Nous reproduisons ici tels quels quelques extraits d'un article publié le 10 septembre 1995 par le journal britannique "The Observer". L'article révèle involontairement, mais très clairement comment différents gouvernements, ici ceux des Etats-Unis, de la Grande Bretagne et des Pays-bas, tout comme des organismes supra-nationaux comme l'ONU, collaborent afin de faire triompher leurs calculs politiciens et cela en fonction des intérêts des Etats les plus influents.

Au-delà de l'hypocrisie des journalistes qui constituent un rouage essentiel de la propagande bourgeoise --ici il s'agit pour eux de se faire l'avocat d'une guerre "juste", sans misère et sans souffrances ... où les "tyrans coupables", les "brutes sanguinaires" auront en dernière instance des comptes à rendre devant "un tribunal de l'histoire"-- au-delà de cette hypocrisie donc, ces informations ne font que corroborer ce que savent déjà tous ceux qui analysent la réalité de la guerre non pas en fonction des idéologies et de la propagande, non pas suivant la vision d'individus tout-puissants, mais uniquement suivant la démarcation de nos intérêts de classe en opposition totale avec la société existante et tous ses représentants.

Toute la propagande autour de la paix, les campagnes humanitaires, les fameux "corridors de sécurité" et autres "zones protégées",... sont autant de pièges destinés à nous lobotomiser, à nous transformer en spectateurs impuissants... face à notre propre destruction. Car ces campagnes visent à nous dépossèder, à nous isoler, à nous rendre inactifs, indifférents face aux tortures et bombardements infligés à nos frères prolétaires de par le monde. Ainsi toute réelle riposte à ces orgies capitalistes que sont les guerres se trouve affaibli car au sein même de notre classe, nos rangs sont divisés. Impuissants, nous sommes censés gober sans rechigner les interventions de ces représentants "du monde civilisé" que sont les "casques bleus" et autres gangs de mercenaires.

L'ONU est devenu un outil privilégié pour imposer la guerre contre notre classe; les guerres au Moyen-Orient, en Somalie et en ex-Yougoslavie sont à ce titre révélatrices. A travers l'ONU, prétendument "neutre", prétendument "en mission de paix", toute la propagande guerrière se trouve démultipliée... et cela, plus particulièrement encore, au service des intérêts des Etats les plus puissants associant dans des rapports d'interdépendance l'adhésion de la plupart des autres Etats.

Le mérite de cet article, c'est de laisser entrevoir toute l'hypocrisie de la propagande humaniste des Nations Unies.
 
 

"Des médecins de l'ONU ont détruit un film contenant des scènes honteuses de casques bleus restant passifs pendant que des Serbes bosniaques organisaient le massacre de musulmans à Srebenica. La destruction de ce film peut être inscrit dans une suite d'événements visant à s'assurer que le récit du massacre de Srebenica ne serait jamais divulgué. Les séquences de film en cause montraient la chute, il y a deux mois, de la "zone protégée" par l'ONU, durant laquelle des soldats serbes bosniaques sont soupsonnés d'avoir massacré 2.700 musulmans qui s'étaient rendus. Nous avons pu établir que 3 gouvernements occidentaux, y compris la Grande-Bretagne, ont caché et détruit des preuves du massacre. Ces agissements de l'ONU ont soustrait au tribunal international qui devra juger les crimes de guerre, des preuves d'importance vitale pour le jugement des assassins." 

(...) "Aussitôt après la chute de la ville, le Ministère britannique de la Défense est passé à l'offensive, essayant de nier et de cacher les preuves du massacre. Tandis que le monde entier pouvait regarder les images des femmes réfugiées de Srebenica faisant le geste d'une main coupant la gorge --ce qu'elles pensent que leurs maris ont du subir-- des responsables des services secrets M16 informaient des correspondants de guerre à Londres que les commandants musulmans de Srebenica avaient disparu quelque peu avant la chute de la ville. (...) L'effet était immédiat. Le journal "The Times" publiait deux articles, dont un le 14 juillet, sous le titre: "Les forces armées musulmanes ne défendent pas la ville contre les Serbes" et l'autre, 2 semaines plus tard: "Les troupes de l'enclave musulmane réapparaissent 2 semaines plus tard". Ainsi le message du M16 était transmis avec succès et ceci du même coup devait invalider les craintes des femmes de Srebenica. Alors que la campagne britannique de désinformation se mettait en route, l'ONU avait déjà acquis une vision claire de ce qui s'était produit. Notre journal a pu obtenir un mémorandum confidentiel à l'attention de M. Akashi, établi par un enquêteur des Nations Unies pour les affaires civiles, M. Michel Moussali, en date du 31 juillet 1995. Le mémorandum conclut: "Alors que le nombre exact de ceux qui ont été tués, battus, détenus et sexuellement aggressés reste inconnu, néanmoins les témoignages précis des personnes déplacées et des membres de l'ONU montrent que des soldats serbes bosniaques ont commis des violations graves des droits de l'homme universellement reconnus, y compris la détention arbitraire en masse d'hommes et de garçons civils, ainsi que des exécutions sommaires." Il est inconcevable que le Ministère de la Défense, qui tient opérationnel sur place la deuxième importante force militaire, après la France, n'ait pas été au courant des conclusions du mémorandum de M. Moussali." 

(...) "Le rapport continue: "Le contingent hollandais de la force de maintien de la paix a retrouvé près d'une rivière ou un courant d'eau, dix (ou neuf) corps d'hommes habillés en civil. Un des soldats a remarqué que ces hommes semblaient avoir des trous de balle à l'arrière de la tête." Le rapport ajoute: "Deux séries de photos auraient été prises de cette scène." 

(...) "Les troupes hollandaises ont aussi enrégistré sur document vidéo des scènes de la chute de Srebenica. Le général Hans Couzy, Commandant en Chef de l'armée royale néerlandaise, a admis que la vidéo "avait été détruite" sur ses ordres, car cette vidéo permettait aussi l'identification des troupes hollandaises. Les rouleaux de film enrégistrés par les troupes hollandaises, ont été détruits, suivant le Ministère de la Défense hollandaise, par l'utilisation erroné des liquides lors de leur développement aux Pays-bas." 
 
 Extrait de "The Observer" - 10/09/1995

 

CE42.4.1 Nous soulignons :

L'hypocrite propagande de l'ONU