L'idéologie positiviste du progrès, propre à la social-démocratie et plus généralement à l'ensemble du gauchisme bourgeois, conduit toujours à appuyer les progrès capitalistes. En opposition à cette vision, nous avons toujours démontré l'antagonisme total existant entre nos intérêts et les progrès du capitalisme et de l'Etat.

Du point de vue du capital, la colonisation de l'Amérique fut un extraordinaire progrès tout comme le fut d'ailleurs la généralisation de l'esclavage. Et il en va de même de l'économie de guerre, de l'accumulation de valeur, du développement technologique, du contrôle effectif de la population et de sa militarisation. Les guerres mondiales elles-mêmes, ou plus récemment la guerre du Vietnam ou celle du Golfe, constituent d'autres jalons du progrès du capital et de sa barbarie.

Parallèlement l'Etat, qui n'est rien d'autre que le capital concentré en force d'oppression et de domination, a lui aussi réalisé de grands progrès, tels que par exemple, la généralisation du vote ou le développement massif des prisons, le contrôle policier de toute la population, la syndicalisation de la classe ouvrière, le registre général et l'obligation de posséder un document d'identité ou encore l'analyse scientifique des empreintes digitales,... De la même manière, l'Etat a renforcé son rôle non seulement en approfondissant la séparation historique entre les producteurs et leurs moyens de production, afin que de manière toujours croissante tout être dépende de la vente de sa force de travail, mais aussi en contrôlant et en officialisant une quantité d'actes qui auparavant s'effectuaient de manière particulière. Le progrès pour le capital et l'Etat ne se résume pas au fait que les habitants des tropiques consomment aujourd'hui du Coca-Cola plutôt que du lait de noix de coco ou qu'ils achètent du riz plutôt que de vivre de la pêche; pour accoucher, le commun des mortels se rend désormais dans un hôpital, est forcé d'inscrire ses enfants dans un registre, se sent obligé de se marier devant un curé ou un juge, et ne peut même plus s'occuper de ses enfants parce que, pour travailler, il doit les placer dans une garderie.

Tous ces progrès se conditionnent mutuellement. Plus le capital se développe, plus il s'oppose à l'humanité et plus l'oppression et la dictature sont nécessaires. Aucun roi, aucun tyran de l'antiquité n'eut jamais un contrôle aussi vaste sur ses sujets, ni un appareil répressif aussi important, que celui dont dispose aujourd'hui n'importe quel "petit Etat" (1). Et c'est une illusion mille fois démentie par la réalité que de croire que la société moderne requiérerait moins de police et moins de prisons, ou qu'un jour tout le monde travaillera par sa propre volonté. C'est tout le contraire qui se développe: plus cette société d'exploitation et d'oppression progresse, plus les mécanismes directs de répression et d'oppression deviennent indispensables pour maintenir l'humanité à l'état de force de travail du capital.

L'esclavage n'a jamais été supprimé, que du contraire, on l'a déguisé. Le travail forcé a été développé sur base d'autres mécanismes plus modernes, tel que la généralisation du salariat, sans pour autant que le travail forcé tout court soit abandonné. Les grands camps de concentration organisés par le capital furent d'un potentiel bien supérieur à tout ce que le mode de production exclusivement esclavagiste avait développé. De plus l'esclavage tout court (en même temps que l'esclavage salarié) continue d'être une réalité du monde actuel, dans toute sa modernité, dans quantité de pays, tant dans certaines zones des Etats-Unis (2) qu'en général dans toutes les prisons du monde.

Le progrès du capital est tel que les prisons du monde entier ne suffisent plus, les flics non plus. Plus le capital progresse, plus se développent l'opulence et la misère, plus croissent le développement du gaspillage et l'insatisfaction des besoins les plus élémentaires,... Les contrôles, les flics, les tribunaux, les prisons sont de plus en plus indispensables.

Parmi les innombrables "bonnes nouvelles" que nous apporte l'actualité, nous ne pouvons nous empêcher de souligner quelques remarquables éléments d'avancée du capital et de l'Etat, tant parce qu'ils sont la confirmation évidente de ce que le capital nous promet -plus de répression et de barbarie, que parce qu'ils constituent des progrès sensibles des mécanismes habituels de répression.


 

1. Le travail forcé des prisonniers est rétabli aux Etats-Unis.

A quand la castration des délinquants?

