Présentation :

Le titre du livre "L'Etat et la Révolution" est unanimement et universellement associé au nom de Lénine. Le monde capitaliste dans son ensemble (et l'Etat capitaliste russe en particulier (1)) se réjouit de cette association unilatérale, tout comme d'ailleurs de la présentation de Lénine en tant qu'héritier de Marx et plus généralement, de l'assimilation de son nom à celui du communisme.

Historiquement pourtant, les positions contenues dans "L'Etat et la Révolution" n'étaient pas celles de Lénine mais bien celles de militants qui furent, par la suite, traités d'"infantiles"; d'ailleurs, Lénine, après avoir défendu ouvertement la nécessité de ne pas détruire l'Etat capitaliste en Russie mais d'y développer le Capital, a été jusqu'à s'opposer à la publication de ce livre. Ces faits sont fort peu connus et cette méconnaissance constitue certainement un autre sujet de satisfaction pour le Capital. Et nous ne parlons pas ici de ce qui se fait ouvertement pour empêcher la connaissance de l'histoire par ses principaux intéressés: les prolétaires du monde entier.

S'il y a bien quelque chose d'essentiel dans ce livre, et s'il est une raison pour laquelle les révolutionnaires s'en sont revendiqués, c'est l'affirmation selon laquelle il ne s'agit pas de conquérir l'Etat, mais de le détruire, de le démolir de fond en comble. Ceci dit, cette idée centrale par laquelle Lénine s'oppose à la social-démocratie, n'a rien d'original. C'est la position des fractions communistes, et en particulier celle de Pannekoek à l'encontre de Kautsky. Elle s'appuie strictement, comme le signale Lénine lui-même, sur les oeuvres de Marx et Engels (2). Lénine cite in extenso les positions centrales de Marx et Engels, répétant maintes et maintes fois, l'idée centrale qui affirme qu'il faut rompre, démolir la machine d'Etat: "Rompre la machine bureaucratique et militaire: dans ces mots se trouve brièvement exprimée la principale leçon du marxisme sur les tâches du prolétariat concernant l'Etat dans le cours de la révolution" (3). Et Marx et Engels eux-mêmes, lorsqu'ils se réfèrent à l'Etat, se rapportent à la lutte de classe en France et plus particulièrement à la plus haute expérience du prolétariat qui leur est contemporaine, celle de la Commune de Paris. Cela signifie que contrairement au mythe permanent d'un Lénine identifié à un génie, légende produite par le stalinisme (et son petit frère le trotskisme), le Lénine de chair et d'os, pour définir l'idée centrale affirmant qu'il faut détruire l'Etat, s'est essentiellement basé sur Marx et Engels, qui s'étaient nourris quant à eux de l'expérience même du prolétariat, au cours de la Commune de Paris.

D'où l'importance d'étudier la Commune par nous-mêmes et de ne pas nous satisfaire de l'histoire officielle. Ce faisant nous arrivons à des leçons chaque fois plus opposées aux conclusions officielles (surtout dans le sens de la totale opposition historique entre le mouvement du prolétariat et le gouvernement qui est connu sous le nom de Commune de Paris). Mais malgré cela, et malgré le fait que l'idée de détruire l'Etat s'exprime chez certains camarades de l'époque, tels Marx, Engels, Bakounine... nous n'aurions jamais imaginé que les protagonistes immédiats exprimèrent eux-mêmes clairement cette idée. Au contraire même, nous pensions que les affirmations de dictature pour détruire l'Etat formulées par les historiens ou les militants révolutionnaires résultaient d'une lecture des faits, et non d'une expression consciente produite des protagonistes eux-mêmes.

Cette vision des choses a changé quand nous avons appris que le "communard" Arthur Arnould, avait écrit un livre intitulé "L'Etat et la Révolution". Ce dernier a été réédité en français par les "Editions Jacques-Marie Laffont et Associés (Lyon)" et contient une introduction intitulée "Arthur Arnould ou la vie d'un mort est toujours fictive" de Bernard Noël, écrivain et auteur d'un ensemble de matériaux sur la Commune ("Dictionnaire de la Commune").

De cette introduction nous avons extrait le passage qui relate la surprise de l'auteur quand il découvrit, malgré l'occultation opérée par les historiens officiels de la Commune, les matériaux de Arthur Arnould: son "Histoire populaire et parlementaire de la Commune de Paris" tout d'abord, et ensuite son livre sur "l'Etat et la Révolution".

