Liban, Malouines, Iran, Irak, Afghanistan, Tchad,...

CONTRE LA GUERRE IMPERIALISTE : LA REVOLUTION COMMUNISTE MONDIALE

Les foyers de guerres impérialistes se succèdent et se généralisent de jour en jour; les vieux conflits persistent: Erythrée, Sahara, Iran‑ Irak, Afghanistan,... et de nouveaux apparaissent: Malouines, Liban,… Après la reconquête anglaise des Malouines qui ne signifie nullement la fin de la guerre dans cette région entre la Grande Bretagne et l'Argentine (1), s'est déclenchée une immense boucherie, un réel génocide, au Liban, ayant à l'heure actuelle, alors que Beyrouth n'est pas encore tombée, entraîné plus de 970 000 prolétaires dans la plus noire misère, plus de 15000 morts, 20.000 blessés et un nombre indéterminé de milliers de prisonniers "de droit commun" concentrés dans des camps secrets en Israël. Et c'est, comme toujours, avec le plus parfait cynisme que s'effectue le massacre des prolétaires, sans distinction, hommes, femmes, enfants, vieillards,… tous sont sacrifiés sur l'autel de la valeur. Dans un camp, l'Etat israélien bombarde tout ce qui vit, dans l'autre camp l'O.L.P. et consorts s'abritent derrière les non- combattants . Tous les Etats du monde sont au même titre responsables, sont au même titre massacreurs. La nature immonde de toutes les guerres bourgeoises s'exprime ici avec "éclat", les guerres bourgeoises sont toujours fondamentalement, en tout lieu et de tous temps, des guerres anticommunistes, des guerres CONTRE LE PROLETARIAT (2). Et c'est la bouche pleine du "droit des peuples", de "l'auto‑ détermination", du "droit à l'existence", de "la paix et de la liberté", que dans tous les camps se justifient la guerre, la torture, la barbarie, la boucherie, la liquidation physique et systématique de population excédentaire pour le capital (3).

Le prolétariat n'a pour lutter contre les guerres bourgeoises qu'une seule position invariante: OPPOSER A LA GUERRE IMPERIALISTE, LA GUERRE CIVILE REVOLUTIONNAIRE CONTRE SA PROPRE BOURGEOISIE. La seule façon d'arrêter la guerre impérialiste c'est de développer, là où l'on se trouve, la guerre de classe.

"La lutte réelle contre le déclenchement de la guerre impérialiste qui se profile à l'horizon ne peut se concevoir abstraitement et unilatéralement sous forme d'actions spécifiques, mais par la pratique et le développement de la lutte internationale des classes. Elle pose devant le prolétariat la tâche concrète de bouleverser le rapport actuel des classes en vue de la destruction du capitalisme. A la guerre, solution capitaliste à la crise de la société bourgeoise, le prolétariat ne peut opposer que sa propre solution: la révolution, instaurant le socialisme. (Jehan ‑ "La guerre impérialiste et les tâches de la Ligue" ‑ 1936 texte reproduit dans Le Communiste n°6)

Alors que la solution bourgeoise à la crise, le cours vers la guerre mondiale généralisée, s'impose de plus en plus nettement, la bourgeoisie mondiale complète ses préparatifs militaires, idéologiques (4),... à la guerre, par la multiplication de réunions, conférences, campagnes pacifistes, humanitaires, pour les droits de l'homme, pour la réduction des armes nucléaires,...  application généralisée du vieil adage: "Si tu prépares la guerre, parle de paix". Et voilà apparaître, sur la scène du spectacle bourgeois, les bonnes âmes, les curés, les gauchistes, ... demander aux Etats en guerre (réelle ou potentielle), à grands cris: la paix, peace, pax, ... De fait, toutes ces racailles pleurnichantes demandent vraiment à nos exploiteurs la paix, mais celle dont il s'agit, c'est la paix sociale, la paix du capital. Pleurnicher dans l'absolu contre les guerres, contre la violence et le terrorisme, c' est essentiellement lutter préventivement contre les réactions prolétariennes, contre le défaitisme révolutionnaire, négation violente de la guerre bourgeoise par la guerre révolutionnaire. La fonction centrale de toute l'idéologie pacifiste est ainsi dévoilée: il s'agit « d'opposer » à la guerre impérialiste qui vient, de fausses solutions, la paix bourgeoise, le "désarmement" bilatéral (5),... qui ne servent en fait qu'à polariser l'opinion publique entre deux camps tout autant impérialistes l'un que l'autre et qui, bien évidemment, le jour de l'éclatement guerrier, se rejoindront en chœur unanime pour défendre la guerre et ce, toujours, au nom de la paix, de la démocratie, du socialisme,...

