Il n'y a pas de capitalisme sans guerre.

Pour supprimer la guerre, il faut détruire le capitalisme!

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Contre toutes les illusions réformistes et pacifistes face à la guerre, nous proposons ici pour entamer notre revue, un ensemble de matériaux (tracts et textes) produit par différentes expressions militantes internationales pendant et après la guerre qui vient de se dérouler au Kosovo, et qui toutes rappellent que la guerre et la paix sont contre le prolétariat. Les tracts et les textes que nous présentons ici ont tous été réalisés par des camarades qui oeuvrent avec nous à la centralisation de la communauté de lutte prolétarienne, une communauté encore bien trop peu consciente de sa propre existence.

Nous proposons pour commencer notre propre tract, diffusé internationalement et qui existe en allemand, anglais, arabe, espagnol, grec, hongrois, kurde, portugais, russe, tchèque,... Différentes versions sont disponibles sur notre site Internet.

Nous présentons pour suivre 2 autres tracts contre la guerre qui ont été réalisés par des groupes de camarades aux USA et en Europe de l'est, et distribués ces derniers mois dans différents pays, à différentes occasions, par différents groupes.

Nous saluons à cette occasion l'entraide et la collaboration existant entre toutes les minorités révolutionnaires qui tentent aujourd'hui, sur des positions de classe, de mettre en commun leurs énergies pour lutter contre la guerre et contre la dictature capitaliste en général. Brisons le sectarisme! Faire circuler les positions communistes, assumer des discussions au niveau international, organiser des rencontres entre révolutionnaires,... tel est le seul moyen de retrouver le chemin d'une véritable centralisation internationale de notre communauté de lutte. Encore une fois: le capitalisme est mondial et c'est mondialement qu'il sera battu.

Le premier tract est intitulé "Contre la guerre, contre la paix" ("Against War, against Peace"). Il a été réalisé par des camarades aux Etats-Unis, et placé au verso de la version anglaise de notre propre tract. Ils ont été distribués ensemble, entre autres lors d'une manifestation pacifiste à Portland, dans l'Etat d'Oregon (USA).

Le tract qui suit s'intitule "A bas la guerre capitaliste! A bas la paix capitaliste!". Il a notamment été diffusé en Hongrie, pour appeler plus particulièrement les prolétaires de ce pays, soudain transformé en ligne de front, à lutter contre la guerre au moyen du défaitisme révolutionnaire. Nous avons également traduit ce tract en anglais et nous le faisons circuler internationalement. Le tract est signé "Prolétaires Internationalistes".

Pour terminer, nous présentons une contribution qui a été diffusée dans différents pays anglophones, toujours sous la signature de "Prolétaires internationalistes", et dont nous publions ici une version actualisée, rédigée après le cessez-le-feu. Ce texte s'intitule: "LC49.1 Dans les Balkans... 'Protéger la population contre les dictateurs?' NON! Une fois de plus, la guerre et la paix contre le prolétariat!"

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Ils nous parlent de PAIX ...

C'est toujours au nom...

de la PAIX... dans les Balkans,
de la LIBERTÉ... du peuple kosovar ou serbe,
de l'HUMANITAIRE... envers les "peuples opprimés",
du DROIT D'INGÉRENCE... humanitaire,

... qu'ils nous préparent la PAIX... des tombes!

LA GUERRE DANS LES BALKANS, EST UNE GUERRE CONTRE LE PROLÉTARIAT!

... ils nous font la GUERRE!

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C'est parce qu'il y a la paix sociale, soumission à la dictature de l'argent, que les actuels massacres sont possibles!

Prolétaire, ne crois pas que ce sont les missions diplomatiques, les missions humanitaires, les missionnaires du Vatican,... qui pourront arrêter les massacres. Tu ne pourras jamais compter que sur tes propres forces et celles de tes frères de classe, pour t'opposer à la barbarie capitaliste.

Contre la paix sociale, la paix des tombes, luttons contre notre propre bourgeoisie!

Opposons à l'union des bourgeoisies internationales, l'union grandissante des prolétaires internationalistes!

Reprenons le drapeau de la révolution mondiale!

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Contre la guerre, contre la paix

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Les quelques personnes qui semblent aujourd'hui s'opposer aux sanglantes interventions militaires américaines méritent d'être applaudis pour leur courage et leur persévérance.