Après avoir expliqué sa longue marche comme investigateur de la Commune, après avoir lu les histoires les plus connues (Lissagaray, Bourgin, Gruhat-Dautry-Tesen), les souvenirs, les mémoires et jusqu'aux "cent quarante et un journaux de l'époque", Bernard Noël nous dit:

"C'est seulement vers la fin de ce travail que j'ai découvert un ouvrage dont j'imaginais, vu le peu de cas qu'on en faisait, qu'il était très secondaire: "Histoire populaire et parlementaire de la Commune de Paris". La lecture des trois petits volumes de cette histoire me frappa vivement parce que le témoignage direct y était accompagné d'une synthèse des idées de la Commune, qui constituait à peu près le traité idéologique que je cherchais.
Le caractère synthétique de cette histoire fit que je n'allai pas plus loin avec son auteur: il semblait avoir rassemblé là tout ce qu'il avait à dire sur la Commune, et puis l'éditeur me pressait, plus désireux de couper dans mon Dictionnaire que de l'augmenter. Ce fut seulement deux ou trois ans plus tard que, ayant enfin pu acheter un exemplaire de la très rare "Histoire populaire et parlementaire de la Commune", mon intérêt s'en trouva ranimé au point que j'entrepris une bibliographie de son auteur - et que j'eus la surprise de découvrir sous son nom, à la date de 1877, un ouvrage intitulé: "L'Etat et la Révolution".
L'existence d'un livre portant le même titre que la grande oeuvre de Lénine et traitant le même sujet, mais quarante ans plus tôt, doit être quelque chose d'impensable puisque cette existence est traitée comme si elle n'existait pas. La place de ce livre reste donc vide ou invisible. Pourtant, à supposer même que ce livre soit sans intérêt, son titre est en soi historique et devrait suffire à le rendre remarquable, la qualité d'ancien communard de son auteur étant une attraction de plus.
Cette conjonction de l'intérêt évident et de l'inexistence m'a longtemps troublé, et j'ai plusieurs fois entrepris puis reporté ce travail de présentation. Un libraire spécialisé dans l'histoire de la Commune, et par l'intermédiaire duquel j'essayais de me procurer ce livre, m'a d'abord affirmé qu'il n'existait pas... Est-il si rare? L'a-t-on détruit? La Bibliothèque nationale en conserve heureusement un exemplaire.
L'auteur, lui, est tombé dans l'oubli, malgré sa mention obligée dans toutes les histoires de la Commune - ou plutôt, il est devenu un nom, c'est à dire rien..." (4)
La plupart des historiens de la Commune étant social-démocrates (staliniens ou non), il est normal qu'ils oublient un militant qui, de plus, avait le "défaut" d'être pour la destruction de l'Etat. Comme le dit Bernard Noël à propos de Lucien Scheler:
"Dans sa préface, Lucien Scheler esquisse une biographie de cet Arthur Arnould devenu si obscur. Quand il en arrive à la période de "L'Etat et la Révolution", Lucien Scheler évite d'en citer le titre et se contente d'écrire: "...l'ensemble de ses articles sur les questions sociales, anti-étatiques, anarcho-collectivistes qui paraissent aux "Droits de l'homme", groupés en un volume édité à Genève en 1878 par "Le Travailleur".
Pour Lucien Scheler être "anti-étatiste" est certainement une tare, et cette tare l'autorise à passer sous silence le titre d'un "ensemble" politiquement douteux; à moins que la tare n'ait pour fonction de le dispenser de citer un titre embarrassant..." (5)
Dans le livre d'Arnould, comme dans celui de Lénine quarante ans plus tard, il est question de détruire l'appareil d'Etat. Ce à quoi Lénine a très rapidement et clairement renoncé. Même sans connaître beaucoup de choses sur le rôle d'Arnould et les efforts militants de ce dernier, est ce que tout ceci n'est pas extrêmement gênant pour ceux qui écrivent l'histoire officielle du marxisme? Peut-être Lénine a-t-il plagié jusqu'au titre d'Arnould? Nous n'avons pas suffisamment d'éléments pour l'affirmer et nous ne savons pas si Lénine étudia à fond Arnould, mais ce qui est certain en tout cas, c'est que le livre d'Arnould circulait bel et bien en Suisse parmi les réfugiés socialistes russes à l'époque de Lénine.
 
 

 

Pour toutes ces raisons, il nous parait indispensable de faire connaître Arnould et de reproduire quelques extraits de son livre (6). Il est évident que cela n'implique pas notre adhésion à l'ensemble de ses positions. Dans beaucoup de cas nous sommes en désaccord avec lui (Arnould est par exemple clairement fédéraliste et anticentraliste), mais nous entendons souligner quelques positions de ce militant ouvrier, qui constitueront des jalons dans la longue expérience du prolétariat pour affirmer la lutte contre l'Etat. Et il est vrai que le titre du livre est déjà en soi un jalon de cette affirmation historique!

Il faut cependant préciser que tant Arnould que son livre présentent des aspects extrêmement contradictoires.

