Le texte qui suit n'est pas seulement le résultat d'un effort théorique cherchant à resituer l'origine du sida dans le mode de production qui l'a vu naître. Ce texte est avant tout produit d'une lutte pratique menée côté à côte avec un militant de notre groupe originaire d'Amérique du Nord, atteint du sida (les militaires disent "touché", les scientifiques préfèrent utiliser le mot "atteint", pour différer leur propre responsabilité). 

Notre camarade avait commencé à militer avec nous sur base d'une rupture radicale avec la toxicomanie. Son intégration à notre groupe a d'ailleurs coïncidé avec l'arrêt total de prise de came. Voici ce qu'il en disait: 

    "(...) La toxicomanie est l'une des multiples expressions possibles de réaction et de positionnement social face à la frustration du Capital, au même titre que la folie, la délinquance ou la téléphagie. C'est une révolte inconsciente qui stigmatise le refus du système dans les chairs de la victime. Mais c'est surtout le triomphe de la puissance de récupération du Capital: la société des toxicomanes est l'exacerbation presque absolue du modèle capitaliste. La toxicomanie, c'est le triomphe de l'individualisme et de l'anti-solidarité (chacun pour soi, chacun sa came), le triomphe de l'aliénation (l'aliénation concrète de la dépendance à un produit), le triomphe de la réification (corps/objet que l'on suicide, que l'on vend pour la came), le triomphe du palliatif (came sinon souffrance), le triomphe de la marchandise (valeur d'échange et valeur d'usage, même dénominateur: la came pour la survie), le triomphe de la valeur (quelques billets pour quelques milligrammes de poudre et de plaisir), etc... La toxicomanie, c'est le système de la survie immédiate institutionnalisée, autrement dit le système capitaliste..." 
Peu de temps avant d'écrire ces lignes, il avait appris qu'il avait le sida. 

Il est impossible de décrire ici les luttes de tous les jours que cette nouvelle engendra: affrontement permanent avec les médecins, récupération violente de dossiers médicaux constitués sur lui, critique radicale de l'alimentation (notre camarade définissait l'alimentation capitaliste comme une tentative d'empoisonnement généralisée), virulentes et vaines démarches pour obtenir quelques renseignements sur les possibilités dont font publicité les vautours médicaux "alternatifs", autant pourris par l'intérêt financier que leurs confrères "officiels", lutte contre l'idéologie de l'anti-plaisir, refus de crever à l'hôpital, bataille permanente pour ne pas accepter --malgré toutes les pressions (1)-- le poison AZT que le commerce médical avait ressorti, refus d'expériences visant à le transformer en cobaye,... 

Chacun de ces moments, nous les avons vécus ensemble, comme frères de combats, avec tout l'acharnement et la passion pour cette seule "vraie vie" que constitue aujourd'hui pour nous la critique militante de l'Etat. Nous avons discuté et choisi en pleine connaissance de cause, l'orientation et la direction à donner pour chacun des moments de cette lutte permanente. C'est ce qui fait que notre camarade n'est pas mort malade. Il est mort en luttant. Il est mort en vivant, à l'opposé de cette majorité d'"êtres" morts-vivants qui peuplent aujourd'hui l'espace capitaliste de paix sociale, et dont l'unique réalité se laisse dicter par le monstre d'argent qui les domine. 

C'est de tous ces moments qu'est rythmé le texte que nous publions ici. La plupart des réflexions qui s'y trouvent tout autant que le point de vue communiste qui l'anime est indissolublement uni aux innombrables actions et discussions que nous avons menées ensemble. 

C'est pourquoi ce texte n'est pas dédié à notre camarade. Ce texte EST notre camarade. Nos ruptures communes avec le monde de mort actuel s'y retrouvent pleinement. Voici comment il les avaient formulées: 

    "(...) Le contexte de notre lutte est paradoxe, est contradiction. 'Nous nous armons pour abolir les armes'. Nous survivons pour abolir la survie,... et enfin vivre. Cette contradiction, il nous faut l'assumer, la traverser, si nous voulons un jour lointain vivre... Pour sortir de ma 'folie', arrivé à une impasse, j'avais deux solutions: choisir de lutter ou choisir de ne pas lutter. J'ai choisi." 
 



 
 
"Pour toi, camarade, qui aurait placé dans ton propre cercueil, l'enregistrement des Sex Pistols hurlant "No Future!". Pour toi, camarade, dont les veines ont été inondées d'un pur produit mortel que des tortionnaires appelés "médecins" ont créé. 

Pour toi, que le Progrès a lentement assassiné et qui est mort en luttant. Pour notre haine commune de la Science et de l'Etat, et avec toi, camarade, nous continuons à nous battre!..."

 
 
 

Que cela soit bien clair: pour qui ne veut pas se cacher les yeux, pour qui ne veut pas chanter en choeur, avec l'Etat, les bobards dominants déversés à longueur de journée dans la presse, le rétrovirus du sida est directement produit des nouvelles possibilités commerciales qu'a fait naître la biologie moléculaire! La Science, financée, équipée, dirigée par la Recherche et le Progrès dans le domaine militaire, a ainsi produit une "bavure" supplémentaire, "bavure" qu'elle s'efforce de dissimuler dans les rapports rassurants qu'elle jette en pâture à l'opinion publique!

Avec les armes nucléaires et chimiques, les compteurs à gaz, les prisons sensorielles et les QHS, la cortisone et l'huile frelatée, les coffres de banque, les saignées et les antibiotiques, la chaise électrique et la chirurgie esthétique, la télévision, les parcmètres électroniques et les électrochocs, les avions A-10, les hélicoptères Apaches et les missiles Patriotes... le sida a donc ainsi fait sa brillante apparition parmi les produits de la Science et les enfants du Progrès!
 


En francs matérialistes, nous allons simplement exposer quelques éléments du contexte social et économique dans lequel se débattent la Science et la Médecine, pour comprendre que le rétrovirus du sida a toutes les "raisons" (commerciales et/ou "accidentelles") d'apparaître... au moment où les conditions sont réunies pour le créer! Il ne s'agit pas ici de tonner quelques nouvelles sensationnelles à son propos, mais de rompre avec la langue de bois scientifique et démocratique qui prévaut sur ces questions.

Il n'est pas possible d'envisager la mystérieuse apparition du sida, pas plus qu'il n'est possible de concevoir les raisons des efforts désespérés des scientifiques et de leurs médias pour en dissimuler l'origine, si l'on ne saisit pas en quoi la Valeur détermine intimement la Connaissance, si l'on ne voit pas la stricte dictature qu'exerce l'Argent sur la Science, si l'on ne prend pas en compte la collusion totale entre Science et Argent (2), si l'on ne comprend pas l'unité profonde entre la recherche pharmaceutique et la nécessité commerciale, si l'on ne saisit pas l'indissociable lien qui unit le domaine militaire, les politiciens et le monde de l'Economie.

Nous entamerons donc ce texte par un court avertissement visant à éclaircir le point de vue à partir duquel nous nous situons.

Notre point de départ n'est pas celui d'une "bonne" science que nous opposerions à une science "décadente", "mauvaise" ou "corrompue". La Science, comme connaissance subsumée par la valorisation capitaliste, est pourrie dans son essence même. Comme toute autre force productive du Capital, c'est jusque dans ses fondements que la Science est inhumaine: dans ses fondements et pas seulement dans ses applications.

Il n'y a pas de bonne utilisation possible de la Science, pas plus qu'il n'y a de bonne utilisation possible de la Police, par exemple. Nous n'avons pas plus de "reproches" à faire à la Police qu'à la Science. Notre critique ne porte pas sur la "bavure" (policière ou scientifique), elle ne porte pas sur le fait de concevoir scientifiquement ou d'utiliser policièrement une matraque qui produit des décharges électriques,... Notre critique pratique et théorique porte sur l'existence même d'une force organisée et armée pour la défense de la Propriété bourgeoise. Notre critique porte sur l'essence même d'une connaissance dont l'horizon borné est constitué de la nécessité d'accumuler des capitaux. La Science, tout comme la Police, ne doit pas être réformée mais détruite.

En nous excusant de nous répéter dans cette introduction sur le caractère irrécupérable de la Science du point de vue du communisme, du point de vue des besoins véritablement humains, nous préciserons encore --par souci d'être bien compris-- qu'en entamant cette critique des bêtises proférées autour des origines du sida, nous nous dissocions totalement d'une critique qui se bornerait à dénoncer les "excès" de la Science (comme les bourgeois de gauche dénoncent les "excès" de la Police). La dictature historique de la Valeur sur l'Humanité s'est exercée à ce point sur les efforts des hommes pour développer la connaissance, que ce sont les paradigmes mêmes de la Science qui sont entièrement pourris. Des concepts aussi fondamentaux et sacrés (soi-disant neutres) que la "matière", les "atomes", les "quartz",... sont strictement déterminés par l'argent, l'horizon borné du scientifique, cet esclave de la recherche (d'argent!) et du développement (capitaliste!), étant lui-même marqué dans tous ses aspects par la dictature du taux de profit.

Nous n'entendons donc pas proposer une contre-thèse scientifique. Et si nous reprenons ponctuellement tel ou tel argument scientifique pour l'opposer à un autre, c'est parce que de notre point de vue -celui de la destruction de la science de mort capitaliste- il peut parfois lever un voile sur la réalité de l'iceberg marchand et guerrier qui se cache derrière la "partie visible" que constituent les tonnes d'écrits justifiant l'activité scientifique (3). Notre analyse n'est donc ni scientifique, ni "objective", au sens bourgeois; elle découle par contre, de la réalité même du rapport social existant réellement. C'est sur cette base que nous affirmons que le sida est objectivement une marchandise dont la valeur est inappréciable pour le Capital. Et c'est contre notre utilisation comme "chair à médicament", comme cobayes salariés que nous voulons lutter.

Mais plongeons donc dans l'enfer scientifique! La Vieille Taupe est là qui creuse... Suivons-là!
 
 
 
 

La Science, c'est la barbarie du Capital !


Pour ne pas sombrer dans le ridicule et afin d'occulter leurs douloureux délires, les curés de la Science ont plusieurs méthodes. L'une d'entre elles est constituée par la barrière artificielle d'une terminologie absconse, qu'ils appellent "spécialisée", et dont ils s'entourent pour tout ce qui concerne leurs diagnostics, "découvertes", médications et autres sorcelleries. Ils visent ainsi à décourager, par la force du latin ou d'un nouveau langage, toute intention de remettre leur pouvoir en question. C'est pour cette raison aussi qu'ils portent une grande blouse blanche, toute tachée du sang qu'ils font couler. Armé de ces atours impressionnants et de son patois, le scientifique est d'abord un sorcier, un maître!