 

Ouand le gouvernement Clinton a entamé son mandat, on annonça qu'il prévoyait dans son budget l'embauche de 100.000 nouveaux policiers. Ce genre de nouvelles qui devrait déjà faire bondir l'humanité ne produit plus d'autre effet que la résignation; ce n'est finalement rien d'autre qu'une petite nouvelle supplémentaire dans le torrent de celles auxquelles ils nous ont habitués. Mais si l'on affirmait que dans un pays comme les USA, symbole des droits humains et de la liberté d'entreprise qui en découle, on instaure officiellement le travail forcé et que l'on y projette même la castration des délinquants sexuels, on nous répondrait que ce ne sont là que mensonges, inventions, provocations de subversifs, que ça n'existe plus, qu'on n'est pas au Moyen-âge...

Et pourtant les informations en ce sens sont insistantes!

Ainsi, selon l'agence Ansa: "L'état d'Alabama a rétablit l'usage des chaînes pour les détenus, réactualisant une méthode inutilisée depuis 30 ans (seulement! NDR) aux Etats-Unis"... "Le nouveau commissaire de la prison, Ron Jones, déclara que 'voir les prisonniers enchaînés fera réfléchir les jeunes et les convaincra que le crime ne paie pas'."

Ainsi donc avant même que l'on ne puisse voir défiler sur les écrans du monde entier ce désolant spectacle de prisonniers enchaînés, escortés par des policiers et soumis au travail forcé, cette dépêche de l'agence Ansa annonçait que "dans les prochaines semaines, 400 détenus seront destinés au travail forcé sur les routes et dans les champs hors de la prison, et l'on reverra un spectacle que l'on ne voyait plus que dans les vieux films: des groupes d'hommes enchaînés entre eux par groupes de cinq".

Dans un autre Etat des Etats-Unis, à cette même période (février-avril 1995), se produisit une vive polémique concernant la nécessité ou non de castrer les responsables de "graves délits sexuels".

Dans un câble international du 29 mars 1995, l'agence Ansa disait: "Une proposition de castrer les coupables de graves délits sexuels provoque une ardente polémique et ceci avant même de se transformer en loi dans l'Etat du Texas. Le projet de loi, approuvé par une grande majorité au sein du sénat de l'Etat, offre aux détenus le choix entre la castration ou la prison..."

Et quand le sénateur démocrate Royce West s'indigne en disant que c'est une barbarie et déclare: "Quel est à présent le pas suivant? Couper la main des voleurs?", nous disons et pourquoi pas? N'existe-t-il pas d'"autres Etats" appuyés par ces mêmes capitaux qui font exactement ça? Les tortionnaires et les assassins à la solde de la police de la moitié de la planète ne reçoivent-ils pas des instructions de ces mêmes polices que les républicains et les démocrates applaudissent des deux mains aux Etats-Unis? Et l'Etat qui coupe les mains dans d'autres points du globe n'est-il pas en dernière instance le même que celui qui veut couper des couilles et des bites aux Etats-Unis?

Ecoutons l'argumentation des républicains du Texas. C'est le sénateur républicain Teel Bivins qui parle en se référant à ceux qui selon son jugement doivent être castrés: "Ces personnes sont souvent victimes d'instincts incontrôlables, plusieurs d'entre eux ont demandé de leur propre initiative à se soumettre à une intervention chirurgicale pour mettre fin à leur appétit sexuel et pouvoir enfin vivre une vie normale"

"Une vie normale"...! "Une vie normale"!!!

Nous espérons ardemment voir sans tarder le prolétariat infliger à cet individu, sur la place publique, ce type de "vie normale"!

Mais revenons à son argumentation. Monsieur Bivins soutient que la proposition qui a été faite laissera la liberté de choix aux délinquants quant à leur castration ou non: "la décision d'amputer les testicules sera totalement volontaire". Comme toujours derrière la liberté de choisir, il y a le bâton; et dans ce cas-ci, il y a, en plus, le chantage. Pour sa part, le prolétariat révolutionnaire ne s'abaissera pas à faire "chanter" ce monsieur, mais il ne lui laissera pas non plus "le droit de choisir"!

Monsieur Bivins ajoute encore qu'il a "évalué avec attention les études sur la castration dans certains pays européens (modèle démocratique oblige! NDR), desquelles il ressort que la castration réduit énormément les possibilités de répéter les délits sexuels".

Il faut savoir que ce projet de loi est déjà approuvé par le Sénat, ce qui montre à quel point cette manière de penser et d'agir que l'on aurait tendance à attribuer au Moyen-âge, revient à la mode et correspond à des formes chaque fois plus modernes et nécessaires d'oppression Etatique et non pas seulement à la barbarie des "Etats Islamiques", comme se plaisent à le répéter les démocrates occidentaux.

