1.  Texte intégral de la "Propuesta" approuvé lors de la réunion de février 1986 en Uruguay

 

Aux groupes et militants qui luttent pour la révolution prolétarienne mondiale

 

Les 22 et 23 février 1986, un groupe de militants (spécialement d'Argentine et d'Uruguay) se sont réunis en Uruguay pour discuter de la situation mondiale actuelle et des tâches du prolétariat révolutionnaire.

Entre eux, il y eut un accord général sur le fait que, face aux attaques que la bourgeoisie porte mondialement contre le prolétariat et face à la situation actuelle de faiblesse, de dispersion et d'isolement des petites forces classistes et révolutionnaires, il est nécessaire de travailler de manière associée pour renver­ser la situation en combattant le sectarisme et le nationalisme implicites dans cer­taines conceptions du travail international. Et comme tentative pour modifier cette situation, les camarades présents donnent à connaître les idées et la proposition internationale suivantes.

 

QUELQUES CONSIDERATIONS ET FONDEMENTS PREALABLES.

 

Il peut paraître étrange que, d'ici et d'un seul coup, quelques groupes et militants peu nombreux, sûrement inconnus en général, lancent un appel, une propo­sition à tous ceux qui, en diverses par­ties du monde, avec plus ou moins de force, avec plus ou moins de clarté, brandissent bien haut le drapeau de l'in­ternationalisme prolétarien, de la révo­lution prolétarienne mondiale.

Mais, ce n'est pas "d'ici" ni "d'un seul coup" que surgit une fois encore le cri angoissé de minorités révolution­naires qui cherchent à rompre le cordon tendu par le capital, qui assistent im­puissantes aux coups terrifiants que la bourgeoisie porte au prolétariat et à elles-mêmes, qui, tant dans les périodes de montée de la lutte de classe que dans les moments de la contre-révolution la plus violente, découvrent l'une et l'au­tre ce que signifient l'isolement, la faiblesse de leurs petites forces, fai­blesse non seulement numérique mais fondamentalement politique car il est impos­sible localement ou nationalement de résoudre les problèmes que le moment actuel impose aux révolutionnaires.

 


8

 

Nous sommes convaincus qu'en diffé­rents lieux, ont surgi des groupes, des militants qui, ne s'identifiant pas à la gauche traditionnelle (stalinienne, trotskiste et ses variantes), aux poli­tiques visant à aider la bourgeoisie à résoudre ses problèmes, avec la position de changer la forme étatique de la domi­nation bourgeoise ou de l'appuyer dans ses guerres, ont essayé d'élaborer une politique distincte revendiquant l'auto­nomie de la classe ouvrière face à la bourgeoisie et la lutte pour détruire sa domination et son Etat sans admettre des phases ou des pas préalables (démo­cratiques).

Et nous savons ce que c'est que d'aller à contre-courant, sans aucune aide sur laquelle compter, sans possibi­lité immédiate de réappropriation des expériences historiques du prolétariat révolutionnaire, sans textes théorico- politiques fondamentaux et dans une am­biance de répression et de danger.

Si, pour quelques uns, certaines définitions ou positions sont comme l'ABC au point qu'il ne leur paraît pas néces­saire d'en parler ou d'écrire dessus, pour d'autres, arriver à écrire la lettre "A" a signifié tout un processus de lut­tes, de ruptures, de peurs et d'incerti­tudes.

Ici, dans les écoles, on enseigne une phrase d'un homme illustre du siècle passé : "on ne peut pas tuer les idées". Cependant, nous avons appris qu'on tue ceux qui ont certaines idées (et posi­tions) et que la classe dominante peut entraver pour une longue période, la réappropriation, la connaissance, le lien et le développement des expériences ; idées et positions que vit et construit le prolétariat révolutionnaire dans dif­férentes parties du monde.

C'est ainsi que, paradoxalement, il a fallu une répression monstrueuse (avec l'exil qui s'en est suivi) et une guerre (les Malouines) pour savoir ici qu'existaient dans le monde divers cou­rants et groupes radicalisés ; pour con­naître -et encore, très peu- les expé­riences d'Allemagne et d'ailleurs après la première guerre ; pour connaître d'au­tres positions dans la guerre civile es­pagnole qui ne soient ni franquistes ni républicaines. Et qu'il y a une autre histoire qui nous est plus proche (que nous ne connaissons pratiquement pas).

Et ce n'est pas tout, à partir de là, nous avons eu la confirmation qu'ac­tuellement il existe des groupes qui ne s'inscrivant pas dans les courants poli­tiques traditionnels, beaucoup que nous ne connaissons pas encore et d'autres dont nous ne savons ni quand ni comment ils ont rompu avec le capital et ses fractions, mais qui expriment à divers degrés des moments différents de rupture avec la politique du capital.

 

Mais si aujourd'hui nous savons que cela existe, ceci ne signifie nullement que la situation actuelle d'isolement et de faiblesse a changé. Au contraire, nous n'arrivons même pas encore à savoir ce qui se passe, non seulement dans un pays lointain ou limitrophe, mais dans une ville proche ou même un quartier voi­sin. Et il ne faut pas comprendre cela comme une curiosité ou une question jour­nalistique : en Argentine, par exemple, il y a continuellement des jours où plu­sieurs millions d'ouvriers sont en con-flit... sans qu'il existe une quelconque coordination entre eux, parfois même sans qu'on sache qu'il y a une lutte ; ce qui arrive de tous côtés. Et s'il en est ainsi des mouvements relativement massifs c'est encore pire pour ce qui concerne les contacts et la connaissance des avant-gardes qui surgissent au cours de ces luttes ou sous leur influence.

Et nous sommes convaincus que dans les pays dans lesquels nous vivons, comme dans d'autres parties du monde, des grou­pes d'ouvriers ou de militants surgissent qui essaient de rompre avec les politi­ques de conciliation, de subordination à la bourgeoisie, mais qui, en l'absence de référence internationale, avec la for­te présence de la bourgeoisie dans le mouvement ouvrier, finissent par succomber, absorbés par quelque fraction du capital ou simplement désagrégés, dispa­rus.

Peu nombreux sont ceux qui réussis­sent à surmonter les premiers coups et ceux qui le font ont devant eux une pers­pective incertaine ou la solitude politi­que, le devoir de passer des étapes et de rebrousser chemin, de se retrouver dans des impasses, partir presque à zéro sur de nombreux sujets, se transformer en une réalité quotidienne épuisante qui mine les petites forces déjà tant frap­pées politiquement et économiquement. N'y a-t-il pas d'autre alternative que celle-ci ? Est-ce que la gestation d'une


9

 

politique internationaliste révolution­naire ou, tout au moins, une ébauche de celle-ci se fera ainsi, pas à pas, groupe par groupe, ville par ville, nation par nation, génération après génération ? Chacun doit-il refaire les mêmes pas, affronter les mêmes problèmes, recevoir les mêmes coups, déchiffrer les mêmes lettres, élaborer les mêmes mots, pour, après un temps et un chemin assez long, une fois fort et constitué en "Parti", se réunir avec d'autres "égaux" ou, en leur absence, "s'étendre à d'autres na­tions" ?

Nous ne croyons pas que ce soit la seule option ; nous ne croyons même pas qu'on puisse en tirer quelque chose de positif.

Au contraire, nous pensons que la seule alternative vers laquelle nous al­lons est internationale. Tout comme c'est une mystification de parler Société Com­muniste tant qu'il existe un seul pays capitaliste dans le monde ; c'est en est une aussi de parler d'internationalisme en ne concevant celui-là que comme la solidarité avec les luttes ouvrières dans le monde ou en l'assimilant à quelques phrases pompeuses de temps en temps con­tre la guerre, le militarisme ou l'impé­rialisme.

L'internationalisme prolétarien a pour nous une autre signification et im­plique de faire un effort pour dépasser la solidarité générique car les dimen­sions internationales de la révolution prolétarienne exigent d'entrelacer et d'unifier les efforts pour délimiter une stratégie unique au niveau mondial et son corollaire politique dans les tâches auxquelles nous nous confrontons dans les différentes aires et pays.

Naturellement, on ne résoudra pas ce problème par volontarisme ni du jour au lendemain ; il ne sera pas le fruit d'un travail long et prolongé d'"éduca­tion" ou "scientifique" comme le conce­vait la Ilème Internationale (et pas seulement elle) ni un travail d'"accumu­lation de forces" (en gagnant des mili­tants "un à un", en élaborant "LA théo­rie" et en structurant "LA direction qui devra être reconnue à son heure") pour un affrontement repoussé à un futur tou­jours plus lointain, alors que la résis­tance et la lutte du prolétariat contre le capital sont quotidiennes (pour ces courants politiques, ces luttes quoti­diennes doivent être contrôlées, cachées, isolées, afin de pouvoir s'en servir, comme ils l'ont toujours fait, pour sou­tenir une fraction de la bourgeoisie con­tre une autre supposée pire).

Si le parti de la classe ouvrière n'est pas un de ces groupes politiques qui se donne un tel nom dans un ou plu­sieurs pays ; si ne pas être d'accord avec "le parti pour la classe ouvrière" et revendiquer "la classe ouvrière organisée en classe, c'est-à-dire en parti" n'est pas un simple jeu de mots ; si nous reje­tons les idées social-démocrates (stali-niennes, trotskistes, etc.) du parti comme étant l'appareil (intellectuels, ouvriers, etc.) porteur de LA Vérité et qui se constitue volontairement et au sein d'une nation, qui attend d'être reconnu par les masses incultes, et de l'Internationale comme étant une fédéra­tion de partis (d'un parti qui s'étend à d'autres nations) ; tout ceci implique de rompre avec ces conceptions et ces pratiques totalement opposées à l'inter­nationalisme prolétarien et qui ne sont qu'une manière de manifester et de défen­dre le nationalisme.