L'imbécillité médicale est encore incapable aujourd'hui de simplement désigner l'origine réelle des maux dont nous souffrons (l'alimentation détraquée que nous permet notre salaire, par exemple, la pollution généralisée ou la torture qu'est le Travail!), mais cela n'empêche pas ces assassins au ton docte de s'entourer des plus prestigieux diplômes et autres bimbeloteries propres à convaincre la canaille citoyenne de se laisser palper par eux.

Mais au mensonge "passif" que constitue le mur de leur vocabulaire et de leur cérémonie répondent leurs mensonges actifs. Pour protéger la Science, il faut mentir, imposer ces mensonges comme vérité, comme dogme, et réprimer ceux qui ne les acceptent pas.

La Science est un pouvoir: celui de l'Etat! C'est la connaissance mise au service de la Valeur. Aux ordres de la bourgeoisie, la Science sert son savoir: elle aide la classe dominante dans sa recherche à imposer l'ordre marchand. Les applications scientifiques sont ainsi avant tout commerciales et guerrières. La Science est un monstrueux commerce. Pour l'imposer, il faut mentir!

Galilée a été considéré comme hérétique par la majorité de ses collègues, parce qu'en se ralliant à Copernic pour expliquer que la Terre tournait autour du soleil, il mettait à nu, déjà à cette époque, l'ignorance et la bêtise institutionnalisée que représentait la Science, invalidant ainsi des années d'Université et d'apprentissage du Savoir (4). On lui imposa le mensonge en le faisant se rétracter devant l'Inquisition en 1633. Mais il a moins souffert que les millions d'hérétiques prolétariens qui depuis des siècles tentent de fuir le Travail en le dénonçant comme une torture, et à qui le con sens populaire et la Science font chanter "Le travail, c'est la santé..." ou encore, "Arbeit macht frei"!

Rien n'a changé depuis l'époque où ces charlatans imposaient ces mensonges! Rien n'a changé depuis l'époque où la médecine officielle préconisait les saignées pour guérir des fièvres (5)!

Aujourd'hui, le tableau n'est pas moins sombre!

On nous propose les bombes atomiques de l'"anti-vie" (les anti-biotiques) pour nous rendre rapidement aptes à retourner au travail.

L'auteur de ces lignes, trop naïf à l'époque, a souffert l'injection de doses quotidiennes de ce violent poison qu'est la cortisone... pour soigner la petite dépression des 20 ans.

Pour "guérir" la toux des enfants, on préconise des calmants (des somnifères en fait) sous forme de sirop (bonne nuit et bon travail demain, les parents!).

La pilule contraceptive, cette juteuse entreprise commerciale, est une véritable concentration de poisons provoquant non seulement des cancers du sein et de l'utérus chez celle qui la prend, mais aussi des malformations de l'appareil génital auprès de sa descendance féminine.

Etc... Etc...

Et on ne parle pas ici des "erreurs" médicales, des outils chirurgicaux oubliés dans l'estomac, de la confusion dans l'amputation d'un membre, ou d'inversion de dossiers, mais bien de l'école officielle de médecine, de ce que chaque apprenti-tortionnaire reçoit comme ordres de ses supérieurs pour calmer, pardon! --soigner-- ses patients (ils ont eu l'hypocrisie d'appeler "patients" (6), les victimes qui leurs tombent entre les mains!).

Non! Rien n'a changé dans le monde du mensonge et de la Science! Les plus grands médecins qui, pour les soigner, saignaient leurs malades, étaient protégés et payés par les plus hautes institutions de l'Etat. Rien ne pouvait remettre leur Savoir et leur Pouvoir en question. Aujourd'hui, l'Etat démocratique finance, pour se défendre (contre l'absentéisme, la baisse de rendement humain, la subversion,...), les idéologies et mensonges de ces milliers d'assassins scientifiques empanachés du blanc rédempteur, et qui nous bombardent à longueur d'années, de somnifères pour abrutir le temps consacré à refaire notre force de travail, d'excitants pour réveiller notre travail, d'hormones pour engraisser les cochonneries à bas prix qui nous sustentent, de dopants pour battre nos "concurrents",... La Science, c'est la Barbarie du Capital!
 
 
 
 

Le sida descendrait-il du singe ?


Rien d'étonnant donc, qu'en continuité avec leurs ancêtres, les actuels représentants de la Science tentent de nous imposer leurs dogmes et mensonges. Pour protéger le commerce et l'Etat, tous les moyens sont bons. Il en est ainsi du sida! Pour cacher le fait qu'il s'agit d'une nouvelle monstruosité issue directement de ses laboratoires, l'Etat n'a pas lésiné sur les hypothèses visant à brouiller les pistes, quant à l'origine laborantine du virus.

Quelques exemples:

En 1981, alors que l'on commence à faire état d'une épidémie étrange et inconnue jusqu'alors, on tâche de l'attribuer à ceux qui semblent en être plus particulièrement les victimes, à ce moment: les homosexuels. De là vont surgir les délires, aujourd'hui enfouis sous de nouveaux diagnostics, mais dont il est bon de se rappeler qu'ils émanaient des mêmes idiots qui nous "rassurent" aujourd'hui. Ainsi, une des hypothèses argumentait "l'effet immunosuppresseur du sperme administré par voie rectale". En termes clairs: ces scientifiques attribuaient la disparition des défenses naturelles de l'homme au doux plaisir de s'enculer! Merci, la morale!

En 1985, des scientiflics construisent un impressionnant échafaudage de liens à partir d'un virus qu'ils attribuent au singe vert africain. Celui-ci aurait mystérieusement (?!) contaminé des africains de l'Ouest, provoquant ainsi une légère mutation du virus l'amenant, après deux étapes supplémentaires, à donner naissance au virus du sida, responsable de l'épidémie. Nous n'allons pas redonner ici la logique imbécile des expériences en laboratoire qui les avaient amenés à cette conclusion, puisqu'en 1988, démasqués, ils étaient forcés d'avouer qu'il y avait eu contamination en laboratoire, et que le premier virus dont ils étaient partis pour remonter l'histoire originelle... était lui-même le produit direct de leurs manipulations criminelles. Bravo, la biologie (7)!

En 1985, encore, pour tenter d'éloigner la date de naissance du sida des années où les conditions matérielles étaient réunies pour le fabriquer en laboratoire (dès 1971!), les scientifiques américains "prouvèrent" la présence d'anticorps du sida dans plus de 50% des échantillons de sang cryoconservés et prélevés au Kenya et en Ouganda, de 1959 à 1970. Balancés à grands cris dans tous les journaux du monde, ces progrès de la recherche étaient démentis sans publicité quelques mois plus tard: les tests n'étaient pas fiables et de nouveaux tests avaient prouvé l'absence totale d'anticorps du sida dans ces mêmes échantillons! Vive la Science!

Pour éloigner plus encore le spectre de l'origine scientifique de l'apparition du sida, il fallait non seulement déconnecter les dates d'apparition de la maladie de l'époque à laquelle il était possible de fabriquer le rétrovirus, mais il convenait également de brouiller géographiquement l'éventuel berceau dont il était issu (8). Il est raisonnable de penser que cette monstruosité scientifique est plutôt issue des centres historiques mondiaux d'accumulation de la connaissance scientifique (USA, Europe, Amérique Latine,...), et c'est pourquoi sans doute, ces mêmes centres de recherche cherchèrent (comme par hasard!) à en éloigner l'apparition originelle: le péché ne pouvait provenir que d'Afrique ou d'Haïti!

Ainsi, en 1982, le CDC (Center for Desease Control) d'Atlanta, organisme regroupant toutes les informations épidémiologiques et médicales aux Etats-Unis qui, par ses rapports et consignes, oriente les médecins du monde entier, le CDC donc, définit les Haïtiens comme un groupe à haut risque. Pour argumenter son verdict, le CDC argue du fait que les Haïtiens atteints du sida ne présentent aucun autre facteur d'identification "classique" (toxicomanie par injection intraveineuse, homosexualité, hémophilie). Comment en sont-ils arrivés à semblable conclusion? Simplement parce que les malades haïtiens, interrogés aux Etats-Unis, ont "déclaré" aux médecins qu'ils n'étaient ni homosexuels, ni toxicomanes. Quand on connaît le tabou que constitue la prostitution homosexuelle, tant aux USA qu'à Haïti, quand on considère la sévérité de la répression de l'Office de l'Immigration aux Etats-Unis, quand on subit les questionnaires médicaux (de véritables interrogatoires de l'Etat), quand on connaît les condamnations de tout ordre qu'implique l'aveu de toxicomanie,... bref lorsque l'on saisit la précarité d'une vie immédiate ne tenant plus qu'au fragile fil qui la relie aux décisions de la Médecine, de la Justice et de l'Office de l'Immigration, on comprend que, sur les 34 prolétaires émigrés de Haïti atteints du sida, seuls quatre d'entre eux aient avoué l'origine de leur "crime"!

Sur cette base, le CDC dénoncera les Haïtiens à la vindicte de l'opinion publique. Il faudra ensuite trois années pour que le CDC se rétracte et retire les Haïtiens de la catégorie des populations à haut risque mais, aujourd'hui encore, ils restent interdits comme donneurs de sang!

Ce dernier exemple est intéressant en ce qu'il montre que l'occultation grossière à laquelle recourt la bourgeoisie n'est jamais le simple et machiavélique résultat de quelques méchants manipulateurs. Tous les mensonges partent d'un faisceau de vérités partielles qui, utilisées en tant que parties et pour répondre à un besoin de la classe dominante, ont pour fonction d'occulter la totalité (c'est l'arbre qui cache la forêt!), et s'imposent ainsi comme distorsions de la réalité sous forme d'idéologies.

En définissant les Haïtiens comme groupe à haut risque, les scientifiques partent d'une base matérielle (les peurs de ces prolétaires immigrés face à l'Etat, peurs concrétisées par leur refus d'avouer leur homosexualité ou leur toxicomanie) pour conclure statistiquement ("c'est scientifique"!, crient-ils quand ils ont des chiffres) qu'il y a proportionnellement plus de haïtiens que d'américains atteints du sida!

La condamnation des Haïtiens assume ainsi une fonction (exorciser la peur de millions d'américains) et répond à un besoin: permettre la continuité du développement sans entraves de la Science (et donc de la Valeur!). Ainsi, pour protéger la Médecine et le Progrès (indispensables aux mouvements désordonnés du Capital), l'Etat se doit d'imposer des "vérités" (des idéologies!) faisant écran entre les inquiétudes des hommes et les horreurs de la réalité.

