NOS INTERVENTIONS EN ARGENTINE , BELGIQUE  ET FRANCE

 

Nous estimons important de republier une série de tracts et d'informa­tions matérialisant nos interventions dans différents mouvements et pays. Evidemment les tracts que nous avons diffusés en Belgique et en France ont comme validité de marquer la continuité de notre présence politique au sein de mouvements sociaux bien qu'encore essentiellement sous l'emprise de la contre - révolution. Les informations et tracts que nous avons traduits et qui émanent de camarades en Argentine (des groupes "Emancipation ouvrière" et "Militance classiste révolutionnaire") ont, comme leur présentation le précise, une validité beaucoup plus essentielle, d'autant plus que, face à la répression, le dit petit milieu révolutionnaire ouest- européen a une fois de plus mani­festé son indifférentisme crasse, sa négation pratique de l'élémentaire soli­darité internationaliste. Au - delà de leurs déclarations auto - valorisantes et platoniques, une série de groupes ont eu une attitude les disqualifiant définiti­vement de la capacité à assumer les tâches élémentaires des communistes (l'attitude la plus grossière provenant du groupe trostkoïde O.C.I.-fusion gau­chiste entre les ex-N.L.I. et C.I.M.).

En France, une nouvelle promenade était organisée pour que les prolétaires réduits à la misère chantent à la gloire de la "solidarité nationale". Pour la bourgeoisie, il n'est aujourd'hui plus suffisant que les prolétaires se soumettent passivement à l'attaque de leur niveau de vie et de lutte. Devant le danger toujours présent de transfor­mation de cette résignation en révolte violente, la bourgeoisie prépare le terrain et veut que les prolétaires soient eux - mêmes demandeurs de sacrifi­ces . Pour ce faire, le front de tout l'éventail des organisations de la réforme "ouvrière" se mobilise pour nous entraîner derrière le drapeau national, pour que nous fassions notre autodafé. Des syndicats aux trotskistes, P.C., C.C.I., ... tous appelèrent à participer à la manifestation de la "solidarité" capitaliste, du maintien de la paix sociale.

Le G.C.I. est intervenu dans ce défilé au moyen de deux tracts, l'un concis et plus agitatoire, l'autre plus explicatif. Si la manifestation fut un échec par rapport aux "succès de foule" espéré, pour nous elle révèle au moins un refus, bien que passif, de se laisser piéger dans des magouilles politicardes.

Que ce ras-le-bol de la politique se transforme en rejet des syndicats et organisations bourgeoises de tout type et s'organise en révolte contre l ' Etat et l'exploitation. C'est la seule pers-


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pective globale pour ne pas se laisser bouffer par la "solution" capitaliste de la crise impliquant une exploitation encore plus folle et la destruction massive de prolétaires.

Nous republions également un tract diffusé lors de grèves "spontanées" ayant éclaté dans certains centres de tri postal de la région parisienne.

En Belgique, le tract (bilingue) visait à dénoncer l'une des plus fortes concentrations pacifistes (plus de 100.000 personnes) regroupant des gau­chistes aux nonnettes (chantant chacun leurs cantiques) jusqu'aux fascistes. Une telle concentration de moutons bêlant, prêts à se faire tondre, n'a comme fonction que le renforcement du consensus démocratique, le renforcement (dont le corollaire est celui de tout l'appareil terroriste d ' Etat) de la paix sociale, de la paix du capital.

 

-          LA REDACTION -

 

 

A bas toute solidarité nationale ! A bas la paix sociale !

 

Les syndicats nous invitent à défi­ler derrière le drapeau de la "solidari­té nationale" et du partage du travail:

- demander aux "actifs" de se sacrifier au nom de la "solidarité" avec les chô­meurs, c'est préparer notre écrasement à nous tous (en opposant les secteurs ouvriers entre eux);

- la revendication du "droit au travail" et du "travail pour tous" ne sert qu'à cacher que depuis toujours le développe­ment capitaliste produit et utilise des prolétaires en surnombre (pour faire pression sur les salaires, pour briser les grèves,...): le capital se débarras­se des prolétaires "excédentaires" (pour ses besoins à lui) en les laissant cre­ver de faim et en les envoyant s’entre-tuer dans des guerres toujours plus meurtrières.

 

ne pas partager la misère : l'abolir !

 

Assez d'illusions ! Si nous ne voulons pas crever, nous devons réap­prendre à lutter, nous devons renouer avec les méthodes de combat que notre classe a toujours utilisées pour défen­dre ses intérêts : cette lutte est in­dissociable de la lutte contre ce sys­tème et contre tous ses défenseurs.

Ce n'est pas avec des défilés, des délégations, des pétitions, en ac­ceptant la paix sociale que nous obtien­drons quoi que se soit. S'organiser dans les syndicats ? A trois reprises déjà (mars 1979, décembre 1982 et février 1983) ces marchands de sueur ont négocié et signé les diminutions de nos alloca­tions, ainsi que les augmentations des cotisations- chômage pour les "actifs"  Ce sont eux les champions de la défense de l'ordre et du travail salarié.