L'agence Ansa conclut sa dépêche en signalant que pour que ce projet acquiert force de loi il doit être approuvé par la Chambre Basse du Texas et ensuite obtenir la signature du gouverneur...


 

2. La science et la génétique au service de la police et de l'oppression étatique

 

Le 10 avril 1995, la presse internationale annonçait que dès ce jour "la police britannique sera dotée du premier fichier génétique opérationnel au monde exclusivement consacré à la lutte contre le crime, capable de recenser jusqu'à 5 millions de délinquants..."

Même si cela peut gêner beaucoup de progressistes, nous affirmons qu'il s'agit là d'un important progrès du capital, du contrôle de la vie par l'Etat, un développement impressionnant des mécanismes d'oppression sur lesquels notre ennemi peut désormais compter.

"Les promoteurs du projet estiment qu'il s'agit de l'outil le plus révolutionnaire au service de la police (sic) depuis l'introduction des empreintes digitales, il y a à peu près un siècle" (3) et "le ministre de l'Intérieur Michael Howard s'est félicité de cette nouveauté terriblement excitante qui permet à la Grande Bretagne d'être à la pointe du combat contre la criminalité."
"Le fichier... se trouve à Birmingham (centre de l'Angleterre), où son accès est soumis à d'importantes mesures de sécurité. Il enregistre la formule ADN de personnes déjà condamnées ou simplement interrogées dans le cadre d'une enquête, grâce à l'analyse d'un cheveux ou de la salive."
"Depuis l'an dernier, la loi permet d'effectuer ce type de prélèvements sur tout suspect, même sans son accord. L'objectif de la police est de ficher 135.000 Britanniques la première année, en priorité dans les cas de meurtres, d'agressions sexuelles et de vols avec violence. A terme seront stockés jusqu'à 5.000.000 de dossiers --soit près de 10% de la population britannique-- dont la gestion mobilisera 60 enquêteurs et scientifiques à temps plein."
L'information journalistique nous signale qu'il suffira de 7 jours pour comparer les renseignements du fichier avec ce qui aura pu être retrouvé sur le lieu d'un délit et établir qui en est l'auteur (si ce dernier est déjà fiché) avec une marge d'erreur inférieure à 1 sur plusieurs millions. Le coût de cette opération, l'analyse de l'échantillon et la confrontation avec le fichier, sera extrêmement modique: quelques 65 dollars.

Tout cela ne fait finalement que se rajouter aux autres grandes avancées récentes de ce merveilleux monde dans lequel nous vivons et qui rendent futiles les plus sinistres prophéties orweliennes. Citons dans la foulée deux autres grandes avancées de l'Etat en Grande Bretagne:

A la même période, nous nous sommes rendus compte en lisant la presse belge que les Anglais n'était pas autant à l'avant-garde de la répression qu'on aurait pu le croire. Ainsi, le journal "Le Soir" déclare: "En Belgique aussi le fichage bat son plein. Après l'encodage des empreintes digitales et des photos de suspects et de détenus, ce sont les empreintes génétiques qui font leur entrée dans les ordinateurs de l'Institut National de Criminologie (INC). Une entrée lente et progressive qui se fait sous l'oeil attentif de la loi de décembre 1992 sur la protection de la vie privée". Comme qui dirait, avec toutes les garanties!

Et "Le Soir" continue: "Ce fichage est prévu par l'arrêté royal qui fixe les missions de l'INC. Le système informatique a été installé récemment et l'on vient de commencer, il y a un mois et demi environ, l'encodage des résultats d'expertises génétiques provenant des différents laboratoires agréés"... "Les empreintes génétiques sont obtenues par analyse génétique d'une goutte de sang, de sperme ou d'un morceau de tissu humains (peau, cheveux...). Elles permettent de déterminer une empreinte génétique spécifique à chaque individu et partiellement semblable à celles de ses parents. La technique des empreintes génétiques est souvent utilisée dans le cas de meurtres ou de viols, quand on peut prélever un peu de sperme ou de sang provenant de l'auteur (présumé) des faits. Ces échantillons traités permettront, par le fichier, de faire d'éventuels rapprochements avec d'autres affaires où la culpabilité de l'auteur avait déjà été établie. Mais ce n'est qu'un magistrat --le directeur du fichier-- qui aura la possibilité de faire le lien entre une empreinte et une personne (ils nous confirment ici que l'on peut dormir tranquille, que nous sommes protégés par la loi! NDR). Cette précaution est inspirée par la loi du 8 décembre 1992 sur la protection de la vie privée. Celle-ci autorise la constitution de fichiers (l'individu n'est pas propriétaire des données le concernant et il ne peut s'y opposer), mais elle impose des contraintes pour les fichiers permettant l'identification des personnes... Cependant, la loi est plus permissive quand il s'agit de missions de police judiciaire ou de police administrative" (ce dont nous ne devons pas non plus nous étonner! NDR)