Parmi celles-ci, la plus évidente est celles qui conçoivent le développement de son propre groupe (ou de ses propres groupes) comme une question locale ou nationale, avec pour objectif d'obtenir une force déterminée afin de se dédier plus tard à prendre contact avec d'autres groupes dans d'autres pays, groupes qu'il faut absorber ou démasquer généralement par des discussions et des déclarations.

Les contacts internationaux sont considérés comme une question de "propri­été privée" où règne la pratique de la bilatéralité, celle qui inclut chaque "X" année des périodes de rencontres pour se réunir en "Nations Unies" de "révolu­tionnaires". La pratique des partis de la Ilème Internationale en est un bon exemple.

Nous pensons que ce chemin ne peut conduire qu'à de nouvelles frustrations et de nouvelles mystifications ; c'est la raison pour laquelle il est nécessai­re de lutter contre tous les intérêts, les conceptions et les sectarismes que produisent et reproduisent les divisions créées par la bourgeoisie dans la défense de ses marchés internes, de ses Etats, de "ses" prolétaires, c'est-à-dire de la survaleur qu'elle leur extrait.


10

 

SUR QUELQUES PREVENTIONS

 

Nous ne savons pas si ce qui précède suffit pour présenter cette proposition et la fonder ou si elle requérait un plus grand développement. Cependant, nous pensons qu'il faut préciser quelques pré-ventions.

Beaucoup demanderont sûrement : qui, jusqu'où et comment va t'on se regrouper dans la perspective internationaliste prolétarienne ? Comment le déterminer ? Qui doit le faire ? Il est évident que personne ne pense à faire un travail com­mun, ni même un tract, avec ceux qui se situent dans le camp ennemi. Et avec l'ennemi de classe, il ne peut y avoir de conciliation ou d'entrisme. Mais il n'existe pas que des ennemis. Et on ne peut nier qu'entre les groupes et les personnes qui n'en sont pas, il y a très souvent des intolérances, des visions statiques et du sectarisme. Il y a une politique des différences, une dispute de la "clientèle" commune, un nationa­lisme ou une "défense de sa propre cha­pelle" vêtue d'intransigeance.

Nous ne pouvions éluder ce problème dans une proposition internationale. Il est évident que personne ne pense à travailler dans une perspective commune avec un groupe se réclamant de la IVème Internationale ou avec le maoïsme tiers-mondiste. Mais si le caractère d'ennemi de classe est évident dans certains cas, dans d'autres, il est plus subtil et rend difficile l'élaboration d'une ligne de démarcation, et ceci d'autant plus lors­que nous cherchons un point qui implique un pas en avant dans la situation actuel­le de faiblesse, d'isolement et de dis­persion.

Nous pensons qu'il est impossible d'élaborer un ensemble de points "pro­grammatiques" qui soient à l'abri des opportunistes sauf s'il est défini de telle sorte que seul le groupe lui-même puisse être en accord, et encore.

On ne peut prétendre non plus que, dans chaque pays du monde, des groupes ou des militants isolés aient mûri de la même manière que dans d'autres zones et qu'ils aient telles ou telles défini­tions qui, sis diffusées qu'elles soient en certains lieux, sont le produit d'une histoire non partagée et de laquelle, comme nous l'avons déjà signalé, rien ou peu est connu dans d'autres aires.

En contre-partie, la grève de presque un an des mineurs anglais, qui n'a suscité aucune tentative sérieuse de co­ordonner une réponse commune de l'ensem­ble des différents groupes et militants éparpillés dans le monde, n'indique pas seulement une faiblesse et une limita­tion : elle indique le sectarisme, des conceptions sur la lutte de classe et le Parti que la social- démocratie a si bien élaborées. Et face à la guerre en­tre l'Irak et l'Iran ? Et face à l'Afri­que du Sud ? Et la Bolivie et tant d'au­tres lieux où le prolétariat se bat ou reçoit les coups les plus durs ? Quelle réponse, même minime, a-t-on essayé d'in­tégrer au niveau international ? Comment faire pour résoudre cela ? Comment dé­finir les critères pour nous reconnaître afin d'éviter que, dès le départ, la pro­position pour commencer à dépasser la situation actuelle ne soit pas mort- née ? (Parce qu'elle serait si ambiguë qu'elle serait un sac à chats ou si stricte que seuls entreraient ceux qui réalisent déjà un travail ensemble ) ?

Pour nous, le critère pour nous re­connaître c'est la pratique. Et c'est de celle-ci que la seconde partie de la proposition traitera. Même si elle (la pratique) ni rien d'autre ne peut éluder le fondamental, l'unique "garantie" : la lutte.

 


11

 

PROPOSITION INTERNATIONALE

 

Avec l'objectif de :

- contribuer à modifier la situation actuelle de faiblesse de petites forces révolutionnaires et classistes éparpil­lées de par le monde pour rendre poten­tielles les possibilités d'action dans la lutte de classe;

et de :

- consolider et d'élargir ce qui est au­jourd'hui des convergences sporadiques, dans la perspective d'organiser et de centraliser une tendance internationa­liste prolétarienne qui, avec ses limites et sûrement ses erreurs, existe aujour­d'hui, nous proposons de promouvoir :

1) une réponse coordonnée face à certai­nes attaques du capital (exemple : dans la question des mineurs anglais, des tra­vailleurs en Afrique du Sud, en Iran-Irak, etc.) : tracts et campagnes commu­nes, indications politiques, moments de contacts et liens effectifs et d'orienta­tions face aux questions concrètes et graves qui touchent le prolétariat mon­dial;

2) une information internationale :

a- des luttes ouvrières, en faisant de la propagande en fonction des possibi­lités, sur les plus importantes qui se déroulent dans chaque région (ou pays) pour les répercuter ailleurs et pour ren­forcer la réalité de l'internationalisme prolétarien et la camaraderie proléta­rienne;

b- des différents groupes politi­ques, non seulement des participants à la proposition, mais aussi des ennemis, car c'est un élément nécessaire pour la lutte politique contre eux;

c- de l'expérience historique et des matériaux produits dans la longue lutte du prolétariat contre le capital et toute l'exploitation;

3) la polémique théorico-politique en vue de prises de positions communes et comme contribution au développement d'une politique révolutionnaire.

Entre ceux qui non seulement parta­gent cet ensemble de points mais qui se retrouvent effectivement dans une prati­que commune et mettent en avant tous les points de cette proposition —en particu­lier le point 1 (action commune)— il est vital d'organiser la polémique. Et pour ceux-là uniquement nous proposons deux choses :

4) l'organisation internationale de la correspondance, ce qui implique la créa­tion d'un réseau fluide d'échange et de communication qui doit être une des bases matérielles pour le point 7;

5) une revue internationale qui ne doit pas être conçue comme un ensemble de po­sitions politiques des différents groupes agrafés sous une couverture "collective". Au contraire, elle doit être un instru­ment pour consolider l'activité réalisée en commun, pour fonder et propager les positions partagées et, bien sûr, pour développer la discussion publique néces­saire sur les questions vitales qui tou­chent aux tâches du moment, aux activités proposées et sur des thèmes "ouverts" considérés d'un commun accord comme étant nécessaire à inclure;

6) dans la mesure où les accords le per­mettent, stimuler la participation des autres groupes dans la presse et vice versa ainsi que la diffusion de textes des groupes intervenants;

7) tendre à créer une discussion "inter­ne" commune; c'est-à-dire ne pas se limi­ter à la polémique "officielle et publi­que" de groupe à groupe, mais aussi à la discussion des communistes face aux problèmes "ouverts".

Toutes les activités et toutes les décisions que prendront les groupes in­tervenant seront prises d'un commun ac­cord, c'est-à-dire à l'unanimité.


12

 

A QUI FAISONS-NOUS CETTE PROPOSITION ?

 

1- A ceux qui, dans le monde, réalisent une lutte contre les attaques du ca­pital, contre toutes les guerres impéria­listes ou inter- bourgeoisies, contre tous les Etats bourgeois (quelles que soient leurs forme et couleur) avec pour objec­tif : la dictature de la classe ouvrière contre la bourgeoisie, son système social et contre toute forme d'exploitation;

2-  A ceux qui n'appuient aucun secteur bourgeois face à un autre, mais qui luttent contre tous, qui ne défendent pas des fronts inter-classistes ni n'y adhè­rent ou participent;

3-  A ceux qui assument dans la pratique que "les ouvriers n'ont pas de pa­trie", phrase consacrée qui ne dit pas seulement que les ouvriers ne peuvent pas défendre ce qu'ils n'ont pas, mais qu'on "peut" et qu'on "doit" intervenir dans les luttes et les tâches qui se posent dans les différents pays du monde, en dé­pit du fait que, du point de vue bour­geois, cette intervention puisse être considérée comme une intromission et con­tre le "droit des nations à l'autodétermination". Droit qui est revendiqué et défendu à chaque fois que le prolétariat révolutionnaire ou ses avant-gardes ren­forcent les liens internationaux face à leur ennemi de classe, droit qui est fou­lé aux pieds à chaque fois qu'il s'agit de réprimer et de massacrer les mouve­ments révolutionnaires ;

4-  Justement pour cela, ils luttent contre les politiques de "défense de l'économie nationale", de relance éco­nomique, de "sacrifices pour résoudre la crise"; ni: n'avalisent les politiques d'expansion de leur propre bourgeoisie même quand celle-ci subit les attaques économiques, politiques ou militaires contre ses propres Etats. Ils luttent toujours contre toute la bourgeoisie tant locale qu'étrangère.

