Depuis plusieurs mois, nous disposons d'un site sur Internet et d'un e-mail.

http://www.geocities.com/icgikg/

e-mail: icgcikg@yahoo.com

Nous y plaçons l'essentiel de nos revues en différentes langues, nos thèses d'orientation programmatiques, etc. Nombreux sont ceux qui nous contactent par ce biais pour la première fois, et nous avons donc jugé utile de placer sur ce site un petit texte de présentation de notre groupe pour expliquer sa trajectoire.

Comme ce texte rassemble et résume une partie de notre histoire depuis 1978, et qu'il est toujours intéressant de synthétiser un parcours et les bases politiques d'une organisation, nous avons jugé utile de le publier également dans nos revues centrales.

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Avant d'être le fruit des efforts subjectifs accomplis par une poignée de militants pour la mettre sur pied, une organisation communiste résulte d'abord des déterminations historiques poussant irrésistiblement le prolétariat à se constituer en classe, à s'organiser en force, en parti distinct de tous les partis de la société bourgeoise. L'effort organisatif des minorités prolétariennes, concrétisé dans l'espace et dans le temps par la création d'un groupement communiste, est essentiellement déterminé par le communisme comme mouvement et par son parti historique, c'est-à-dire par la mémoire accumulée de toute l'expérience des luttes précédentes, condensée sous forme d'un programme. La création de notre groupe n'a pas échappé à ces déterminations historiques.

Le Groupe Communiste Internationaliste (GCI) existe depuis 1978.

Nous publions des revues centrales en français, allemand, anglais, arabe, espagnol, hongrois, kurde et portugais. Nous disposons également de textes en grec, en perse, en russe, en serbo-croate et en turc.

Notre petit groupe n'a aucune réalité nationale. Il n'est lié à aucun pays et ne se réfère à l'histoire d'aucune nation.

Au départ, il y a la centralisation d'une poignée de militants de divers continents, parlant différentes langues et qui, à partir d'expériences de luttes très diverses et de réflexions sur les défaites de ces luttes, ont voulu mettre leurs convergences politiques en commun. En nous réappropriant les expériences passées, en critiquant collectivement la démocratie, le légalisme, le parlementarisme, le pacifisme, le syndicalisme,... nous avons été amenés à dégager un ensemble d'affirmations programmatiques exprimant chaque fois plus la rupture avec toutes les expressions du capitalisme.

Le contenu politique de nos ruptures étant commun, nous avons alors choisi de formaliser nos discussions et nos polémiques dans une structure organisative commune, et nous nous sommes définis en tant que «Groupe Communiste Internationaliste».

«Groupe» - En nous constituant en groupe, nous n'avons fait que manifester une fois de plus la volonté historique des prolétaires révolutionnaires de s'organiser en force, de se centraliser en parti. Si nous ne nous déclarons pas «parti» aujourd'hui, c'est parce que nous savons que la véritable constitution en classe (et donc en parti) du prolétariat ne dépend pas de l'une ou l'autre auto-proclamation pompeuse, mais d'un saut de qualité matériel dans l'affrontement social au capital, à l'Etat, à la bourgeoisie. Nous nous considérons donc aujourd'hui comme une fraction du mouvement communiste; nous cherchons à exister comme noyau international de la centralisation du prolétariat, et nous participons à ce titre aux efforts des minorités d'avant-garde pour centraliser la communauté de lutte existant dans le monde.

«Communiste» - A quelque époque que ce soit, toutes les fractions de la bourgeoisie, versaillais, fascistes, républicains, staliniens, libéraux..., se sont acharnées sur ce spectre qui hante de façon récurrente le monde capitaliste: le communisme. Mais les révolutionnaires ne se sont jamais laissés impressionner par les flots d'insultes et les falsifications permanentes formulées dans l'histoire à son encontre, notre modeste regroupement pas plus que les autres. Le communisme -la communauté humaine, l'être collectif, la société sans classes- demeure donc la perspective pour laquelle nous nous battons avec passion. Et c'est comme communistes que, face à la catastrophe capitaliste, face à la dictature du profit et de l'argent, face à la dégradation permanente de nos conditions d'existence, nous revendiquons haut et fort l'abolition de ce monde de mort, l'abolition de la propriété privée, de l'Etat, de l'exploitation de l'homme par l'homme. Avec nos camarades dans l'histoire et dans le monde, nous réaffirmons la nécessité d'une société sans classe, sans argent, sans travail, où la libre disposition du temps et des choses constitue l'unique champ d'épanouissement de l'activité humaine.

«Internationaliste» - Bien conscients de la redondance avec «communiste», si nous nous caractérisons comme «internationalistes», c'est avant tout pour insister sur le fait que le communisme, comme mouvement, exclut depuis son origine, le pays, la nation, la lutte nationale. Pour notre groupe, cela se traduit par le fait que nous nous soyons organisés directement au niveau international. Nous ne nous sommes pas d'abord constitué en «parti national» pour ensuite nous ouvrir à l'«international». Nous nous sommes directement dotés d'un organe central, certes traduit en différentes langues, mais qui toujours aborde les intérêts généraux du mouvement, qui relève l'homogénéité des conditions d'exploitation du prolétariat de par le monde et met en avant ce qu'il y a de commun dans toutes ces conditions: la réalité mondiale du capital, et donc du prolétariat, et donc des conditions de réalisation du communisme.