Et comme si tout cela ne suffisait pas, la même édition du journal "Le Soir" nous informe qu'il n'y a pas que les juges et la police qui s'intéressent à ce fichier mais aussi les patrons: "Si la génétique peut se révéler utile aux juges, il se pourrait qu'elle soit aussi bientôt exploitée... par les employeurs. Des chercheurs de l'école de sociologie de la santé de l'Université Libre de Bruxelles viennent d'entamer une étude auprès du patronat et des syndicats pour connaître leur opinion en la matière... Les employeurs écarteront-ils bientôt les Curriculum Vitae qui ne sont pas joints à un certificat médical parfait?"

Et on nous dira encore que ce n'est pas la science qui est mauvaise mais bien l'utilisation que l'on en fait pour opprimer, qu'il ne faut pas mettre la génétique en cause parce qu'on en ferait un usage policier. Ce point de vue est commun à l'ensemble de ce que l'on pourrait appeler le "progressisme", tant à la droite bourgeoise qu'au stalinisme, au trotskisme ou plus généralement à l'ensemble des forces de la social-démocratie. Et cette idéologie n'est que l'application particulière d'une conception beaucoup plus générale qui considère les forces productives comme neutres et donc au service soit de la barbarie, soit de l'humanité en fonction de qui l'utilise et de comment on l'utilise.

Ce que l'on oublie dans toute cette conception, c'est que c'est le capital qui conçoit les forces productives, que c'est le taux de profit qui détermine ce sur quoi la science fait des recherches ou ce qu'elle produit, que ce n'est pas la neutralité de l'investigation mais le marché qui dirige la génétique ou la science, que c'est l'argent sonnant et trébuchant qui régit les laboratoires et "éclaire" les scientifiques, que c'est la subsidiation, et donc les appareils centraux de l'Etat, qui ont le dernier mot dans la décision du choix des recherches à mener. Et la boucle est bouclée: non seulement la police se sert de la science, mais la science est elle-même conçue d'un bout à l'autre, comme un agent de l'Etat, comme un service de police.

Nous parlons des services de la police, et voici qu'au moment même où nous achevons ces commentaires, nous parvient une autre nouvelle d'importance toujours à propos des progrès de l'Etat.


 

3. Des neuroleptiques contre les sans abris

 
 
"Si les quartiers pauvres se révoltent, les balles pour les retenir ne les arrêteront pas". C'est un axiome de base de la politique de domination bourgeoise. Velasco Alvaro, ex-président militaire du Pérou utilisa cet argument pour exposer à ses collègues la nécessité impérieuse de son coup d'état progressiste et expliquer aux autres officiers qu'il était nécessaire de changer beaucoup de choses pour que tout reste en place.

Et comme les balles ne suffiront pas, on utilise d'autres moyens: le progressisme sans doute, mais aussi les mafias de la drogue, les sectes religieuses, les nouveaux services sociaux et bien d'autres nouveautés... Ainsi, dans les différents quartiers de Caracas, et suite à la vague de lutte de 1989, on a installé des commissariats et des centres d'assistance pour contrôler la population, pour détecter et canaliser tout foyer de rébellion et plus généralement pour que la population s'habitue à côtoyer la répression. De la même manière, partout dans le monde, les enfants sont fichés dès l'école, dès la garderie même, institutions au sein desquelles agissent divers types d'assistances sociales qui ont une fonction d'investigation et constituent en général d'efficaces agents de prévention et de police pour l'Etat. Dernièrement, nous avons également appris que dans différents pays d'Amérique Latine et non Latine (mais nous supposons que c'est la même chose sur les autres continents), les organisations humanitaires toujours tellement préoccupées par les problèmes de santé, distribuent gratuitement des Valiums et d'autres tranquillisants dérivés du Diacepan dans les polycliniques qu'elles installent ou qu'elles gèrent. Pire encore, dans certains bidons-villes ou bas-quartiers, le nombre de dépendants à ces drogues dures serait supérieur à la moitié de la population... et des camarades qui habitent ces lieux considèrent qu'il s'agit là d'une des principales raisons du maintien de la passivité générale.

Mais on n'arrête pas le progrès! Maintenant tout cela n'est plus suffisant. Aux Etats-Unis on prépare une législation qui rendra obligatoire l'usage de neuroleptiques (4) pour les "sans abris".