5-  A ceux qui combattent les forces et idéologies qui tendent à enchaîner les prolétaires à l'économie et la poli­tique d'un Etat national et à les désar­mer sous prétexte de "réalisme" et/ou de "moindre mal";

6-  A ceux qui ne se donnent pas comme but de "récupérer" ou "reconquérir" les syndicats mais, au contraire, les ca­ractérisent comme des instruments et des institutions de la bourgeoisie et son Etat —raison pour laquelle ils ne peu­vent aucunement représenter les intérêts immédiats et encore moins historiques du prolétariat, ni être perméables aux inté­rêts révolutionnaires de la classe;

7-  A ceux qui sont d'accord qu'une des tâches sur ce terrain est de mener jusqu'au bout la bataille contre la ligne politique de collaboration de classes soutenue par les syndicats et de contri­buer à rendre irréversible la rupture en­tre la classe et les syndicats;

8-  A ceux qui, dans la mesure de leurs possibilités contribuent à renforcer toutes les tentatives d'association du prolétariat pour affronter (même partiel­lement) le capital; à élargir, générali­ser et approfondir les luttes de résis­tance et contre le capital;

9-  A ceux qui développent la lutte con­tre toutes les variantes de la ré­pression capitaliste, tant celle exercée par les forces militaires officielles (étatiques) de l'ordre, que celles de leurs collègues civils de gauche et de droite du capital. Et qui, dans la mesure de leurs possibilités, collaborent avec les groupes frères qui souffrent des coups de la répression;

10- Dans la lutte contre la bourgeoisie et son Etat, ces avant-gardes com­battent implacablement ceux qui se limi­tent à critiquer une des formes qu'assumé la dictature de la bourgeoisie (la plus violente, militaire, de facto) et défen­dent la démocratie ou luttent pour son élargissement;

11- Pour cela, dans l'option bourgeoise fascisme/antifascisme, ils dénoncent le caractère de classe bourgeois des fronts antifascistes et de la démocratie, et posent la nécessité de lutter pour la destruction de l'Etat bourgeois, peu im­porte la forme sous laquelle il se pré­sente; avec l'objectif d'abolir le système

 


13

 

de travail salarié et d'éliminer mon­dialement la société de classes et toute forme d'exploitation;

12- A ceux pour qui l'internationalisme prolétarien implique, en premier lieu : lutte contre sa propre bourgeoi­sie, défaitisme révolutionnaire en cas de guerre qui ne soit pas guerre de classe du prolétariat contre la bourgeoisie, pour la révolution prolétarienne mondiale,

13- A ceux qui, au-delà des différentes théorisations sur le parti, sont d'accord sur le fait qu'il sera international dès sa naissance, ou ne sera pas;

14- Enfin, à ceux qui, en accord avec leurs forces et leurs conditions, définissent leurs tâches dans la lutte contre la bourgeoisie, orientées vers deux as­pects fondamentaux :

a) en impulsant le développement de l'autonomie de classe du prolétariat et

b) en contribuant à la construction et au développement de la politique in­ternationaliste prolétarienne et de son parti mondial.

C'est-à-dire que, si en fonction des situations particulières, les moyens, les tâches et les priorités peuvent revêtir des formes différentes, toutes doivent être en relation avec une seule perspec­tive : la constitution de la classe ou­vrière en force mondiale pour détruire le système capitaliste.

 

ECLAIRCISSEMENTS FINAUX

 

Nous croyons que les formulations antérieures peuvent et doivent être amé­liorées, corrigées, complétées. Nous n'allons pas défendre au pied de la let­tre cette proposition, mais son sens gé­néral.

Dans les premières discussions que nous avons eues sur la situation actuelle et sur comment commencer à la changer, il y a eu des camarades qui ont manifesté un certain pessimisme sur la réception qu'elle recevrait et les possibilités de sa réalisation. Nous croyons que, face aux coups terribles que la bourgeoisie porte contre le prolétariat dans sa re­cherche, parfois, désespérée, de résoudre ses problèmes, que, face aux possibilités (et aux réalités) de la guerre inter-bourgeoise, que face aux massacres de travailleuses et de travailleurs, d'en­fants, de vieux, qui se répètent dans di­verses parties du monde, et que face à la montagne toujours croissante des tâches qui s'imposent aux révolutionnaires à l'heure actuelle, la politique de secte, les mesquineries, les "laisser pour plus tard", et la défense implicite ou expli­cite de l'actuel "statu quo", n'a pas de place.

La reconnaissance de la situation actuelle doit se traduire dans une ini­tiative politique capable de récupérer le terrain perdu et de dépasser les gra­ves faiblesses. Pour cela, l'engagement commun doit être la lutte pour un change­ment radical dans les relations interna­tionales entre révolutionnaires, c'est-à-dire passer du simple échange de posi­tions (parfois même pas) à la prise de positions communes face à l'attaque de la bourgeoisie contre le prolétariat, aux coordinations indispensables orientant la réflexion et le débat sur des ques­tions qui consolident une perspective commune.

Parmi les "objections" qui peuvent exister par rapport à la viabilité de cette proposition, il y a celle de com­ment la concrétiser ?

Ici, se trouvent les cinq points pour, si on est d'accord avec tous, étu­dier comment organiser leur réalisation. Nous ne prétendons pas ici donner une ré­ponse à chacune des questions et à chaque problème, mais manifester un engagement de lutte pour sa concrétisation.


14

 

Il est évident que pour compter sur une exécution et une rapidité pour cer­taines choses, cela implique des rencon­tres physiques. Nous ne croyons pas que ce soit absolument nécessaire, c'est-à-dire qu'actuellement il nous paraît dif­ficile d'y arriver, au moins pour ceux d'entre nous qui vivons dans cette région du monde.

A l'heure actuelle, nous ne voyons pas comment réaliser une réunion vraiment internationale : voyager à l'étranger est pour nous (économiquement) interdit. Un voyage de plus de 8.000 km. équivaut à plus de quinze salaires mensuels (plus de vingt si nous prenons le minimum défi­ni par le gouvernement).

C'est pour cela que nous estimons que, dans un premier temps, les rapports, les discussions, au moins entre les non-européens et avec ceux-ci, se feront par correspondance. Cela nous retardera, rendra encore plus difficile la tâche, mais elle n'est pas impossible, loin de là (une lettre d'Europe par exemple, s'il n'y a pas de grève, met de 15 à 20 jours).

Les conditions de sécurité (celui qui a confiance dans la légalité n'est pas seulement un crétin ingénu, mais un danger pour les révolutionnaires) posent aussi des obstacles, mais ils peuvent et doivent être résolus.

La langue aussi présente des incon­vénients. De notre côté, et jusqu'à maintenant, la seule dans laquelle nous pouvons écrire est 1'espagnol. Certains peuvent lire avec difficultés l'italien, le portugais et l'anglais. Avec de l'ima­gination, quelqu'un pourra comprendre un peu de français, mais rien à faire l'al­lemand. Les autres langues "n'existent pas". En tenant compte de cela, ce qui viendra en castillan n'aura pas la même diffusion, ni la même rapidité que les autres langues dans l'ordre établi.

Pour terminer, l'initiative présen­tée est exposée dans sa partie fondamen­tale. Ceux qui se montrent intéressés ou sont d'accord avec, recevront une par­tie dite "plus organisative", c'est-à-dire, comment nous voyons qu'il soit pos­sible de la réaliser et la concrétiser.

Pour que nous recevions réponses, critiques, etc. écrivez, sans autre men­tion à :

Aida Poster C.P. 1034 Rivadavia 2588 7° "D" - Capital Fédéral - Republica Argentina

En tenant compte du temps que va mettre cette lettre à arriver aux adres­ses où nous l'avons envoyée, le temps qu'elle circule en plus du temps de dis­cussion interne que cette proposition de­mande (pour ceux qui croient que cela vaut la peine de 1'étudier) en plus du temps que cela demande pour répondre et le temps de son arrivée à destination; il n'est pas irraisonnable de penser que pour juillet ou août, avant, avec opti­misme, nous ayons un panorama des ré­flexions faites sur cette proposition.

A tous ceux qui nous écriront, nous garantissons qu'ils recevront une copie de toutes les réponses reçues. L'organi­sation postérieure de la correspondance, des discussions, etc. se fera avec ceux qui sont d'accord et dépendra de la ma­nière dont ils s'entendront entre eux.

A ceux qui sont d'accord avec 1'es­prit de la proposition, nous leur deman­dons sa diffusion et le détail des grou­pes (si possible avec leur adresse) à qui ils ont fait parvenir cette convocation.

- Uruguay, février 1986 -


15

 

2. Invariance de notre travail international : quelques éléments pratiques pour concrétiser la proposition (G.C.I.)

 

Camarades,

Comme vous le savez (1), depuis que notre groupe existe, nous avons toujours fait ce que nos modestes énergies nous ont permis pour structurer, coordonner et centraliser les forces du prolétariat international  en lutte contre le Capital mondial.  Pour nous, ceci est un objectif vital, central, une tâche décisive qu'on ne peut postposer.

Nous pensons qu'il n'est pas néces­saire d'insister ici sur le manque total de coordination de l'avant-garde ouvrière, qui affronte aujourd'hui le Capital car la conscience de ce manque de coordina­tion, la compréhension de l'isolement et le manque de plan d'ensemble et de cohérence de chaque groupe révolution­naire, la conscience de ce que ceci cons­titue une énorme tragédie résultant de décennies de contre- révolution et qu'il s'agit donc là d'une tâche essentielle des révolutionnaires, a constitué le point de départ des contacts et de notre travail commun (encore très limité) et de l'ensemble des réunions qui, en février 1986, se concrétisaient par la réunion de Montevideo, et donnait nais­sance à la "Proposition Internationale"(2 ).

