Tous les gouvernements du monde refoulent, expulsent, chassent leurs "étrangers". "Il ne faut pas confondre générosité et laxisme ... « Nous ne payerons pas le chômage des immigrés », tels sont aujourd'hui les propos tenus par les bourgeois qui, il n'y a pas vingt ans, en­courageaient l'immigration. Dès qu'elle n'est plus rentable, la force de travail est rejetée et les prolétaires rejetés aux poubelles de la société; le seul fait d'exister, d'avoir des besoins vitaux, à sa­tisfaire devient de trop pour les rapaces qui nous gouvernent.

 

En R.F.A., le gouvernement, libéral, se charge d’appliquer les derniers, règlements pris par l'ex‑ ministre, social‑ démocrate, dont le principe lapidaire est "d'encourager à tout prix le retour au pays des immigrés". Les petits- fils des bourreaux Noske et Scheideman n'ont à offrir aux deux millions de Turcs vivant encore en R.F.A. que les fusils et les camps des militaires en Turquie. Les Etats‑Unis limitent à 450.000 par an le nombre des immigrants; les employeurs ne peuvent embaucher des personnes que si elles sont américaines ou porteuses d'une autorisation de résidents provisoires, or il y a entre 14 et 15 millions ‘’d'illégaux" et c'est par centaines de milliers qu'arrivent annuellement des hommes, femmes et enfants fuyant les champs de ba­taille d'Amérique latine, les camps de travaux forcés de Cuba, d'Haïti, du Vietnam, du Cambodge, etc., financés par les capitaux du monde en­tier! La législation belge en préparation est explicite quant au cli­mat de répression et de restriction qui s'étend partout: quasi suppression des permis de travail à durée illimitée et son remplacement par des permis de travail (et donc de séjour) octroyés pour un employ­eur unique et pour une seule activité! Les socialistes français et leurs rabatteurs trotskysto‑ démocrates se sont fait les propagateurs d'avant‑ garde de cette campagne internationale du capital, à telle enseigne que les U.S.A. et l'Italie s'inspirent de la méthode "socialiste" pour durcir leurs propres projets.

 

C'est en mettant en avant le principe "des droits des travailleurs immigrés", « la régularisation des sans papiers », la lutte contre l'im­migration "clandestine" que le gouvernement français, en collaboration avec les polices des Etats d'origine et avec l'aide des organisations humanitaires et politiques des immigrés, a systématisée le flicage et le repérage, la fermeture des frontières et a dressé un énorme dispo­sitif de rafle. L'opération de régularisation permet au gouvernement de mettre un arrêt définitif de toute arrivées les candidats à la régu­larisation devant faire la preuve de résider en France avant le mois de janvier 1981. Elle instaure un processus de refoulement massif pro­gressif, misant tout sur la division par catégories et la concurrence entre prolétaires: les candidats doivent justifier un contrat de tra­vail d'un an ce qui exclut les intérimaires et les chômeurs, de plus la régularisation est temporaire et n'est valable qu'une année, ce qui signifie la menace d'expulsion à la fin de l'échéance. Dorénavant, tout "fraudeur" repéré est automatiquement expulsé. Contrairement à ce qui est annoncé, un tel chantage ne vise qu'à renforcer l'exploi­tation des "clandestins" ainsi que des « réguliers »: "Comparée aux chiffres de 300.000 clandestins en France, la régularisation de 130.000 personnes peut être considérée comme un succès très satisfaisant; dé­sormais, la loi sera appliquée avec vigueur!" (Autant secrétaire d'Etat aux affaires sociales et à la solidarité nationale)!

 

Les "droits des travailleurs immigrés" ne sont rien d'autre qu'une arme de la bourgeoisie pour développer les divisions par catégories, le racisme et le nationalisme. ‘’L’égalité des droits" est octroyée à l'ouvrier immigré qui répond aux critères du bon citoyen français, celui qui défend l'intérêt national, la justice sociale et la légalité de la mère patrie. L'immigré irrégulier, "non‑ contrôlé", sans papiers est mis au pilori parce que déserteur de son pays et illégal dans l'autre, il concrétise le fait que le prolétaire n'a pas de patrie. C'est au nom de "la sincérité des travailleurs français", de la chasse "aux ennemis du droit de la nation", que l'opération de bouclage des frontières et de contrôle d'identité s'effectue. Les 7.000 agents de police nationaux, les 2.000 gendarmes et les 1.500 policiers de l'air et des frontières nouvellement affectés selon le plan "antiterroriste" ont pour tâche essentielle de chasser les immigrés et autres prolétai­res "illégaux", . . . (Mitterrand a clairement signifié qu'il combattait tout ceux qui prônent la violence et qui ne respectent par l'ordre démocratique). La campagne pour "les droits des travailleurs immigrés" destine le prolétaire immigré à donner le ton à l'ensemble des prolé­taires: être un sujet reconnaissant envers l'Etat bourgeois d'avoir du travail, être disposé à accepter les sacrifices que lui impose sa situation précaire, être l'agent et la cible du racisme et du natio­nalisme à travers le soutien aux mesures "d'intérêt national".

 

Le flicage, les restrictions de revenus aux "mauvais éléments", l'isolement de ceux qui n'acceptent pas les mesures d'austérité, la dispersion de tous ceux qui ont de moins en moins à perdre et tout à gagner dans la lutte touchent toute la classe ouvrière sapent son unité et sa force. Il n'y a pas de terrains spécifiques à "la lut­te des immigrés" mais une spécificité de la lutte du prolétariat con­tre l'intérêt sacré de la "nation"., contre les sacrifices qu'impose le respect de l'économie capitaliste, contre l'Etat bourgeois, sa lé­galité, son ordre, sa justice. C'est cet internationalisme qu'il nous faut organiser, contre les actuels et incessants coups de force de la bourgeoisie, contre les campagnes nationalistes pour les "droits des immigrés"!

 

 

 


CE15.3.1 Nous soulignons:

"La régularisation des sans-papiers" à l'avant-garde des campagnes racistes, anti-immigrées