Assez de bavardages ! La logique du capital, c'est de nous imposer la paix sociale et de nous faire avaler la rigueur, la "régularisation de la situation des immigrés" (en fait leur expulsion que réclament tous les par­tis !), ce sont les restructurations, les licenciements, les TUC et autres congés- formation, bref, misère et guer­res. Opposons- y notre logique à nous: centralisons nos luttes avec celles que mènent et devront mener de plus en plus nos frères de classe de par le monde.


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Organisons- nous en dehors et contre les syndicats, contre toutes les frac­tions bourgeoises, contre toutes les barrières catégorielles, régionales, nationales et nationalistes,... par les actions directes pour nos besoins de survie et de lutte.

Il s'agit de refuser, de saboter toutes les campagnes chauvines, pacifistes, de solidarité nationale en opposant notre terreur de classe à la terreur  de l ' Etat, ses prisons et partis, son travail salarié, ses écoles, ses syndicats ses  armées,  ses huissiers et autres sangsues.

Organisons-nous nous-mêmes pour le renversement du système  d'exploitation.

 

Prolétaires au travail ou sans travail, une seule classe ouvrière !

 

Le syndicat des chômeurs propose le partage de la misère comme tous les syndicats, comme tous les partis, Pagan propose : sacrifices... et encore sa­crifices.

Du travail ? Le capital en donnera: pour un salaire de merde, des TUC, des TIC, demain des grands travaux, tout pourvu que les chômeurs ne foutent pas le bordel.

 

Chômeurs, actifs, soldats, ce n'est pas la santé de la France qu'il nous faut. Travail ou pas, crise ou pas, gauche ou droite, affirmons nos besoins contre la misère, commençons par sortir des syndicats, désertons les processions,  organisons nous contre tous ceux qui veulent notre sacrifice.

 

MORT A LA SOLIDARITE NATIONALE

NON A TOUT SACRIFICE

MERDE AU PARTAGE DE LA MISERE

A BAS LE CHOMAGE !

A BAS LE TRAVAIL !

 

GROUPE COMMUNISTE INTERNATIONALISTE

c/o l'Herbe rouge,

Ibis rue d'Alésia

75014 PARIS

FRANCE

 

Cette crise c'est la leur !

 

La gauche est passée maître hors- catégorie dans l'offensive anti - ouvriè­re; c'est au nom de la solidarité et de la modernisation qu'elle nous fait casquer : chômeurs comme actifs, immi­grés comme français, dans le privé comme dans le secteur public, chacun a droit à "son" plan de restructuration, à "ses" mesures de rigueur ! Avec en prime pour tous : plus de flics, toujours mieux organisés et mieux équipés... pour tuer nos luttes comme à Dunkerque, comme dans les prisons où le très huma­niste Badinter n'hésite pas à envoyer ses CRS déloger les prolétaires de 14 ans des toits de la prison du Bois d'Arcy.

La droite "ne trouve rien à y redire";  c'est à qui trouvera la mesure la plus efficace.

Le PC, ne parlant plus de sa récen­te participation au gouvernement, cher­che à se faire une nouvelle virginité à travers des actions- spectacle de type SKF, ce qui ne suffira jamais à le dé­barrasser de sa puanteur bourgeoise et chauvine.

Malgré ce large consensus, leur macabre "jeu" politique continue, sur­tout en préparation des prochaines éché­ances électorale. Ce qui intéresse la classe bourgeoise avant tout, ce n'est pas tant pour qui voteront les


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citoyens, mais c'est que les ouvriers délaissent le terrain de la lutte au profit de la politique bourgeoise, qu'ils participent au "jeu" politique, plutôt que de le combattre. En même temps les élections permettent à la bourgeoisie de s'assurer d'un maximum d ' adhésion à sa politique - comme en Italie où le très socialiste Craxi a réussi ce tour de force de laisser les ouvriers se prononcer démocratiquement en faveur des nouvelles mesures anti­ouvrières. a quand le référendum pour ou contre une nouvelle guerre mondiale? Nous n'avons RIEN à défendre de ce système pourri qui nous empêche de vivre et qui ne sait se maintenir qu'à condition d'affamer et de détruire cha­que jour un peu plus.

Nous devons détruire le mensonge selon lequel plus le capital serait gras, plus les salaires seraient élevés. Cela signifie dire non aux sacrifices, merde à l'économie nationale, se battre pour nos besoins de survie et de lutte, s'opposer aux syndicalistes qui n'ont le mot "lutte" à la bouche que pour mieux la saboter au nom de l'intérêt national et de la dignité ouvrière, cela signifie non seulement ne pas par­ticiper aux différentes campagnes poli­tiques (anti- terroristes, humanistes, pacifistes,...) mais encore les combat­tre, s'organiser contre, les saboter, cela signifie saboter les élections professionnelles ou autres, cela signi­fie aussi généraliser le non- respect de l'outil de travail, des stocks, du travail et de ses idéologies... CE SYSTEME EST POURRI, CONDAMNE  FACE A SES DEFENSEURS, LA SEULE FORCE CAPABLE DE L'ENTERRER, C'EST CELLE DE NOTRE CLASSE, DE NOS LUTTES, AU DELA DES FRON­TIERES SECTORIELLES, REGIONALES, NATIO­NALES,...