Déjà en 1980, alors que le GCI exis­tait depuis moins de deux ans, nous avions lancé une proposition internationale pour "constituer une coordination" des groupes et militants révolutionnaires, et pour "organiser et centraliser internationalement l'unité de l'action prolétarienne" (voir  "Vers l'organisation internationa­le du prolétariat", dans Le Communiste n°7 et Comunismo n°4).  Cette proposition fut lancée pendant, ce qui était pompeuse­ment appelé la "Conférence internationale des groupes de la gauche communiste". Loin d'être une adhésion au programme et aux méthodes de telles conférences, cette proposition était une critique globale de leur conception et une position clairement alternative.

A ces conférences, dont les précédentes versions avaient démontré qu'il s'agissait en fait de se retrouver au sein de parlements académistes où chacun des groupes concurrents avait la possibilité d'exposer ses théorisations ou autres (ce qui comme nous l'avons souligné à ce moment, n'était pas nécessaire puis­qu'il suffisait de lire la presse de chaque groupe pour voir qu'elles étaient leurs positions); nous avons opposé une conception de la centralisation du pro­létariat complètement distincte et anta­gonique. .

Consciemment ou inconsciemment, les conférences prenaient comme modèle l'évo­lution de la Ile internationale et comme celle-ci, tournaient le dos aux luttes. Pour certains, elles avaient comme objec­tif de faire un ensemble de déclarations de principe sur la situation internationa­le (spécialement pour le CCI); et pour d'autres il s'agissait de formaliser un ensemble d'accords bilatéraux entre "partis" nationaux (PCI - Battaglia). Implicitement ou explicitement, dans un cas comme dans l'autre, ces groupes se concevaient comme un ensemble d'intel­lectuels devant amener la conscience aux ouvriers en lutte.

C'est en nous basant sur l'histoire réelle de notre classe, sur les expérien­ces -même limitées- des diverses tenta­tives de centralisation à un niveau inter­national des le et Ille internationales, et spécialement sur ce que fut l'action de la Ligue des Communistes pendant leur exil, que nous avons soutenu à ce moment et que nous soutenons encore que les cen­tralisations qui servent et serviront la révolution prolétarienne, n'ont absolu­ment rien à voir avec des regroupements, des congrès d'intellectuels où chacun expose sa vision de ce que devrait être le monde.  Au contraire les centralisa­tions qui servent à la révolution prolé­tarienne ont été et seront celles qui coordonnent, structurent et organisent la réelle communauté de lutte existante contre le Capital. Au travers de ces faits historiques qui constituèrent un certain niveau, même limité, de la formation du Parti du prolétariat au cours de son histoire; le point de départ était déjà la communauté de lutte existante (encore non structurée, ni formalisée), rendant impérieuse l'aide mutuelle, la solidari­té, l'organisation face à la répression ou tout simplement face à la concurrence que se font les ouvriers entre eux, la constitution de forces anti- jaunes inter­nationales.  C'est sur cette base que devait se structurer une avant-garde qui posait réellement les problèmes centraux et les perspectives du mouvement, et qui objectivement préparait la direction de la révolution prolétarienne internationa­le (ce n'est pas ici l'endroit pour ins­ister sur les limites programmatiques de ces tentatives).

A ces deux conceptions correspondent deux visions totalement différentes des critères d'adhésion et de la composition

 

(1 )  Nous nous adressons en particulier aux camarades qui ont participé à la rencontre en Uruguay et spécialement aux camardes d'EO et MCR à qui nous en­voyons cette lettre, mais aussi par la publication de celle-ci dans notre revue, à tous les groupes et militants intéres­sés par les perspectives que nous voulons concrétiser par cette "Proposition inter­nationale ".

(2)  Voir introduction à la Proposition.


16

 

de ce qui est appelé à devenir l'embryon d'une internationale prolétarienne :

-selon la conception de ces conférences (et si nous insistons sur ce sujet c'est parce que nous sommes convaincus que celui-ci continue à avoir un poids né­faste !), les critères d'adhésion con­sistent en un ensemble de principes aux­quels il est demandé une adhésion for­melle;

-selon notre conception, comme il ne s'agit pas d'inventer (ou "créer") un parti ("le parti naît spontanément du sol de la société moderne" -Marx-), mais de structurer, formaliser et diri­ger la force réelle et existante qui se développe (dans le sens où notre propre activité, consciente et volon­taire est un produit de la lutte) dans l'affrontement de classes le principal n'est pas l'élaboration d'une "plate-forme formelle", mais la coordination effective de l'action.

Nous affirmons par là que l'adhésion for­melle à une série de principes n'offre aucune garantie, comme nous pouvons d'ail­leurs le vérifier au travers de toute l'histoire (comme le démontrent par ex. les 21 conditions d'adhésion de l'IC), et qu'à cela nous opposons la vérification pratique de la communauté de lutte.

C'est pour cela que notre proposi­tion internationale de 1980, tout comme celle que nous lançons aujourd'hui avec Emancipation Ouvrière et Militance Classiste Révolutionnaire part de l'exigence d'un engagement militant, de l'exigence d'une pratique conséquente et propose l'assumation internationale d'un en­semble de tâches.  Les propositions ne constituent pas un ensemble de principes formels, sinon qu'elles s'adressent à ceux qui développent une pratique effecti­ve et quotidienne dans la lutte pour la révolution.  Voir dans la "Proposition internationale" : "à qui s'adresse cette proposition", et les différents points d'engagement militant que nous avancions dans notre proposition de 1980.

En 1980 déjà, nous soulignions que cette proposition n'était pas exclusive­ment destinée aux participants à cette conférence, mais par contre aux camara­des qui de par le monde constituent l'avant- garde du prolétariat, et qui comme tel formaient une communauté de lutte, non encore assumée pleinement (par manque de conscience de cet état de fait, de coordination, de plan d'en­semble, de directives, de directions claires,...), et que nous ne considérions absolument pas cette proposition comme étant notre propriété et étions disposé face à n'importe quelle autre proposition sérieuse de ce type (peu importe ici les formulations qui la concrétisaient), à nous associer activement pour assumer le travail organisatif y correspondant. Par exemple, nous disions concrètement dans un des paragraphes introductifs à cette proposition :

"(...) notre position, qui n'est pas propre aux conférences, et qui ne s'adresse pas exclusivement à ses participants, tentera de forger son chemin, et de se concrétiser. Nous rappelons encore une fois que notre proposition ne se base  pas sur "le comment nous aimerions que les choses soient", mais sur les conditions matérielles du dévelop­pement de l'affrontement de classe dont résulte une nécessité sociale, vitale, impérieuse de coordonner les forces ouvrières qui aujourd'hui agissent sans aucune vision ni plan d'ensemble.  Nous ne nous considé­rons donc pas comme propriétaire de la proposition, et ne défendons aucune forme particulière pour met­tre en place une coordination des forces ouvrières dans le monde. Nous sommes disposés à travailler activement a tout effort de notre classe qui va dans ce sens (comme nous le faisons déjà, là où nous le pouvons), étant donné que nous savons pertinemment que ceci ne peut se situer en contradiction avec le sens général de la Proposition. C'est en sachant qu'il s'agit d'une nécessité générale vers laquelle tenterons de converger tous les nombreux efforts qui sont fait par­tout dans le monde que nous avons pris cette initiative, et c'est parce que notre activité organisée et organisative n'ira pas à la traîne du mouvement mais tentera toujours d'impulser et de diriger vers des objectifs plus essentiels et géné­raux, les nécessités qui semanifes­tent spontanément dans le mouvement : la centralisation de la force de la classe, la dictature du proléta­riat pour l'abolition du travail salarié" (3).

C'est dans ce sens que nous  avons agi durant ces dernières années, même si les résultats sont encore très partiels et limités :  nous en sommes encore tou­jours à une phase groupusculaire, carac­térisée par des contacts internationaux entre groupes et un certain niveau de connaissance mutuelle où mis à part dans cer­tains cas exceptionnels, sur base de faits concrets, des positions et une pratique commune sont assumés avec d'au­tres organisations, il n'existe toujours pas de coordination permanente et ef­fective qui tende à organiser une seule centralisation internationale et à as­sumer réellement le programme du prolé­tariat, sa constitution en une seule force mondiale. (4)

Nous ne nous sommes jamais fait d'il­lusions quant à une concrétisation à court terme de cette tâche essentielle, ni même quant aux échos favorables que peut recevoir une proposition de ce type. Il nous semble nécessaire, une fois de plus, de souligner ceci, afin d'éviter que ne retombe l'enthousiasme des cama­rades d'EO et de MCR ainsi que celui des autres militants et groupes prêts à as­sumer avec nous les tâches qui découlent

(3)  Voir Le Communiste n°7 et Comunismo n°4.


