de droite comme de gauche, les journalistes et autres diseurs de mensonges officiels, les associations citoyennes, les crapules arrivistes de "Banlieue Respect", les imams... tous tentent de faire croire que la démission de tel salopard de ministre, la participation en masse aux prochaines élections pourraient changer les choses... Tous tentent d'acheter notre docilité pour mieux nous mener à l'abattoir.

Et toi prolétaire qui a un boulot "stable", toi qu'on dit avoir pris "l'ascenseur social", n'oublie pas que l'exploitation croissante ou le chômage t'attendent à tous les étages; déjà les CRS t'attendent à l'étage de ta future révolte. Ne rejoins pas aujourd'hui l'Etat dans son mépris de "la racaille", ne te fais pas complice de la répression de ceux qui ont osé descendre dans la rue.

Aux divisions que l'Etat tente de nous imposer, jeunes/vieux, banlieusards/citadins, immigrés/français de souche... Répondons d'une seule voix: "C'est la racaille?... Eh bien, nous en sommes tous!"

Détruisons ce qui nous détruit! Ne laissons de cette société que ses cendres.

A la violence de l'Etat, opposons la violence prolétarienne! Sortons des banlieues, organisons-nous pour nous défendre contre le capital et son Etat.

Groupe Communiste Internationaliste (GCI)

BP 33 - Saint-Gilles (BRU) 3 - 1060 Bruxelles - Belgique
www.geocities.com/icgcikg - icgcikg[at]yahoo.com

Camarade, n'hésite pas à reproduire tout ou partie de ce tract, il est l'expression d'une classe qui vit, qui lutte pour supprimer sa propre condition d'esclave. -Novembre 2005-

Nous avons reçu et nous publions

 

Avis urgent à tous ceux qui sont susceptibles de suivre ces recommandations

De violents troubles sociaux ont secoué les quartiers pauvres de Paris et d'autres villes européennes ces dernières semaines.

La situation, comme l'ont reconnu les gouvernements européens, est hautement instable.

Il suffit que quelques prolétaires suivent l'exemple des prolétaires de Paris pour que le soulèvement s'étende comme une traînée de poudre.

Il suffirait de transgresser une limite très ténue pour que la contagion se généralise.

C'est le moment de prendre l'initiative: il faut déplacer le centre de gravité de notre action.

Les pauvres de Bruxelles et de Berlin n'ont pas attendu les provocations policières pour descendre dans les rues: ils l'ont fait uniquement parce que leurs frères de classe de Paris l'avaient fait.

A partir de maintenant, les causes locales des révoltes n'ont plus aucune importance, l'important c'est qu'elles s'étendent, partout.

A Aulnay-sous-Bois, près de Paris, les prolétaires ont assiégé un commissariat pendant plusieurs heures.

Si les voitures, les pompes à essence, les commissariats et les commerces de Santiago partent en fumée aujourd'hui, nous savons tous ce qui peut se passer: d'autres villes du Chili, d'Argentine, du Pérou, de Bolivie, d'Equateur, du Brésil... Rappelez-vous ce qui c'est passé à Los Angeles (USA) en 1992.

Le système capitaliste vacille. Ce sont des convulsions d'agonie. Descendons dans la rue, prolétaires du monde !

A la lutte, MAINTENANT !

(tract distribué au Chili)

"REGUERO DE POLVORA" <ENCENDAMOSELPOLVORIN[at]GMAIL.COM>

 


CE58.5 France - Novembre 2005

Quand les banlieues brûlent, on entend crépiter la révolution