 

Il s'agit pour nous de s'organiser en dehors et contre les syndicats, de lutter contre la revendication des "droits" qui a comme seul résultat de nous diviser un peu plus pour n'aboutir qu'à une démocratisation de la misère, il s'agit d'opposer aux méthodes de "lutte" telles les pétitions, les manifs - bidons, les grèves symboliques ou autres journées d'action... telle­ment prisées par les syndicalistes, les perspectives de la lutte intransi­geante contre toutes les structures et appareils de l ' Etat bourgeois.

Nous savons qu'inévitablement, face aux sacrifices de plus en plus dément qu'exige le maintien de ce rap­port social d'eux, les prolétaires se­ront poussés vers la lutte pour la vie.

Ces luttes, dès aujourd'hui nous pouvons les préparer, pour leur donner des perspectives claires, classistes contre tous les saboteurs et réforma­teurs de ce monde. C'est dans cette perspective que nous militons.

 

SEPTEMBRE 1985

 

Enfin, nous republions le tract diffusé en octobre 1985 à Bruxelles lors d'une "vaste" manifestation paci­fiste.

Toi qui crois marcher contre la guerre. Toi qu'on ballade comme un mouton. Sache que ceux que tu suis aujourd'hui sont ceux qui cassaient les grèves hier. Sache qu'aujourd'hui comme hier ils te mènent à l'abattoir.

Quand tu refuses les diminutions de salaires, l'accroissement du chômage, les licenciements, les mesures d'austé­rité c'est encore eux qui te renvoient au boulot, eux qui t'obligent à la boucler et à te serrer la ceinture, eux qui exigent encore et toujours plus de sacrifices.

Toi qui ne veux plus crever au boulot ou au chômage.

Toi qui ne veux plus être une marchandi­se que l'on achète, qu'on presse et puis qu'on jette.

Sache que c'est cela la paix sociale, la paix que réclament les pacifistes: c'est la liberté de bosser ou de crever,

 


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c'est  lecombat quotidien pour joindre les deux bouts, c'est la dèche des fins de mois, c'est la lutte permanente pour survivre.

A la paix sociale ils opposent la guerre impérialiste mais quelle est la diffé­rence ?

A la guerre on mourra d'une balle dans le ventre, en période de paix on meurt de ne pouvoir se remplir le ventre, de ne pas pouvoir se vendre. Ne pas lutter contre l'austérité entraî­ne inévitablement le prolongement de la crise par la guerre, et le pacifisme n'est que la pacification sociale, la préparation tant idéologique que maté­rielle de la guerre impérialiste à venir.

Sache que lorsque nous serons trop nom­breux à ne plus pouvoir vendre notre force de travail, lorsque le capital ne pourra plus nourrir les prolos qu'il a rejetés au chômage, alors éclatera la guerre impérialiste, le grand nettoy­age pour supprimer un maximum de ces marchandises invendables et en surnombre que nous sommes, telles les tomates déversées sur les routes. Mais avant cela et pour faire passer la pilule de l'austérité ils tentent de nous ras­sembler dans cette manif dont le but est avant tout de nous faire taire, de casser nos luttes contre l'austérité, la crise, le chômage, de nous faire oublier que leur paix c'est la paix du capital ,c'est notre mort au même

titre que la guerre.

Les bourgeois  aussi  radicaux soient- ils nous entubent ! Ne nous laissons pas faire, 

Refusons de nous entre-tuer,

Unissons-nous contre cette vie de merde,

Unissons-nous  contre cette paix bidon qui mène droit à la guerre.

A BAS LA PAIX SOCIALE.

A BAS L'AUSTERITE.

TRANSFORMONS  NOTRE  HAINE  DE LA GUERRE ET  DE  LA PAIX  CAPITALISTE  EN GUERRE SOCIALE POUR LE COMMUNISME.

GROUPE COMMUNISTE INTERNATIONALISTE.

 

Cône Sud d ' Amérique Latine / Militance   Classiste  Révolutionnaire / Emancipation Ouvrière

 

Nous présentons quelques textes diffusés par des camarades dans le cône sud d'Amérique Latine; ceux-ci expriment la réémergence du prolétariat dans cette zone (réémergence encore embryonnaire, timide... après une des périodes les plus terribles de son histoire), ainsi que la tendance à la rupture classiste, s'affirmant sur base de l'associationnisme communiste.

Ces textes rédigés par Militance Classiste Révolutionnaire et Emancipation Ouvrière, durant la seconde moitié 1984 et la première de 1985 (jusque mai), s'inscrivent contre le courant, c'est-à-dire contre la pourriture régnante qui appuie et fête la fortification de l'état, sur base du changement de masque  "démocratique",  en Argentine, Uruguay, Brésil,...

C'est en Argentine où ce changement est le plus avancé, que le climat démocratique qui règne se concrétise pour le prolétariat par une misère qui croît chaque fois plus vite, par la comédie répugnante des procès (dans laquelle un secteur de l'état "juge" et, en réa­lité, recèle l'autre), par une vague impressionnante de sacrifices imposés au nom de la lutte contre le F.M.I., par le versement de la dette et sous le chantage permanent effectué au prolé­tariat. Que s'il proteste encore, ce sont les militaires qui reviendront. Tout l'éventail politique, des syndicats jusqu'aux trotskistes du M.A.S.