Pour la bourgeoisie, colombes et faucons, paix et guerre signifient la continuation sous d'autres formes de la même politique anti‑ ouvrière: au plus la bourgeoisie parvient à imposer au prolétariat la paix sociale, au plus sont remplies les conditions du déclenchement de la guerre généralisée (6). Au moins le prolétariat lutte contre son ennemi frontal, contre "sa" bourgeoisie, au moins il se donne les moyens de résister, de lutter contre la guerre à venir. C'est en luttant aujourd'hui de manière intran­sigeante contre la désagrégation permanente de ses conditions de vie et de lutte, que le prolétariat se donne les moyens d'opposer à la solution bourgeoise sa propre solution de classe, la révolution communiste mondiale.  Rompre la paix sociale, c'est directement lutter contre le capitalisme pro­ducteur en permanence de guerres de plus en plus générales, de plus en plus meurtrières. Le programme de la bourgeoisie mondiale est clair:

"Une seule perspective: des destructions, un conflit permanent, la perte de beaucoup de vies" (déclaration de Perez de Cuellar, secrétaire général de l'ONU).

Antagoniquement à ce programme, le prolétariat affirme le sien: une seule perspective, répondre à la guerre impérialiste par la lutte contre le capital mondial et tous ses Etats, développer effectivement la guerre de classe, la guerre sociale contre la bourgeoisie de "notre propre" pays, contre les Etats de là bourgeoisie de "notre" bloc, contre les armées de "nos" exploiteurs et de "nos" massacreurs directs, pour la destruction de tous les Etats bourgeois (7).

Ainsi se trouve formulée la seule réponse prolétarienne aux guerres bourgeoises: le défaitisme révolutionnaire. Mais aujourd'hui comme hier de nombreuses forces bourgeoises essayent de dénaturer cette unique réponse prolétarienne soit en essayant malgré tout de faire combattre les ouvriers dans un des camps en présence, qualifié de socialiste, de démocrate, d'antifasciste ‑grande spécialité des gauchistes qui contre vents et marées parviennent chaque fois à trouver un camp "moins mauvais" à soutenir (8)‑, soit sous prétexte de "défaitisme new‑ look" en refusant comme Kautsky en


1914 de donner de réels mots d'ordre pour la défaite complète "de sa propre patrie". Hier aussi, les positions contre‑ révolutionnaires s'exprimaient jusqu'à Zimmerwald (5‑8 septembre 1915) par la voix du pacifisme ou plus subtilement, par l'intermédiaire des positions dites "centristes" de type "ni victoire, ni défaite" ou encore par la limitation des positions aux simples vœux platoniques de type "guerre à la guerre" sans évidemment jamais concrétiser dans la pratique, la réelle signification du défaitisme: la lutte par tous les moyens politiques, économiques, militaires,... pour la défaite de "sa patrie", de "son camp", de "son bloc". Lénine attaquait déjà vertement R. Luxembourg  (Junius) qui ne comprenait pas en quoi:

"La révolution était à l'ordre du jour en 1914‑1916, elle était contenue dans la guerre, elle naissait de la guerre. C'est ce qu'il fallait "proclamer" au nom de la classe révolutionnaire en précisant jusqu'au bout, sans crainte, son programme, à savoir: le socialisme, lequel est impossible en temps de guerre sans guerre civile contre la bourgeoisie archiréactionnaire, criminelle, qui voue le peuple à des calamités sans nom. Il fallait méditer des actions systématiques, coordonnées, pratiques, absolument réalisables quelle que fut la vitesse de développement de la crise révolutionnaire, des actions allant dans le sens de la révolution mûrissante. Ces actions sont indiquées dans la résolution de notre parti: 1) vote contre les crédits 2) rupture de la "paix civile" 3) création d'une organisation illégale 4) fraternisation des soldats 5) soutien de toutes les actions révolutionnaires des masses. Le succès de toutes ces mesures mène inéluctablement à la guerre civile." . (V.I. Lénine ‑ A propos de la brochure de Junius ‑ juillet 1916).

            Et aujourd'hui, de nouveau, peu de forces révolutionnaires comprennent la réelle signification concrète du défaitisme, comprennent en quoi La guerre  et la défaite. peuvent être des facteurs d'accélération des antagonismes de classes et donc de notre solution: la révolution.

"Nous devons montrer aux ouvriers comment la défaite d'un gouvernement, maintes fois dans l'histoire, a rendu le plus grand service au peuple qui était assujetti à ce gouvernement; la défaite amenait l'accouchement de la révolution, c'est‑à‑dire qu'elle avait des conséquences bienfaisantes pour toute l'humanité (...) On ne peut être internationaliste conséquent sans être "défaitiste". Plus l'internationalisme sera fort, plus l'on s'assimilera cette vérité."

 (G. Zinoviev ‑ Le "défaitisme" naguère et aujourd'hui ‑ Octobre 1916 ‑ dans Lénine, Zinoviev, Contre le courant)

Il faut avoir les yeux bouchés par l'incurie et le doctrinarisme borné pour ne pas comprendre que la défaite de l'Argentine aux Malouines est essentiellement due aux importants et massifs mouvements de classe tant dans l'armée que dans l'ensemble du prolétariat; que c'est massivement, en abandonnant armes, chaussures, et bagages que les soldats ont déserté, se sont mutinés et se sont rendus; que de plus en plus d'ouvriers ne voulaient plus de cette "sale guerre"; de même qu'en Syrie et en Cisjordanie, de nombreux troubles sociaux, des émeutes ont éclaté peu avant l'invasion du Liban par Israël. C'est, volontairement ou non, servir la contre‑ révolution que d'ignorer qu'à la suite de défaites successives de l'armée irakienne, d'importants mouvements classistes ont embrasé l'Irak allant jusqu'à occuper partiellement et pendant plusieurs jours Bagdad, affrontant militairement l'armée et les flics dans plusieurs provinces du pays, fraternisant avec des soldats iraniens et tout cela dans un climat quasi insurrectionnel (Cf. le manifeste de nos camarades contre la guerre Iran/Irak dans cette revue).