17

 

de cette nouvelle proposition.  Les con­ditions générales n'ayant pas changé, il nous suffit de répéter ce qu'en 1980 nous disions à ce sujet :

"Dans l'état actuel de domination de l'idéologie de la contre- révo­lution, de dispersion et de désor­ganisation des forces révolution­naires, nous ne nous faisons pas d'illusions sur les possibilités d'échos favorables à notre propo­sition.  Mais nous travaillons dans le sens d'une unité d'action sur des bases de classe rigoureuses, et nous continuerons à le faire, parce que l'unique force s'opposant au cours bourgeois vers la guerre im­périaliste est le prolétariat mon­dial qui lutte pour ses propres intérêts.  Une coordination comme celle que nous proposons peut ado­pter l'ensemble des points que nous avons cités, ou en ajouter d'autres; elle peut se concrétiser à court terme ou non; mais elle sera cons­tituée parce qu'elle correspond à une nécessité sociale impérieuse qu'il faut formaliser au niveau le plus international possible" (5)

Quand nous adhérons volontairement à cette nouvelle proposition, quand nous participons à la réunion de Montevideo qui a concrétisé les modalités principa­les de la Proposition à partir des bases présentées par les camarades d'EO, quand nous contribuons à sa concrétisation à travers l'assumation de tâches et de propositions concrètes, quand nous dif­fusons les matériaux des groupes comme Emancipation Ouvrière, Militance Classiste Révolutionnaire, Union Prolétarien­ne,... quand par le biais de nos revues et de nos contacts nous faisons connaître internationalement cette proposition, quand nous contribuons à éclaircir ce qui semble indispensable ou quand nous défendons nos positions spécifiques im­pulsant la concrétisation de cette coor­dination, nous pensons rester en parfaite cohérence avec les positions que nous avons toujours défendues.

Comme en 1980, nous insistons sur le fait dé faire une lecture militante de cette proposition, dans laquelle au­cune place ne peut- être laissée à un quelconque formalisme, et comme il est dit dans le texte de la Proposition même, il ne peut y avoir aucune liste de prin­cipes qui nous garantirait contre les cen­tristes et opportunistes de tout bord (6). Ce qui y est proposé c'est la coordina­tion (parler de centralisation serait déjà trop demander), d'une pratique com­mune et des nouvelles tâches qui en dé­couleront, et nous disons "aux militants et aux groupes révolutionnaires ... qu'il n'y a pas à chercher dans tel ou tel point, ou dans la manière dont c'est ré­digé, les accords "théoricistes", et que nous ayons simplement voulu formaliser dans une proposition concrète, les enga­gements indispensables à assumer pour réaliser un travail de coordination international auquel toute notre classe s'intéresse.  Nous n'allons pas nous obstiner à défendre au pied de la lettre cette proposition, mais bien à défendre son sens général" (7).  "Nous ne la con­sidérons pas comme "notre propriété", (les camarades  d'EO et de MCR ne la considèrent pas non plus comme telle), mais comme la formalisation d'une néces­sité vitale du prolétariat, que nous appuierons toujours, et qui devra tôt ou tard se concrétiser.  Cela, même si la forme que prendra cette coordination est différente de celle que nous propo­sons aujourd'hui" (8).

 

QUELQUES PROBLEMES CONCRETS

A la réunion de Montevideo, les participants ont pris une série d'en­gagements quant à la diffusion interna­tionale de la Proposition.  Il y eut malheureusement énormément de difficul­tés de contact entre Rio de la Plata et l'Europe.  Les problèmes de répression que notre groupe rencontra, particuliè­rement en France et en Belgique, et la perte totale de contact qui s'en suivit retardèrent énormément l'application des accords que nous avions pris.

Si nous possédions un brouillon de l'accord fait à Montevideo, nous n'avons pu disposer du document final et de l'ajout qui y avait été apporté (la note d'éclaircissement), que plusieurs mois

(4)  Connaissance encore totalement incomplète et limitée.  Dans ces années là, il y eut partout dans le monde une profonde décomposition de la gauche bourgeoise et du milieu pseudo-révolutionnaire, qui dans certains cas produisit, en opposition et en rupture avec tous les excréments sociaux démocra­tes, un ensemble de petits groupes non encore structurés organisationnellement, dans la plupart des cas sans publication propre, tendant à forger l'alternative classiste et révolutionnaire, avec encore d'énormes difficultés.  Dans ces exemples les difficultés de contacts internationaux (sabotés en permanence par la répression de tous les pays) le manque de liaison organique et théorique avec les fractions communistes du passé (dans beaucoup de cas par la simple et tragique mécon­naissance) l'esprit encore sectaire et parfois localiste, ont fait que la mé­connaissance mutuelle et dans beaucoup de cas l'indifférence étaient de règle entre ces groupes.

(5)  Voir Le Communiste n°7 et Comunismo n°4.

(6)  Voir "La Proposition interna­tionale" le chapitre sur les préventions.

(7)  Voir le premier paragraphe, éclair­cissement final de la "Proposition internationale"..

(8)  LC n°7 et  n°4.


18

 

après Buenos Aires (vers la fin du mois d'août), alors qu'en Europe plusieurs groupes avaient déjà fait écho à la Proposition.  Nous sommes actuellement dans la première quinzaine du mois de septembre 1986, et nous ne savons tou­jours pas si EO dispose de l'ensemble du matériel que nous lui avons envoyé afin d'accélérer la proposition, dont entre autre la liste des contacts et les adresses de groupes.

Avant de continuer, nous tenons quand même à souligner que, loin de nous avoir posé problème, le fait que les camarades de Rio de la Plata aient assumé seul la diffusion internationale de la proposition, nous a rempli de satisfaction, et nous conforte dans la confiance que nous avons envers eux, en ce qui concerne le sérieux militant et l'engagement avec lequel celui-ci devait se faire.  Nous réaffirmons que ceci est correct, et cela malgré  des désaccords de notre groupe par rapport à l'ajout fait ulté­rieurement en Argentine (mars 1986).

Aujourd'hui, nous apprenons par EO, que les contacts avec MCR sont perdus; ils supposent que le groupe aurait eu des problèmes ou alors se serait dissout. En ce qui nous concerne, nous n'avons plus de contact avec MCR depuis le début de l'année 1986.  Face à cela, nous réaffirmons notre appui à tous ceux qui continuent à soutenir le projet, et rap­pelons un principe général : ces tâches du prolétariat international et interna­tionaliste, ne peuvent sous aucun prétexte être subordonnées aux problèmes des militants et des groupes formels qui en ont l'initiative.  Et que nous devons forger les bases qui nous permettent d'agir, et cela malgré  les forces répres­sives et désorganisatives déployées par notre ennemi historique.

Pour notre part, dès que nous avons reçu le texte définitif, nous nous som­mes imposés comme priorité de le diffuser le plus largement possible parmi les militants ouvriers (chose que notre grou­pe avait déjà décidé), et de le publier dans notre revue centrale en espagnol, et dans la mesure de nos forces en d'au­tres langues.

Naturellement nous avons également envoyé la Proposition à nos différents contacts et nous enverrons en Argentine les adresses des groupes ouvriers, afin que les contacts soient les plus fluides possibles.

La Proposition internationale signa­le sept points spécifiques, relatifs aux tâches importantes.  Quand il s'agît d'agir pratiquement, il doit nécessaire­ment être établi un ordre de priorité, et celui-ci ne peut pas être déterminé par la volonté des participants mais bien par les nécessités et les possibi­lités.  A ce sujet, il nous paraît évident, que pour certains points il existe des possibilités de concrétisations im­médiates, alors que pour d'autres leur concrétisation dépendra des premiers. C'est- à- dire que certaines activités ne pourront commencer que lorsque d'autres auront déjà été réalisées, et permettront de voir spécifiquement avec quelles forces les autres pourront se réaliser.  Par exemple, ni la création d'une polémique "interne" commune (point 7), ni une revue internationale (point 5), (ni le point 6), n'auraient de sens, sans la préalable concrétisation d'une pratique commune, face aux attaques du Capital (point 1). Ou encore, comme le souligne clairement la Proposition, ce type de tâches ne pourra se réaliser qu'entre ceux qui effectivement coïncident dans une pra­tique commune et qui la coordonnent consciemment  (spécialement le point 1 ) : "Pour ceux qui non seulement partagent cet ensemble de points mais qui se re­trouvent effectivement en accord avec une pratique qui mette en avant tous les points de cette proposition -en particu­lier le point 1 (action commune)-, il est vital d'organiser la discussion.  Et pour ceux-là uniquement, nous proposons  : l'organisation internationale de la correspondance, la revue internationale,..."

Si nous insistons sur ceci, c'est parce que la proposition a déjà été in­terprétée par certains comme "une pro­position de polémique internationale"; ou encore comme l'élaboration d'une re­vue internationale".  Comme nous l'avons dit en d'autres occasions, et comme nous le signalons jusqu'à nous en lasser, dans notre presse : la polémique n'a de sens que dans le cadre d'une pratique commune. Ni nous, ni les autres camarades qui con­tribuèrent à l'élaboration de la Propo­sition, ne sommes disposés à faire une quelconque revue ou polémique "interne", avec ceux qu'aucune réelle communauté de lutte ne réunit, ceux avec qui nous sommes pratiquement incapables de donner "une réponse coordonnée face... à certai­nes attaques du capital" (point 1).  Et même si le texte de la Proposition ne le dit pas expressément, nous considérons qu'il est implicite dans "son sens géné­ral" et que nous défendons.: la solida­rité militante face à la répression, l'aide mutuelle, la lutte pour la libé­ration des prisonniers des groupes frères, l'accueil et le logement des victimes de la répression, la pratique conséquente de dénonciation, l'affrontement au ter­rorisme d'Etat, etc.

Ceci n'implique évidemment pas que pour les groupes et les militants avec lesquels il existe déjà une pratique com­mune, où il y a déjà un processus de prise de conscience de la communauté de lutte existante, qu'il faudrait attendre que d'autres avancent à ce niveau, afin de pouvoir assumer des points tel que "la polémique interne".  En ce qui nous concerne, nous continuerons à avancer avec eux dans cette voie.

Nous pensons donc que la Proposition


19

 

ne pourra réellement commencer à se con­crétiser qu'avec ceux pour qui il existe déjà une communauté de lutte, sur base du point 1 :

"Une réponse coordonnée face à cer­taines attaques du capital (ex. : dans la question des mineurs anglais, des ouvriers sud-africains, en Iran-Irak, ...); tracts et campagnes com­munes, informations politiques, mo­ments de relations effectives et d'orientations face aux questions concrètes et graves qui touchent le prolétariat mondial".