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du P.O.), en passant par les différents types de Péronistes ainsi que les forces gouvernementales, n'ont qu'une seule consigne : 1'anti-impérialisme, qui dans les faits implique un "vive la patrie", "vive le travail et les sacri­fices".

Contre tout cela, différentes expres­sions comme Emancipation Ouvrière (1) et Militance Classiste Révolutionnaire (2) émergent dans la région, et cer­tainement d'autres groupes, dont nous n'avons pas directement connaissance, qui par différents chemins, affirment différentes ruptures et font leurs des positions fondamentales du prolétariat révolutionnaire internationaliste. Ce qui est important à retenir dans les textes que nous présentons, outre que ceux-ci proviennent - cela va de soi ! - d'informations apportées par des camarades et non par la grande presse, c'est la réapparition des posi­tions révolutionnaires dans la région, la dénonciation de toutes les fractions du capital, ainsi que leurs différentes tactiques (syndicalisme, électoralisme, anti-impérialisme,...) et non pas telle ou telle expression de ce processus, comme par exemple le nom de tel ou tel groupe ou revue, qui dans tout proces­sus de renaissance des luttes est sujet à changement.

La réorganisation des minorités communistes est fondamentale pas unique­ment parce qu'elle sera l'expression vivante du prolétariat qui dans sa lutte contre l'exploitation s'oppose nécessai­rement au discours anti-impérialiste et démocratique de tout l'éventail poli­tique de l'état (en Argentine, Uruguay, Bolivie, Brésil, Pérou,...); ou que dans la lutte ils seraient les plus combatifs insistant toujours sur les intérêts de l'ensemble du prolétariat, sur le caractère international et révo­lutionnaire de la lutte contre l'exploi­tation; mais surtout parce que le prolé­tariat ne pourra se constituer en clas­se, en force historique révolutionnaire pour mener sa lutte au niveau de des­truction de toute la société bourgeoise qu'en concevant des minorités qui diri­gent ce processus.

Notre groupe qui participe et participe­ra dans la mesure de ses forces, à tout ce processus d'organisation de ces mino­rités, comprend ce processus non pas Comme le résultat de l'addition de différents groupes, ou comme un processus formaliste découlant de conférences et congrès où chacun essaie d'imposer ses idées aux autres, pas plus que comme l'adoption d'un programme minimum, sur lequel différents groupes se mettent d'accord, mais bien comme le résultat d'une réelle communauté internationale de lutte, comme nous l'avons toujours soutenu (3).

Les nécessaires discussions, centralisa­tions formelles, discussions interna­tionales, n'ont un sens révolutionnaire, que si elles concrétisent, structurent et formalisent un réel processus exis­tant de convergence pratique, de coïn­cidence effective d'action internationa­liste. Nous soulignons maintenant justement, ceci, parce que, encore une fois, un ensemble de groupes qui se proclament révolutionnaires, essaient encore de commotionner le "milieu" par un ensemble de créations de "parti in­ternational", aussi fantomatiques que sans principes, ce qui est une caracté­ristique générale du stalinisme et du trotskisme. Nous pouvons voir parmi ceux - ci la centième tentative des morénistes de constituer un cartel interna­tional (dénommé aujourd'hui "Ligue In­ternationale des Travailleurs") le bluff d'un parti lancé par l'unité léninoïde Battaglia Communista, C.W.O. en Angle­terre et l'unité trotskyste "Combat Communiste", Nuclei-C.I.M., et OCRIA (4). Les partis comme les révolutions peuvent être dirigés, mais jamais créés, inventés. Marx disait déjà "La Ligue comme la Société des Saisons (5) comme cent autres sociétés n'ont été que des épisodes de l'histoire du parti qui naît spontanément au sein de la société moderne".

Ce qui est important aujourd'hui ce n'est pas de lancer des manifestes s'autoproclamant le parti, mais d'agir sous forme consciente et organisée pour es­sayer de développer la tendance effecti­ve du prolétariat international à se constituer en une seule organisation mondiale.

Dans ce processus nous constatons que nous vivons encore une phase profondé­ment sectaire, dans laquelle chacune des expressions de ce même processus, au lieu de se demander : comment est-ce possible que l'on ne coordonne pas les activités ? ou chaque groupe inter­nationaliste au lieu de chercher les


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coïncidences pratiques, et d'assumer la centralisation effective, s'éternise dans des débats idéologiques stériles. Pour attaquer les bourgeois ou pour nous défendre contre la répression éta­tique, on ne demande pas à l'ouvrier que nous avons à côté de nous sur les barricades, s'il est d'accord avec l'en­semble de nos positions et même pas s'il limite notre communauté d'action dans le fait qu'il croit ou non en Dieu, ou que le socialisme se soit réalisé à Cuba.

Et cela non parce que nous considérons que ces choses ne soit pas importantes, en effet elles sont décisives, mais parce que la communauté de lutte du prolétariat n'est, ni ne peut être, un fait préalablement conscient, c'est un fait ou la pratique (d'opposition, de négation de tout ce qui existe) pré­cède la conscience.