Mais ces "écrans", ces idéologies constituent une force matérielle qui permet au Capital de prolonger son inévitable agonie: ces idioties balancées à force d'émissions scientifiques peuplées de déclaration convaincues, débitées lentement par de hauts responsables du "Monde" médical, posant leur voix bien bas pour s'imposer face au profane, font s'émerveiller le peuple imbécile face à la Science, de la même manière qu'on l'agenouille devant le Pape ou Gorbatchev!

Le paradis --chrétien ou "socialiste"-- n'a comme base d'argumentation que l'eau bénite du pape ou les cigares de Castro, et dès qu'on confronte leur description paradisiaque de la Démocratie aux millions de sans abris, aux millions de chômeurs, aux 40.000 enfants qui meurent de faim chaque jour, bref quand on oppose l'argumentation à la prosaïque réalité, il ne reste rien!

Et pourtant, tous ces mensonges cimentent l'opinion publique et transforment chaque être humain en schizophrène, en un être séparé de lui-même, sublimant sa souffrance jusqu'à la défendre comme son véritable bonheur (9).

Pour revenir à notre sujet, lorsqu'on entend le vide de l'argumentation concernant les origines du sida, on pourrait se dire que tout de même cette fois-ci, il y a peu de chances pour que quelqu'un tombe dans le panneau! Faux! La bêtise des argumentations n'empêche en rien les médias de l'imposer!

Ainsi, pour éloigner la date d'apparition du sida de l'époque à laquelle les conditions matérielles étaient réunies pour le fabriquer en laboratoire, les chercheurs (de mensonges!) ont tout simplement "découvert" quelques cas de sida au beau milieu des années cinquante et soixante, en Afrique. Mais bien vite, il est apparu que les tests ayant déterminé la présence d'anticorps au virus mortel dans ces vieilles éprouvettes n'étaient pas valables (cfr plus haut). On a alors décidé de tout simplement confirmer, corroborer malgré tout ces diagnostics rétroactifs... sur base d'une simple et vague ressemblance des seuls symptômes décrits dans les dossiers de ces malades dont on avait tiré le sang!!! Pour prouver la vérité de ses propos, quoi de mieux que de l'inventer?

De la même manière, au milieu des années 80, les justifications invoquées pour diriger les recherches de cas de sida antérieurs à 1970, vers l'Afrique et non vers les Etats-Unis (10), se basaient sur le fait qu'il était tout simplement impensable qu'une telle maladie ait pu passer inaperçue dans ce centre du Progrès et de la Science que constitue les USA! C'est tout!

Quelque soit la part de bêtise, d'ignorance, de mensonge, de machiavélisme, de défense d'intérêts, de concurrence... qui déterminent ces médecins et autres scientifiques à prolonger leur monstrueuse création laborantine par de tout aussi monstrueux mensonges quant à l'origine de ce virus, ce qui leur est commun est le point de vue de classe borné qui les détermine à se soumettre aux lois de l'Etat, à la dictature de l'expansion commerciale et au progrès capitaliste!

Le racisme qui sous-tend les idéologies prônant l'apparition originelle du sida en Afrique ou à Haïti n'est que le prolongement de la puissance dominante de ce géant de l'Economie (et donc de la Science et du Progrès) que constituent les Etats-Unis. Mais le racisme étant une composante du Capital lui-même, il n'est pas l'apanage des seuls bourgeois américains: toutes les nations sont racistes et participent d'une manière ou d'une autre à ces campagnes qui consistent à dénoncer le "voisin" en se servant du sida pour renforcer l'union nationale. Ce fait n'est pas nouveau: de tous temps, les bourgeois se sont servis de la maladie pour alimenter le caractère raciste de l'Etat, et ressourcer l'Union Nationale derrière la bannière protectrice.

Quelques années avant 1500, alors qu'une épidémie de Syphilis déferle sur l'Europe, chaque nation ira chercher le bouc émissaire de la maladie auprès des "étrangers". Les russes en accusèrent les polonais, les anglais et les turcs l'appelèrent le "Mal français", les français l'appelèrent la maladie italienne et les italiens, la "Maladie espagnole",...
 


Toujours est-il que dans la confusion de ces "vérités" confirmées, démenties, de ces contre-vérités imposées, etc..., finit néanmoins par s'imposer une idée dominante consistant à déterminer l'origine du virus du sida en dehors des laboratoires de la Science, et loin de ses centres les plus reconnus.

Tout montre et démontre que le sida apparaît au moment où les conditions matérielles sont tout simplement réunies pour créer de tels virus, mais l'opinion publique, ce réceptacle de l'idéologie dominante, vulgarise les histoires des scientifiques, et fait ainsi efficacement écran à ce qui se présente comme des paranoïas des ennemis de la Science. Tout s'arrange! Le monde peut continuer à tourner et la marchandise à circuler! "L'origine du sida", m'explique ma concierge, "se résume à un bien mystérieux virus trouvé chez les singes verts en Afrique et qui, parce qu'un nègre a sans doute enculé un singe, s'est transformé en épidémie mortelle. La débauche (prostitution, homosexualité et toxicomanie) a parachevé l'oeuvre de ces sauvages en répandant le virus sur toute la planète"!
 
 
 
 

L'horrible ballade de la Science dans le jardin des rétrovirus


Nous n'allons pas à notre tour jeter notre petite pierre dans le jardin des hypothèses scientifiques, journalistiques ou politiques, concernant l'origine exacte du virus du sida. En matérialistes, nous avons commencé par expliquer quelle est la fonction des imbécillités débitées à ce propos: protéger la Science, défendre la Médecine, justifier les sommes astronomiques versées à ces mêmes laboratoires qui sont sans doute à l'origine de ce monstre génétique. Nous allons maintenant simplement donner quelques éléments rappelant que depuis le début des années '70, il est techniquement, scientifiquement, biologiquement, matériellement possible de fabriquer des chimères (11)de laboratoire, des artefact, des clones dont celui du sida n'est qu'une variante. Il n'y a aucun sensationalisme dans ces propos: c'est un fait reconnu, pratiqué et développé commercialement par un important secteur de la recherche médicale.
 


  Cette citation n'a pas uniquement pour but de donner les noms de quelques-uns des assassins qui sont sans doute parvenus à composer les monstruosités dont il est question ici. Cette déclaration de John Seale, membre de l'Académie Royale de médecine de Grande Bretagne, extraite du "New Scientist" de janvier 1987, illustre entre mille autres, le fait qu'au début des années '70, la recherche en biologie moléculaire disposait des moyens pour fabriquer, créer, inventer de toutes pièces, des chimères rétrovirales capables de s'attaquer au système immunitaire de l'homme.

En 1969, parallèlement à la relance de la recherche en cancérologie, des scientifiques américains caractérisent la "Transcriptase Inverse". Pas de panique! Ce mot latin n'est rien d'autre que le nom mystérieux que les sorciers modernes ont trouvé pour qualifier une enzyme propre aux seuls rétrovirus et qui leur permet de traduire leur ARN en ADN, alors que jusqu'ici, la Science défendait avec acharnement que seul l'inverse était possible; cette enzyme est déterminante dans le développement des techniques de clonage moléculaire, c'est-à-dire aussi, de production de monstres génétiques. C'est ce que nous allons tenter d'expliquer.

Le dogme central de la biologie moléculaire était jusqu'alors qu'il était impossible (et donc hérétique!) d'imaginer traduire l'information des gènes d'ARN en ADN (12). Comme pour tout dogme scientifique, la réalité s'est empressée de lui faire un vigoureux pied de nez, et voici donc, avec cette "découverte" (13), que va s'ouvrir pour l'"humanité" médicale une simplification révolutionnaire de la possibilité d'adapter des rétrovirus spécifiques des tumeurs animales, par exemple,... à la cellule humaine!

On appelle "RETROVIRUS", les virus à ARN dont la spécificité réside précisément dans leur capacité à transcrire leur ARN en ADN, et de transmettre ensuite cet ADN à la cellule qui l'abritera. Cela signifie en clair, que la maîtrise de cette enzyme propre à tous les rétrovirus --la "Transcriptase Inverse"-- rendait techniquement réalisable la possibilité de faire persister le virus au sein du matériel génétique de la cellule (humaine ou animale) à laquelle on l'avait intégré, donnant ainsi un incroyable coup de pouce aux possibilités de manipulation et de clonage en biologie moléculaire, autant qu'elle ouvrait de juteuses perspectives commerciales.

Sans crainte de nous répéter, et pour bien faire comprendre l'ampleur et l'horreur des armes qui ont été ainsi mises dans les mains de ces cinglés sous patente légale que sont les biologistes, nous voulons insister ici sur le fait que la recherche autour de ces fameux rétrovirus n'est pas le simple résultat d'un "flash" particulier de tel ou tel scientifique, mais que la fascination qu'exerce la maîtrise de la "Transcriptase Inverse" est directement liée au fait qu'il devient vraiment facile de créer des chimères de toute sorte, et entre autres des rétrovirus, ce qui était techniquement impossible quelques années plus tôt. Avec la découverte de la capacité des rétrovirus à transcrire leur ARN en ADN, c'est tout un pan de nouvelles expériences de clonage qui s'annonçait. La matière première du biologiste moléculaire s'augmentait soudain d'une enzyme lui permettant de transcrire toute molécule ARN en ADN, et d'appliquer ainsi le clonage à toutes sortes de virus ARN, à toutes sortes de rétrovirus.

Il est dès lors possible, même maladroitement, de fabriquer des monstres génétiques en utilisant également des rétrovirus. Quelques années plus tard, entre 1979 et 1981 (le temps d'incubation du sida!), apparaissent les premiers cas d'une pneumonie d'un type très rare en Californie: il ne faudra plus longtemps aux terroristes en blouse blanche pour annoncer que ces symptômes sont le fait d'un original et nouveau rétrovirus, le seul rétrovirus connu s'étant jamais attaqué à l'homme! Le sida vient de faire son entrée dans l'horrible jardin de la Science... et son apparition coïncide totalement (nous ne le répéterons jamais assez!) avec la découverte de l'existence de rétrovirus, et la possibilité de les cloner.
 

Pour éclaircir un peu plus encore notre propos, et faciliter la compréhension de la catastrophe à laquelle nous soumet l'odieux tripatouillage actuel de la Recherche en biologie moléculaire, nous allons maintenant rapidement tenter d'expliquer l'enjeu commercial que constitue également l'entrée en scène de la Transcriptase Inverse dans les recherches laborantines. Cet enjeu commercial est sans doute à la base des recherches menées en direction des rétrovirus, et constitue un contexte favorable à l'"éclosion" (accidentelle ou délibérée, cela ne nous intéresse que très peu!) du sida.

