On n'a jamais autant parlé de démocratie, de paix, de perspective extraordinaire, de triomphe de la raison,... et on n'a jamais fait bouffer autant de merde au prolétariat! Non seulement littéralement ‑‑puisque, comme le dit une blague bien connue (1), il n'y en aura mêne pas assez pour tous !--

Mais aussi en ce que la bourgeoisie nous la fait avaler avec l'idéologie du triomphe, du libéralisme, de Gorbatchev, du syndicalisme papal d'État, de la dette externe, de la fin du communisme...

Et malheur à ceux qui mettent en doute cette euphorie triomphaliste à propos du bien‑être futur de l'humanité, euphorie basée une fois de plus sur l'illusion de la fin de la lutte de classes... Pour ceux‑là, la réponse de l'État démocratique, en Occident et en Orient, au Nord et au Sud, a été, reste et restera le terrorisme d'État.

(1)   "Des futurologues et des écologistes se réunissent dans un congrès pour prévoir le futur de la société pour les 50 prochaines années. Il y a deux prévisions. La plus optimiste dit que nous mangerons de la merde et la plus pessimiste,... qu’il n’y en aura pas pour tout le monde!"

On n'a jamais autant parlé « d’èchec de la révolution", "d’évolution du socialisme vers la démocratie" et de la "fin du com­munisme". Mais dans la vie réelle, on ne peut pourtant vraiment plus dissimuler qu'il s'agit à chaque fois d'un même ajustement des cein­tures que partout, le capitalisme tente d'imposer. Hier‑, c'était en parlant des "acquis de la révolu­tion" et en se peignant en rouge que le capitalisme imposait plus de

misère. plus de travail et plus d'exploitation: aujourd'hui, les mêmes capitalistes, pour sauver

leur capitalisme peint en rouge et leur fameuse "économie internatio­nale", n'ont pas assez de mots pour

parler de "l'èchec" de leur pseudo­- révolution.

Diplomatie et spectacle, discours interminables. conférences, réunions bilatérales et multilatérales, réception de ministres, de présidents et de papes .... Toute cette incroyable mise en scène est relayée par les moyens de fabrication de l 'opinion pour nous vendre "le meilleur des mondés" dans lequel tous trinquent à une société du futur, faite de paix, de démocratie et de responsabilité, et où la lutte du classe et le communisme auront été enterré pour toujours .... Mais pour cela, ils disent qu'il faut se sacrifier maintenant, qu'il faut retourner au travail, respecter l'ordre et la démocratie .... et manger un peu plus de merde!!!

 Non, la situation n'est pas uniquement explosive en Amérique Latine, au Moyen Orient et en Afrique du Nord. régions qui sont caractérisées ces dernières années par de constantes révoltes prolétariennes. En Orient. Mais aussi tout spécialement dans l'en­semble des pays d'Europe de l'Est,  la crise du capitalisme est arrivée  un tel niveau d'explosion poten­tielle qu'elle pousse la bourgeoi­sie à tenter d'imposer sa vieille politique (l'unique politique en période de crise!) de serrage des ceintures accompagné du vieil  artifice de la "démocratisation". Et demain, le caractère explosif de la situation dans ces endroits se retrouvera également en Amérique du Nord, dans le reste de l'Afrique et de l'Europe .... et partout dans le monde, avant la généralisation de la catastrophe capitaliste, que les prochaines explosions financières et dépressives rendront inéluctables. Et pendant que dans les bals d'ambassades et les cocktails de ministres, les généraux. les chefs de syndicats et de partis politiques, les curés et les ayatollahs lèvent leurs verres et fêtent la fin du communisme et de la lutte de classe, le communisme -le seul et véritable communisme existant!‑ réémerge lui, dans chaque révolte du prolétariat. II n'existe (ni n'a jamais existé!) pas plus de communisme en Chine qu'en Argentine ou au Venezuela.