La conscience ne vient pas comme le croit le social-démocrate ou le léninis­te au sein du prolétariat inconscient et qui développe une lutte économisiste; mais provient de la lutte prolétarienne elle - même, qui est essentiellement et simultanément, lutte contre l'exploita­tion et lutte révolutionnaire. Cette lutte, le prolétariat ne la com­mence pas par conscience, par sa vision du monde, mais parce qu'il n'a pas le choix : qu'il le veuille ou non, il est forcé par les circonstances à af­fronter le capital ! Il ne peut y avoir une réelle discussion, un véritable choc fraternel des positions pour s'ap­proprier le programme révolutionnaire qu'entre camarades, c'est-à-dire que une partie de cette communauté réelle de lutte.

Globalement nous pensons (et le lecteur du "Communisme" peut s'en faire une idée après lecture des textes précé­dents que avec les camarades du MGR et EO nous formons une partie du même processus international de reconstitu­tion de l'organisation internationaliste et révolutionnaire du prolétariat mon­dial, c'est ce que nous tentons et ten­terons de cristalliser dans une pratique la plus centralisée possible et cela malgré les profondes divergences qu'il y a avec certains camarades qui s'ins­crivent dans cette tendance.  Nous avons constaté de profondes diver­gences en discutant avec des camarades d'Emancipation Ouvrière ainsi que lors­que nous avons participé au processus

de formation du M.C.R., nous discutons et continuerons à discuter au sujet de ces divergences. Mais nous nous sommes retrouvés ensemble du même côté des barricades, à signaler que la lutte n'est pas entre libération et dépendan­ce, mais entre capitalisme et révolution sociale, à diffuser des tracts contre les élections en Argentine et Uruguay, à dénoncer le rôle répressif et anti­prolétarien des P.C., à dénoncer le rôle des amnisties, ainsi comme lors de la rupture avec le Comité des Rési­dents uruguayens en Argentine dirigé par les trotskystes, nous nous sommes aussi retrouvé ensemble dans les appels à l'internationalisme prolétarien face à la guerre intercapitaliste (ex: Angle­terre - Argentine) dans l'appel à la lutte contre les exploiteurs, contre tout sacrifice... tout cela dans une ambiance qui pousse juste au contraire: à la conciliation nationale, l'accord démocratique contre l'étranger,... c'est-à-dire que nous avons convergé pratiquement, nous avons agi même avant de nous connaître mutuellement (connais­sance encore superficielle aujourd'hui) en tant que partie de la même communau­té de lutte et cela dans une période comme celle d'aujourd'hui, c'est très important.

Le dernier numéro de la revue d'Emancipation Ouvrière (mai 1985) for­malise dans une certaine mesure cette naissance de la communauté d'action et s'est réalisé en même temps par E.O. et M.C.R. "en essayant de rompre avec les politiques sectaires et en combat­tant l'actuelle dispersion et les nom­breux isolements, en valorisant les accords existant sur des questions fondamentales, malgré qu'il y aie diffé­rents points de vue sur plusieurs thè­mes, nous décidons de tourner ensemble cette page le temps que nous pourrons ou jusqu'à ce que nous décidions du contraire" ce qui nous paraît suffisamment clair et honnête puisque en même temps que se concrétise une activité commune pratique, valable, classiste, révolutionnaire, nécessaire, indispensable, urgente, cela ne fait pas partie du bluff qui consiste à pré­supposer des accords totaux qui n'exis­tent pas, ou à autoproclamer la création artificielle d'un prétendu "Parti". Nous savons que les lecteurs mettront en valeur l'importance de ce processus


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de convergences entre révolutionnaires encore naissant surtout dans une période aussi merdique que celle-ci, en ce qui concerne la centralisation internationale de l'associationnisme prolétarien, ainsi que les différentes matières que nous présentons.

 

(1) Lors de la guerre Malouines, E.O. existe déjà et adopte une position internationaliste et révolutionnaire qu'il défend courageusement contre toute l'ambiance pourrie qu'il y a à  ce moment (c'est-à-dire le nationalisme Argentin).

(2) M.C.R. se constitue au milieu de l'année 1984 sur base de camarades de différentes origines et affirme dans sa plate - forme de constitution, la lutte pour l'autonomie du prolétariat, contre toutes les fractions du capital, contre l'électoralisme, le syndicalisme,... et appel à l'internationalisme contre le nationalisme.

(3) voir à ce sujet "contribution au regroupement des révolutionnaires" dans Le Communiste n°7 - juillet 1980".

(4) voir la critique de ce groupe dans le texte : "Encore une tentative trotskyste !!! dans Le Communiste n°12 -décembre 1981. Nous confirmons aujour­d'hui tout ce qui y est dit. Ce groupe continue à liquider les positions de classes que certains de ses membres comme le C.I.M. défendaient, cf. la consigne "en dehors et contre les syndi­cats" par exemple qui lui permit de se situer à la tête du prolétariat, il y a quelques années. Aujourd'hui c'est un conglomérat trotskyste qui participe au cirque électoral, qui col­labore et intègre les syndicats pour essayer d'augmenter le nombre de délé­gués syndicaux, qui appuie la guerre impérialiste en défendant tel ou tel état contre un autre considéré comme

impérialiste, qui se reconnaît  dans la NEP de Russie, qui appela au front unique,...