Les industriels pharmaceutiques --véritables dictateurs, commanditaires et pourvoyeurs de capitaux de tout ce qui anime la recherche scientifique-- sont depuis des années activement à la recherche d'un moyen pour produire des substances humaines et animales (base de la marchandise-médicament) à moindre coût (pour le fabriquant, bien sur!). Comme tout capitaliste, le gestionnaire aux commandes d'une industrie pharmaceutique, cherche à produire des "médicaments" (14), non pas pour "soigner", mais pour accroître son capital. "La médecine est une putain, son maquereau, le pharmacien"!

Pour qu'un médicament soit rentable, il faut, comme pour toute marchandise, qu'une quantité de travail humain suffisamment élevée y soit cristallisée: le blanc d'oeuf, présenté comme médicament, intéresse peu l'industrie pharmaceutique (15)!!! D'un autre côté, il ne faut pas non plus que les coûts de production atteignent un tel niveau qu'il devienne prohibitif et inachetable. Si le capitaliste ne parvient pas à commercialiser son produit, cela ne l'intéresse pas non plus.

Mais un autre facteur déterminant dans la course au profit que se livrent les capitalistes entre eux est la recherche effrénée pour produire une même marchandise à moindre coût. Pour cela, l'industriel est de façon permanente à la recherche d'une découverte technologique (une nouvelle machine, une nouvelle technique,...) qui lui permettra de bouleverser les forces productives à l'oeuvre pour la production d'une marchandise donnée. En effet, si un capitaliste dispose d'une machine lui permettant de produire une même marchandise en un temps de travail humain réduit de moitié par rapport à celui nécessaire à son concurrent, il peut non seulement se permettre de "casser le marché" en le vendant légèrement moins cher et en attirant ainsi tous les acheteurs chez lui, mais il réalisera également et surtout une plus-value extraordinaire, parce que le marché mondial continuera à faire abstraction du temps de travail que ce capitaliste a besoin pour la production de cette marchandise, ce qui signifie que son laboratoire produira, durant chaque heure de travail, des marchandises équivalant sur le marché mondial à bien plus qu'une heure de travail, ou autrement dit, que l'heure de travail dans ce laboratoire produira beaucoup plus de valeur (et permettra une appropriation plus grande de plus-value) que dans les autres laboratoires,... et cela tout le temps qu'il faudra à ses concurrents pour disposer des mêmes avancées technologiques que lui!

C'est ainsi, par exemple, qu'il existe en pharmacie, un produit (pardon, un poison!) --l'interféron--, dont le coût de production est actuellement au moins aussi élevé que sa toxicité, et qui est présenté comme un traitement du cancer. L'acheteur paye quelques 150 dollars par jour et ne peut arrêter le traitement... que lorsque les effets toxiques deviennent plus terribles que son cancer! L'affaire est on ne peut plus rentable pour l'industrie pharmaceutique qui le ressort périodiquement de ses tiroirs (16).

Tant que l'ensemble des capitalistes produisant cette marchandise dispose de la même science et se trouve face aux mêmes difficultés pour produire les protéines qui sont à l'origine de ce médicament, rien ne bouge. Et à certains moments, rien n'a même intérêt à bouger, parce que cela rentrerait en contradiction trop flagrante avec le développement global de telle ou telle branche de l'économie (17). Mais aujourd'hui précisément, parce qu'on ne peut sans doute plus taire les multiples contradictions surgissant face au dogme ADN, et également parce que la concurrence l'exige, comme on vient de l'expliquer ci-dessus, les capitalistes qui produisaient l'interféron voient leurs forces productives entièrement bouleversées avec la découverte de la Transcriptase Inverse, et la capacité donc de traduire de l'ARN en ADN. Il est maintenant possible de produire en quantité de l'interféron, et les capitalistes pharmaceutiques jouent du coude pour placer les multiples applications que cette "découverte" permet (il n'y a pas que l'interféron, bien sûr!), et se mettre ainsi en position de bénéficier le premier de cette plus-value aussi extraordinaire que momentanée!

Décrivons brièvement et le plus simplement possible les difficultés que le capitaliste pharmaceutique rencontrait auparavant pour synthétiser des molécules biologiques.

Pour faire produire à des bactéries (organisme unicellulaire) des substances (des protéines, qui seront la substance active d'un médicament), il est nécessaire de greffer à cette bactérie, une partie du génome d'une cellule produisant normalement (mais en de faibles quantités!) cette protéine.

Le chercheur se heurte à plusieurs problèmes de taille, dont le plus important est la difficulté d'isoler la séquence d'ADN permettant la production de cette protéine. L'ADN est traduit en ARN (messager) et cet ARN (m) est ensuite lu pour produire la protéine. Or ici, le chercheur est en face d'un nombre astronomique de séquences différentes (chacune codant une protéine spécifique) parmi lesquelles, UNE SEULE séquence donnera le produit fini, la protéine désirée. Trouver une séquence de quelques dizaines d'informations sur des millions d'informations relève de la gageure!!!

C'est ici que la Transcriptase Inverse a donc apporté au capitaliste pharmaceutique, ce que la machine à vapeur a apporté à l'industriel. En effet, la Transcriptase Inverse est une enzyme d'origine virale (en provenance d'un rétrovirus) permettant la synthèse d'ADN au départ d'ARN. Or, l'ARN (m) permettant la synthèse d'une protéine est beaucoup plus facilement isolable que la séquence d'ADN dans le génome, puisque l'ARN (m) est produit en grande quantité en comparaison avec l'ADN qui ne comporte qu'une seule fois la séquence intéressante et, deuxièmement, dans la plus grande partie des cas, à un ARN (m) correspond une seule protéine.

Donc, notre capitaliste pharmaceutique qui pour produire une protéine en grande quantité devait trouver la séquence d'ADN correspondant à cette protéine, avec toutes les difficultés que cela implique, n'a plus besoin maintenant que d'isoler l'ARN (m) et faire agir la Transcriptase Inverse qui va se charger quant à elle, de traduire cet ARN (m) en ADN, directement utilisable lors d'un clonage sur une bactérie.

On voit donc ici en quoi la Transcriptase Inverse, en plus des délires manipulatoires qu'elle permet et dont nous avons parlé plus haut, est également un énorme enjeu financier, commercial et économique ("scientifique", disent les revues "spécialisées" dans l'euphémisme!), favorisant l'éclosion d'innombrables poisons qu'on nous vendra bientôt comme médicaments.
 


Voici maintenant la description de quelques étapes démontrant l'effervescence qui s'est emparée des scientifiques, face à la perspective de maîtriser cette enzyme, source de profits.

Dès 1971, dès que fut caractérisée l'activité spécifique de la Transcriptase Inverse, les cancérologues américains vont se lancer dans une recherche effrénée et traquer la fameuse enzyme auprès des patients qu'ils ont sous la main. En 1970, Robert Gallo, de l'Institut National de Cancer, à Bethesda, aux Etats-Unis, repère et isole la Transcriptase Inverse dans les globules blancs de patients atteints de leucémie. En 1971, Stuart Aronson modifie le rétrovirus spécifique de la tumeur chez la souris, étend son registre infectieux et l'adapte à la cellule humaine.

La même année, les scientifiques coupent le virus d'un macaque en deux, et veulent en accoler la moitié à une moitié d'un "mangeur de bactérie" appelé Lambda. Cette molécule devait être introduite dans la bactérie "E. Coli" qui fait partie de la flore intestinale de l'homme. On imagine les dégâts, si "par accident" cette molécule chimère venait à quitter le laboratoire et retourner à l'homme! Pour l'histoire officielle, certains scientifiques ennemis du Progrès, empêchèrent le projet d'aboutir. Mais ce n'était que pour mieux sauter! D'autres projets virent le jour, et ce qui est certain, c'est qu'en 1971, il était possible de fabriquer des puzzles génétiques. Armés de son scalpel (les enzymes de restriction), de ses enzymes de transfert ("Transcriptase", qui traduit l'ADN en ARN, et "Transcriptase Inverse", qui permet la transcription inverse), de ses microscopes électroniques, cet artiste d'un nouveau genre qu'est le biologiste moléculaire peut se lancer à l'assaut des virus, rétrovirus et autres bactéries, les sectionner, les assembler, les réassembler et enfin les tester sur des cellules foetales humaines (les plus chères) ou de singes.

En 1972, le Bulletin de l'Organisation Mondiale de la Santé, agence dépendant directement de l'Organisation des Nations Unies et donc principalement des USA, demande d'étudier les effets de certains virus sur les fonctions immunitaires et plus particulièrement, les effets de l'infection sur les lymphocytes T (18). Ceci ne constitue qu'un exemple supplémentaire permettant de se rendre compte que toutes ces manipulations autour des virus et rétrovirus, chimériques ou non, ne furent pas le fait d'alchimistes égarés du droit chemin, mais bien directement l'oeuvre des scientifiques les mieux formés (à nous empoisonner!) et sous la direction des plus hautes instances médicales mondiales.

Cela nous donne-t-il une idée suffisante des origines de ce Tchernobyl biologique multiplié par 1.000, auquel nous ont soumis les scientifiques? Non!

Cette même année 1972, l'expérimentation sur l'homme est annoncée à la 7ème conférence du National Cancer Institute:

En 1974, on "réussit" à greffer un gène dans un oeuf de souris à peine fécondé: le gène étranger sera désormais transmis héréditairement. On "réussit" également à faire pousser les deux virus du visna du mouton et de la leucémie bovine sur la cellule humaine.

Bref, on va s'arrêter là dans l'infinie description de ces recombinaisons génétiques, de ces greffes de gènes, de ces accouplements monstrueux de virus animaux avec des cellules humaines, de ces tests criminels et hasardeux sur les hommes,... et, pour nous éviter l'indigestion, nous allons maintenant voir comment les problèmes d'éthique soulevés par ces expériences, comment les angoisses morales, les débats entre "faucons" et "colombes" de la Science et du Progrès n'ont constitué qu'un pas de plus vers une expérimentation qui sera bientôt libre de toute contrainte! De la même manière que l'instauration d'une paix n'est qu'un moment nécessaire au déclenchement de la guerre, les conférences que les scientifiques organiseront pour savoir si tout cela ne comportait pas le danger d'introduire des saloperies dans le système héréditaire humain, constitueront le tremplin le plus efficace pour relancer la recherche, en la désentravant!