Nous voyons en quoi ainsi, si dans un premier temps la guerre signifie désarticulation, désorganisation du prolétariat et même la liquidation idéologique et physique du prolétariat en tant que classe, son adhésion au nationalisme, à l'antifascisme ou à la libération nationale étant une des conditions essentielles au déclenchement d'une guerre, souvent, cet "écrasement" n'est que relatif et temporaire et parvient à se transformer en un puissant mouvement révolutionnaire balayant tous les Etats. C'est une telle situation qui catalysa la vague révolutionnaire des années 1917‑1923. Le réel problème est celui du rapport mondial de forces entre prolétariat et bourgeoisie, entre révolution et contre‑ révolution. Et, évidemment, ce rapport de forces n'est pas joué une fois pour toutes par le déclenchement d'une guerre impérialiste, même généralisée. Autant de forts mouvements de classe ont été arrêtés et transformés par la bourgeoisie mondiale en des guerres impérialistes (Espagne 1936, Salvador 1979,...); autant le prolétariat mondial peut parvenir ‑et il le peut d'autant plus que son avant‑ garde lui donne de clairs mots d'ordre défaitistes‑ à transformer des guerres impérialistes en guerre  civile internationale. De plus, nous savons que de plus en plus se dessinent, face à d'importants mouvements de classe embrasant de fait plusieurs nations, des interventions du capital mondial par l'intermédiaire de plusieurs armées "étrangères" dont les plus spécialisées sont aujourd'hui, les armées américaine, soviétique, anglaise, française, israélienne, cubaine, vietnamienne, belge,... ne laissant presque jamais à l'armée locale souvent en décomposition, le "soin" de réprimer. Ainsi, le caractère éminemment international du capitalisme ne fait que renforcer d'autant plus notre internationalisme prolétarien; de plus en plus, le problème se posera en termes d'une armée bourgeoise ‑tendant à unifier des armées nationales en forces bourgeoises multinationales pour défendre le capital mondial (9)‑ face à la révolution prolétarienne mondiale. Le marxisme en explicitant les guerres bourgeoises comme étant fondamentalement des guerres anti- ­prolétariennes, comme étant de plus en plus la guerre entre révolution et contre‑ révolution, donne en même temps la réponse à l'énigme des guerres, les guerres ne sont pas inévitables, elles sont des produits des sociétés de classes. Le communisme abolira donc aussi les guerres.

Il reste encore ceux qui, plus vicieux, tout en proclamant le défaitisme dans telle ou telle guerre, maintiennent des positions bellicistes dans telle ou telle autre. Leurs grandes déclarations défaitistes ne sont donc qu'un nuage de fumée lâché pour aveugler des prolétaires qui, attirés par ces grandes déclarations, se retrouvent embrigadés dans un autre conflit bourgeois. Ces groupes, par leurs déclarations formelles et ronflantes, ne servent en fait que de rabatteurs radicaux pour les guerres bourgeoises, pour les guerres contre le prolétariat mondial (10). Evidemment, ce recrutement de prolétaires pour le massacre impérialiste se fait au nom des "guerres justes"  (comme si une guerre pouvait être juste ou injuste alors que toutes servent la même cause: la destruction massive de forces productives et donc de prolétaires) ou de "libération nationale". Il en va ainsi des pseudo‑ internationalistes qui condamnent avec fracas la guerre irano- irakienne tout en soutenant ouvertement le camp kurde dans la guerre entre ces mêmes Etats et les nationalistes kurdes. Une telle attitude ‑qui n'est évidemment pas un cas isolé ni l'apanage d'un seul groupe‑ disqualifie, du point de vue prolétarien, ses défenseurs passés et à venir qui, même indirectement se font les sergents recruteurs des boucheries impérialistes  (11). Il faudra toujours à la bourgeoisie, pour compléter son arsenal idéologique, que des prétendus révolutionnaires justifient avec un "langage marxiste " (pillage des formes et des phrases du programme communiste) les plus anti‑ communistes de ses actions et en particulier les guerres. Le prolétariat révolutionnaire agira contre ces flancs‑ gardes de la bourgeoisie avec la même rigueur que contre les autres fractions, les massacreurs, les pacifistes tout comme leurs justificateurs pseudo‑ ouvriers seront liquidés sans aucune pitié !