Arnould fut militant puis arrêta de militer; il se convertit au bouddhisme et tourna mystique à la fin de sa vie. Alors qu'il défend d'abord des positions qui semblent à contre courant, et s'oppose explicitement à tous les socialistes (Marx) ou pseudo-socialistes (Proudhon) de son époque, plus loin, on dirait qu'il épouse les positions totalement bourgeoises de ce dernier, sur la question des fédérations locales et nationales; dans certaines parties de son livre, il a l'air d'être partisan de tout démolir, y compris la démocratie et le suffrage universel, et dans d'autres, il semble admirer la Fédération Suisse! Mais plus encore, dans certains passages, il fait preuve d'une lucidité surprenante et critique toute illusion sur les libertés politiques, la gauche bourgeoise, le principe majoritaire, il dénonce la dictature de la classe bourgeoise derrière toute forme de république et va jusqu'à affirmer que sans révolution sociale, il n'y a pas de révolution politique, et puis tout au contraire, dans d'autres passages, il fait l'apologie du communalisme, du fédéralisme et du corporatisme. Mais malgré cela, et aussi grands soient nos désaccords avec ces positions (en réalité des positions contre-révolutionnaires), le lecteur pourra vérifier à quel point le livre "L'Etat et la Révolution" d'Arnould contient, quarante ans avant le livre de Lénine du même nom, des affirmations programmatiques essentielles qui constituent des jalons décisifs dans l'opposition historique entre le prolétariat et l'Etat.

Pour clôturer cette présentation, nous n'allons pas faire ici une longue biographie de l'auteur, nous nous contenterons de souligner quelques aspects de l'activité et des positions d'Arnould avant, pendant et après la Commune.

 
 

 

Peu avant la Commune, en 1869, Arnould collabore à un périodique républicain intitulé La Marseillaise, un journal fondé par Rochefort et où l'on retrouve d'autres futurs communards tels Flourens ou Rigault. Avant que le journal ne soit suspendu par le gouvernement, Arnould écrira une soixantaine d'articles, réunis par la suite dans un livre intitulé "Une campagne à la Marseillaise". De ces articles, Bernard Noël extrait quelques positions d'Arnould qui nous semblent décisives dans la trajectoire qui le conduira à écrire "L'Etat et la Révolution":

"Un parlement... ne représente jamais que les aspirations des classes gouvernantes, et n'agira jamais qu'en accord avec leurs antiques traditions."
"Le suffrage universel se cramponne toujours à ce qui existe,... jamais il ne se prononcera en masse contre un gouvernement établi quelconque en faveur d'un gouvernement à venir."
"Pour nous, fonder la liberté, c'est réunir ce qui n'aurait jamais dû être séparé: le pouvoir et la nation, ou plutôt, supprimant l'un de ces deux termes, restituer le pouvoir à la nation elle-même."
Arnould sera plusieurs fois condamné pour délits de presse, ses articles étant nettement dirigés contre l'Empire.

En 1870-71, il milite au sein de l'"Alliance républicaine" (Ledru-Rollin, Delescluze, etc.). Durant la Commune, Arnould fut élu au Conseil de la Commune, pour les districts 4 et 6 de Paris, optant pour le premier. Dans les débats, il se prononce pour la publication de toutes les discussions de la Commune, il exige que les votes se fassent à main levée et que chacun assume publiquement la responsabilité de ses actes. Quant aux représailles à l'encontre des versaillais, il s'oppose à la mise au secret dans les prisons et à la prise de quelques otages, mais propose par exemple de démolir les propriétés des versaillais dans Paris et plus particulièrement d'abattre l'Hôtel qu'y possédait Thiers.

Après la semaine sanglante, il se réfugie en Suisse. C'est là qu'il rédigera "L'Etat et la Révolution", publié en 1877.

Dans ce pays, il milite de 1871 à 1872 dans la "section de propagande de l'action révolutionnaire socialiste" de Genève (section de l'AIT où se retrouvent de nombreux communards exilés, tels Pindy, Lefrançais, etc.) et collabore au journal La Révolution sociale.

Les exilés de la Commune se sont essentiellement retrouvés en Suisse et en Angleterre. En Suisse, Arnould côtoie des révolutionnaires, et il a l'occasion de confronter sa propre expérience à celle des autres militants. Ces militants étaient originaires de Russie, d'Allemagne, d'Autriche-Hongrie, de France, d'Italie, d'Espagne,...

Les discussions sur l'Etat, le parlementarisme, le suffrage universel, etc., doivent être recadrées dans l'ensemble des discussions qui ont lieu à cette époque dans le mouvement ouvrier. Il y a à cette époque quantités de textes qui circulent, et qui expriment une rupture à un degré ou à un autre avec l'Etat. Arnould côtoie Bakounine, à la fin de la vie de celui-ci, à un moment où, découragé, le vieux militant révolutionnaire a abandonné toute activité militante.

En 1877, on retrouve Arnould aux côtés d'un groupe de réfugiés français qui fondent à Genève Le Travailleur - Revue socialiste révolutionnaire. Elisée Reclus, Charles Perron, Joukovsky, Gustave Lefrançais font partie de ce noyau militant. L'adresse de ce journal est d'ailleurs celle de l'imprimerie où le livre "L'Etat et la Révolution" a été tiré.