Concrètement le sénateur des Etats-Unis Nancy Kassebaum élue par l'Etat du Kansas et Présidente du Comité du Travail et des Ressources Humaines du Sénat a élaboré un projet de loi qui, selon ce que nous en dit David Oaks (5), propose "d'appliquer le statut des IOC ("Involuntary Outpatient Commitment") aux sans abris (homeless)". Ce rapport nous explique que les IOC sont des patients autorisés à sortir de l'hôpital psychiatrique (les hôpitaux psychiatriques ne sont pas non plus satisfaisants) mais obligés de se présenter régulièrement pour recevoir des injections de neuroleptiques qui les maintiennent drogués de manière permanente.

"Les IOC existent actuellement dans plus de la moitié des Etats-Unis, il s'agit de personnes qui vivent dehors, dans leur communauté, qui ne violent aucune loi et ne causent aucune perturbation pour personne, mais qui doivent se présenter régulièrement dans leur communauté de santé mentale afin de recevoir des injections de drogues neuroleptiques à large spectre comme l'Haldol ou la Prolixin. Et c'est très simple, s'ils refusent le traitement chimique, on les enferme. L'effet de cette "injection dépôt" te cogne sur la tête durant plusieurs semaines... Quand ton nom sort de l'ordinateur et que tu ne t'es pas présenté à l'injection, une équipe mobile spécialisée dans le traitement agressif est envoyée à ta recherche et quand elle t'attrape, elle te fait l'injection sur place. Dans la rue, ces crétins sont connus sous le nom d'"empoisonneurs sur roues". Le fondamentalisme pharmaceutique s'est embarqué dans une véritable croisade chimique pour nous injecter par la force --spécialement aux américains sans abris-- de puissantes neurotoxines, quelques fois pour la vie, dilapidant des millions d'impôts pour créer des personnes dépendantes... notre pays est au bord d'accepter un Nouveau Monde Merveilleux grâce à une "solution finale" pour la pauvreté".
Le même organisme (DENDRITE) dénonce un ensemble d'"effets secondaires" de l'injection de telles drogues: Encore une fois, ce que nous exposons ici ne constitue que quelques exemples du développement actuel des mécanismes de répression. Des informations de ce type tombent continuellement. Ainsi, ces derniers jours nous avons également appris que plusieurs villes de France ainsi que Bruxelles, capitale de l'Europe, viennent d'interdire la mendicité et que les indigents en seront expulsés; que dans les hôpitaux psychiatriques d'Europe on installe des caméras pour remplacer le personnel; qu'en France, sous prétexte d'antiterrorisme, on peut contrôler votre sac, vos paquets dans le métro ou dans le bus... "Big Brother" et plus généralement tout le macabre système qu'Orwell décrit dans son roman "1984" paraissent vraiment dérisoires à côté de la réalité. Tel est en tout cas le meilleur des mondes que nous promet le progrès du capitalisme et de son Etat. Et encore, il ne s'agit ici que d'une époque qu'ils définissent "de paix",... parce qu'à d'autres périodes, tout est bien pire!
 
 



 
 

NOTES :

1. Il ne s'agit ici que d'une image, parce qu'en fait le plus petit des "petits Etats" actuels n'est rien de plus qu'une expression de l'impressionnant Etat mondial.

2. Voir notre article "Aujourd'hui encore le mode de production capitaliste développe l'esclavagisme ouvert comme une de ses formes subsidiaires: l'exemple des Etats Unis" dans notre revue centrale en espagnol "Comunismo" N°7 parue en juin 1981.

3. Toutes les citations qui apparaissent entre guillemets proviennent de la presse européenne des 11 et 12 avril 1995.

4. Depuis quelques dizaines d'années les tranquillisants se divisent en deux groupes:

Remarquons que la classification entre tranquillisants "majeurs" et "mineurs" ne doit pas être trop nette, puisque ces termes sont mis entre guillemets dans les livres scientifiques qui traitent du sujet.

5. L'information que nous publions ici est extraite d'Internet de CHRP - David Oaks, le 18 juillet 1995, adresse: <chrp@efn.org> qui reproduit aussi des informations d'un groupe nommé Dendrite ("no force drugging of Homeless people" que nous traduisons par "pas de drogue par la force pour les sans abris"), l'adresse est: dendrite@efn.org.

6. En Europe la situation est devenue à ce point inquiétante que, ces derniers étés, les autorités ont à plusieurs reprises conseillé de ne pas faire d'efforts à l'air libre et limité la circulation automobile dans certaines villes, le taux d'ozone considéré comme respirable ayant été largement dépassé.
 


CE42.1 Quelques exemples actuels des progrès de l'Etat capitaliste