Ils s'opposent aux masses qui, de façon persistante et irréfléchie, cautionnent la force militaire. Mais ils sont confrontés à une situation telle qu'ils se trouvent dans l'incapacité de donner quelque perspective que ce soit qui permettrait de s'opposer de façon efficace aux interventions.

Les idées avancées lors des récentes manifestations contre la guerre semblent plus ou moins se partager entre le pacifisme et les reformulations classiques de la gauche trotskiste ou maoïste. Chacune de ces approches contient des éléments qui permettent de comprendre les conditions du massacre actuel (nous écrivons au moment où se déroulent des campagnes de bombardements simultanées contre la Yougoslavie et l'Irak). Ainsi, les pacifistes comprennent que les actions de chaque camp servent principalement à polariser la situation et les gauchistes léninistes quant à eux, se rendent compte que chaque camp est motivé par les forces du marché et le besoin de défendre le capitalisme. Mais chacune de ces positions comporte également des aspects tout-à-fait ridicules. L'idéologie pacifiste laisse supposer que le gouvernement, le pouvoir, ou "nous" pourrions d'une manière ou d'une autre simplement nous rendre compte des "erreurs" qui ont été faites et changer le cours de la guerre. Quant aux groupes léninistes, ils recherchent une nation particulière à présenter comme "opprimée" et passent naturellement sous silence l'intérêt commun à l'ensemble des gangsters nationaux. Sans parler des multiples variantes "socialistes" qui parlent encore d'"impérialisme" alors que le capitalisme a conquis le monde entier et que l'intervention de l'OTAN sert clairement à renforcer le nationalisme sanglant de la Yougoslavie/Serbie.

Ce que tous négligent, c'est que la guerre est le résultat inhérent de la vie quotidienne, normale. Ce qui est naïvement appelé «paix» -boulot, shopping et télévision- est le poumon de l'Etat et de la machine de guerre. Le développement du logement, le parc industriel et les grandes surfaces créent et sont créés par le complexe industriel militaire. Non seulement la production militaire alimente l'économie, mais toutes les institutions dictatoriales, de MacDonald à Microsoft en passant par le Ministère de la Défense se renforcent mutuellement. Les guerres actuelles sont assez justement appelées "actions de police". L'armée américaine intervient à l'échelle mondiale là où les flics se limitent au niveau local, mais c'est toujours pour maintenir et protéger le même ordre sanglant. Le but de l'OTAN n'est pas simplement de dominer le Kosovo, mais de contrôler la direction de son développement -assurer que l'exploitation et la paix y règnent.

Comme ce fut le cas en Somalie, la guerre au Kosovo a imposé une "solution humanitaire" à des pauvres qui refusaient d'obéir. Et cette solution humanitaire n'est autre que l'ordre du capitalisme lui-même. Les organisations "humanitaires" du monde entier sont en fait, au même titre que l'OTAN, les pions du monde capitaliste. S'il est évident que certaines ONG servent simplement de façades aux agences occidentales d'espionnage, leur problème fondamental réside plutôt dans le fait qu'elles tentent de placer les dépossédés dans une position de dépendance et de les entraîner à subir l'ordre du développement. Ainsi, les "ONG" servent d'assistants sociaux ("soft cops") aux flics durs de l'OTAN. La paix humanitaire que l'OTAN, les ONG et les Nations Unies tentent d'imposer est précisément destinée à maintenir les prolétaires dans une position de dépendance. Lorsque les différentes nations ou organisations se disputent sur les méthodes, ce n'est jamais qu'une simple question de savoir qui découpera le gâteau. Les camps "humanitaires" de réfugiés organisés par les Nations Unies et mis en place après l'insurrection contre Saddam Hussein dans le Nord de l'Irak ("Kurdistan") illustrent parfaitement ce processus. Ces camps exigeaient que les prolétaires rendent les armes en échange desquelles ils recevaient de la nourriture -nourriture sur laquelle les NU avaient elles-mêmes décidé un embargo contre l'Irak. Les camps furent utilisés pour défaire les prolétaires rebelles qui luttaient contre le soi-disant ennemi de l'Amérique, Saddam Hussein. Durant la guerre du Golfe, les forces armées américaines ont tué 50.000 déserteurs irakiens et travaillé dur pour maintenir Saddam Hussein au pouvoir. (Il est fort possible qu'une fois la poussière retombée au Kosovo nous découvrions que de semblables rebellions ont eu lieu et furent supprimées dans les deux camps. Mais, bien sûr, la situation actuelle ne nous permet pas de le savoir). En tous cas, l'ordre actuel de guerre et de paix est directement contre le prolétariat et contre nos rebellions, contre notre refus d'accepter la dictature de l'argent, du travail et la bureaucratie.