 

Nous proposons à présent de définir quelques axes de travail commun et de dénonciations, ainsi que les bases minimales à établir afin de répondre effica­cement, dans certaines situations préci­ses (tract unique,...).Concrètement nous proposons :

1 . le lancement, dans les plus brefs dé­lais, d'une campagne international" contre la guerre capitaliste.

2. la création d'un minimum de structure, d'un comité de coordination restreint qui aura pour tâche de structurer cette campagne et d'organiser, dans des si­tuations concrètes, d'une manière rapide et unifiée, nos réponses com­munes .

Quelques explications au sujet de ces points :

1. Il n'est pas nécessaire de nous éten­dre avec les camarades qui adhèrent déjà à la proposition, sur la tendance générale du capital à la guerre, ou sur l'affirmation du terrorisme d'Etat, ou encore sur la nécessité pour le prolé­tariat, de brandir le drapeau du défai­tisme révolutionnaire comme réponse à ceux-ci.  Nous considérons fondamentale­ment que cette campagne devra porter sur :

a. la coordination d'une action commune opposant à toute économie de guerre, les intérêts du prolétariat, et la dénon­ciation du capital comme responsable de toutes les guerres inter- bourgeoises et inter- impérialistes;

b. la coordination et la mise sur pied d'actions spécifiques d'information, de propagande et d'agitation sur les guerres qui ont lieu actuellement, dont particulièrement, et cela nous semble plus qu'important, une campagne spéci­fique contre la guerre Iran-Irak;

c. la coordination de l'action commune contre le terrorisme international d'Etat, basé sur l'idéologie de l'anti- terrorisme, en général.

La campagne contre la guerre Iran-Irak, suivant les axes mentionnés plus haut, constituerait un bon exemple de concrétisation de la "Proposition" et de vérification pratique de la capacité de coïncidence dans l'action des diffé­rents groupes et militants qui manife­stent un intérêt  pour la Proposition, et permettra en plus une décantation basée sur la pratique des adhésions purement formelles et platoniques. Concrètement et suivant la ligne que nous défendions dans le manifeste que nous avons publié et diffusé contre cette guerre (Le Communiste n°14), nous nous chargeons déjà de préparer des textes, et cherchons à améliorer nos contacts avec les secteurs du prolétariat direc­tement attaqués par cette guerre capi­taliste.  Nous essayerons de mettre en place une réunion de coordination, qui même si elle se concrétise dans des lieux et des langues non accessibles à l'ensemble de ceux qui ont pris l'ini­tiative de la Proposition, .sera directe­ment une concrétisation de celle-ci; indépendamment de la présence physique de chacun, dû à des contingences de voy­age, de traduction, etc. (ce sur quoi insiste à juste titre la Proposition), les camarades qui adhérent pratiquement à la Proposition, seront présents.  Une telle réunion, qui fut d'ailleurs propo­sée, comme une nécessité par des cama­rades de cette région, tenterait donc de coordonner des aspects de l'action défaitiste révolutionnaire des prolétai­res en Iran et en Irak, contribuerait à ce que se développe un vaste réseau d'échange d'informations  inédites en Occident, la coordination d'un ensemble de tâches pratiques sur des problèmes concrets et enfin permettrait la vérifi­cation pratique des engagements et la démarcation conséquente (9).

2. La constitution d'une structure organisative minimale, d'un comité de coordination avec la capacité de prendre des décisions urgentes et de réaliser des tracts particuliers et à assumer ensuite par l'ensemble des adhérents à la Proposition, nous apparaît comme une nécessité incontournable.  En ef­fet sans une telle structure, nous serions incapable de répondre efficace­ment (comme nous nous le proposons au

 

(9) II faut dire que cette campagne précise liée à la campagne générale que nous proposons, n'exclue en rien la réalisation d'autres actions concrètes. Toutes propositions à ce sujet sont les bienvenues.  A titre d'exemple nous si­gnalons la proposition faite par un grou­pe de camarades d'Angleterre, qui est d'organiser en Argentine et en Angleterre une campagne lors du 5e anniversaire des Malouines.  Parallèlement à comment s'é­value l'opportunité de faire ou non des campagnes basées sur ces anniversaires, nous croyons que des initiatives similai­res n'auront de perspectives que dans un cadre beaucoup plus global, de coor­dination de l'action commune, comme celle que nous prétendons précisément consti­tuer au travers de la Proposition. Comprenant ce fait que ces initiatives doivent s'inscrivirent dans un cadre plus global, les camarades d'Angleterre discuterons plus globalement de tout cela et prendront contact avec les camarades de Rio de la Plata.

 


20

 

point 1) aux attaques du capital.  Une structure souple de décision est par exemple nécessaire quand il s'agit de faire des tracts commun entre ceux avec qui il existe une communauté de lutte et qui acceptent la Proposition.  En prétendant procéder aussi démocratique­ment, avec l'approbation unanime de tous nous craignons que ces tracts à leur sortie ne soient plus d'actualité.  Pour empêcher cela il est donc indispensable de constituer un comité restreint qui. aura pour tâche de recevoir les différentes propositions et de décider de la meilleure proposition ou encore d'en établir une autre en tenant compte des meilleures apports; un comité qui lorsque les cir­constances l'exigent, est capable de prendre rapidement des initiatives ou de dé­cider d'un tract ou d'une campagne spécifique, sans devoir attendre pendant des mois que parviennent ou soient discutées toutes les propositions.  Certains ne comprennent pas la nécessité impérative d'une telle centralisation.  Pour nous il est clair que si dans des moments dé­cisifs, une coordination de ce type n'est pas capable d'adopter une position unique avec une seule signature, marquant la continuité de l'action commune, nous serions alors incapables d'assumer les autres points de la Proposition, et dès lors la soi-disant "réponse coordonnée" serait pour nous, et face à notre classe un mensonge.  Autrement dit, si au moment où il est le plus nécessaire d'agir com­me un seul corps, de manière urgente et efficace, au lieu d'une décision rapide d'un comité restreint, chaque groupe et militant agit seul et publie son petit tract, cela signifierait que nous en sommes toujours au point de départ de la Proposition, c'est- à- dire au lamenta­ble état actuel que nous voulons combat­tre.

D'autres peut- être s'imaginent aussi que ce comité doit être constitué d'un certain nombre de représentants, propor­tionnel aux groupes et aux militants adhérents.  Mis à part la déviation de fond que constitue ces prétentions démo­cratiques, une telle organisation est une impossibilité pratique absolue. Ceci pour les mêmes raisons pratiques que celles relevées dans la Proposition, à savoir, les difficultés de voyages, de régularité dans les correspondances. Il nous semble donc difficile que le comité de coordination dont nous parlons puisse être intercontinental (car les décisions mettraient des mois à être prises) et donc, le critère de représen­tativité ne pourra pas être retenu.

Que cela nous plaise ou non, ce comité est d'une part indispensable et d'autre part ne pourra pas se baser sur des critères de représentativité una­nimes ou proportionnels.  Aucune de ces constatations ne nous effraye car en effet, s'il existe réellement une commu­nauté de lutte dont la coordination n'est que son expression formelle, le comité se basera sur la confiance mutuelle, résultant de cette pratique commune et toujours vérifiable.

Nous pensons que dans un premier temps, il serait plus adéquat que ce type de comité soit pris en charge par les camarades d'EO, ce qui de fait se passe déjà et se formalisera lorsque ce sera ce groupe qui répondra officiellement au nom de la Proposition.  Nous avions déjà relevé lors de la rencontre en Uruguay, qu'il nous semblait insensé qu'il soit fait par exemple quatre réponses différentes (une d'EO, une de MCR, une de nous et une d'un autre camarade qui n'est pas intégré dans ces groupes) aux groupes manifestant pratiquement leur intérêt à la Proposition.  Par conséquent nous pensons que ce seront de fait, les camarades d'EO qui assumeront cette fonction, et nous pensons qu'ils doivent le faire en toute conscience de ce que cela implique, c'est- à- dire conscients qu'ils répondent en tant que secrétariat, comité de coordination de la Proposition (ou autre...) et non plus en tant que groupe EO.

Nous n'excluons pas, bien entendu, que par la suite, en fonction des informations, de l'adéquation politique et de la rapidité avec laquelle le comité as­surera les contacts, celui-ci puisse être assumé ailleurs (Europe,...) ou par d'autres camarades; ni non plus qu'après avoir établi clairement les critères des décisions, on puisse cons­tituer deux, trois,... comités de coor­dination, ni même un sur chaque continent, s'il est clair pour chaque participant, qu'il est de son ressort de décider dans les   circonstances et suivant quelles modalités préalablement établies, sont décidés les compétences de chacun de ces comités (en fonction par exemple d'un critère géographique ou linguistique dont dépendraient certaines informations). Ce ne sont, ni les modalités concrètes que doit assumer cette structure indis­pensable de coordination, par rapport auxquelles nous sommes ouverts à toute proposition, ni les préoccupations quant à la représentativité formelle dans la prise de décision, qui sont directement importantes, mais l'importance de ce doter d'un minimum de capacité opéra­tionnelle, en tant que coordination, d'une structure qui permette que la coïncidence dans l'action et la prise de positions communes se transforment en une réelle communauté d'action or­ganisée, capable d'agir comme un corps organique et non comme une addition disparate de groupes et militants épars.