Un autre élément se dégage de la généralisation des guerres impérialistes que nous connaissons aujourd'hui, confirmant le contenu invariant de toutes les guerres bourgeoises: elles sont de plus en plus clairement des guerres de destruction, des guerres d'extermination massive de prolétaires. Déjà lors de la deuxième guerre mondiale, avec ses quelques 50 millions de victimes, l'on a constaté beaucoup plus nettement que lors des guerres antérieures (et de manière plus évidente encore en comparaison avec les guerres féodales et les guerres esclavagistes qui, si elles étaient indiscutablement inhumaines, ne mettaient aux prises qu'une minorité d'exploités laissant la plupart du temps le gros des populations en dehors des "champs de bataille"), la grande majorité des êtres humains sacrifiés était des non‑ combattants, était des civils. Que cela soit dans les camps d'extermination nazis ou lors des bombardements systématiques et démocratiques de villes comme celles de Berlin, de Dresde, d'Hiroshima, de Nagasaki,... ce qui était visé était moins mettre hors d'état de nuire l'armée adverse que détruire le plus possible de forces productives excédentaires et donc d'êtres humains. Cette tendance à la guerre "totale" n'a fait, au travers des guerres de Corée, du Vietnam, ... jusqu'à aujourd'hui au Liban, que s'accentuer encore plus nettement. Pour le capital, tout ce qui vit mérite de périr. Il n'y a plus de civils, de non‑ combattants, il n'y a que des "terroristes", que des "juifs", des "palestiniens", ... des ennemis à massacrer. La guerre n'est plus (comme par le passé) une guerre de positions, une guerre de fronts. Il n'y a plus de fronts car il faut tout raser; il n'y a plus de "champs de bataille" parce que le monde entier est devenu un seul gigantesque "champ de bataille". Il suffit de regarder ce qui reste de Saïda, de Nabatieh, de Tyr et bientôt de Beyrouth pour comprendre que ce ne sont pas des casernes, des forteresses qui sont détruites, mais les usines, les hôpitaux, les crèches, les asiles, les quartiers ouvriers,... seules restent encore debout quelques églises pour rappeler aux "vivants" qu'ils sont là, pour expier: "Y a ‑t‑ il une vie avant la mort" pour les ouvriers du monde?

Le cynisme de la bourgeoisie atteint un tel point d'horreur civilisatrice que, de plus en plus, les armes qu'elle utilise (bombes à frag­mentations, bombes à neutrons, armes chimiques et bactériologiques, ) sont des armes qui détruisent toute vie (ou obligent systématiquement à

d'immondes amputations) des armes qui n'attaquent que la chaire humaine pour laisser, le plus intact possible, la brique, le ciment, les bâtiments, etc. Plus que jamais, le capital se nourrit du travail vivant pour accumuler toujours plus de travail mort,... de cadavres.

"La prière se poursuit, intense et vibrante; le prêtre soulève le cadavre par les aisselles, il le dresse lentement et le maintient devant lui, debout. Le rite continue et le chant s'élève toujours: les deux corps entreprennent un grand cercle, tel un lent pas de danse; le vivant regarde le mort et le fait marcher face à lui. Le spectateur étranger regarde, les yeux écarquillés: c'est la grande expérience de l'occulte doctrine asiatique que l'on renouvelle. Tous deux marchent toujours dans le cercle des fidèles. Soudain, pas de doute, dans un des cercles décrit par le couple, un rayon de lune a passé entre les deux corps qui déambulent. Le corps vivant a relâché les bras de l'autre qui, de lui‑ même, se tient debout et se meut  Sous l'emprise du magnétisme collectif, la force vitale de la bouche saine a pénétré le corps ravagé; le rite est à son comble: pour quelques instants ou pendant des heures, le cadavre, droit sur ses jambes, animé de par sa seule force, marche.

Aussi horriblement, une fois encore, la jeune et généreuse bouche du prolétariat, puissante et vitale, s'est appliquée contre la bouche putréfiée et fétide du capitalisme et lui a redonné, dans une étroite union inhumaine, un autre souffle de vie. (« Il cadavere ancora cammina » ‑ Sul filio del tempo)

La civilisation capitaliste et ses guerres ont atteint le plus haut point d'inhumanité; seule l'instauration du communisme mettra fin à cette course effrénée vers la barbarie et la mort.

En conclusion, nous affirmons que:

1)         Depuis que le mode de production capitaliste existe et donc domine la planète entière, toutes les guerres sont autant bourgeoises, autant capitalistes, toutes les guerres, au‑ delà des idéologies pour lesquelles le capital dit les faire, sont des guerres contre le prolétariat, sont des guerres contre‑ révolutionnaires.