En Russie ou en Hongrie, la société était et est tout aussi capitaliste qu'au Mexique, ou qu'en

Espagne. La contradiction existant entre le prolétariat et la bourgeoisie est exactement la même En Colombie, à Cuba, au Brésil ou en Roumanie. Le communisme est une société sans classes sociales, sans exploités et sans exploiteurs, sans travail salarié, sans marchandise, sans État... Le communisme n'a donc rien à voir avec ces caricatures idéologiques qu'on nous vend comme telles. Le communisme n'appartient PAS au passé pas plus qu'il n'a été "dépassé" comme le serine la presse bourgeoise. Il se trouve devant, dans le futur, en tant que négation violente de la catastrophe capitaliste que nous subissons.

Ce qui a été aujourd'hui barré de l'histoire n'est pas le communisme mais bien une forme particulière de gestion du Capital. La crise du système est une, et cela malgré le fait qu'elle se manifeste sous la forme de catastrophes successives, régions par régions, pays par pays: c'est ce qui fait d'ailleurs que la politique économique que certaine rejetaient hier comme "monétariste" est aujourd'hui appliquée ‑‑au nom du réalisme‑‑ par ceux‑là même qui la dénonçaient. L'identité de crise oblige à l'identité de politique et laisse peu de marge de manœuvre. Même les discours se font monotones et identiques: Gorbatchev récite sans honte les mêmes chapelets que Tathcher, Walesa patronne le même serrage de ceinture qu'Andrès Perez, et tout comme ce dernier, fera sans doute aussi bientôt tirer sur les prolétaires. Fidel Castro, Carlos Menem et Alan Garcia répètent les mêmes vieilles promesses pour imposer les sacrifices et sauver la nation; quant à Deng Xiao Ping, il chante les mênes couplets qu'entonnaient hier Khomeiny et Pinochet pour appeler à la "reconstruction nationale", une fois imposte la paix des tombes.

L'époque actuelle se caractérise pour ce qui concerne l’économico‑social, par la simplification de tous les conflits et la limitation chaque fois plus claire de deux camps: ennemis celui de la préservation de la société capitaliste actuelle et celui de la révolution communiste. celui de l'ordre démocratique et de l'État, d'un côté, et celui de la révolte prolétarienne et de la réémergence du communisme, de l'autre côté; mais l'époque actuelle se caractérise également par la confusion de tout avec tout.

Le communisme qui nous intéresse, le seul qu'il soit sensé d'appeler ainsi, celui du futur, celui qui existe dans les luttes et les révoltes prolétariennes en tant qu'objectif final, personne ne le nomme par son nom; il est comme suspendu et n'existe pas comme drapeau de la lutte prolétarienne actuelle.

 L'époque actuelle se ca­ractérise principalement par la faiblesse des drapeaux que le pro­létariat  lève dans sa lutte et par le très faible niveau d'organisa­tion et de concrétisation de son autonomie  classiste dans les

 dizaines de révoltes prolétariennes qui ont éclaté ces dernières années. Les luttes que mène le prolétariat viennent irrémédiable­ment buter contre ces années d'in­fernale hégémonie de l'idéologie de l'individu bourgeois et de la démo­cratie, caractérisées par l'inexis­tence du drapeau de la révolution et du communisme dans les luttes ouvrières et par l'absence tout aussi tragique de discussions sur l'objectif final des luttes que nous menons aujourd'hui contre nos exploiteurs. En effet, bien qu'on ait chanté l'Internationale dans le cours de certaines révoltes (Chine, Allemagne de l'Est,...), cela ne s'est jamais fait en assumant con­séquemment la rupture avec le Capital et l'État dans ces pays, ce qui permet que les récupérateurs de tout poil soulignent le caractère "bon enfant" d'un mouvement qui, réellement, n'arrive pas à la subversion de l'ordre actuel et qui dans le fond ne met pas en question la structure sociale et étatique

du capitalisme. Dans la grande majorité des révoltes, les drapeaux que dresse le mouvement sont même très explicitement bourgeois et complètement étrangers aux intérêts du prolétariat en lutte: démocratie, liberté individuelle, liberté religieuse, liberté syndicale, élections libres, multipartisme,...  Affirmons le clairement tout cela n'est pas une simple contamination idéologique externe du prolétariat, comme se l'imagine tout puriste idéaliste; il s'agit du fait qu'effectivement, le prolé­tariat n'a pas  réussi à

s'autonomiser de la bourgeoisie et que l'ensemble des défaites subies à la suite de la vague mondiale de luttes des années 1968‑1973, l'ont réellement transforme (enutilisant la vieille expression de Marx et Engels) en aile gauche de la bourgeoisie démocratique...