Au début des années 1880, Arnould s'engage dans l'"Alliance socialiste républicaine" pour, très rapidement, rompre. Un peu plus tard, il s'enfermera dans la littérature et le bouddhisme.
 

 

NOTES :

 
1. C'est valable pour hier comme pour aujourd'hui. Hier l'Etat capitaliste russe se revendiquait de Lénine, et il s'agissait clairement d'une position antiétatique cooptée par l'Etat capitaliste; aujourd'hui (1996) c'est le communisme et l'antiétatisme qui sont considérés comme dépassés et comme étant les coupables de tout ce qui fonctionne mal dans le capitalisme russe. Dans les deux cas, l'antiétatisme est liquidé, avant parce qu'il était dans l'Etat-même, maintenant parce qu'il a été dépassé.

2. Sur cette question, nous renvoyons le lecteur aux "Notes sur l'Etat" que nous avons publiées dans Communisme N°40 sous la rubrique "Brouillons et Manuscrits".

3. "L'Etat et la Révolution" - Lénine.

4. Bernard Noël - "La vie d'un mort est toujours fictive", pages 18 et 19.

5. Op. cit. p.19.

6. Ce texte vient s'ajouter à un ensemble de matériaux déjà publiés à propos de notre critique de l'Etat et complète plus particulièrement le N°40 de notre revue centrale en français, intitulée "Contre l'Etat - Critique de la politique", axée principalement sur ce thème.


 
 

L'Etat et la Révolution


 
 

Nous ne prétendons pas dans ce qui suit déterminer de façon représentative les forces et les faiblesses du livre d'Arnould. Nous n'avons fait que sélectionner quelques passages dans lesquels s'exprime une critique du système représentatif, du suffrage universel, etc... et où ses positions sont clairement partisanes de la destruction de l'Etat quelle que soit sa forme.
 
 
 
Sur le chapitre "La théorie du pouvoir"

"Qu'ai-je toujours dit? Que l'Etat était la négation même des droits des citoyens, que ce "bloc enfariné" qu'on appelle le gouvernement, parlementaire ou non, ne représentait que la dictature de l'Etat, que toute liberté serait vaine, inutile ou dérisoire, tant que l'Etat serait là, attendu qu'il ne pourrait en permettre, en supporter aucune. 

Quelques niais, n'ont pas manqué de prétendre que j'exagérais, et qu'il n'y a rien de plus facile que d'accommoder ensemble le feu et l'eau, le Pouvoir et la liberté, l'Etat et la démocratie, la Centralisation et l'Autonomie, l'Unité et le gouvernement direct. (...) 

- L'Etat, c'est moi, - disait hier Louis XIV. 

- Je suis toutes les lumières, je suis la science infuse, je suis l'infaillibilité, - donc j'ai tous les droits et j'exerce tous les Pouvoirs, - dit aujourd'hui l'Etat. 

Quelle différence, au point de vue de la liberté des gouvernés, voyez-vous entre les deux formules? 

Remarquez que M. de Marcère a raison, car si l'Etat n'était pas toutes lumières, s'il n'était pas la science infuse, s'il n'était pas l'infaillibilité, que serait-il? - Un simple agent d'exécution des volontés populaires. - Il ne serait plus la Dictature, il ne serait plus l'Etat. - Ce serait le peuple qui aurait les droits et qui exercerait le Pouvoir, - et le gouvernement, absorbé par la souveraineté populaire, disparaîtrait. 

Il y a donc antinomie absolue, contradiction irréductible, entre la souveraineté populaire et la souveraineté de l'Etat. On ne peut pas obéir et commander à la fois, être à la fois le gouvernant et le gouverné, et le système parlementaire de la délégation de la souveraineté du peuple ne peut être que le système de l'abdication de la souveraineté du peuple. 

Déléguer se pouvoirs, c'est se donner un maître. 

Je le dis, et M. de Marcère le prouve. 

Tant que l'Etat subsistera, n'espérez donc rien. 

Toute prétendue liberté sera despotisme ou dérision entre ses mains. 

Toute représentation sera sienne, ou ne sera pas.

Il n'y a pas de droit contre la force. Il n'y a pas d'autre souveraineté, en face du Pouvoir, que le Pouvoir!" 


 
  

Sur le chapitre "Le régime parlementaire"

"Un fait qui doit finir par frapper les esprits les plus indifférents, c'est que les plaintes et les critiques sont identiquement les mêmes, quelle que soit la forme du gouvernement qui préside à nos destinées, et que, sauf les gens nouveaux portés aux affaires, les mécontents sont aussi les mêmes, et se recrutent dans les mêmes catégories sociales. 

Il y a donc lieu de croire que les abus ne disparaissent point, et que les souffrances persistent. 

Cependant la République française, le Siècle et les autres journaux de l'opportunisme à la suite, ne cessent de nous chanter les louanges du régime parlementaire, de l'opposer au régime personnel. 