(5) "La Ligue" se réfère à la Ligue des Justes ensuite à la Ligue des Commu­nistes à laquelle ont participé Marx et Engels et qui édita le premier Manifeste du Parti Communiste. La Société des Saisons est une des structures du prolétariat en France dirigée par Blanqui. Nous soulignons au passage la conception internationaliste et non par, pays ou nation du parti de Marx.  (6)M.C.R. ne fut pas conçue comme une organisation monolithique mais plutôt comme une tendance qui reconnaît en son sein différentes positions comme celles de notre groupe (depuis l'origine il y eut des accords pour diffuser, faire connaître "Communismo" en Argenti­ne et Uruguay, ainsi que d'autres maté­riaux du G.C.I.), c'est pour cela que nous estimons nécessaire de souligner qu'il y a des divergences mais seulement avec certains camarades. Il se passe à peu près la même chose avec E.O. : les plus grandes divergences que nous pouvons voir jusqu'à présent (ex : l'u­nicité du capitalisme mondial, son es­sence universelle, la nature capitaliste ou non des pays de l'Est) s'exprime dans le fait que ce sont des thèmes sur lesquels E.O. ne s'est pas défini totalement et qui pour le moment ne sont des positions que de certains camarades de ce groupe.


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Dictature militaire ou démocratie  constitutionnelle: tout continue  comme avant ! ”

 

Presque systématiquement chaque dictature militaire, qui assume un gou­vernement, le fait avec l'intention de "restaurer la démocratie". On ins­taure un "processus de réorganisation" qui tentera de "sauvegarder la démocra­tie". Et intensifie immédiatement, la répression, l'emprisonnement, les massacres, et tout cela au nom de cette démocratie : tout est bon pour obtenir le noble propos de "rétablissement de l'ordre". Pour le prouver, il nous suffit de nous remettre à n'importe quel cas, tous curieusement apparentés. En Argentine, après de longues années de dictature militaire, le peuple au travers des élections de 1973 élit ses gouvernants. Après, en plein système démocratique, avec un gouvernement démo­cratiquement élu, avec des syndicats démocratiquement participatifs, tous contents et satisfaits de nos "libertés démocratiques" récemment inaugurées, les grèves constitutionnelles sont dé­clarées illégales, les délégués élus démocratiquement sont assassinés (Ortéga Pena) sans que n'apparaisse un responsa­ble, les universités se ferment par divergences idéologiques (Lyan), un précurseur de "l'économie du proceso" (nom que les militaires ont donné à son propre régime tyranique) nous réduit à la famine (Rodrigo), des journaux ferment ("l'Opinion"), on persécute, ou torture, on emprisonne et on assassi­ne férocement (Triple A). Mais nous sommes dans un "système démocratique" pour lequel le peuple a opté, il faut le supporter en démontrant être des bons citoyens. Après tout ce n'est pas tout le peuple qui subit les consé­quences, c'est seulement le prolétariat, et bon comme... cela a toujours été ainsi. Mais levant tant d'horreur, en 1976les forces armées ont fait un coup d'état avec comme but de "restaurer la démocratie". Le "proceso de réorga­nisation national" se met alors en mar­che, avec comme but évident de "sauve­garder la démocratie". Et après ce désir ardent démocratique, ils conti­nuent obstinément la tâche que le gouvernement précédent à ébauché : la démo­cratie. Ils perfectionnent la démocra­tie, ils ont prouvé avoir plus d'applica­tion dans ce travail, être plus efficaces pour arriver au même but: 1'écrasement du prolétariat.

Huit années ont suffit pour laisser le pays bien propre, sans qu'il n'y aie rien qui fasse fausse note, rien qui ressorte, c'est-à-dire écrasé, en paix, soumis, avec une économie de cri­se, c'est-à-dire la famine, dans un ordre dûment établi, c'est-à-dire avec la bourgeoisie restaurée. On peut même dire que leur "travail" a été en partie écologique, ils ont nettoyé le pays des "impuretés". Ils ont même fait plus, en montrant qu'ils étaient magi­ciens en faisant disparaître des gens, seulement voilà le truc n'était pas réversible; et ils ont aussi exalté la morale patriotique (il suffit de se rappeler le génocide des Mouines) Tous ces efforts que nous venons d'énon­cer ont été accomplis en faveur de la démocratie. Récemment, en 1983, il a été considéré que les choses n'allaient plus, qu'il était temps que le "peuple décide de lui-même". Et le peuple a élu démocratiquement et voté en "faveur de la démocratie". Nous ne pouvons pas nier que la démocratie accomplisse ses promesses : les prisonniers sont tou­jours enfermés, les disparus ne réappa­raissent toujours pas, les tortionnaires se reposent (ou plutôt reprennent des forces), la dette extérieure s'accroît sans cesse, les partis politiques se concertent, le capital se capitalise; c'est-à-dire que la boucle est bouclée, les mêmes continuent à raconter les mêmes mensonges, la bourgeoisie négocie sans pudeur entre elle, et le fait de ne pas payer ce qu'elle consomme est un détail sans importance. Comment pourrait-il en être autrement? Il est temps  que cela change, il existe une autre manière. Pour commencer il suffit de nous rendre compte que la démocratie n'est pas autre chose qu'une des formes que la bourgeoisie utilise pour nous maintenir opprimés.