A un autre niveau, le qualificatif d'«internationaliste» nous permet également de nous démarquer des différentes variantes contre-révolutionnaires travesties en communistes (staliniens, trotskystes, maoïstes, bordigistes...) qui, dans leur soutien plus ou moins honteux à l'une ou l'autre nation soi-disant révolutionnaire, ont permis que l'idéologie dominante amalgame aujourd'hui encore le communisme avec le capitalisme peint en rouge de ces pays dits «socialistes».

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C'est donc en tant que Groupe Communiste Internationaliste que nous avons choisi, depuis plus de vingt ans maintenant, de poursuivre nos discussions internationales. Pour nous réapproprier l'histoire -le programme communiste-, nous avons tout naturellement centré nos recherches et nos discussions autour du plus haut moment de rupture que notre classe ait produit jusqu'à ce jour: la vague révolutionnaire internationale de 1917-1923. Témoins de ces travaux collectifs et des débats passionnés qu'ils ont suscités, les nombreux textes présents dans nos revues et qui tentent de tirer sans a-prioris idéologiques les leçons de la révolution et de la contre-révolution en Russie, Allemagne, Hongrie, Amérique,... au cours de cette période.

Mais au-delà de la centralisation de cette discussion internationale sur '17-'23, nos revues combattent les idées dominantes et prennent position sur toutes les questions: critique de la science, du travail, de l'économie, de la philosophie, textes contre l'Etat, reproduction de textes historiques de notre classe («mémoires ouvrières»), prises de position sur les faits d'actualité, polémiques historiques...

Il est bien entendu impossible ici de décrire l'essence des leçons que nous tirons de l'histoire, et plus encore le contenu de nos positions, mais nos revues, nos textes, nos tracts,... décrivent à suffisance en quoi:

Pour donner une vision d'ensemble de nos contributions, nous avons publié il y a peu un sommaire général des articles parus dans nos revues en français et en espagnol; cette brochure est disponible sur simple demande à nos adresses centrales (boite postale ou e-mail).

Outre nos revues centrales qui paraissent régulièrement, en 1989, nous avons également publié en espagnol, français et arabe nos «Thèses d'orientation programmatique»; la version anglaise est sortie en 1999. Ces thèses représentent une tentative de synthétiser la discussion internationale et la critique communiste que nous menons depuis notre origine. Il s'agissait pour nous, non pas d'élaborer une énième version d'un quelconque texte sacré, mais de proposer une «photographie», un moment du travail collectif permanent de restauration programmatique que nous avons entrepris. Ennemis de toute bible, notre seul souci en proposant ce type de document est de chercher à délimiter chaque fois plus précisément la pratique communiste de rupture avec la société capitaliste. Nos thèses cherchent à exprimer le mouvement réel d'abolition de l'ordre établi; elles sont donc évidemment imparfaites et inachevées et il en sera ainsi jusqu'à ce que la révolution aie mis elle-même en pratique (et donc aussi en lumière) les plaisirs d'une vie sans argent, sans classe et sans Etat.

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Le sectarisme est une caractéristique dont les époques de paix sociale sont coutumières, et les regroupements militants eux-mêmes échappent difficilement aux folles logiques concurrentielles d'une société toute axée sur la division et la guerre de tous contre tous. Conscients des difficultés actuelles et pour lutter contre le sectarisme, nous tentons (à l'image de nos débats internes) de mettre systématiquement en avant nos convergences dans le cadre de la communauté de lutte internationale.

Et c'est dans cet esprit également que nous appelons tous ceux qui continuent à refuser un monde basé sur l'exploitation de l'homme par l'homme à s'approprier nos textes, à les reproduire et les diffuser, à considérer nos revues comme les leurs. Résultat de travaux collectifs, nos textes ne sont la propriété de personne en particulier, ils sont la propriété d'une classe qui vit, qui lutte pour abolir sa propre condition d'exploitée et par là toute classe, toute exploitation.

A l'égal des révolutionnaires qui nous ont précédé, nous concevons notre presse comme un moyen indispensable de propagande révolutionnaire, d'organisateur collectif, d'approfondissement programmatique, d'agitation.

Notre seul désir est que nos textes soient soumis à une lecture militante, qu'ils soient discutés, critiqués, confrontés à d'autres positions afin de délimiter distinctement les champs de la révolution et de la contre-révolution, et de soutenir ainsi toujours plus franchement la lutte que mène notre classe pour se doter d'une direction révolutionnaire et se constituer en force historique mondiale.

 

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CE49.5 Notre présence sur l'Internet