DÉPOSSEDÉS DE TOUTES LES NATIONS UNISSEZ-VOUS ET DÉTRUISEZ VOS ENNEMIS.

ASAN
P.O. Box 3305
Oakland, CA
94609
U.S.A.

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A bas la guerre capitaliste! A bas la paix capitaliste!

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La guerre est déjà à nos portes. Gouvernements hongrois et yougoslave, OTAN et UCK, Clinton, le Pape,... ils essayent tous de nous convaincre que cette guerre -comme toutes les autres- est la conséquence de quelques erreurs, d'un problème ponctuel, d'un léger contre-temps dans le cours paisible du système démocratique mondial, ou encore que c'est l'invention de quelques chefs d'Etat malades. Ils affirment tous combattre pour la paix.

Ils nous parlent de paix - et nous mènent à la guerre!

Mais la guerre n'est pas une erreur. Au contraire. C'est l'essence du capitalisme dont le fonctionnement est basé sur le combat économique permanent entre les différentes fractions du capital. Le capital est par essence impérialiste. Conquérir et obtenir de plus en plus de marchés fait partie de son mode de fonctionnement normal. La multiplication des centres de guerre est un phénomène nécessaire. Et dans la lutte entre différentes fractions du capital, c'est toujours le prolétariat qui voit sa situation se dégrader. La guerre est dans notre vie de tous les jours également: lorsque nous sommes forcés de travailler, lorsque vivre, simplement vivre, devient de plus en plus difficile... Mais parfois la paix capitaliste est remplacée par la guerre ouverte.

La guerre est toujours contre les intérêts du prolétariat!

Que signifie la guerre dans la réalité quotidienne?
- la mort sur le front et dans les tranchées...
- la mort dans les camps de prisonniers
- la mort dans les camps de réfugiés, sur le bord des routes, à côtés des fosses communes...
- la mort chez soi, sous les ruines des maisons...
- les conscriptions, la mobilisation,... pour nous forcer à nous massacrer les uns les autres, à tuer nos frères prolétaires dans l'intérêt du capital...
- le travail obligatoire, la militarisation du travail et l'accroissement de son intensité...
- la faim, la misère, l'augmentation des prix, les pénuries,...

Cette réalité montre à l'évidence que la guerre est contre le prolétariat, contre nos intérêts et contre notre lutte. Cette guerre est un nouvel épisode dans la liste sans fin des attaques de l'Etat capitaliste mondial contre le prolétariat. Cette énième guerre n'est rien d'autre que le pur produit du monde capitaliste et de l'exploitation.

La guerre en Yougoslavie marque un nouveau pas vers une guerre plus généralisée, et ce, par l'«acceptation» (une «acceptation» imposée par la terreur et le chantage permanent) du fait que la guerre est la perspective «naturelle» d'une société en crise. La majorité des prolétaires regardent passivement la progression des massacres sur leurs écrans de télévision: puisque la crise est «naturelle», le chômage, la misère et les sacrifices en tous genres deviennent également «naturels». On ne proteste plus, on commence à accepter de se sacrifier. Et en suivant cette logique, on se retrouve bientôt dans le train en partance pour le front!

Cela n'a rien de surprenant puisque aujourd'hui la majorité des prolétaires, spécialement en Europe, restent prisonniers du patriotisme et d'autres cadres idéologiques bourgeois tels le «pacifisme», l'«anti-impérialisme» ou encore l'«antifascisme» (qui tous défendent la démocratie, l'ordre social du capitalisme). Cela n'a rien de surprenant non plus lorsqu'on voit qu'aujourd'hui le prolétariat international est incapable d'affirmer sa nature révolutionnaire par son propre projet communiste.

Tant que nous nous comporterons en consommateurs passifs, en simples spectateurs de nos misérables vies, tant que nous resterons des «idiots utiles», tout pourra nous arriver. Et ne soyons pas surpris si demain les bons citoyens commencent à s'entre-tuer pour n'importe quelle raison! Voisin contre voisin, collègue contre collègue, prolétaire contre prolétaire.