 


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Tout d'abord une dictature militaire qui nous massacre et lorsqu'il n'y a plus rien à massacrer ou lorsque tant d'oppression commence à stimuler l'ac­tion, ils nous offrent la "démocratie", qui n'est qu'une illusion, une façade derrière laquelle le système nous impose la terreur d'état. C'est un jeu parfait pour que tout reste tel quel, pour main­tenir l'exploitation, pour continuer à s'approprier ce qui nous appartient. C'est ce qu'ils ont démontré. Nous devons démontrer que la révolution est possible, réalisable, et inévitable. Ce n'est que l'union du prolétariat défendant un programme classiste et révolutionnaire qui liquidera toute cette loufoquerie. La dictature du prolétariat est la seule qui nous libé­rera, en abattant notre ennemi qui con­tinuellement nous anéantit  socialement, culturellement, économiquement et physi­quement, quelle que soit la forme qu'il prenne.

Elections:

Je participe

Tu participes

II participe

Nous participons

Vous participez

Ils   (les  bourgeois) en profitent pour légaliser le : TERRORISME D'ETAT.

 

N'acceptons pas que se négocie le sang du prolétariat.

Face à l'intense lutte du prolétariat, le capitalisme en Uruguay comme en Ar­gentine change son image, sans démante­ler l'appareil répressif, sans juger, sans châtier les coupables des crimes, des tortures, etc…

Le pacte politico- militaire de la multi- partite assure la permanence légale et démocratique de la terreur d ' Etat. Si quelqu'un croyait que le front élargi était différent il se trompe; non seule­ment il signe le pacte, mais encore il le lève comme drapeau.

 

Démocratie = Dictature du capital. Non à l'électoralisme.

 

Nous appelons à : la lutte indépendante du prolétariat organisé en classe contre le capitalisme. C'est seulement comme cela qu'on pourra libérer les prison­niers pour lutter et détruire le terro­risme d ' Etat.

 

Militance Classiste Révolutionnaire.

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* M.C.R. fait référence à l'accord entre l'armée, le Parti Colorado et le Front Elargi pour rendre possible les élections et assurer aux militaires qu'ils ne seront pas considérés comme responsables de leurs crimes.

 

M.C.R.: Beagle

 

Ta nationalité n'est ni argentine, ni chilienne, ni anglaise. Ta nationalité c'est le travail. Les chaînes  qui  te sont mises ne sont pas celles de quelques militaires (Videla ou Pinochet), ni celles de la mauvai­se  politique  économique  d ' un Alfonsin, un Allende, ou un Péron. Ce sont les  chaînes  du capital, "les chaînes du salariat"  défendues autant par les uns que les autres (dictateurs

et démocrates).

Que le "Beagle" soit argentin ou chi­lien, cela n'a rien à voir avec notre misérable condition de vie. Les travailleurs argentins et chiliens comme ceux du monde entier ont un seul ennemi "le capitalisme". Nous n'avons pas une nation avec des frontières et des territoires à défendre, mais à abattre.

En Argentine  au Chili  comme  dans le monde  entier, il y a deux classes anta-

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goniques... "Les exploiteurs et lesexploités".

Les exploiteurs délimitent leurs terri­toires avec des frontières et, chaque région d'exploitation, ils l'appellent pays, nation, patrie. Les exploités n'ont rien dans cette nation, rien ne leur appartient, la seule liberté réelle qu'ils ont et que la nation leur garan­tit est celle de se vendre comme escla­ves, s'enchaînant au joug du salariat.

Les exploiteurs (bourgeois) et les ex­ploités (salariés) n'ont rien de commun à défendre, mais sont au contraire des ennemis irréconciliables, c'est pour cela que la consigne est :

"Que les bourgeois votent le 25. II n'y a que leurs intérêts qui sont en jeu".

 

Militance Classiste Révolutionnaire.

 

Plan   de lutte   du mois de Mai

 

Nous savons, pour l'avoir subi dans notre propre chair, que l'intérêt de la classe dominante, c'est d'augmen­ter ses profits, améliorer ses affaires, fortifier son économie, tout cela suppo­se en tant que contrepartie inévitable: plus de sacrifices pour nous, augmenta­tion du taux d'exploitation, du chômage, de la misère, de l'oppression. Et que fait toujours la CGT ? Elle dia­logue avec les gouvernements de service, elle mange avec eux des "asados", elle fait des accords avec le patronat, et parfois, sous pression des bases, elle appelle à faire certains débrayages, qui si elle n'arrive pas à les supprimer à la dernière minute, les impulse en tant que journées de paix, de réconci­liation nationale.

La situation actuelle est insupportable pour de larges secteurs de travailleurs. Des centaines, des. milliers d ' entre eux luttent, vont à la grève, mais de maniè­re isolée, dispersée, avec des objec­tifs limités. Beaucoup d'entre eux comme les ouvriers de l'usine Deckers ou Mirailles de Rosario et de nombreux autres doivent mendier des fonds... car ceux de la CGT et des syndicats sont prévus pour  des choses plus importantes... pas pour la lutte.