Il est certain qu'à ne considérer que la superficie, un abîme sépare l'Empire et la République (...). 

Prenons la situation dans son beau, au point de vue théorique, en dehors de tous les coups d'Etat inévitables, en admettant que la Constitution soit respectée et pratiquée loyalement, et rendons-nous compte de la réalité. 

Hier, la France avait un chef inamovible, et par conséquent irresponsable, et la France lui appartenait à ce point que le fils de ce chef devait hériter de la nation, comme on hérite d'une maison ou d'un troupeau. 

Ce chef avait droit de paix et de guerre, - et il en usait! 

(...) En un mot, la France était aux mains d'un homme! 

Sous la troisième République, le chef du Pouvoir est temporaire, élu par les représentants de la nation. 

Il n'a pas plus de droit de paix et de guerre, ni même d'amnistie. On ne lui a laissé que la "large clémence". (...) 

A tous les degrés de la machine politique, nous avons l'élection, et les élus sont temporaires. (...) 

Quelle différence entre les deux régimes! 

C'est là ce que les bons auteurs et les hommes sages appellent l'organisation de la démocratie. Tous les Pouvoirs sortent du peuple par le suffrage universel, et tous les Pouvoirs sont révocables. 

Un habitant de la lune à qui l'on raconterait cette histoire jurerait que nous n'avons rien à désirer. 

Résultat: - Néant! 

Ni une liberté de plus dans la sphère politique, ni une amélioration quelconque dans la sphère sociale. 

Ce Pouvoir électif et temporaire nous fait trotter comme le Pouvoir personnel et héréditaire

Pas une réforme! - Pas un progrès! 

Le balayeur des rues qui gagnait 1fr. 50 c. sous Louis-Philippe ou Napoléon III, les gagne encore sous Thiers ou Mac-Mahon, et serait bien étonné si on lui soutenait qu'une immense Révolution s'est accomplie dans nos institutions, que nous avons passé du régime monarchique au régime républicain, et du despotisme à la démocratie. 

Le jour où M. Gambetta remplacerait le maréchal Mac-Mahon, il serait même à craindre que ce balayeur des rues ne puisse prendre part aux réjouissances publiques de MM. Challemel-Lacour et Jules Ferry, - étant mort de misère juste à l'instant où se produirait un si heureux événement (1)

Comment peut-il se faire que des régimes aussi différents en apparence, et des hommes aussi divers au Pouvoir, ne modifient rien, ne changent rien à l'état vrai des choses? 

Rien de plus simple! - Tant que nous ne l'aurons pas compris, nous ne sortirons pas du gâchis et de l'asservissement. 

Le chef du pouvoir est temporaire, - c'est vrai, - mais il est toujours le chef du même Pouvoir, d'un Pouvoir dont les attributions, les moyens d'action et l'omnipotence n'ont point varié (2)

Et le maréchal notamment s'est chargé de le prouver. 

On doit le remplacer tous les sept ans, - sans doute. - Mais c'est absolument comme si le roy mourait tous les sept ans, au lieu de mourir à intervalles irréguliers. 

Il est élu, et nous échappons aux hasards d'une majorité sujette à tous les entraînements, à toutes les oscillations que lui font subir quelques malins et quelques ambitieux. 

Qu'un membre de la gauche ait la grippe, le jour de l'élection présidentielle, - et voilà la marche du pays modifiée pour sept ans, car il suffit d'une voix pour régler nos destins. 

Il n'y a pas si longtemps que la République et la monarchie se jouaient à pile ou face dans l'Assemblée précédente, et ce fut une voix qui décida du sort d'une grande nation. 

Au sénat, - qui a droit de veto sur toutes les lois et qui peut dissoudre la Chambre des députés, - la majorité dépend d'un groupe de dix voix qui portent à droite ou à gauche, suivant leur intérêt personnel. 

Parce que cela s'appelle le régime parlementaire, trouvez-vous que cela soit une garantie suffisante? (...) 

Hier, nous appartenions à la volonté, au caprice, aux intérêts d'un homme. 

Aujourd'hui, nous appartenons à la volonté, aux caprices, aux intérêts de cinq cents individus, entre lesquels ce n'est point la volonté du peuple qui décide, mais la force brute d'un chiffre. 

La voix d'un opportuniste quelconque, ou d'un Lorgeril, ou d'un Belcastel, peut arrêter toutes les réformes à un moment donné. (...) 

Le régime parlementaire n'est donc qu'une apparence, qu'un trompe-l'oeil. 

Au fond, vous y trouverez toujours la toute-puissance de l'Etat, et la dictature du gouvernement. C'est toujours le principe d'autorité qui domine et qui dirige tout. 

L'autorité passe d'une main à l'autre, mais par-dessus la tête du peuple. 

En un mot, que le gouvernement soit héréditaire ou électif, temporaire ou à vie, - cela ne change rien à la nature des choses. - C'est toujours un homme, ou une collection d'individus, ou une classe dirigeante, qui tient le Pouvoir et qui décide du sort de la nation. 

