A la suite de l'article "Le capitalisme à l'oeuvre: le bombardement de Dresde - février 1945", paru dans Communisme N°42, un lecteur nous a envoyé quelques informations supplémentaires complétant les éléments dont nous disposions. Les notes de ce camarade ne font que confirmer ce que nous mettions en avant dans cet article, à savoir que les atrocités du camp dit antifasciste n'avaient rien à envier au camp fasciste, et que quand il s'agit d'anéantir des masses de prolétaires inutiles pour le Capital ou dangereux pour la paix sociale, Guerre et Science oeuvrent ensemble, dans la plus parfaite harmonie. La classe au service de laquelle elles opèrent montre alors aussi son vrai visage: celui de la barbarie. Quelle que soit la couleur démocratique qu'elle revêt - nazie, stalinienne, libérale... -, la bourgeoisie, c'est la bestialité.
 

"(...) Il est de la plus grande importance de combattre les mensonges justificateurs de la guerre de 39-45 comme le souligne l'article sur le bombardement de Dresde. Mais il semble que l'article a délaissé certains détails qui peuvent avoir une utilité non négligeable pour montrer que la barbarie n'était pas que dans un camp.
Concernant les modalités du bombardement, il faut souligner que, lors des attaques de Hambourg, Kassel, Darmstadt, Brunswick, la tempête de feu produite n'avait été qu'un résultat imprévu du bombardement alors qu'à Dresde, la tempête de feu était un objectif visé. En font foi le choix des types de bombes utilisées et leur emploi (d'abord des bombes explosives brisant fenêtres et toits, puis des bombes incendiaires - 75% des bombes transportées par les bombardiers de la premières vagues étaient des bombes incendiaires - propageant l'incendie dans une ville désormais traversée par les courants d'air).
Par ailleurs, la seconde vague de bombardiers avait pour fonction de détruire les corps de sauveteurs à l'oeuvre pour sauver qui pouvait l'être, les corps de sapeurs-pompiers tentant de circonscrire l'incendie et les convois de camions chargés de provisions de secours. Dans l'article il est seulement indiqué que "les chasseurs alliés iront jusqu'à mitrailler les colonnes de réfugiés qui fuient la ville mise à feu et à sang, ainsi que les secours venant des localités voisines". La réalité est encore plus barbare: les secours n'étaient pas visés seulement par des chasseurs mais bien par toute une vague de bombardiers qui avait reçu comme mission officielle de les détruire. Il aurait pu être indiqué également, en sus, que les mitraillages des chasseurs n'avaient rien de fortuit, expression du sadisme de loups lâchés dans une bergerie, mais étaient la mission officielle confiée aux chasseurs aussitôt l'attaque des bombardiers achevée.
Concernant les objectifs tactiques du bombardement, l'article aurait dû souligner le fait aberrant - selon la logique militaire elle-même - que l'aérodrome de Dresde-Klotzsche (dont les avions restèrent cloués au sol pendant toute la durée du bombardement pour des raisons sur lesquelles il est inutile de s'étendre, n'offrant même pas la bonne conscience aux équipages de bombardiers de bombarder une ville qui se défendait), sur lequel se trouvaient une centaines d'appareils - chasseurs et avions de transport éloignés du front de l'Est - fut totalement épargné alors que les bombardiers le survolaient. Ainsi, un objectif militaire, à portée de main des bombardiers qui prétendaient atteindre des objectifs militaires, fut laissé intact.
En dehors du bombardement de Dresde et toujours en vue de démystifier la guerre de 39-45, rappelons un fait peu souvent mis en avant et pourtant si utile dans notre combat contre les mythes manichéens justificateurs du massacre.
Alors que se déroulait le procès de Nuremberg, et tout en dénonçant les horreurs nazies, les américains - promoteurs du dit procès - intégraient à leurs équipes de recherche sur les armes bactériologiques et chimiques des savants japonais qui avaient sévi sur le territoire de la Chine occupée. Au sein d'une unité de recherche, ils avaient procédé à des expérimentations sur des prisonniers de guerre et sur la population chinoise à grande échelle, ils avaient ainsi testé les limites de la résistance humaine à la chaleur, au froid, les moyens de propagation de maladies sur des populations civiles (on leur doit une épidémie de peste dans la région de Nankin, provoquée par le largage par avion de containers bourrés de puces contaminées), et diverses autres expériences du même jus. Quand le Japon s'est rendu, les Américains, en retard dans le domaine de la guerre bactériologique et chimique par rapport aux Russes, ont camouflé leur récupération de ces criminels par le sacrifice de leurs alter ego nazis, au demeurant moins avancés dans leurs recherches. Ainsi, ce que les savants nazis de Nuremberg ont payé, ce n'est pas l'horreur des expériences faites mais le fait qu'elles n'avaient pas produit suffisamment de résultats."
 

CE44.4 Le Bombardement de Dresden :

Notes additionnelles