DE LA FEB (Fédération des entreprises de Belgique)... AU PTB
(maoïste), DE L'EXTREME- DROITE A L'EXTREME- GAUCHE

TOUS UNIS POUR NOUS ENVOYER BOSSER!

A la suite de la manifestation/promenade dans les rues de Bruxelles, organisée par les syndicats, le 26 février, plusieurs journaux se sont indignés de lire ou d'entendre certains des mots d'ordre de toujours des communistes: A bas le travail! A bas la
paix sociale! Syndicats = flics du patronat! Aucun sacrifice!
Sabotons l'économie nationale! La "Libre Belgique", journal démocrate chrétien, parle de slogans provocateurs; "Solidaire", journal du PTB, quant à lui, dans la plus pure des traditions staliniennes, met en rapport quelques pavés lancés en fin de
manifestation par "un petit nombre d'excités" (sic!) et les mots d'ordre cités plus haut pour, après avoir cité nommément le GCI, dénoncer "l'arsenal de la parfaite provocation policière". Le procédé est classique: staliniens comme chrétiens nous ont habitués depuis bien longtemps à mettre des actions de classe sur le compte de la provocation policière. Mais se faire traiter de flic par ces auxiliaires de l'ambassade de Chine en Belgique et candidats gestionnaires du capital en Belgique, est pour le moins cocasse! Lorsqu'on connaît le rôle de gendarme qu'assume cette fraction de la bourgeoisie mondiale dans diverses parties du monde (cf. le soutien apporté par la Chine aux Pinochet, Mobutu et autres crapules exploiteuses), lorsqu'on pense aux camps de travail, aux massacres de prolétaires en Chine même, on ne peut qu'être choqué devant tant de mauvaise foi et d'hypocrisie.
Heureusement, les communistes ne se basent pas uniquement sur ce que les bourgeois disent d'eux- mêmes, mais bien sur ce qu'ils font! En URSS, en Chine, à Cuba,... le capital a beau mettre des tonnes de peinture rouge sur sa façade et s'autoproclamer communisme achevé (ou en passe de l'être: socialisme!) il n'en continue pas moins de porter toutes les caractéristiques mercantiles du capitalisme: travail salarié, propriété privée, classes aux intérêts antagoniques,...

Les militants du PTB, comme tous les gauchistes, coincés dans leur soutien à telle ou telle fraction du capital, sont incapables de se placer du point de vue du communisme (ils se gardent bien de le décrire)! Ils s'arrêtent dès lors à l'image d'un capitalisme "idéal", épuré de ses contradictions, de ses "mauvais côtés". Avec
cette vision, la perspective communiste d'abolition du travail devient glorification, défense acharnée de cette activité aliénée, indispensable à l'accumulation capitaliste. Voilà pourquoi, de l'extrême- droite à l'extrême- gauche, les défenseurs du capitalisme brutal ou idéal, belge ou chinois, ne font plus qu'un lorsqu'il s'agit de traiter "d'irraisonnables" ou "d'utopistes" ou encore de "flics", les ouvriers qui tentent d'affirmer en quoi réclamer le "droit au travail", c'est réclamer le droit de se
faire exploiter!!!

"Irraisonnable", Engels (?!) lorsqu'il écrit:

"Le travail forcé est la torture la plus cruelle, la plus dégradante. Rien n'est plus terrible que de devoir faire du matin au soir quelque chose qui vous répugne. Et plus un ouvrier a des sentiments humains plus il doit détester son travail."
(Situation de la classe laborieuse en Angleterre - 1854)

"Utopiste", Marx (?!) lorsqu'il écrit:

"Dans toutes les révolutions antérieures, le mode d'activité restait inchangé et il s'agissait seulement d'une autre distribution de cette activité, d'une nouvelle répartition du travail entre d'autres personnes; la révolution communiste par
contre, est dirigée contre le mode d'activité antérieur, elle supprime le travail et abolit la domination de toutes les classes en abolissant les classes elles- mêmes."
(Idéologie allemande - 1847)

Etonnant que le PTB, gardien acharné de "l'orthodoxie marxiste- léniniste" n'ait pas retenu ces intéressants passages!!!
Devinette: PTB, qui peut dire ce que cachent ces trois lettres???... Parti du Travail de Belgique!!! On comprend maintenant la rage de l'ex- TPO devant d'aussi cruels slogans que "A bas le travail!"