Qu'on renouvelle tant qu'on voudra la délégation de l'Autorité, cela ne modifie pas son caractère autoritaire, et le peuple n'en est pas moins dépossédé. 

On renouvelle aussi le charbon et l'eau de la machine à vapeur. En est-elle moins la même machine? 

Fourrez au Pouvoir qui vous voudrez, - ce sera toujours le même Pouvoir. 

Or, tant qu'il y aura un Pouvoir au-dessus du peuple, ce Pouvoir sera contre le peuple, - et vous en avez la preuve depuis que nous sommes censément en République. 

Si, quand les esclaves des colonies réclamaient leur affranchissement, on leur avait dit: 

- Vous voulez la liberté, mes bons amis? - Rien de plus simple. Désormais, au lieu d'être vendus au marché, vous choisirez vous-mêmes votre maître, - les esclaves auraient haussé les épaules, sachant bien que, choisi ou non, le maître les aurait fouaillés à son caprice. 

Vous vouliez votre affranchissement, - on vous accorde de choisir vous-mêmes vos gouvernants, et les farceurs vous assurent que vous êtes libres. 

Mais les pontons de mai 1871, après les pontons de juin 1848, vous apprennent que, si le maître est choisi par vous, il n'en sait pas moins vous fouailler... de main de maître." 


 
 
Sur le chapitre "Les aînés et les cadets"

"Le suffrage universel devait assurer le triomphe de la démocratie. 

Il nous a donné l'empire, l'Opportunisme, et l'ordre moral, dont les jolis résultats continuent de se développer sous nos yeux. 

Grâce à ce nouveau mécanisme introduit dans la machine gouvernementale, ce n'est plus, il est vrai, au nom du droit divin, ni au nom de l'oligarchie bourgeoise et censitaire, que nous sommes gouvernés, mais au nom de la majorité, du nombre brut et sans autre moralité qu'un total. 

Or, dans un pays qui sort de quatorze siècles de monarchie et de catholicisme, - remettre le sort de la nation aux hasards d'une opération d'arithmétique ne peut produire d'autres conséquences que celles que nous subissons. 

La majorité, - dans les circonstances actuelles, - est nécessairement ignorante, inconsciente, ou indifférente à des intérêts qu'elle ne comprend pas et qui ne lui paraissent pas la toucher directement..." 


 
  
Sur le chapitre "L'abdication"

"(...) Tous les arguments qu'on faisait valoir jadis contre les plébiscites de l'Empire, alors qu'on soutenait avec raison qu'un peuple n'a pas le droit d'abdiquer, de stipuler pour les générations futures, - tous ces arguments, on peut les appliquer au système représentatif. 

On n'a pas plus le droit de se dessaisir de sa Souveraineté pour quatre ans, pour un an, pour un mois, pour une heure, pour une minute, que pour cent ans ou pour l'éternité. 

On n'a pas plus le droit d'engager demain, que le siècle qui suivra. 

Vos élections sont autant de plébiscites par lesquels vous abdiquez. 

La durée de l'abdication ne prouve rien, - votre Souveraineté n'a juste qu'une seconde: - celle où vous mettez votre bulletin dans l'urne. 

Elle consiste en ceci exclusivement, qu'on vous accorde la faculté de la remettre à autrui. 

Quoique cela se renouvelle à intervalles plus ou moins réguliers ou rapprochés, - vous voyez bien que vous n'en êtes pas plus libres. 

Le gouvernement impérial disait: 

- Vous allez souverainement déclarer, une fois pour toutes, que je suis à jamais votre maître, - moi et mes petits. 

Le gouvernement représentatif, - républicain ou non, - vous dit: 

- Tu nommeras ton maître tous les quatre ans. 

Quelle différence y a-t-il? 

Changer de maître, ce n'est pas changer de collier. 

Ceux qui logent en garni, faute d'avoir une maison à eux, ont aussi la facilité et le droit de changer de propriétaire. - Ils peuvent même en changer tous les huit jours. 

En sont-ils davantage chez eux pour cela? 

En sont-ils plus propriétaires de l'appartement qu'ils occupent? 

Ce n'est pas tout. 

Non-seulement vos représentants, une fois nommés ne dépendent plus de vous, et peuvent livrer toutes vos libertés, - comme ils le font, - mais encore ce sont ceux de la partie adverse qui sont chargés de vous représenter. 

Vous êtes la classe dirigée, - et vos représentants appartiennent à la classe dirigeante. 

Vous êtes les salariés et les exploités, - ils sont les industriels, les commerçants, les rentiers. 

Vous êtes les travailleurs, - ils sont les patrons. 

Vous êtes les possédés, ils sont les possesseurs. 

Et vous les accusez de manquer d'énergie, quand ils sacrifient vos plus chères espérances, quand ils ajournent ou repoussent vos plus légitimes revendications! 