C'est ainsi qu'une conférence eut lieu à Asilomar au cours de laquelle ces hypocrites se posèrent la question des risques pris avec ces recombinaisons génétiques. Un moratoire d'un an fut décidé, mais lors de la seconde conférence d'Asilomar, une réglementation fut définie: il fallait protéger les savants, les techniciens et autres garçons de salle, ainsi que le genre humain! Tu parles! On mit des bottes, des gants, des casques; on définit différents niveaux de sécurité pour les laboratoires en fonction du danger des expériences... et tout le monde se relança dans le délire expérimental de la biologie moléculaire. L'éthique et la morale furent révisées pour encore et toujours mieux servir la demande commerciale et militaire. Les savants, ces ignorants du genre humain, dépendent financièrement des laboratoires, et les grands laboratoires parient aujourd'hui, tous, sur la biologie moléculaire. Donc, on fonce!

La demande en cellules humaines est devenue énorme. "Flow", "Microbiological of Walkerville" et la "C of Maryland" aux Etats-Unis sont les trois entreprises géantes de la fourniture pour laboratoire qui s'entre-déchirent et approvisionnent le marché. En sept ans, "Flow" importera à elle seule 12.000 paires de reins de Corée du Sud, vivisectés sur des enfants extraits prématurément par césarienne au troisième trimestre de la grossesse, très près de la naissance naturelle. "Flow" est une filiale de "General Research Corp." qui fait de la recherche stratégique avec le Pentagone, et dont le président admet que les organes ont été "achetés afin d'effectuer des cultures organiques pour la recherche médicale". "A Singapour et en Suisse", explique Georges Wald, un prix Nobel de médecine, peu suspect de sympathies pour les anti-progressistes que nous sommes, "on évalue à près de 80.000, le nombre des "produits d'avortements" importés chaque année par les Etats-Unis entre 1969 et 1978" (20).

Commercialement, avec ce "boom" en biologie moléculaire, la cellule humaine est devenue une excellente marchandise. Des entreprises se créent. La concurrence bat son plein et stimule la Science. Des sociétés se créent (Cetus, Genentech, Biogène,...) et axent dès lors particulièrement leurs activités sur les produits de recombinaisons génétiques. A leur tête se trouvent, à chaque fois, ceux qu'on nous présente comme les cerveaux de notre monde, les généticiens les plus fameux, les papes de la biologie moléculaire, les avant-gardistes de la recherche sur le cancer.

Le marché est porteur. Depuis la synthèse du premier gène en 1972, le secteur de l'électronique moléculaire a attiré les entreprises en informatique et constitué un enjeu industriel et stratégique. Pour ne parler que d'un de ses géants, IBM s'intéresse à la capacité de remplacer le silicium, une matière déterminante dans les capacités de stockage d'information, par le matériel organique que constituent les chaînes de protéines ou d'enzymes, les bactéries manipulées, les virus, etc...
 
 
 

La Guerre et le Commerce, les moteurs profonds de la Science !


Sans faire le panorama de toutes les nouvelles demandes commerciales en biologie moléculaire, depuis l'épanouissement du puzzle génétique, il nous faut encore parler du fleuron de la recherche, d'une des sources de financement les plus importantes de toutes ces expériences, du véritable et historique moteur de la Science: l'Armée.

Dès le début en effet, le marché des armes s'est intéressé à l'électronique moléculaire. Cette recherche est financée par d'énormes capitaux et les brevets se déposent les uns après les autres. Ces réalisations restent évidemment secrètes, mais toutes sortes d'applications sont testées et essayées. Les applications les plus dangereuses pour nous restent évidemment directement la propriété de l'Armée et une loi a été votée en 1969 pour que ce monopole ne subisse aucune exception.

Comme toutes les lois, l'amendement est présenté comme une défense du bien-être commun, mais donne en fait clairement la permission à ces assassins drapés dans les couleurs patriotiques, de fabriquer et tester l'efficacité des monstruosités génétiques qu'ils se plaisent à fabriquer:

Dans toutes ces recherches, le rétrovirus tient l'affiche parce que, comme on l'a vu plus haut, il constitue --via la Transcriptase Inverse-- le vecteur essentiel et idéal par sa faculté à s'inscrire dans les génomes d'autrui. En 1969 déjà, les délégués du Pentagone avertissaient du sens de leurs recherches autour de ces "collages" de virus, pour les années suivantes: Ils poursuivaient, devant la commission de crédit du Congrès: Faut-il chercher plus loin l'origine de la bombe virale qui nous est tombée sur la gueule avec le sida? Et précisons là qu'il ne s'agit pas d'une déviation momentanée de l'une ou l'autre tendance plus machiavélique (21)au sein de l'Etat aux Etats-Unis. L'arme biologique est envisagée par l'Etat depuis des années, et le recrutement du rétrovirus date déjà de 1952, alors que les techniques ne permettaient pas encore de l'"arranger" et le refabriquer; à cette époque, à Ottawa, on envisagea d'utiliser l'agent de la fièvre aphteuse pour ruiner les troupeaux ennemis.

En 1976 et 1977, des enquêtes parlementaires eurent lieu aux Etats-Unis et révélèrent qu'un programme de recherches biologiques patronné par la CIA et l'US Army avait débuté dès 1963 au laboratoire militaire de Fort Detrick. Ce programme avait mis en chantier des agents infectieux mortels et des substances neurotoxiques avaient été expérimentées. Un biologiste moléculaire, un électricien et un employé du rayon singes de ce même Fort Detrick étaient mystérieusement décédés, durant cette période.

Comme on le voit, les aboutissements joyeux auxquels nous mènent les recherches de la médecine, sont le résultat d'une longue recherche, depuis longtemps dirigée et financée directement par l'Etat. L'exemple des USA est particulièrement parlant lorsqu'on connaît la fonction d'avant-garde de l'organisation locale de l'Etat bourgeois en cette région du monde. Les progrès en biologie moléculaire ont donc directement et de façon permanente, intéressé les scientifiques et militaires américains.

Il doit être clair à ce niveau du texte que la séparation entre scientifiques, industriels et militaires n'est qu'une séparation toute formelle; les recherches en biologie moléculaire, plus spécifiquement axées sur les applications militaires, sont à tous égards intrinsèquement et organiquement unies aux recherches médicales. Le Fort Detrick, dont il est question plus haut, qui constitue le laboratoire militaire de l'US Army, tout près de Washington, dans le Maryland, est directement relié et rattaché à l'Institut National de Cancer, à Bethesda, banlieue de la capitale américaine. Pour argumenter notre propos, nous avons également placé en regard de ce texte un court extrait d'une liste de hauts scientifiques américains, augmenté des places qu'ils occupent dans les Conseils d'Administration de gros trusts pharmaceutiques et des liens qui les unissent au domaine militaire.

Et quant aux normes de sécurité édictées lors de ces conférences honteuses autour de l'éthique médicale à Asilomar, elles furent établies par l'Institut National de la Santé lui-même; c'est ce même institut qui a défini quatre types de laboratoires différents, dont le plus protégé, appelé "P4", est à la fois le mieux équipé... et le plus "militarisé": le premier de ces laboratoires s'ouvre en effet en 1977, dans ce même bâtiment de Fort Detrick. C'est "Vickers", une fabrique d'armement qui l'a conçu et fabriqué!
 
 

Voici une brève illustration des liens indissolubles existant entre les scientifiques et le secteur industriel et militaire. Il s'agit d'extraits d'une liste du personnel administratif et enseignant du M.I.T., une université scientifique nord-américaine:  

Jerry Mc Afee,  
-Chemical Engineering Visiting Committee Chair  
-Director, McDonnell Douglas Corp.  
-Director, Chevron USA.  
-Director, American Petroleum Institute...  

Eugene Edzards Covert  
-Director, United Technology.  
-Consultant to BBN, Israël, Pratt Whitney.  
-Member of NATO Aerospace Policy Committee.  
-Consultant, US Army Research Office...  

John Deutch  
-Chairman, Defense Science Board Task Force on Small International Ballistic Missiles.  
-Member of Defense Science Board.  
-Member of Army Scientific Advisory Panel...  

Steven Meyer  
-Consultant, Central Intelligence Agency (CIA)...  

Alexander Rich  
-Member of Corp Marine Biology Lab WHOI.  
-Member of US-URSS Joint Committee on Science and Technology ('77-'81)...  

La totalité du personnel non universitaire associé au Laboratoire Lincoln du M.I.T. vient de l'industrie militaire ou des secteurs de la Défense (et, la plupartdu temps... des deux à la fois). Toutes les notices ressemblent à celles-ci:  

Brent Scowcroft, USAF  
-Lieutenant General USAF, 1974.  
-Military assistant to President (1972-73)  
-Director, Atlantic Council US.  
-Director, National Bank of Washington.  
-Vice-Chairman, Kissinger Associates, Inc... 

 
 
Bref, on le voit, Science et Guerre se confondent et riment, autant que savants et militaires rament ensemble sur la galère du Progrès et de la Médecine! La recherche du Cancer est un support essentiel au développement d'une couverture permettant d'avancer dans l'amélioration des techniques de destruction guerrière. Elle constitue également une source de pouvoir, de prestige et d'argent pour les carriéristes médicaux (22). Dans le domaine de la recherche médicale, Ubu est roi! La guerre est le moteur historique de la Science: le Progrès n'avance jamais autant que pendant la guerre. Et dans ce domaine, la recherche n'a pas de limites.

En cancérologie, encore, alors qu'on étudie particulièrement entre 1970 et 1975 la réponse immunitaire, les savants dirigent parallèlement leurs recherches vers la découverte d'une arme de destruction massive:

Cette déclaration n'est pas plus issue de "Paris-Match" que d'une feuille de chou ronéotypée gauchiste; il s'agit d'une déclaration faite en 1983 par un biologiste d'audience mondiale, Steven Rose, de l'Open University, un centre britannique de recherche sur le cerveau.

Du "cerveau", il n'en faut sans doute pas beaucoup pour passer sa vie à torturer du singe ou du mouton et en extraire les chimères moléculaires! Et d'"humanité" encore moins, lorsque les recherches délirantes (mais commerciales!) des industriels pharmaceutiques et autres agents étatiques en arrivent à concevoir des "armes ethniques"! Mais comment s'étonner encore des progrès scientifiques, face au chaos chaque fois plus profond dans lequel se débat cette société moribonde, tout juste bonne à se régénérer par la guerre.

La recherche des moyens de destruction, orchestrée par l'Etat, est permanente et remonte aux origines des sociétés de classe. Mais jamais la société n'avait atteint le niveau de barbarie qui est le sien aujourd'hui. Là où ce qu'il reste de raison humaine, aurait tendance à nous faire croire qu'une limite a été atteinte dans les conditions de destruction de l'espèce humaine et de la planète qui la supporte, les infernaux progrès du Capital viennent lui donner tort! On croit avoir atteint le maximum de ce qu'organiquement et matériellement, l'homme est capable de supporter; on se dit que le Capital ne pourra aller plus loin dans sa destruction sauvage des corps et des consciences de l'homme, et un nouveau progrès vient démentir cette illusion.