Le fait que la guerre soit devenue «normale» et la menace constante qu'elle représente, terrorisent non seulement le prolétariat des Etats qui sont directement impliqués dans la guerre, mais également le prolétariat du monde entier. Et le capitalisme -pendant qu'il fait la guerre- parle de paix et d'humanitarisme. Mais les campagnes humanitaires, les actions de soutien, etc. ne sont que des moyens de chantage servant à renforcer le contrôle sur le prolétariat -même si en passant, elles ouvrent également un marché pour des tonnes de produits invendables.

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Aujourd'hui la Yougoslavie est le plus important centre de guerre en Europe. Les raisons en sont multiples mais l'une des plus essentielles réside dans le fait que depuis le milieu des années '80 le prolétariat en Yougoslavie opposait une résistance acharnée aux mesures d'austérité de l'Etat. Comparée à ce qu'elle était au début des années '90, la guerre s'est considérablement étendue. L'OTAN est intervenu, la Hongrie est devenu un pays en guerre; le capital international a attaqué les prolétaires de la région. L'une des raisons directes de cela est l'insurrection prolétarienne déclenchée en 1997 en Albanie. Depuis ce moment-là, la bourgeoisie n'a toujours pas réussi à y rétablir l'ordre. Aujourd'hui elle tente de minimiser la menace de révolution: elle entraîne les prolétaires dans une guerre impérialiste en leur donnant des aspirations nationalistes. Dans le combat, les «serbes» sont montés contre les «albanais» afin de cacher que les réels fronts ne se situent pas entre des nations mais entre deux classes, la bourgeoisie et le prolétariat!

L'UCK (l'armée de libération du Kosovo) fait également partie de l'Etat bourgeois, de même que toutes les fractions en présence. Leur nationalisme le prouve; leur armée enrôle de force et terrorise la population exactement de la même manière que la police serbe; leurs camps de concentration (qu'ils appellent des camps de réfugiés) dans lesquels les sbires de l'UCK sélectionnent tous ceux qui sont encore bons pour le service militaire et les envoient mourir sur le front.

Nous, communistes, nous sommes contre tous les camps, contre les serbes et contre les albanais, contre l'OTAN et contre toute «la communauté internationale», contre tous les Etats, contre toutes les fractions bourgeoises. Nous n'avons pas de patrie! Etre patriote, c'est être assassin!

Les prolétaires en Hongrie sont en première ligne.
Nous devons nous attendre à:
- une intensification de la guerre -vu que la mobilisation des réservistes, la préparation de la garde civile de défense, etc. ont déjà commencé
- la stabilisation des conditions de guerre
- l'augmentation des incitations nationalistes, l'extension de l'irrédentisme (aujourd'hui la Voïvodine, demain la Transylvanie, la Slovaquie,...)
- l'augmentation des prix, les mesures de sécurité nécessitées par la guerre
- le redoublement de la surveillance du prolétariat, l'intensification de la terreur d'Etat officielle (police, gardes de sécurité) et non officielle (gangs fascistes).

LUTTER CONTRE LA GUERRE = LUTTER CONTRE LE CAPITALISME ! ! !

Nous ne sommes pas impuissants: nous sommes riches de l'expérience historique de notre classe, nous devons nous réapproprier la mémoire collective de nos luttes; c'est cela qui nous fournit le cadre classiste pour nos propres activités et nous évite de reproduire encore et encore les mêmes erreurs. Nous savons aussi que nos luttes charrient de réelles perspectives, la vie elle-même. Regardant vers l'avenir, nous voulons détruire la non-vie, notre misère, l'exploitation!

Dans ce combat nous ne pouvons compter que sur notre propre force, la force du prolétariat mondial. Attaquons la fraction bourgeoise à laquelle nous sommes directement confrontés, battons-nous contre «notre propre» bourgeoisie. L'internationalisme ne signifie pas «faire quelque chose pour les prolétaires partout»; il désigne la communauté d'intérêts et de lutte que nous partageons avec nos frères et soeurs en Serbie, au Kosovo et partout dans le monde... Le défaitisme révolutionnaire = la lutte pour la défaite de «sa propre» bourgeoisie - contre la totalité de l'ordree bourgeois!

Frères prolétaires! ne vous laissez pas berner par le capital! Organisez-vous contre le capitalisme! Sabotez la production! Désertez de l'armée! Tournez votre arme contre l'ennemi réel!

Lisez, diffusez ce tract et discutez-le avec d'autres!

Milosevic = UCK = OTAN

A BAS TOUS LES ETATS! VIVE LA REVOLUTION COMMUNISTE MONDIALE!

"Prolétaires Internationalistes"

 

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CE49.1 Contre la guerre et la paix capitalistes