Manquer d'énergie? - Non pas! 

Vous les avez vus en juin 1848 et en mai 1871. 

Dites-moi si jamais la Convention, d'énergique mémoire, a montré autant d'énergie contre les royalistes, la Vendée (3) et l'étranger, qu'ils en ont déployé, eux, contre le prolétaire soulevé? 

Manquer d'énergie? 

Contre vous, - jamais! 

Pour vous, - toujours! 

Posez la question révolutionnaire, et tous ces lièvres de la gauche, dont le Sénat ne fait qu'une bouchée, deviendront des foudres de guerre en face de Paris communaliste. 

En 89, le Tiers-Etat a-t-il chargé la noblesse et le clergé de faire la Révolution? 

Nullement, il l'a faite lui-même, car il s'agissait de ses intérêts à lui, qui étaient opposés aux intérêts des représentants de la vielle société. 

Aujourd'hui la révolution bourgeoise est faite et parfaite. 

Le Tiers-Etat est tout et tient tout. (...) 

Tout ce que vous réclamez, vos maîtres l'ont. 

La liberté d'association? - Est-ce que les capitalistes ne l'ont pas, pleine et entière, poussée jusqu'à l'Internationalisme qu'on vous interdit? - Il y a des frontières pour le travail et les travailleurs. Il n'y en a plus, depuis longtemps, pour les écus et les actionnaires. 

Le droit de réunion? - N'ont-ils pas tous les cercles, tous les clubs qui leur conviennent? 

L'organisation corporative? - Ne l'ont-ils pas, et dans l'armée, et dans le clergé, et dans la magistrature, et dans l'administration, et dans le barreau, et dans les Chambres de commerce, et dans les compagnies financières? 

Le produit intégral de leur travail? - Ne l'ont-ils pas, - et du vôtre avec? 

Tout ce qui vous manque, ils le possèdent, - et vous comptez sur eux pour vous le donner! 

Vous dites: - Ils abandonnent toutes les libertés! Erreur: - Ils n'abandonnent que les vôtres. - Eux n'y perdent rien. 

Ils sont logiques. - C'est vous qui ne l'êtes pas: 

1 En abdiquant votre part de Souveraineté par le mécanisme représentatif; 

2 En choisissant de plus vos soi-disant représentants parmi les membres de la classe ennemie." 


 
 
Sur le chapitre "La république et la révolution sociale"

"Si le peuple de France, en moins d'un siècle, a ramené trois fois la République, s'il y tient, - ce n'est sans doute point par un sentiment classique d'admiration pour les Républiques de l'antiquité. 

Ces Républiques, reposant sur l'esclavage du travailleur, de la femme et de l'enfant, et qui sacrifient à la raison d'Etat même l'autonomie du citoyen libre, ne peuvent guère inspirer que de l'honneur, malgré leur incontestable grandeur politique. 

Si le peuple veut la République, ce ne peut être davantage par un fétichisme étroit de telle ou telle forme de gouvernement, car personne n'ignore, - ainsi que Rome païenne, Venise catholique et Versailles ordre-moralier l'ont prouvé, - que le despotisme anonyme d'une oligarchie est quelquefois aussi effroyable et plus difficile à renverser que le Pouvoir personnel aux mains d'un bandit. 

Ce n'est pas non plus, certes, par adoration du parlementarisme, qui n'est que l'incarnation de la Dictature bourgeoise (...) 

Entre les dictateurs de la veille, au nom des principes conservateurs, et les dictateurs du lendemain, au nom de l'Opportunisme, - le peuple n'a pas à choisir, et ne choisit pas. 

S'il y a un peu plus de sang aux mains des uns que des autres, c'est affaire de circonstance, non de conscience. 

Si donc le peuple a voulu et veut la République, c'est qu'il en espère autre chose que ce qu'il pourrait attendre de la monarchie. 

Mais pour que la République lui procure les avantages auxquels il a droit, il faut que la République soit pourvue des organes appropriés à sa mission. 

Or, le Pouvoir politique, qu'il soit républicain ou non, est toujours l'expression d'une dictature quelconque

A la société féodale et guerrière, improductive et religieuse du moyen âge, correspond la forme monarchique pure. 

Cette société représente le Droit de la force. - Elle provient de la conquête; - elle repose sur deux colonnes: 

Dieu, le roy d'en haut, qui a ses privilégiés de la grâce et ses millions de sujets de l'enfer; 

Le Roy, ce dieu d'en bas, qui a ses favorisés de la naissance et ses damnés de la glèbe et du travail. 

A la société bourgeoise et capitaliste correspond le parlementarisme. - L'Etat est un coffre-fort, la classe dirigeante une Compagnie anonyme à capital variable pour l'exploitation du travail d'autrui. 

Comme dans toute association de ce genre, il y a un conseil d'administration, - pouvoir exécutif, - et un conseil de surveillance, - pouvoir législatif. 