La Valeur dévore tout! L'Etat met les prolétaires dans des conditions où la simple vente de leur force de travail ne leur suffit plus pour survivre, et les force ainsi à vendre jusqu'à leurs propres organes! Les nécessités de la Science et du Commerce n'ont que faire de la limite humaine, et la repoussent toujours plus loin, en profitant de l'aggravation des conditions de vie des prolétaires. La liberté d'acheter et vendre est la base de la démocratie: pourquoi donc ne pas faire commerce des organes humains que d'aucun choisissent librement de vendre (23)?

Armes chimiques et bactériologiques, armes ethniques, achat (par la Science) et vente (pour survivre) d'organes humains,... On pourrait encore parler des pesticides "ZYKLON", ces gaz utilisés comme armes de guerre et dont les scientifiques qui l'ont délicatement mis au point pourront toujours soutenir après le massacre, qu'ils ignoraient tout de son utilisation. On pourrait encore parler des poisons mis au placard depuis plusieurs années et que les laboratoires, toujours à la recherche de profit, ressortent aujourd'hui grâce au sida (24). On pourrait décrire l'horreur des exécutions scientifiques des condamnés à mort aux USA, etc..., mais aucune liste des barbaries créées par l'insatiabilité des marchands ne suffira à ouvrir les yeux. A quoi bon parler d'horreurs supplémentaires quand l'existence même de la Démocratie capitaliste mondiale produit la monstrueuse contradiction de tuer par la faim plus de cent vingt mille personnes par jour, alors qu'au même moment, la loi de la Valeur contraint les capitalistes à détruire des tonnes et des tonnes de denrées alimentaires!

Ce fait en lui-même recèle toute l'horreur du charnier permanent sur lequel nous vivons, et aucune "prise de conscience" ne viendra changer la réalité: seule la mise en commun grandissante et l'organisation mondiale des révoltes que fait surgir la dégradation permanente des conditions de vie du prolétariat, pourra mettre un terme à l'apocalypse capitaliste.
 
 
 
- Ne vous laissez pas opérer. Le vieux a la manie des expériences Quand il peut avoir quelqu'un pour cela, il ne le lâche plus. Il vous opère les pieds plats et ensuite, effectivement, vous n'avez plus les pieds plats; en revanche, vous avez des pieds bots et il vous faut, pendant toute votre vie, marcher avec des bâtons.  

- Mais alors que faire? demande l'un des soldats.  

- Dire non; vous êtes ici pour guérir vos blessures et non pas pour vos pieds plats. Est-ce qu'au front vous ne les avez pas eus? Ah! voyez-vous, maintenant vous pouvez encore courir, mais, dès que le vieux vous aura tenus sous son couteau, vous serez infirmes. Il a besoin de sujets d'expériences; pour lui, la guerre est, à cause de cela, une époque magnifique, comme pour tous les médecins. Voyez en bas, au centre médical, une douzaine de ces opérés s'y traînent. Plusieurs sont là depuis des années. Pas un seul ne peut marcher mieux qu'avant; presque tous marchent plus mal et la plupart avec les jambes dans le plâtre. Tous les six mois il les rattrappe et il leur brise les os une fois de plus, en disant chaque fois que la guérison va venir. 

Extrait de "A l'ouest rien de nouveau", de E-M Remarque, à propos de la guerre '14, '18. 
 
 
 
 

Le virus du sida n'est pas un accident !


Dans cette courte description du contexte dans lequel se sont orientées les recherches de la Science, ces dernières années, nous avons mis l'accent sur la concomitance dans le temps entre l'apparition du sida et les possibilités matérielles de sa fabrication. Des thèses plus précises et très cohérentes donnent une description plus achevée de l'assemblage concret ayant produit le sida (25). Mais nous n'allons pas nous attarder à tenter de démontrer ce que les faits matériels démontrent par eux-mêmes: ce n'est pas le fruit d'un pur hasard si un rétrovirus aussi spectaculairement virulent et mortel que celui du sida apparaît au moment même où les possibilités de le fabriquer existent! Au moins, nous ne mourrons pas idiots, en dénonçant les véritables criminels à l'origine de cette épidémie: les scientifiques!

L'Etat s'en cache d'ailleurs très mal et le maximum d'embarras surgit quand on pose la question "tabou" de l'actuelle possibilité matérielle de la fabrication du sida. Pour se défendre de l'origine scientifique, les croyants de la Science n'ont d'autre réponse à opposer... qu'une question: "Mais quel intérêt y aurait-il à développer un virus contre lequel on ne pourrait pas se prémunir?!?". Pour ces curés de la médecine, le sida ne correspond à aucun critère d'efficacité mal intentionnée,... et n'a donc pu être produit par la société!!! Heureusement, l'idéologie de "l'objectivité" tant chantée par la Science a quelques effets matériels sur certains d'entre eux et à la question posée crûment par une journaliste entre 1986 et 1987: "Si le sida n'existait pas, pourrait-on le construire?", le Docteur Brun-Vézinet répond: "Oui, on le peut!". Le Professeur Montagnier répond: "On le pourrait". Le Docteur Chermann toussote. Et le Docteur Alizon nie... pour finalement expliquer que ce serait possible, en y réfléchissant bien et, qu'"il serait même envisageable de fabriquer un agent beaucoup plus infectieux en gardant l'enveloppe capable de reconnaître les lymphocytes et en l'utilisant pour véhiculer un virus bien plus pathogène, tel celui de la grippe; on serait alors à même de provoquer des épidémies foudroyantes" (26)!

Il est donc impossible aujourd'hui de nier l'existence des capacités de la Science à fabriquer de semblables virus, mais ceux-là même qui nous l'avouent, revêtent leur blouse blanche et nous demandent solennellement, de faire abstraction des poisons qu'ils créent, d'oublier leur fonction commerciale et guerrière, de ne pas tenir compte des innombrables "bavures" de laboratoires, d'évacuer de nos esprits la collusion entre les Instituts de recherche sur le Cancer et la Défense Nationale, de ne plus penser aux saloperies bactériologiques qu'ils s'efforcent de concevoir... et de croire en la Sainte Mission de la Science!

On a l'impression d'entendre les amoureux d'un quelconque Dieu nous expliquant que si nous n'y croyons pas, c'est parce que nous n'avons pas la foi, et que si nous voulons avoir la foi,... il faut croire en Dieu. La Religion nous promet le Paradis si nous fermons nos gueules sur terre; et la Science nous assure la guérison, si nous nous laissons faire et fermons les yeux! La Science et la Religion appartiennent à la même famille: la Valeur! L'Etat! L'une comme l'autre ont toujours contribué au maintien du monde tel qu'il est, que ce soit par sa conservation ou son aménagement. Un des moments de cette immobilité dans laquelle ils aimeraient utopiquement figer le monde, est le mensonge pur et simple, l'occultation de la réalité parce qu'elle décrédibilise trop puissamment l'Etat.

En février 1991, était révélé qu'entre 1950 et 1970, un couvent catholique près de Montréal avait été le lieu de viols réguliers commis par une vingtaine de curés sur des enfants d'entre 6 et 15 ans. Les flics étaient au courant depuis le début mais l'Etat a caché, nié et occulté ces faits pour imposer l'ordre chrétien, nécessaire à la cohérence locale de l'Etat, à ce moment. La même chose se passe autour du sida aujourd'hui, mais avec des conséquences autrement lourdes quant à l'enjeu que représenterait "l'aveu". La Science est déjà taxée d'impuissante face à l'impossibilité de guérir; qu'en serait-il si étaient rendues publiques aujourd'hui les connexions entre les projets militaroïdes de la société et l'apparition de cette épidémie mondiale. Non! Face à cela, ces immondes verrues que sont les représentants de la Santé, préfèrent nous débiter leur litanie morale et faire de la "prévention" à propos des excès sexuels "qui le plus souvent, n'apportent rien sur le plan des satisfactions et peuvent, au contraire, amener des ennuis graves, comme le sida, par exemple", dixit le même Professeur Montagnier de l'Institut Pasteur à Paris (27).

Aujourd'hui, toute discussion sur l'origine du sida a plus ou moins été écrasée par l'entreprise idéologique médicale. Le dernier argument pour écarter la moindre tentative de réveiller cette question aux odeurs de souffre consiste à mettre en avant l'importance première de trouver des solutions pratiques au sida: "Discuter sur l'origine du sida, c'est faire de la philosophie, ce qu'il faut, c'est trouver des solutions concrètes". Voilà ainsi justifiée la course à la recherche et au profit. La fuite en avant médicale peut continuer, plus que jamais déterminée par une concurrence commerciale d'autant plus exacerbée que la crise capitaliste s'accentue de jour en jour.

Face à cela, il nous faut briser le mur du silence construit par l'Etat scientifique et resituer l'épidémie du sida dans le contexte réel où elle est apparue: la course capitaliste mondiale à l'accumulation toujours plus concentrée de Valeur.

Le virus du sida n'est pas un accident! Qu'il soit le résultat d'une erreur de manipulation en laboratoire, qu'il s'agisse d'un artefact produit d'un cerveau rendu fou par la Science ou que la chimère provienne directement de l'imbécile recherche d'une arme supplémentaire dans l'attirail délirant des paranoïaques de la Défense Nationale, dans tous les cas, le rétrovirus du sida n'est rien d'autre que le produit d'une société malade de son argent, de sa concurrence, de son commerce! Le sida n'est pas un fléau de Dieu pour nous rappeler à l'ordre moral! Le sida n'est que le résultat d'une logique infernale à laquelle l'humanité est soumise depuis que la Valeur s'est autonomisée sous forme d'une loi soumettant toute relation humaine, toute connaissance nouvelle, toute activité créatrice,... à la stricte dictature du marché mondial.

Les lois de ce marché imposent une guerre permanente de tous contre tous. Les capitalistes se déchirent entre eux pour conquérir les marchés, et ils soumettent ceux-là mêmes qu'ils exploitent --les prolétaires-- à une même guerre sans pitié: "Si tu veux un salaire, bats-toi contre ceux qui te concurrencent sur le marché du Travail"! Dans cette guerre de tous contre tous, la limite que le Capital porte en lui-même en produisant plus de survaleur qu'il n'est capable d'en réaliser, tend à être repoussée par l'infernale compétition à laquelle se livrent les concurrents marchands; cette course au profit les mènent à concevoir et développer, dans tous les domaines, des forces productives "révolutionnaires" leur permettant de dominer telle ou telle partie du marché en vendant à moindre coût.