Reprenons encore une dernière petite citation de Marx, de quoi faire rugir ces tristes marxologues: "II ne s'agit pas d'affranchir le travail, mais de le supprimer" (Idéologie allemande). Dangereux d'aller répandre de semblables paroles
auprès des prolétaires! Le PTB préfère présenter cette perspective comme utopique et exiger plutôt du travail pour tous... ce que même en période de prospérité, le capital n'est jamais parvenu à réaliser! Où est l'utopie?

Lorsque nous revendiquons le mot d'ordre communistes "A bas le travail!" c'est bien entendu en comprenant le travail comme l'expression la plus forte de l'aliénation de l'homme, de son extraénisation, comme la perte de son caractère humain. Le communisme ne libère pas le travail (comme si cette activité avait
simplement été pervertie par le capital) mais le détruit, comme il détruit toutes les séparations, notamment celles entre activités productive, ludique,... créative,...

C'est pourquoi, depuis Marx, les révolutionnaires ont reconnu dans le rejet du bagne du salariat, dans l'absentéisme, le sabotage,... une expression fondamentale de la lutte de classe révolutionnaire du prolétariat, pour s'émanciper de l'esclavage du travail, pour se nier en tant que classe exploitée, pour le communisme.

Contrairement à tous les apologistes du travail, des nazis aux staliniens, des démocrates aux pseudo révolutionnaires, "A bas le travail!" est l'un des mots d'ordre concrétisant le plus clairement le contenu subversif du communisme. De même que le communisme, en supprimant l'exploitation du prolétariat (qui est
la forme de l'exploitation de l'homme par l'homme sous le capitalisme), supprime toute exploitation, en abolissant le travail salarié (qui est la forme de cette activité aliénée qu'est le travail sous le capitalisme), abolit tout travail, pour enfin
réaliser l'activité humaine .

Le PTB s'est également indigné du slogan: "Syndicats = flics du patronat"! Quel plus bel exemple pourrions- nous donner pour étayer ce mot d'ordre que la réalité elle- même! Camarade, à une prochaine manifestation, lorsque l'envie te prendra d'exprimer ta haine de classe en balançant du pavé sur la flicaille, observe
bien l'attitude du cordon syndical. Dans un premier temps, tu pourras remarquer qu'il se place exactement entre les deux camps, dans le but évident d'éviter les affrontements. Mais dans un second temps tu pourras aussi remarquer que les cordons syndicaux n'empêchent pas les flics de donner l'assaut, mais sont bien
tournés vers, c'est- à- dire contre les manifestants et constituent ainsi un deuxième rempart devant la volonté des prolétaires à opposer leur violence à celle de leurs exploiteurs. C'est dans la réalité de l'affrontement que se définissent les
classes et ici, l'image est on ne peut plus claire: d'un côté le prolétariat, de l'autre les forces de l'ordre bourgeois, qu'elles portent le brassard de la police, de la gendarmerie ou des syndicats,...

Le PTB nous accuse "par toutes ces provocations" (les slogans cités plus haut) de tenter de "convaincre les gens raisonnables que les communistes veulent détruire les syndicats, l'économie et qu'ils sont contre le travail" (texto). Et bien, là au moins les
choses sont claires: sans humour, ces sinistres représentants de la politique chinoise viennent d'affirmer (pour les renier!) trois points essentiels du programme communiste! Oui, les communistes appellent les prolétaires à s'organiser en dehors et contre les syndicats, comme en dehors et contre toutes les structures de
l'Etat bourgeois! Oui, les communistes appellent au sabotage de l'économie nationale, car "l'ennemi est dans notre pays, c'est notre propre bourgeoisie" (K.Liebknecht). Oui, les communistes ont comme perspective la dictature du prolétariat pour l'abolition du travail salarié!
Pour plus de développement de cette question, nous vous renvoyons aux articles: "De l'aliénation de l'homme à la communauté humaine" dans Le Communiste n?14; "Activité humaine contre travail" dans Le Communiste n?14 également et "A propos de l'apologie du travail" dans Comunismo n?12.




CE16.2.5 Nous soulignons: Belgique: De l'extrême gauche à l'extrême droite: tous unis pour nous envoyer bosser