Et si quelqu'un nous demande qu'elles sont les garanties que peut donner ce type de structure fonctionnant sans re­présentativité, nous répondons clairement que ce type de garanties qu'il souhaite n'existe jamais, même dans les structu­res "les plus représentatives" et que l'unique garantie ce sont nos intérêts communs contre notre ennemi historique et la pratique qui en découle.  Face à toute déviation et tout éloignement de ce terrain, aucune garantie formelle


21

 

ne pourra nous préserver et une rupture objective de la communauté d'action se produira inévitablement et fera perdre son sens à toute coordination ou comité formel, signifiant que serait arrivée l'heure de la décantation, de la rupture, d'une nouvelle structuration résultant toujours de la pratique commune et de la confiance mutuelle.

Nous soulignons encore qu'un réel comité de coordination est vital afin de donner vie aux autres tâches fon­damentales signalées dans la proposition, tant par rapport à l'organisation de la correspondance internationale qu'à la circulation organisée de l'information ou à la perspective d'une revue inter­nationale .


23

 

3. Note   d'éclaircissement ( E.O. )

 

Lors de discussions postérieures à cette réunion, certains des camarades qui avaient élaboré et impulsé ces idées, ont décidé de mieux éclaircir le point 5 de la proposition pour qu'il ne puisse prê­ter à confusion.

Comme nous le disions quelques li­gnes plus haut, nous ne considérons pas cette revue comme un recueil de diverses positions politiques distinctes sous une couverture commune : ce qui n'implique­rait aucun apport ni un dépassement de la situation existante. De plus, pour faire connaître les diverses positions politiques, il suffirait de garantir une distribution des textes de chaque groupe. Nais nous ne la voyons pas non plus comme quelque chose d'amorphe, d'anodin, comme une revue de "généralités" dam laquelle tous se retrouveraient du fait que c© ne serait justement que des généralités. C'est pour cela que nous la définissons d'une manière plus riche, plus complexe, constituée de trois parties :

- une commune à tous les groupes interve­nant, élaborée de commun accord entre tous, qui expliciterait et/ou rejetterait les fondements de positions partagées;

- une seconde où le thème est choisi de commun accord mais les prises de position individuelles ;

- et une troisième où le thème est choisi librement par chaque participant, où il peut pousser la discussion de sujets qu'il considère importants et qu'il juge trop peu pris en considération ou mal évalué par les autres ; ou un "nouveau" sujet, ou une argumentation différente.

Nous considérons comme fondamental l'inclusion des trois parties dans cette proposition internationale.

- La première, parce que cela n'aurait pas de sens de faire un travail et publi­cation en Commun si nous ne sommes pas capables d'arriver à des points d'accord; que cela soit une tendance que nous es­sayons d'approfondir et fortifier. Cela nous aidera à tracer de nouvelles bases pour combattre la faiblesse et l'isole­ment actuels.

- La deuxième, parce que à propos de cer­tains sujets définis (Afrique du Sud, Bo­livie, les mineurs anglais, ...) nous aurons dans une certaine mesure des posi­tions, des arguments communs (plus ou moins grands suivant les cas) mais aussi

des arguments différents, spécialement en ce qui concerne les propositions prati­ques, "etc. Les convergences sur un sujet paraîtraient dans la première partie, les divergences sur ce même sujet, dans la deuxième partie. Il y aura là la possi­bilité de discuter publiquement le reste des positions sur lesquelles il n'y a pas accord : la possibilité de les connaître et de les faire connaître, la possibilité de combattre et d'aplanir le chemin vers de nouvelles synthèses. Il y aura là aussi la possibilité d<s discuter n'impor­te quel sujet déjà "ouvert" aujourd'hui et qu'il deviendrait nécessaire d'affron­ter en commun.

La troisième partie est fondamentale parce qu'elle est la partie indispensable pour que ne soit en AUCUN CAS freinée bureaucratiquement la lutte des points po­lémiques entre nous. Ce qu'il y a de commun avec les deux parties précédentes, c'est la contribution à la"nécessaire po­lémique publique sur les questions vita­les que sont les tâches du moment (...)". Dans les deux parties précédentes, il y avait accord de l'ensemble sur la sujet, décidé à l'unanimité; ce qui implique que s'il n'y a pas accord sur l'évaluation politique de l'importance de certains su­jets, sans la troisième partie, ceux-ci ne seraient pas publiés. Pour nous, ce serait incorrect si la revue se limitait aux deux premières parties. De telles questions doivent apparaître dans la der­nière partie, la responsabilité de ce qui y est traité incombant exclusivement au groupe qui l'a choisi. La seule restric­tion qui est faite est qu'elles respec­tent l'accord sur les discriminants et qu'elles n'excèdent pas la place prévue (deux, trois feuilles par exemple). C'est dans cette partie que l'on trouvera les nouvelles questions et les différences sur le degré d'importance de certains su­jets dont le point de vue ne sera pas partagé et qui, sans cette troisième par­tie, ne pourraient pas paraître dans cet­te publication. Nous avons des conver­gences mais aussi des divergences, non seulement dans la manière d'envisager un sujet mais aussi dans le choix même de leur hiérarchie. Nous ne gagnerons rien à le nier, à l'ignorer ou en exerçant une pression bureaucratique qui en empêche­rait la parution publique par un moyen commun. Au contraire, nous devons stimu­ler l'étude et la polémique franches avec

 


24

 

respect et sans sectarisme, ACTIVITE QUE NOUS DEVONS REALISER EN COMMUN ET PUBLI­QUEMENT : QUI TRAVAILLENT PUBLIQUEMENT ENSEMBLE PEUVENT ET DOIVENT DISCUTER PU­BLIQUEMENT ENSEMBLE. Un travail collec­tif international serait ainsi renforcé.

Il est possible que certains veuil­lent une revue dont le contenu soit inté­gralement commun et partagé entre tous les intervenants, avec un haut degré d'homogénéité. Mais une revue comme cela mettrait des années à paraître et ce qui serait le plus probable c'est que si elle paraissait, elle ne servirait pas à grand chose, puisqu'elle serait soumise à des définitions au- delà du temps et de l'espace. C'est qu'une revue n'est pas seulement un exemplaire mais c'est un rapport qui par la force ne peut inventer une réalité avec un degré de développe­ment et de centralité de la lutte de classe qui n'existe pas aujourd'hui, réa­lité de laquelle nous faisons partie. Bien sûr, il est possible de réaliser une revue avec une plus grande homogénéité si l'activité internationale (qui n'est pas la même chose que l'internationalis­me) se limite à elle- même et à certains groupes (ou "sections") avec lesquels un travail se développe déjà, mais tout cela n'apporterait rien au développement de la situation mise en évidence dans cette proposition.

Nous croyons aussi nécessaire d'éclaircir nos idées sur la censure puis­qu'il y aura sûrement certains qui pose­ront la nécessité de mettre des limita­tions à la partie "libre" de la revue, c'est-à-dire : la censure. Et il n'en manquera pas qui conditionneront leur participation à la possibilité de contrô­ler et de censurer les articles qui sor­tiront dans cette partie : ce n'est pas pour rien que nous sommes dans la situa­tion actuelle. C'est extrêmement erroné pour nous de poser le problème ainsi. Comme nous l'avons dit dans la proposi­tion, nous partons d'une base : un accord politico-pratique pour donner une réponse coordonnée à certaines attaques du capi­tal, un travail commun, des moments effectifs de liaison et d'orientation face à des questions concrètes et graves qui affectent le prolétariat mondial. Par de la revue sans ce qui a été dit avant n'a pas de sens, c'est pour cela que li revue est seulement proposée à ceux qui! coïncident effectivement dans une pratique et mettent en avant tous les points! de la proposition, en particulier le point 1. C'est justement parce que nous partons de ces présupposés que nous n'ad­mettons pas que soit censuré un article écrit par ceux qui sont d'accord avec les critères de démarcation et avec qui nous partageons l'action commune, décidée éga­lement en commun. Naturellement, noua ne sommes pas en train de parler d'un ar­ticle qui irait à l'encontre des points qui nous unissent; en tout cas, le groupe ne remplirait pas les points requis pour participer à la proposition et le problè­me de la censure ne se poserait pas, puisque ce serait le groupe qui serait "censuré". Ce que nous sommes en train d'affirmer, c'est qu'en nous mettant d'accord sur les critères de démarcation (avec les modifications et amplifications qui pourront être faites), nous ne pou­vons ignorer qu'il existe sûrement des milliers de différences ou d'évaluations distinctes sur des questions très impor­tantes et nous ne gagnerons rien en les cachant ou en les ignorant. Cela fait partie du nationalisme régnant que de prétendre les résoudre seul, en dehors d'un accroissement international et com­mun. Pour terminer, nous répétons ce que nous avons dit deux pages avant : nous ne nous accrochons pas à chaque lettre que nous écrivons, nous sommes surtout convaincus de lutter pour concrétiser son sens général et nous insistons sur :

pour nous, la proposition est une inté­grité, nous la posons et l'impulserons comme telle, et c'est sur cette base que nous envisagerons les relations avec les divers groupes ou personnes qui, de part le monde, se posent comme objectif fonda­mental : la révolution prolétarienne mon­diale.

 

Argentine, mars 1986 –


25

 

4. Remarques à propos de la note d'éclaircissement ( G.C.I. )

 

La note d'éclaircissement ajoutée à la Proposition, présente à notre avis quelques problèmes que nous voulons éclaircir.

Avant tout nous craignons que ne soit attribué au point 5 (la revue inter­nationale, qui pour nous est une perspec­tive valable) une importance ou une in­dépendance vis-à-vis des autres points, qui serait en contradiction avec tout ce qui a été dit.  Il nous paraît donc important de souligner ce qui, dans cette note d'éclaircissement, et tout au long de la Proposition, y est dit clairement :

"... un accord politico-pratique donnant une réponse coordonnée face à certaines attaques du capital, un travail commun, des moments de liaison et d'orientation effectives, en réponse à des questions concrè­tes et graves qui affectent le pro­létariat mondial.  Parler de la re­vue, sans ce qui a été dit avant, n'aurait pas de sens, la revue est donc proposée a ceux qui coïncident effectivement dans la pratique et mettent en avant tous les points de la proposition et en particulier le point 1" (10) .

