Toute la bourgeoisie de France n'a qu'un cri à la bouche, dont l'un de ses plus explosifs zélateurs, l'ex- maoïste Serge July (du journal "Libération") se fait le brillant porte-parole : "TENIR". Mais "tenir" quoi et pour qui ? ! Au nom de "l'Etat de droit", toutes les frac­tions bourgeoises confondues (de Le Pen à Krivine, de Marchais à Chirac) ne défen­dent en fait que le droit de l'Etat à em­prisonner, à réprimer, à expulser... à massacrer ! Qui que soient, en dernière instance les "responsables" des derniers attentats, la réelle signification de ceux-ci est, plus que jamais, le renfor­cement de la terreur étatique, du plus inhumain et civilisateur terrorisme, ce­lui de l'exploitation, de la misère, de la peur, de la répression tout azimut. Ce terrorisme c'est l'Etat !

Nous assistons ainsi en France comme partout dans le monde, à la mise en place consciente et planifiée d'une nouvelle "stratégie de la tension" du même type que celle développée en Italie il y a quelques années. Il s'agit, en dernière instance, de tout mettre en oeuvre pour justifier les massacres passés et futurs que la bourgeoisie se sait contrainte d'organiser contre son seul et réel enne­mi mortel : le prolétariat révolutionnai­re ! La fonction principale des explo­sions de Paris, Madrid, Beyrouth... est de couvrir et de justifier les milliers de massacrés de part le monde, que cela soit dans les démocratiques prisons d'Allan Garcia (Pérou) (*), des "accidents naturels" de Grèce aux "malheureux" mas­sacres des mineurs en Afrique du Sud... Il s'agit donc de paralyser, de terrori­ser par la violence tant cinétique que potentielle, toute velléité de lutte con­tre le capital et ses défenseurs. Le com­plément évident de ces campagnes specta­culaires d'attentats où le pôle répressif n'est que le parfait complément à celui des attentats, est la mise sur pied de la politique d'amalgame. Amalgame entre la lutte des prolétaires nécessitant né­cessairement l'affrontement violent à l'Etat et l'orchestration de la psychose actuelle visant directement et essentiel­lement ceux qui luttent !

Le message est on ne peut plus clair : l'Etat capitaliste est en guerre !! Mais en guerre contre qui ? Même les plumitifs de service n'osent pas répondre à cette question ! Car il ne s'agit pas de tels ou tels groupuscules réels ou imaginaires manipulés ou non, mais directement et so­cialement de la guerre capitaliste pour le maintien de la paix sociale, de la paix des tombes, de la paix du "bosse ou crève" ! Le prétexte et le consensus (de l'ensemble de la bourgeoisie mondia­le) sont trop gros ! S'ils n'avaient pas existé, il aurait fallu les inventer... L'Etat est donc en guerre... mais con­trairement à toutes les intoxications journalistiques, cette guerre n'est pas contre le "méchant" Kadhafi, les frères Abdallah ou autres boucs émissaires plus ou moins fantomatiques... Cette guerre est directement contre NOUS, contre tous ceux qui luttent, qui rejettent pratique­ment la logique de ce système, de pourri­ture, de terreur et de mort.

Encore une fois : C'EST EUX OU NOUS!

Ou nous réussissons à constituer une réel­le force mondiale de classe pour détruire le capitalisme de fond en comble ou c'est lui qui nous détruira pour, sur un mon­ceau toujours plus gigantesque de cada­vres, perpétuer son puant développement.

 

septembre 86 –

 

(*) Ce terrorisme quotidien est systéma­tiquement banalisé par le spectacle des bombes de Paris, et quand celui-ci aura lassé son public, la bourgeoisie en répé­tera un autre. Les massacres de Sabra et Chatila ont servi de même exutoire mais aujourd'hui c'est en entrefilet qu'on peut lire les mêmes bombardements de camps palestiniens ; de même que c'est en bas de la page 20 qu'on trouve l'in­formation des" mutineries matées dans le sang" dans les prisons brésiliennes (pé­nitencier "Présidente Vescesleau", prison de Papuda,...), etc.

 

 


CE25.3 Attentats en série à Paris: "Il n'y a pas pire terroriste que l'Etat !"