II y a 20 ans, dans les  révoltes prolétariennes en Chine ou en Argentine, des milliers de prolétaires organisés de façon autonome, mettaient à l'ordre du jour la dictature du prolétariat et discutaient comment détruire l'argent, la propriété capitaliste, le travail salarié, l'État,... Aujourd'hui, dans ces mêmes pays,

 la bourgeoisie domine à ce point le prolétariat qu'elle l'amène à ne réaliser que des révoltes contre la

faim (incapables de se doter de directives révolutionnaires) ou des luttes dans lesquelles l'objectif

 ne semble être que le changement de tel ou tel gouvernement. La presse

révolutionnaire est quasi inexistante et ignorée par les

prolétaires en lutte. Les murs eux-mêmes ne reflétant plus les consi­gnes audacieuses et révolution­

naires d'il y a vingt ans, mais les mots d'ordre conservateurs et réformistes.

Le spectre du communisme hante le monde et dans chaque révolte prolétarienne s'exprime ce mouvement qui a pour objectif la destruction totale de l'ordre établi; mais cela ne rendrait service qu'à notre ennemi de faire une apologie aveugle du mouvement présent et de ne pas prendre conscience des faiblesses de notre classe, faiblesses soulignées en lettres de sang dans chaque défaite.

 Dans le numéro précédent de "Communisme", nous avions présenté différents articles sur différentes révoltes prolétariennes qui ont brisé la sacro‑ sainte paix sociale internationale, ces deux dernières années (Birmanie, Argentine‑ Algérie). Nous présentons ici un texte à propos de la lutte et de défaite des prolétaires en Chine, suivi de quelques commentaires à propos du caractère explosif de la situation en Europe de Est ‑et plus particulièrement, en Allemagne de l'Est (‑ et des chemins que la bourgeoisie emprunte pour empêcher l'éclosion d'un mouvement prolétarien. Dans tous ces textes, nous parlons des déterminations communes de ces révoltes, de leur caractère explosif, de la rapidité de la généralisation,...  ainsi que d'un ensemble de faiblesses indiscutables du mouvement, quant à ses drapeaux,

 ses perspectives, son organisation, sa conscience,... La critique de ces faiblesses est une nécessité impérieuse et toute apologie acritique serait criminelle.

On nous dira que tous ces textes semblent coulés dans un même moule et de fait, si ce ne sont quelques différences réelles qui sont soulignées, il en est bien ainsi. Cela n'est pas uniquement dû au fait d'être le résultat du travail organiquement centralise. par le même cadre programmatique, mais bien principalement à la coïncidence de forces et faiblesses du prolétariat partout dans le monde.

Dans la période actuelle dans les luttes actuelles et venir, le devoir des communistes, n'est pas d'idéaliser le proléta­riat, mais, tout au contraire,  d'agir au sein du mouvement présent  en mettant en évidence les faibles­ ses qui l'empêchent de donner le saut qualitatif pour l'indépendance de classe et l'autonomie

Révolutionnaire; la tâche des com­munistes est de pousser par tous les moyens à une rupture classiste

et de dénoncer toutes les idéolo­gies bourgeoises que supportent les prolétaires, dénoncer toutes les

tentatives de dissolution des avant‑gardes révolutionnaires dans les majorités démocratiques de

l'ensemble des ouvriers ou du peu­ple,.... Il s'agit enfin, pour les communistes, sur base de la CRITIQUE CAMARADE, de mettre en  évidence le fait que CHAQUE RÉVOLTE PROLÉTARIENNE ‑même si ses propres protagonistes n'en sont pas cons­cients: CONTIENT LE MÊME OBJECTIF FINAL: LE COMMUNISME.



CE30.1 Editorial: Le communisme réémerge dans chaque révolte du prolétariat !