Chaque année, le bilan est plus lourd et les chiffres records   sont battus... En 1984, l'ONU déclarait officiellement la mort de22 millions d'enfants du fait de la famine qui toucherait 2.5OO  millions de gens (et ces chiffres officiels ne reflètent qu'une partie de l'ampleur du massacre quotidien  qui se déroule sur toute la   planète). Les dernières informations annoncent l'agonie de plusieurs millions d'hommes, de femmes et d'enfants en quelques mois, principalement dans les pays sahéliens et au Mozambique...

La famine s'abat plus forte et plus étendue, se faisant chaque fois plus meurtrière ; cela la bourgeoisie ne peut même plus le cacher; il ne lui reste qu'à rejeter la responsabilité de ce génocide sans commune mesure dans l'histoire, sur des causes "naturelles", « extérieures à son système de domination mondiale » ou encore à s'en servir dans sa propagande impérialiste : "c'est le système pseudo- communiste qui est le plus touché" ou à l'inverse "c'est l'inégalité et la domination impérialiste qui est responsable", etc. D'une manière ou d'une autre, les prolétaires affamés semblent être les victimes de forces supérieures qu'ils se sont résignés à accepter avec plus ou moins de fatalisme. Ces morts ne vont pas simplement dessécher dans des fosses communes; les bourgeois les utilisent pour que, même la panse vide et la peau sur les os, ils pèsent encore sur le cerveau des vivants, de manière à annihiler la moindre perspective révolutionnaire et à plier les morts- vivants du capital aux "lois infaillibles du destin".

La bourgeoisie reproduit ainsi les famines : les génocides

comme ceux-ci sont engendrés uniquement par le mode de productioncapitaliste. Dévoiler ces faits est une nécessité qui fait partie des luttes de démolition complète de cette société dont les échos nous parviennent de ces régions.

Le point de vue bourgeois :

« Des millions de gens meurent de faim et mourront encore, soumis au verdict impitoyable des "fléaux naturels". "La sécheresse, les maladies tropicales, etc., accentuent encore les inégalités économi­ques entre les pays développés et sous- développés". "Plus que jamais, les gouvernements doivent unir leurs efforts afin de vaincre ces calamités grâce au développement économique dans le cadre de l'Orga­nisation des Nations Unies. »

La thèse de notre classe :

Des millions de prolétaires -forces de travail excédentaires à la valorisation du capital- sont affamés et détruits partout dans le monde. Ces prolétaires ne sont pas les victimes d'un "fléau naturel", mais au contraire sont les vaincus -temporaires- de la guerre de classe internationale entre bourgeois et prolétaires. Rejetés dans les déserts ou intoxiqués dans les grandes villes indus­trielles (cf. l'assassinat massif à Mexico et à Bopal) ou encore, mobilisés sur les fronts des guerres impérialistes, les prolétaires sont contraints à survivre dans l'environnement "naturel" créé et engendré par le capital. La sécheresse, l'avancée du désert, l'épuisement des sols, le déboisement, la pollution des rivières... qui forcent des centaines de milliers de prolétaires à émigrer vers les bidons- villes, si ce n'est directement dans les « camps de réfugiés » ne sont que les produits de la course capitaliste au taux de profit le plus élevé. Les problèmes de "sous- développement" et de "désertification" n'ont vu le jour et ne cessent de s'accroître qu'en interaction avec la constitution de pôles de concentration des richesses. Chaque centre de développement produit son pôle opposé dans lequel est entassé un nombre toujours plus grand de prolétaires plus démunis que jamais (cf. les bantoustans autour des centres industriels en Afrique du Sud, les banlieues ouvrières autour des villes industrielles...) Le problème n'est pas une "inégalité économique" qui prévaudrait entre de soi-disant "pays sous- développés" victimes et générateurs de la crise et "pays développés" qui reporteraient la crise sur les "nations opprimées", mais dans tous les Etats, l'antagonisme de classe entre bourgeoisie et prolétariat, entre appropriateurs du capital et dépossédés de tout moyen de production. La crise mondiale de valorisation du capital contraint chaque Etatà se débarrasser de forces productives (dont la force de travail est la principale) en affamant desmasses de prolétaires et ce, tant aux Etats- unis d'Amérique qu'en Russie, Pologne, Afrique du Sud,...

Le point de vue bourgeois :

"Des mesures politiques de réformes réalistes parviennent au niveau local et national —révolution verte, révolution culturelle, etc.— à enrayer les famines. A côté des grands aménagements agro- industriels, chaque gouvernement doit promouvoir une agriculture vivrière qui se base sur des technologies appropriées aux différents lieux de production afin de permettre l'auto- subsistance des citoyens."