Le Progrès et la Science viennent ainsi épauler le Commerce en soumettant la connaissance humaine à cette même dictature du marché. La Science ne fonctionne et ne se développe que grâce à d'énormes capitaux débloqués pour orienter ses recherches dans le sens proposé par le capitaliste. C'est à qui trouvera l'arme la plus efficace, propre à intéresser les délires de défense de telle ou telle association capitaliste baptisée "Nation". C'est à qui proposera la machine, la connaissance ou la technique la plus performante pour la production. C'est à qui propulsera le premier sur le marché, des produits pharmaceutiques promettant la disparition du mal de tête ou la repousse des cheveux!

Le virus du sida n'est pas un accident! C'est le résultat des recherches débridées que la Science, aux ordres du Commerce, a lancées pour répondre aux marchés qu'offraient l'industrie pharmaceutique, la bionique, l'électronique moléculaire, l'informatique, etc...

La Science n'est pas non plus un accident. La Science est produit et agent du Capital. La Science est la négation de la connaissance humaine en ce qu'elle part pour son développement des nécessités du développement capitaliste. Elle existe en tant que négation de l'Homme, cherchant à soumettre toute découverte, toute expérience, tout savoir à la démocratique dictature de la Marchandise et de l'Etat qui la défend. Peu lui importe que les médicaments qu'elle crée soient mortellement testés sur des hommes qui l'acceptent parce qu'ils n'ont pas d'autres ressources pour vivre ou dans des régions où ils n'ont même plus la force de gueuler: le but de la Science, c'est le Commerce! La fonction de la Science,... c'est l'Ignorance: en se séparant comme connaissance du commun des mortels et en s'érigeant comme secte divine auprès de l'Etat qui la finance, elle assume, maintient et dirige la séparation entre les hommes et les éléments de connaissance qui leurs sont vitaux. Le prolétariat est ainsi maintenu dans l'ignorance même de son ennemi, de son antagonisme total: le Capital. L'inhumanité à laquelle il est soumis n'a pas de nom et prend la forme d'une calamité: s'il a mal de tête, ce n'est pas parce qu'on l'a fait bosser pendant huit heures,... c'est parce qu'il manque d'aspirine!!!
 
 



 
"... Avec toi, camarade, nous continuons à nous battre! A tout moment et en tous lieux. Ton enterrement, nous l'avons vécu comme un combat, parce que chaque moment de ce monde de silence est un combat. Oui! Même enterrer un camarade! Te rends-tu compte? Le rapport de force entre notre classe et la classe haïe s'exprime même pour un enterrement. A une autre époque, à un moment où chacun de nos morts est payé au centuple par la bourgeoisie, nous aurions pu sortir les drapeaux, noirs de notre colère, et saluer ta mémoire dans la vie de la révolution.  

Ici, nous avons dû nous battre pour qu'aucune de ces hyènes sombres appelées "curés" ne se penche sur toi; nous avons dû nous battre pour imposer, comme cortège, ta véritable "famille", celle des liens de lutte que nous avions forgés ensemble; nous avons dû nous battre, parce qu'à l'heure même de l'incinération, une "grosse légume" quelconque a prétendu prendre plus de place et de temps pour saluer son mort enrubanné; nous avons dû nous battre contre le cirque imbécile de ces pauvres bougres idiots, habillés de gris et payés pour pleurer, tout en accélérant les cérémonies; enfin, nous avons dû nous battre contre le ridicule de ce spectacle morbide entourant pareilles circonstances, et où il est de mise, dans cette société d'anti-plaisir, de faire pleurer la veuve et trouiller les vivants! T'en fais pas camarade, ta mort ne nous a pas fait peur! Elle nous a donné encore plus de détermination dans notre lutte pour abattre définitivement la monstrueuse inhumanité du Capital!  

La Science n'aura pas le dernier mot. Déjà, parmi les prolétaires atteints du même poison qui t'a condamné, certains se sont mis à venger leur mort future... en mordant jusqu'au sang les flics et autres agents de l'Etat, qui voulaient les contrôler. "Faire de la maladie une arme"! Comme quoi la résistance du prolétariat produira des parades aux plus tordues des agressions capitalistes!  

"Y a-t-il une vie avant la mort?"  

Avec toi, camarade, nous répondons par l'affirmative et continuons à défendre que la "vraie vie" réside dans la continuité de la lutte acharnée que nous menons pour nous organiser en une force, déterminée à défaire une fois pour toutes les tristes incontinents qui nous exploitent et à imposer une société sans classe et sans argent!" 

 



 
 

NOTES :

 

1. Au moment de mettre sous presse, voici ce que les médias du monde entier annoncent, sur base d'une enquête menée pendant 3 ans sur 1749 patients: "Il n'y a aucune différence d'évolution vers un stade plus grave ou ultime de la maladie entre le groupe de ceux qui prennent l'AZT et ceux qui ne reçoivent pas ce médicament" (Libération, Le Monde,... - 2 avril 1993).

Depuis le milieu des années '80, depuis bientôt 10 ans donc, ce sont ces mêmes médias qui relayaient avec assurance l'information "médicale" selon laquelle l'AZT constituait la seule méthode pour combattre la progression fatale du sida. Avec le recul, on peut peut-être plus facilement imaginer comment ont pu se matérialiser ces "pressions" dont nous parlons dans cette introduction: les médecins se déresponsabilisaient dès qu'ils apprenaient que notre camarade refusait --contre leur avis-- de prendre l'AZT, les proches du camarade étaient quasiment traités d'assassins face au refus de soutenir les "avis médicaux autorisés", les médecins exerçaient leur terreur jusqu'à donner des dates d'échéance fatale rapprochées si l'on ne suivait pas leurs conseils,... C'est bien en tout cela que constitue la dictature de la Valeur pour imposer ses marchandises aux hommes.

2. S'il fallait encore un exemple illustrant cette collusion, il nous suffirait de rendre compte de ce que toute la presse a récemment repris autour de ces lots de sang contaminés qui ont continué à être distribués par le Centre français de Transfusion sanguine à des hémophiles, parce que des intérêts financiers étaient en jeu! Mais que l'on ne s'y trompe pas: les médias s'acharnent sur telle ou telle histoire particulière pour mieux crédibiliser la totalité de la Science et de l'Etat. Si la presse dénonce des "bavures" chez les flics ou les scientifiques, c'est pour --en dénonçant l'un ou l'autre "irresponsable"-- légitimiser l'existence même de la police et de la médecine assassine.

3. Il en va de l'information scientifique comme du reste de l'information. Pour parler de la lutte de notre classe, nous ne disposons la plupart du temps que de quelques entrefilets banalisant sous forme de nombres de morts le contenu de la lutte. De même, pour ce texte sur le sida, nous avons du lire entre les lignes, épouser des points de vue contraire pour les détruire, recueillir des témoignages directs et vécus tellement plus riches que ce que nous disent les revues, lire des pages et des pages dégoûtantes de Savoir imbu pour révéler les contradictions et débusquer ce qui est occulté,... C'est une tâche d'autant plus ardue qu'il s'agit d'un domaine rendu peu accessible, tant du point de vue du tabou que constitue le Savoir scientifique que de celui des logiques débiles qui se greffent indissociablement à ce type d'informations.

4. Copernic et Galilée allaient bien plus loin, sans s'en rendre compte. En faisant tourner la terre autour du soleil, ils prolongeaient théoriquement l'ascendant que la bourgeoisie naissante prenait pratiquement sur les seigneurs. La terre cessait d'être le centre du monde, et l'homme, le centre de la création. Les seigneurs féodaux perdaient ainsi leur statut divin. D'un autre côté, ils favorisaient l'émergence du nouveau dieu de la nouvelle classe dominante: la Science.

5. Le très conservateur "Ordre des Médecins" en France, spécialisé dans la chasse à toutes sortes de sorcières, ne peut plus cacher aujourd'hui que la "Médecine du XVIIIème siècle a sans doute tué plus de personnes qu'elle n'en a soigné". Cette déclaration est parue, en France, il y a quelques années, dans le "Quotidien du Médecin".

6. Comme souvent, l'étymologie révèle ici crûment la signification profonde d'un mot que la société moderne a cherché à altérer. "Patient", du latin "patiens", signifie "celui qu'on fait souffrir"; c'est un dérivé du verbe latin "pati" (souffrir). Une des définitions françaises du mot "patient", contient l'origine inchangée du latin: "Personne qui subit ou va subir un supplice" (Petit Robert 1990)!

7. Le tripotage de cellules provenant de singes est très fréquent en biologie. Les singes verts sont d'ailleurs utilisés pour la fabrication des vaccins entre autres, ce qui signifie que s'il devait jamais y avoir une liaison entre le virus du sida et le singe vert, elle ne proviendrait pas des "moeurs ravagées" des africains, comme le sous-tend la morale raciste judéo-chrétienne, mais bien plus directement des mains blanches et "propres" des technocrates de la manipulation laborantine!

8. Certains scientifiques vont jusqu'à renvoyer l'origine du sida... dans le cosmos! C'est le cas de l'astrophysicien Chandra Wickramasinghe de l'Université de Gales en Angleterre qui, depuis des années travaille sur l'origine cosmique de certaines maladies, telles la grippe, et qui prétend que le sida pourrait venir de l'Espace. Aussi spectaculaire soit sa thèse, elle a au moins l'avantage d'éliminer toute autre alternative terrestre que celle d'une fabrication en laboratoire:

9. Récemment, dans un journal suisse, on a pu lire un bel exemple de ce type de schizophrénie intégrée par le prolétaire. Sous la menace d'une expulsion pour toute sa famille, une mère immigrée, terrorisée par l'Office d'Immigration, déclarait: "Je sais bien qu'il y a la liberté ici, en Suisse, mais si on sonne à la porte, je tremble."

10. Sur les 288.377 cas de sida recensés par l'Organisation Mondiale de la Santé entre le début de l'épidémie et la fin de 1990, 50% le sont aux Etats-Unis et 25% dans 45 pays d'Afrique. S'il est vrai que les statistiques nous cachent souvent l'essentiel, elles n'en donnent pas moins ici quelques indications corrigeant l'opinion couramment admise comme quoi l'Afrique serait le continent le plus infecté, opinion qui corrobore les thèses racistes occidentales.

11. Une chimère est un monstre génétique constitué de plusieurs variétés de cellules ayant des origines génétiques différentes.