Le pays appartient à un certain nombre d'actionnaires en commandite, qui se partagent des dividendes appelés instruction, fortune, instrument de travail, emplois salariés, gouvernement

Ce qui distingue la monarchie absolue du parlementarisme, - c'est identiquement la différence qui distingue la gestion arbitraire d'une fortune privée, reçue par héritage, de la gestion contrôlée des capitaux d'une réunion de boursiers toujours avides de s'enrichir. 

Ce contrôle de la bourse, par ceux qui en tiennent les cordons, a reçu le nom de libertés constitutionnelles ou politiques

Que ce régime se manifeste à l'aide d'un roy qui règne et ne gouverne pas, ou d'un président qui gouverne et ne règne pas, ou d'un conseil des ministres qui règne et gouverne, - qu'y gagne le peuple? (...) 

Qu'un Napoléon III soit sur le trône, - ses crimes, ses inepties, attirent tous les regards. - On se figure que ce bandit ou cet idiot parti, on éprouvera un grand soulagement: que la France une fois rendue à elle même, c'est la liberté et la justice qui occuperont le Pouvoir. 

La République proclamée, la liberté s'appelle Thiers ou Mac-Mahon, la justice Dufaure, ou Martel, ou de Broglie. 

Le despote est parti. - le despotisme est resté. 

Il n'y a plus la Monarchie, il y a la République, et pourtant rien n'a changé. 

C'est que le despotisme politique n'est que la forme extérieure de l'esclavage économique

Il en naît, - et il l'engendre. 

C'est donc l'esclavage économique qu'il faut abolir. (...) 

Peut-on séparer la Révolution sociale de la Révolution politique

Peut-on résoudre le problème dans l'un de ses termes seulement? 

En un mot, y a-t-il deux Révolutions? 

Non; - il n'y en a qu'une. 

Il est aussi impossible de fonder la liberté politique, comme le prétendent les soi-disant libéraux et les opportunistes, sans résoudre la question du servage social, qu'il est impossible de trancher la question sociale sans lui fournir les instruments de la liberté politique. (...) 

De ce que la liberté politique est un leurre sans l'égalité sociale, n'allons pas croire, d'ailleurs, que l'égalité sociale puisse croître et fleurir sans la lumière abondante de la liberté politique. 

Seulement, cette liberté, il faut l'aller chercher là où elle est

Il ne faut plus la demander aux formes gouvernementales, à la méthode unitaire et centraliste, - à l'état, en un mot. 

Il faut la demander au fédéralisme, à l'autonomie des groupes, soit Commune, soit Corporation..." 


 
  
Sur le chapitre "Ce que l'on trouve sous tout Gouvernement"

"Quand on désarme le peuple pour armer le Pouvoir, le grand argument, c'est qu'il faut créer une force indépendante qui, planant au-dessus des passions et des intérêts des partis, assure le triomphe de la loi et de la justice uniformes pour tous, une force pondératrice dont le rôle soit de s'identifier avec les volontés et les besoins de la majorité, de faire respecter, les premières, de satisfaire les secondes, etc., etc. 

Cette théorie serait parfaite, si elle n'était absurde, si les faits ne l'avaient toujours démentie. 

Quand le Gouvernement a-t-il joué, un jour, une heure, une minute, une seconde, ce rôle fantastique et providentiel qu'on lui attribue? 

Et comment pourrait-il le jouer? 

Quoi, le Gouvernement plane au-dessus des passions et des intérêts des partis

Il s'appelle lui-même tantôt le parti conservateur, tantôt le parti républicain, et ne parle que des intérêts de ce parti (...) 

Vous voyez bien que cela ne représente que les passions et les volontés des hommes au pouvoir, qu'il n'y a là ni règle, ni principe, ni garantie quelconque, que c'est l'état de guerre en permanence, que le Gouvernement n'est qu'une place forte, où chaque parti pénètre, à son tour, par la violence, et d'où il tyrannise et terrorise ses adversaires, et qu'occupé toujours à se défendre, à écraser ses ennemis, il ne vous a jamais donné et ne vous donnera jamais la liberté. 

Enlevez les faux nez constitutionnels, parlementaires, représentatifs, et vous ne trouverez derrière que: 

L'ESCLAVAGE DANS LE GACHIS !...



 
 

NOTES :

1. Comme on peut le constater, Arnould s'amuse ici des différences entre la gauche et la droite de la bourgeoisie.

2. Ici, Arnould se rapproche d'une théorie de l'essence de l'Etat invariante, indépendamment des hommes qui l'occupent.

3. Insurrection contre-révolutionnaire qui se déroula en Vendée en 1793. Les insurgés (les Blancs) constituèrent une armée, d'abord "catholique et romaine" puis "catholique et royaliste", de quelques 40.000 hommes.

 


CE44.3 Mémoire ouvrière :

"L'Etat et la révolution" par Arthur Arnould (1877)