A la demande des syndicats argentins, la guerre des Malouines a été déclenchée pour briser un mouvement de classe qu'ils ne parvenaient plus à contenir: "Allez tirer sur les soldats anglais plutôt que sur les ouvriers argentins". Comme si ce n'étaient pas des prolétaires qui sont massivement exterminés dans les guerres impérialistes. Les syndicats ont bien compris que seule la guerre pourrait recréer une unité nationale qui permettrait d'entraver le mouvement ouvrier. Cette unité a été telle que même les Monteneros (guerilléristes de gauche) ont appelé à une manifestation pour "défendre les Malouines", en fait, pour soutenir le gouvernement . En envoyant les prolétaires se battre sur l'un des fronts d'une guerre impérialiste, toutes les crapules bourgeoises se dévoilent. Extrême gauche, gauche, centre et ainsi jusqu'à l'extrême droite, c'est l'ensemble du parti de l'ordre qui se réunit contre le prolétariat; mais leur saloperie d'unité fut éphémère puisque le prolétariat y a répondu par des redditions et des désertions massives qui ont contraint l'Argentine à stopper la guerre.

            Dans sa déclaration "la sale guerre de l'impérialisme britannique" (opposée à la propre guerre du peuple?), la 4ème Internationale dit: "Il faut oeuvrer à ce que l'impérialisme britannique se termine par une défaite (...). L'effort de guerre de l'impérialisme doit être battu en brèche par les masses laborieuses et avant tout par celles d'Argentine et d'Amérique latine". De même, le PTB (Parti du Travail de Belgique, le plus important des groupes "marxistes- léninistes" en Belgique), dans son éditorial du 26 mai, "exige le retrait' immédiat de la flotte britannique" et "exprime son sou­tien aux peuples et aux révolutionnaires argentins qui exigent le rétablis­sement de la souveraineté argentine sur les îles". Ces déclarations démon­trent, s'il fallait encore le faire, que trotskystes et "m‑l" se situent dans le camp de la répression des mouvements défaitistes du prolétariat, même si ceux‑ci sont, aujourd'hui, encore limités.

C'est toujours au nom de "son bien" que les crapules bourgeoises envoient le prolétariat au massacre. Une "bourgeoisie nationale", un régime "démocratique", ... constitueraient de meilleures conditions de lutte pour le prolétariat. Mais l'histoire du mouvement ouvrier a déjà démontré qu'à chaque fois (Espagne 1936- 1937, Chili 1973, ...) que les prolétaires ont suivi ces consignes, ils ont couru au massacre tant idéologique que matériel. Tant que les prolétaires se laisseront entraîner dans des luttes telles fascisme contre antifascisme, nationalisme contre impérialisme, ... ils ne peuvent que se faire massacrer.

La bourgeoisie prépare sa "solution" à la crise ‑la guerre de plus en plus généralisée‑ par de gigantesques campagnes pacifistes et bellicistes destinées notamment à reconstituer l'unité nationale, condition sine qua non à l'embrigadement des prolétaires dans la guerre. Ce n'est pas par hasard que les roquets du capital qui organisent avec ferveur les campagnes pacifistes sont les mêmes qui aboient le plus férocement pour rabattre le prolétariat dans les fronts de guerre bourgeoise, sous prétexte de guerre populaire, de libération. nationale, etc. Dissoudre le prolétariat dans le peuple (terme a‑ classiste dont regorgent les discours de ces chiens), l'empêcher d'organiser sa solution à la crise/guerre de la bourgeoisie: le défaitisme révolutionnaire; pour ensuite l'envoyer se faire massacrer dans "une juste guerre défensive"; tel est le but de ces crapules bourgeoises.

Leur raisonnement est toujours le même: nous sommes pacifiques, nous voulons la paix, ... mais il faut bien nous défendre, défendre notre patrie, la patrie du socialisme ou encore résister contre l'impérialisme, ... Quand ils disent : "la défaite de l' impérialisme  serait une preuve de sa faiblesse qui permettrait une relance des luttes anti‑ impérialistes partout dans le monde" entendons : "si elle peut prendre, réemployons la même sauce pour bouffer le prolétariat dans plusieurs autres pays". Les courants trotskystes et "marxistes‑ léninistes" aujourd'hui, soutiennent tous deux l'Argentine, mais d'autres fois, ils soutiennent des camps impérialistes différents comme dans la guerre Vietnam/ Cambodge, en Angola, au Tchad, etc. Mais, nous n'en avons rien à foutre, s'il y a là des raisons idéologiques ou des intérêts divergents, il y a néanmoins convergence permanente dans la défense des intérêts du capital, dans la tentative de dissoudre le prolétariat dans un camp impérialiste quel qu'il soit.

En appelant "les travailleurs à défendre la juste cause de la souveraineté argentine sur les îles Malouines" (IVème int.) et en se situant "du côté du peuple argentin, du tiers‑ monde et des pays socialistes" ("M‑L"), les gauchistes, malgré leurs plats efforts de rhétoriques, ont démontré une fois de plus, qu'ils ne sont rien d'autre que des officines de recrutement pour la guerre impérialiste. Ils répriment donc, de concert avec les autres forces de l'ordre bourgeois, mais sous le couvert d'une autre idéologie, tous les actes de défaitisme révolutionnaire. Pour eux, les désertions massives, les grèves, les sabotages,... ne peuvent être que des actes "d'agents de l'impérialisme", "de provocateurs de la CIA", qui, de ce fait, doivent être réprimés au nom de la lutte du peuple.

Ce que Bilan, organe de la fraction italienne de la Gauche Communiste, déclarait en 1937 pour les trotskystes, est toujours d'actualité et est aussi valable pour les "marxistes‑ léninistes": "S'il n'a aucune continuité dans les idées, le trotskysme veut au moins maintenir la continuité dans la trahison permanente des intérêts du prolétariat". Pour les communistes, il n'existe pas de camp plus démocratique, plus progressiste ou plus socialiste à défendre. Dès que le prolétariat entre en lutte pour ses intérêts propres, de la lutte contre les mesures d'austérité à la transformation de la guerre bourgeoise en guerre civile internationale, il le fait contre toute la bourgeoisie de "gauche" comme de "droite", contre le capital mondial. Pour s'émanciper du joug du capital, il passera sur le corps de toutes ces crapules bourgeoises qu'elles se revendiquent ou non de lui. Trotskystes et "marxistes‑léninistes" n'auront droit, comme le reste de l'Etat bourgeois, qu'à la critique par les armes, à la destruction de leur ordre, de l'ordre bourgeois.


CE14.4.4 Nous soulignons: Malouïnes: Trotskystes et "marxistes- léninistes", les frères ennemis contre le prolétariat