Au mois de juillet il y a eu des jour­nées avec plus d'un million de travail­leurs en conflit, comme cela se produit depuis 1983, mais d'une manière disper­sée et quasi ignorée. Quelle est la tactique employée par la bourgeoisie et ses agents dans le mouvement ouvrier? Sa tactique c'est l'isolement des lut­tes, saigner celles-ci, céder un peu pour le reconquérir après (par exemple avec l'inflation), mettre des écrans de fumée comme le Beagle, les activités parlementaires, les procès, les voyages, les visiteurs. Ils démobilisent laclasse ouvrière derrière la démocratie, le parlement, les consignes patrioti­ques. Ils organisent des fausses op­positions : civils/militaires, démocra­tie/coup d'Etat, impérialisme/peuple, paiement de la dette/non-paiement, alors que le problème est qu'il y a des ex­ploiteurs et des exploités, des bour­geois et des prolétaires. Il y a quelques jours la CGT s'est vue contrainte à appeler au débrayage pour le 23 mai, c'est-à-dire un mois plus tard !

Et ne croyez pas que cela soit pour mieux préparer une lutte massive, orga­nisée, combative contre le capital... NON ! C'est pour avoir le temps d’apaiser la combativité, pour négocier avec le gouvernement, pour se mettre d'accord avec le capital et débrayer avec lui. Si Triacca a proposé de faire un "arrêt de la production", c'est-à-dire avec l'UIA et d'autres bourgeois : joindre l'eau et le feu, l'exploiteur et l'ex­ploité, c'est pourquoi ? Pour que la classe ouvrière soit une masse de main-d'œuvre docile aidant la bourgeoisie dans ses affaires. Devant la crainte d'un éclatement social, le risque de débordement et l'impossibilité de con­trôle  qu'il y a à l'intérieur du pays sous pression des bases, la CGT s'est vue contrainte d'appeler au débrayage et aux actions dans diverses villes (30 avril à Rosario, le 9 mai à Tucuman, le 10 à Cordoba, le 16 dans le sud,...) avec comme objectif de canaliser les appels derrière la politique de con­ciliation des classes, derrière la CGT, pour empêcher tout processus de radicalisation, d'organisation, d'extension et d'unification de la lutte contre le capital.

NOTREOBJECTIF EST PRECISEMENT LE CONTRAIRE.

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le passage à tabac de ce militant révo­lutionnaire est en parfaite continuité avec le rôle de bourreau de dernier ressort que la bourgeoisie a confié dès le début aux trotskystes. A cet égard ils n'ont rien à envier aux stali­niens pour ce qui concerne la répression du prolétariat et ce n'est pas parce qu'ils ont dénoncé il y a exactement 50 ans, les exactions staliniennes que les trotskystes se sont empêchés d'uti­liser les mêmes méthodes ! ! ! Nous de­vons donc être clair et sans équivoque : le prolétariat dans le développement de son organisation autonome, dans sa constitution en classe, dans sa lutte contre toutes les fractions bourgeoises, devra inéluctablement passer par l'af­frontement avec les "staliniens honteux" que constituent les trotskystes. Ceux-ci ont toujours été les ennemis les plus acharnés des tentatives d'organisa­tion autonome du prolétariat que seule la gauche communiste internationale a, de tout temps, soutenue de façon con­séquente. Depuis que la gauche commu­niste mexicaine a dénoncé en 1938, le travail policier et répressif des fonda­teurs de la IVeme Internationale à Mexi­co, depuis que la gauche italienne a dénoncé le passage total et irréversible du trotskysme dans le camp du Capital par son alliance avec la bourgeoisie du bloc "démocratique", et par sa prati­que contre-révolutionnaire en Espagne, beaucoup d'eau à coulé sous les ponts et les trotskystes ont participé aux parlements, aux assemblées constituan­tes, ont constitué les forces de choc pour la défense des syndicats, ont ap­puyé ou intégré les gouvernements de tous bords, ont recruté et encadré desmilliers de prolétaires pour la guerre impérialiste, sous prétexte de libéra­tion nationale ou de défense des "Etats ouvriers" (réelle défense d'un bloc du Capital financier international et de la lutte pour les marchés).

La politique de délation du M.A.S. (ex P.S.I., parti socialiste de travail­leurs "moreniste") est en cohérence totale avec ce qui précède. Il ne s'a­git pas d'une politique ambiguë ou d'un opportunisme du M.A.S., comme semble le penser les camarades de E.O.-M.C.R., mais du fait que le trotskysme, en tota­le cohérence avec son être propre, sa pratique et son programme, a un devenir historique : jouer le rôle des Noske dans la prochaine vague révolutionnaire.

Nous appelons les internationalis­tes de tous les pays à dénoncer le rôle délateur et policier des trotskytes argentins du M.A.S., ainsi que celui de ses pairs au niveau international, à faire connaître l'opposition irréduc­tible entre la lutte pour les intérêts prolétariens et la défense des syndi­cats, a faire savoir qu'il nous faudra toujours affronter les représentants du M.A.S. et de ses organisations soeurs dans le monde, et à exprimer par tous les moyens la solidarité active et mili­tante aux camarades de Militance Classiste Révolutionnaire, d'Emancipation Ouvrière, ainsi qu'à tous les prolétai­res "sans parti" qui luttent pour la révolution sociale internationale pour la dictature du prolétariat visant à l'abolition du travail salarié.

 

G.C.I.


CE23.3.1 NOUS SOULIGNONS