Si nous sommes totalement d'accord sur ceci, pourquoi faire alors une note d'éclaircissement sur le point 5 et sur les modalités futures de la concrétisa­tion ?  Pourquoi ne pas l'avoir fait sur chacun   des autres points ?  Pourquoi tant insister sur une nouvelle rubrique "libre", sans censure dont il n'est pas question dans la Proposition, mais dans laquelle au contraire il est dit clai­rement que la polémique publique se fera sur des questions vitales, en rap­port avec les tâches du moment, les activités proposées et sur des thèmes "ouverts", considérés d'un commun accord comme nécessaires à y inclure"? Pourquoi faire une note d'éclaircissement où le critère du commun accord est nié et remplacé par une rubrique "où le thème est choisi par chaque participant"?

A ceci, il y a pour nous deux rai­sons qui ne sont pas explicitées : la première est une certaine tendance (déjà présente à la réunion de Montevideo), à autonomiser le point 5 de la Proposition et à, même si ce n'est pas dit clairement, ou même s'il est carrément dit le con­traire, envisager la possibilité à court terme de sortir cette revue, sans les garanties suffisantes pour vérifier la pratique commune, en ce qui concerne les autres points. Nous sommes en total désaccord avec cette possibilité qui de notre point de vue serait contradictoire avec tout ce que nous avons développé jusqu'ici et dont le résultat serait une revue disparate, une espèce de tri­bune d'idées sur ce que devrait faire le prolétariat.  Nous connaissons suf­fisamment d'exemples historiques de ce type, pour rejeter complètement cette position.  Sans aller plus loin; c'est ce qui était fait lors des Conférences internationales organisées par le CCI et Battaglia et dans la publication en plusieurs langues de ce qui s'y passait et où l'importance était donnée à la diffusion des idées contraires des différents participants, qu'aucune communau­té d'action n'unissait.

Evidemment nous n'identifions pas les positions d'EO avec cette position qui est de faire une revue "tribune" avec des gens qui n'auraient aucune pratique en commun.  Nous croyons que la note d'éclaircissement insiste suffisamment sur la nécessité d'une pratique commune comme condition à l'élaboration de cette revue.  Cependant la déviation existe et celle-ci s'est manifestée à notre avis à Montevideo lorsque certains con­clurent que la revue internationale pouvait démarrer immédiatement (11) et se remanifeste à présent quand il est fait une note d'éclaircissement d'un point qui sera uniquement la conséquen­ce des autres, et cela au lieu de voir comment se concrétisera cette proposition en faisant par exemple une note d'éclair­cissement du point 1 (ce qui nous paraît nécessaire, voire indispensable).

La deuxième raison que nous consi­dérons plus sérieuse et profonde c'est qu'EO a du mal à, assumer le fait qu'une coordination comme la Proposition, re­quiert des instances de décisions et de centralisation, et cela n 'est pas une option parmi tant d'autres mais une néces­sité.  Ceci se reflète par le manque de précision par rapport à qui et comment sont décidées les activités et par rap­port à quels mécanismes il faut mettre en place pour pouvoir "réaliser des tracts et des campagnes communes" (point sur lequel nous avons voulu faire certaines précisions dans la partie "Par où com­mencer et par où ne pas commencer"), mais aussi dans le fait qu'EO a cru uniquement indispensable de faire un ajout au point 5 (alors que les autres points en nécessi­taient tout autant), et sur toutes les questions d'anti-censure, de libre expres­sion de chacun des participants, et de

 

(11)  Positions de certains camarades d'EO qui ne partagent pas la position d'autres camarades du même groupe.

(10) Dernière page de la "note d'éclaircissement"

 


26

 

liberté de chacun à pouvoir décider des thèmes qu'il considère comme important.

Nous pouvons parfaitement comprendre les^raisons prolétariennes qui ont amenés EO à cette haine intuitive contre les comités de rédaction, les secrétariats de rédaction, les centres de coordination, la censure, les directions,..., puisque nous même nous nous en méfions, et crai­gnons plus que tout, la bureaucratisation.

Cependant il nous paraîtrait peu sérieux, et irresponsable de ne pas si­gnaler la nécessité d'instances de déci­sions, de comité de coordination, de ré­daction ou de centralisation.  Ce serait d^ailleurs un mensonge étant donné que même dans les structures où on veut garantir la libre décision ou la décision à ^1'unanimité, il y a toujours dans la réalité ceux qui décident et ceux qui ne décident pas.  Ou pire encore, que ces organisations, où on insiste le plus sur la prise de décision démocratique, sur l'unanimité,..., sur la non existen­ce des chefs et sur le fait que tous décideraient de tout, sont les plus bureaucratiques où il existe évidemment les décisions des chefs et le suivisme des autres.  Et qu'Emancipation Ouvrière ne vienne pas nous dire, que dans son organisation tout le monde décide de tout, et que dans sa presse est publié n'importe quoi de n'importe quel camara­de !  Le discours démocratique et la démocratie en tant que telle, réalisent toujours la dictature effective.

Et en plus même si la censure et l'absence de liberté ont été une arme de la bourgeoisie contre le prolétariat, la liberté individuelle (qui n'est rien d'autre que l'expression de la liberté de commerce, d'achat et de vente dans la société bourgeoise, où l'individu est lui-même produit de cette société mar­chande), les discours sur la libre ex­pression (et à n'importe quel sujet), font partie intégrante du mécanisme de répression du prolétariat, historiquement utilisé comme tel.  Pour cela il suffit de rappeler comment les staliniens et les syndicalistes (et les péronistes) utilisèrent dans les assemblées et dans la démocratie ouvrière, le libre usage de la parole pour liquider les assemblées, faire des discours de 16 heures qu'on ne pouvait pas couper au nom de la libre expression, réussissant ainsi à décourager les ouvriers et les laissant seuls au moment de prendre les décisions.  Il suf­fit de rappeler que tout au long de l'histoire du mouvement ouvrier inter­national, la sanglante répression contre les fractions d'avant-garde du proléta­riat, fut réalisée au nom des grands principes de la démocratie, des élections libres, etc.  Une fois de plus camarades nous insistons sur le fait que le ter­rain du prolétariat, de sa constitution en classe et donc en Parti, n'a rien à voir avec celui de ]a-liberté individuelle et de la démocratie où c'est toujours les idées de la classe dominante qui dominent y compris parmi  les ouvriers. Le terrain du prolétariat est au con­traire, la constitution d'une organicité basée sur les intérêts collectifs de sa classe, qui rompent dès le début avec le libre arbitre et détruisent l'indi­vidu, le citoyen de la société bourgeoise.

Concrètement la préoccupation de comment serait l'éventuelle troisième partie du point 5 de la Proposition, (éclaircissement qui nous paraissent déplacés, qui ne répondent pas aux nécessités et aux responsabilités qu'il faut d'abord assumer et qui se basent sur une conception fausse) ne nous paraît pas importante, car en fait sa concrétisation serait la conséquence des autres points.  Par contre ce qui nous paraît essentiel, c'est comment nous procéderons afin de concrétiser l'action commune et quels seront les mécanismes mis en place pour réaliser les tracts et les campagnes communes.  A ce sujet nous avons déjà proposé certains critères. Dans l'immédiat ce qui nous importe c'est de savoir comment seront traitées les diverses réponses à la Proposition. Avec tous ces discours sur 1'anti-censure, les tribunes libres et la promesse faite : '^'nous garantissons à tous ceux qui nous écrivent une copie de toutes les répon­ses que nous avons reçues".  Nous nous demandons à juste titre, si ceci s'adres­se aussi à des groupes trotskistes et à des groupes péronistes.  EO nous com­munique qu'ils publieront les réponses en même temps qu'ils nous informeront des lettres qu'ils auront reçu de groupes contre-révolutionnaire notoire comme par exemple OCI qui "nous accusent d'oublier la bourgeoisie révolutionnaire en sim­plifiant tout à la contradiction fonda­mentale bourgeoisie/prolétariat'.'.  Nous sommes convaincus que la répugnance de EO envers la censure ne les conduira pas jusqu'à publier dans leur presse des réponses aussi stimulantes que celles que pourraient nous faire ce type de groupes et propager les idées de notre ennemi historique.  S'ils agissent dans ce sens, il est clair qu'il ne doivent pas compter sur nous.  Nous sommes tout a fait d'accord avec la polémique, mais aussi avec le fait que celle-ci soit publique dans la classe et face à la classe.  Nous sommes également d'accord qu'une revue comme celle dont nous avons besoin, n'aie pas spécialement un con­tenu intégralement commun et partagé par tous les intervenants (es serait une basse manoeuvre que dans nos positions on interprète le contraire) mais non avec le fait de rentrer dans le jeu démocratique de notre ennemi et nous prêter à faire de la propagande aux organisations et aux idées bourgeoises. Car pour nous cela est toujours imposé au nom de la liberté et de l'anti-censure et constitue pour nous une forme de répression des positions prolétariennes.

Nous sommes en attente d'une clari­fication sur ces points de la part d'EO, mais nous attendons encore plus vivement les éléments de concrétisations de la Proposition, la réponse a ce que nous proposons comme campagnes concrètes, les structures qui nous permettrons, dans les situations particulières qui inévi­tablement se présenteront, de répondre"' comme une seule force.

 


CE25.2 Proposition internationale