La thèse de notre classe :

Voilà des années que la famine gigantesque qui atteint tous les Etats d'Afrique et du monde était prévue sans qu'aucune politique, sans qu'aucun gouvernement ne puisse l'endiguer. Qu'elle soit conçue, planifiée dans une coopérative villageoise, une "commune" ou un com­plexe agro- industriel, la production reste déterminée par les lois générales du capital. Le prolétaire n'obtient ses moyens de subsis­tance qu'autant qu'il est producteur de survaleur. L'essence de la production capitaliste n'est pas de satisfaire les besoins vitaux des prolétaires, le capitalisme crée ses propres besoins (ceux qui permettent la valorisation du capital) et ne rencontre ceux des pro­létaires que de manière contingente. Déterminée par la valorisation du capital, la politique bourgeoise n'est capable que de s'adapter à ce qui est, sans transformer aucune des lois économiques du capital. Ces lois sont pour la bourgeoisie, des "lois naturelles" auxquelles il faut s'adapter avec réalisme. Le réformisme humaniste des bour­geois n'a d'autre résultat que de plier des millions de "victimes" à son propre fatalisme (cf. la politique du "Grand bond en avant" des maoïstes qui se solda par l'extermination par la famine et la répression de 30 millions de prolétaires en Chine) en les parquant dans des camps de réfugiés où les ont "attirés", outre les fusils et matraques des flics du coin et du monde entier, la carotte des distributions d'"aides alimentaires" et autres "secours d'urgence" auxquelles les associations d'aide au "tiers- monde" nous proposent de contribuer ! Les prolétaires enfermés, gardés, enchaînés dans des camps où les bourgeois les contraignent à attendre leur maigre pitance, voilà la réalité cachée derrière les "images chocs", les "images de vérité" de ces hommes, femmes et enfants affamés et battus

qu'on nous sert comme nourriture spirituelle surle chemin du boulot.

Le point de vue bourgeois :

« Ce ne sont pas seulement les gouvernements, mais chaque citoyen qui doit exprimer sa solidarité à travers un effort supplémentaire   en faveur des pays et peuples déshérités. C'est en luttant contre le gaspillage, en se serrant la ceinture, en travaillant avec plus d'ardeur que nous pouvons récolter de quoi aider les pauvres, que    nous motiverons les pays retardataires à prendre part au développement économique. Participer aux récoltes de vivre, de vêtements, d'argent, soutenir les actions non- violentes de conscientisation de la population et de pression sur les pouvoirs publics… »

La thèse de notre classe :

Ce que les prolétaires naïfs retirent de leur salaire et donnent à l'Etat et aux organismes humanitaires d’aide au développement sert de monnaie d'échange à certains services économiques et politiques. Les caisses de vivre, de médicaments n'arrivent pas seules au Tchad, en Tunisie, au Mozambique ou au Zaïre : les contingents de paras ou légionnaires qui les accompagnent (cf. les forces aériennes qui prêtent gentiment leurs avions pour transporter toutes ces choses), viennent y défendre les intérêts de l'Etat capitaliste mondial encadrant les forces locales, restructurant les corps de gendarmerie et/  ou réprimant eux- mêmes les luttes ouvrières comme au Tchad, en Tunisie, au Maroc pour ne citer que les exemples les plus connus. Les  "efforts supplémentaires" requis pour la solidarité participent directement au maintien du consensus national indispensable à tous  les gouvernements pour renforcer leurs politiques d’austérité, de sacrifices qui nous conduisent directement dans les camps de famine  et de travail. "Je t'envoie mes paras et mon aide alimentaire à la  condition que tu fermes tes frontières, que tu accueilles les immigrés en séjour illégal dont je voudrais me débarrasser,... " telles

sont les données du marchandage de la "solidarité" et de « l’aide » au  développement... de manière à reléguer les prolétaires indésirables dans des déserts, afin qu'ils y crèvent dans l'ordre et le calme.

Nous faire bosser toujours plus et avaler la pilule amère de l'austérité pour « sauver l'économie nationale » sous prétexte qu'ici nous sommes des privilégiés, que nous sommes mieux servis qu'ailleurs où "les gens affamés crèvent par centaines tous les jours" alors que c'est ce capital, cette bourgeoisie qui défend les mêmes intérêts de classe partout, qui détermine corrélativement le travail plus dur pour les uns et la famine pour les autres, voilà le fondement de cette "solidarité" puante avec laquelle l’Etat nous endoctrine.

C'est avec des barricades dans vos villes, les grèves les plus générales, le pillage de vos centres commerciaux, que nous vous ferons goûter la saveur de notre solidarité de classe. C’est en vous rappelant pratiquement les dernières luttes ouvrières contre vos famines, au Maroc, en Tunisie, en Afrique du Sud,... que nous contribuons à détruire de fond en comble votre système de famine et de mort.


CE21.5.4 La bourgeoisie nous affirme