12. Quelques mois avant que la Transcriptase Inverse ne prouve son existence aux yeux sceptiques de la Science, celui qui était considéré comme un des tous grands maîtres de la Science moderne, Jacques Monod, défendait le dogme tout-puissant de l'ADN dans son livre "Le Hasard et la Nécessité", en indiquant "qu'il n'est ni observé, ni d'ailleurs concevable, que l'information soit jamais transférée dans le sens inverse". Le ridicule l'a tué!

13. Nous mettons "découverte" entre guillemets parce qu'il faut savoir que de nombreux chercheurs s'étaient opposés depuis déjà bien longtemps à ce dogme scientifique, mais qu'ils furent privés des moyens de recherche pour avoir refusé de se soumettre au dogme de la Grande Inquisition médicale et scientifique! Aujourd'hui, ceux-là mêmes qui défendaient "le dogme sacré" d'hier décrivent comme révolutionnaire, la "découverte" d'enzymes capables d'utiliser l'ARN viral, comme matrice pour la synthèse de l'ADN.

14. La valeur d'usage des produits pharmaceutiques est à ce point subsumée par la valeur d'échange qu'il conviendrait plus objectivement ici de parler de "poison" plutôt que de "médicament"!

15. L'exemple du blanc d'oeuf n'est pas "provocateur"! Il existe un antiviral (AL 721) très accessible et isolé du blanc d'oeuf, mais qui, de cette manière, n'est pas assez rentable pour l'industrie pharmaceutique. Elle ne s'y intéressera que lorsque la quantité de travail cristallisée dans le produit permettra la commercialisation d'une marchandise dont la plus-value réalisée sera suffisamment conséquente!

16. Découvert en 1957 et présenté comme anti-cancéreux, l'interféron a permis aux capitalistes qui l'avaient breveté de faire périodiquement des affaires, chaque fois justifiées par la recherche.

D'importants capitaux furent débloqués pour les laboratoires qui l'expérimentèrent, durant 15 ans. Testé durant toute cette période sur des personnes atteintes du cancer, les performances économiques de l'interféron furent inversement proportionnelles à l'état de santé des cobayes: au début des années '70, il fallut le mettre en veilleuse.

Mais voilà que les manipulations génétiques viennent à point nommé pour relancer en 1980, l'intérêt et les subventions pour le produit. On spécule, les actions flambent! Une campagne publicitaire est lancée pour asseoir la recherche autour de ce produit, mais bientôt l'intérêt (financier!) retombe parce qu'apparaît sur la place publique le fait que si le traitement s'arrête, il y a prolifération accrue de cellules cancéreuses!

Heureusement pour les actionnaires du produit, le sida arrive, et voilà de quoi justifier une fois de plus la sortie du placard du poison! Aux armes, actionnaires!

17. C'est ainsi qu'un brave médecin, tout illusionné par la pureté du monde dans lequel il croyait entrer, est aujourd'hui planqué quelque part en Colombie, avec à ses trousses, des tueurs commandités par des trusts pharmaceutiques. Ce médecin disposerait d'un vaccin efficace contre l'hépatite B, mais il refuse de céder son brevet à l'une de ces puissantes multinationales. Naïf, il entend livrer son vaccin à une organisation tiers-mondiste et non gouvernementale, de sorte que, croit-il, le vaccin puisse être fabriqué à faible coût, et achetable par les populations les moins favorisées d'Afrique et d'Asie.

18. Les lymphocytes T sont une des deux catégories principales de lymphocytes; il s'agit d'une catégorie de globules blancs assurant une activité immunitaire dite "spécifique" parce qu'elle reconnaît sélectivement la substance qui met l'organisme en danger. Cette catégorie de lymphocytes inscrit dans sa mémoire immunitaire, les antigènes éventuellement produits et réagit ainsi immédiatement après l'identification. Parmi ces lymphocytes T ("T", parce qu'ils transitent par le Thymus) qui contrôlent l'activité immunitaire de l'organisme, les lymphocytes appelés "T4" ont pour fonction de coordonner et diriger l'ensemble de cette défense. Leur membrane extérieure porte notamment la molécule OKT4, sur laquelle le rétrovirus du sida vient coller le point correspondant de sa propre enveloppe et entre alors, comme aspiré de l'intérieur.

19. Aujourd'hui, cette pratique d'expérimentation sauvage est réglementée et soumise à une législation internationale... et donc généralisée!!! Dans les phases terminales d'une maladie, l'accord pour une expérimentation se passe directement entre un laboratoire et un "Comité d'éthique" (si, si,... "d'éthique"!) qui n'est en fait qu'un comité de l'établissement hospitalier dans lequel aura lieu l'expérience. Pour assurer leurs arrières, les laboratoires extorquent au malade une "décharge" sous forme d'une petite signature... sauf si cette expérimentation sauvage fait déjà partie des "protocoles" acceptés par la législation internationale.

20. Un immonde trafic d'organes humains se développe à travers le monde et c'est sur le rein que la demande est la plus forte: près de dix mille personnes sont en attente. Les commerçants sont dès lors à l'affût. Un paysan d'Anatolie émigré à Istanbul s'est récemment vu retirer un rein alors qu'il pensait signer un contrat de travail à Londres. Il touchait 4.000 dollars de dédommagement alors que le coût de l'opération pour le receveur était de 100.000 dollars: la différence allait dans la poche des intermédiaires et des chirurgiens. L'affaire était tellement énorme que ces blancs bouchers furent "condamnés"... à ne plus officier dorénavant que dans le secteur privé!!!

Mais le rein n'est pas la seule source possible de profit. En Colombie, à Bogota des enfants sont énucléés dans les bidonvilles et dans les hôpitaux: Porto-Rico, La Guadeloupe, Miami sont les filières de commercialisation de ces organes. Le marché capitaliste mondial trouve de l'or jusque dans le regard des gosses!

  21. On a tort de taxer de "machiavélique" ceux qui ne font finalement que dire tout haut ce que le Capital exige d'eux. Ainsi, Robert McNamara, président de la Banque Mondiale et ancien secrétaire d'Etat US (c'est lui qui ordonna les bombardements massifs sur le Vietnam), déclarait ouvertement à propos des moyens de lutte contre ce qu'il nomme "la démographie galopante": "La maladie épidémique est une voie naturelle pour réduire la population(...). Il faut prendre des mesures draconiennes de réduction démographique contre la volonté des populations. Réduire les taux de natalité s'est avéré impossible ou insuffisant. Il faut donc augmenter les taux de mortalité. Comment? Par des moyens naturels: la famine et la maladie".

22. Comme l'ont écrit ces internes de Villejuif sur les murs de leur salle de garde: "Le cancer fait vivre d'avantage de gens qu'il n'en tue!".

23. Quoi de plus normal que le modèle démocratique américain soit, ici encore, le fer de lance de la défense de la propriété privée, jusque dans ses retranchements corporels et organiques: un récent arrêt de la Cour suprême de Californie reconnaît à chacun un droit de propriété sur les parties de son corps et admet donc que celles-ci soient librement contractualisées commercialement. La liberté de disposer de son corps ne peut être confisquée par l'Etat. Prolétaire en difficulté, la démocratie te protège: tu as le droit de vendre ton rein!

Qui pourrait donc encore prétendre à la supériorité humaine de l'esclave salarié par rapport à l'esclave tout court?

24. On veut parler ici de l'AZT dont la substance --la zidovudine-- est hautement toxique. Voici ce qu'en dit par exemple Peter Duesberg, un professeur de biologie moléculaire pourtant très peu critique de la Science:

25. Le virus du sida, selon l'une de ces thèses, serait le résultat chimérique de l'assemblage du virus "VISNA" (un "Lenti virus" responsable d'une maladie du cerveau chez les moutons, principalement en Islande, et qui, comme celui du sida, se singularise par sa période d'incubation extrêmement longue) avec une partie de HTLV-1 incrusté en lui ("HTLV-1 est un virus très répandu dans le Nord du Japon et qui provoque un cancer de la lymphe chez l'homme). Pour défendre cette thèse, ces scientifiques, maintenant traités d'hérétiques et mis au ban, décrivent un assemblage sur 23 points. Il se réalise quand on "accouple" le virus du sida à celui du Visna et semble confirmer la proche parenté de ces deux virus; ils complètent leur argumentation en indiquant que la partie du virus humain (HTLV-1) qui a été greffé sur celui du Visna (non virulent pour l'homme jusqu'alors!) est précisément la partie du code génétique (ADN) programmant la production de l'albumine qui permet au virus HTLV-1 de se greffer à la cellule humaine T-4, car le virus Visna n'avait pas cette propriété. Du moment où on lui greffait cette albumine, qui trouve son complément dans la cellule T-4, poursuivent les tenants de cette thèse, on a rendu le Visna virulent pour cette cellule et donc pour l'homme!

Cette thèse fut ensuite dénoncée comme le fruit d'un travail de contre-propagande orchestrée par le contre-espionnage de ce qui était encore l'URSS. Gorbatchev aurait même présenté des excuses officielles. Etait-ce une manoeuvre commune pour étouffer la question ou s'agit-il de réels intérêts capitalistes contradictoires? Aujourd'hui, c'est le professeur Gallo lui-même, le numéro 1 de la recherche sur le sida qui est dénoncé par la police américaine elle-même, comme mystificateur à propos de sa découverte du virus du sida. Clinton présentera-t-il aussi des excuses?

26. "Tristes Chimères" - Rolande Girard (Grasset Editions, 1987).

27. Nous n'avons pas voulu aborder dans ce texte la manière dont l'Etat, avec le sida, a trouvé matière à renforcer son discours anti-plaisir. Le sida est présenté comme une pénitence et jamais la Morale n'a été aussi puissante à imposer la Famille, la Tradition, l'Abstinence, le Sacrifice, le Mariage, la Fidélité et la Chasteté, comme garants de l'Ordre de ce monde.

Certaines thèses scientifiques dissidentes circulent même quant à l'inutilité totale des mesures de prévention telles l'usage de préservatifs, dont le chef principal de cette "dissidence", Peter Duesberg défend la thèse selon laquelle le virus HIV découvert ne serait pas la cause mortelle du sida, qu'il existe des co-facteurs et que les campagnes anti-sexe sont totalement inefficaces. Il déclare: "Vous pouvez utiliser des préservatifs pour ne pas avoir d'enfants ou pour éviter la syphilis, mais pour le sida, c'est inutile. Le virus HIV peut-être transmis, oui, mais s'il n'est pas responsable du sida, cela n'a aucune importance" (in "Le Lien Santé"). Le virus HIV ne serait donc qu'un prétexte visant à défendre l'Ordre Moral capitaliste?
 

 


CE38.5 Le SIDA : Pur produit de la science !