L'expulsion du Nigéria de deux à trois millions d'immigrés, en janvier dernier, montre encore une fois clairement, que la bourgeoisie n'a à nous offrir que toujours plus de misère, toujours plus de terreur, toujours plus d'exploitation.

Les âmes sensibles vont encore une fois s'indigner, les humanistes demander l'aumône, les gauchistes et le pape revendiquer plus de justice sociale, les "démocraties occidentales" demander un effort de solidarité, niant le fait que
l'exode est inexorable sous le capitalisme, qu'il est le lot quotidien de tous les prolétaires, obligés, pour survivre, de quêter du travail là où le capitaliste investit et rejetés s'ils ne produisent plus assez de valeur. La bourgeoisie, au Nigéria,
n'a, il est vrai, pas cherché à dissimuler son intention de se défaire rapidement d'une main d'oeuvre excédentaire qui, aujourd'hui, à cause de la crise mondiale du capitalisme, plutôt que d'être un facteur favorable à la rentabilisation (faire baisser
les salaires), devient un ferment des luttes ouvrières, les prolétaires comprenant qu'ils n'ont plus rien à perdre que leurs chaînes.

Nos bourgeois auraient préféré que les expulsions passent inaperçues ou du moins comme une juste conséquence d'un droit accordé aux bons immigrés qui possèdent un permis de travail et participent à l'effort national, comme cela s'est passé en France où déjà des dizaines de milliers de prolétaires ont été reconduits
à la frontière, sans pour autant émouvoir l'opinion publique

"Le gouvernement nigérian a un droit inaliénable à s'assurer que des immigrants indésirables ne submergent pas le pays. Cependant, nous pensons honnêtement qu'on aurait pu traiter cette question différemment en permettant à ces immigrants de quitter le Nigéria de façon ordonnée."

Voilà résumées par un dirigeant de la Confédération Nigériane du Travail, les raisons de l'indignation de certains bourgeois.

Quand des millions de prolétaires sont rejetés comme des tomates invendables, entassés pendant des jours par milliers dans le port de Lagos, sans nourriture ni soins, fuyant à pied ou serrés comme du bétail dans des camions, piétines, frappés, volés, puis enfermés dans des camps de transit, camps de travail, nos exploiteurs n'y voient qu'un problème de mauvaise organisation, un manque de développement du capitalisme, une mauvaise répartition des richesses, alors que les communistes y voient l'affirmation de l'essence même du capitalisme, la logique d'une classe qui, pour continuer à s'enrichir, doit exploiter, jusqu'à exterminer, toujours plus de prolétaires.

Pour maintenir la domination, le capitalisme doit, partout dans le monde, chaque fois plus sacrifier de prolétaires sur l'autel de la valeur. Des boat- peoples vietnamiens, aux camps palestiniens en passant par les réfugiés haïtiens et les expulsés du Nigéria, sans oublier les millions de chômeurs dans la CEE et
aux USA,... c'est la même classe ouvrière qui crève pour le capital.

La classe ouvrière au Nigéria, malgré des velléités de lutte (en novembre 1982, il y eut grève générale des 30.000 dockers du port de Lagos), n'a pas opposé de réelle résistance à l'attaque portée contre elle et la répression en fut d'autant plus forte que les prolétaires se sont présentés divisés devant elle.

Accepter aujourd'hui l'austérité et les restrictions, rester passif devant les attaques répétées de la bourgeoisie contre les prolétaires immigrés, c'est préparer pour demain l'écrasement de toute la classe ouvrière.

Refuser tout sacrifice, saboter l'économie nationale, lutter contre la bourgeoisie qui nous fait face, c'est être solidaire avec nos frères de classe d'ici et de là- bas.

La bourgeoisie nous divise pour mieux nous massacrer. Contre toutes ces divisions, une seule classe ouvrière pour l'abolition du travail salarié.




CE16.2.3 Nous soulignons: Nigéria: la solution bourgeoise: nous faire crever