2)         La cause des guerres bourgeoises est toujours, au‑delà des rivalités inter‑impérialistes, la dévalorisation, la chute du taux de profit en

(11) Pour ceux qui ne l'auraient pas deviné, ces critiques s'adressent au PCI‑ Programme communiste dont les sections en Algérie et sa presse pour l'Afrique du Nord ‑ El Oumami‑ ont développé une intense campagne de soutien aux guerres impérialistes dites de "libération nationale", tant hier en Algérie, au Vietnam, au Cambodge, ... qu'aujourd'hui en Erythrée, en Kabylie, au Kurdistan, au Liban où ce groupe appuie bien entendu "critiquement" le "peuple palestinien" et donc la bourgeoisie et son Etat, l' O.L.P. Le PCI‑ Programme communiste joue ainsi le même rôle contre‑ révolutionnaire de rabatteurs critiques radicaux, ... que les trotskistes des années '1930 (cf. notre texte: "Le trotskisme: produit et agent de la contre‑ révolution" dans Le Communiste n°8). traînant une surproduction généralisée de marchandises et donc aussi une surpopulation. Pour la bourgeoisie, d'hier comme d'aujourd'hui, le but principal (même si selon sa conscience il s'agit surtout de détruire l'ennemi) est toujours le même: la destruction massive d'hommes que le capitalisme a transformés en marchandises aujourd'hui excédentaires. Le communisme lui seul supprimera les guerres.

3)La bourgeoisie doit, pour faire ses guerres, liquider le prolétariat en tant que classe c'est ‑à‑ dire en tant que force agissante, en tant que parti, pour le dissoudre dans le peuple, pour alors embrigader ces citoyens parmi d'autres citoyens derrière n'importe quel drapeau cachant la face hideuse du capitalisme, de l' antifascisme ou du fascisme, progressiste ou réactionnaire, démocrate ou totalitariste, de la conquête d'un espace vital ou de la libération nationale, de la défense de l'occident civilisé ou de l'anticolonialisme,... C'est toujours au nom de la paix, de la liberté, de la démocratie, du socialisme, ... que s'amoncellent les cadavres, que civils comme militaires sont mutilés à coups de bombes à fragmentations, sont concentrés dans des camps pour crever.

4) L'internationalisme, réponse ouvrière aux attaques bourgeoises, signifie dès aujourd'hui rompre la paix sociale, la paix du capital, développer nos luttes là où l'on se trouve, contre ses exploiteurs directs et ce, partout dans le monde. C'est en répondant coup pour coup aux dégradations de nos conditions de vie que nous préparons notre solution à la crise bourgeoise: la révolution communiste mondiale. C'est l'unique moyen de lutter contre la solution bourgeoise qu'est la guerre généralisée.

5)            Le déclenchement de la guerre impérialiste même généralisée ne signifie pas nécessairement l'écrasement définitif du prolétariat. En effet, historiquement, si la guerre signifie dans un premier temps un relatif écrasement, elle peut ensuite dialectiquement déterminer une reprise d'autant plus forte qu'elle a mis à nu les contradictions et la barbarie immanente au système capitaliste. Pour les ouvriers révolutionnaires, la lutte contre la guerre signifie directement le défaitisme révolutionnaire.

6) Le défaitisme révolutionnaire tourne le dos à tout pacifisme même déguisé et radicalisé c'est ‑à‑ dire n'allant pas jusqu'à donner des consignes concrètes et précises en vue d'encourager et d'agir violemment pour la défaite de "son" camp, de "sa" nation, de "ses" armées. Le défaitisme prolétarien signifie, outre l'évidente propagande défaitiste:

‑l'organisation du sabotage de l'économie, de la production, des convois d'armements,...de tout le consensus nationaliste;

-l'organisation de toute action visant à saper tant le moral que l'envoi de prolétaires à la boucherie;

‑l'organisation de la désertion la plus massive possible; ‑ l'encouragement à la fraternisation, à la mutinerie, au retournement des fusils contre "ses" officiers , ...

 ‑ l'action la plus décidée et la plus offensive en vue de transformer la guerre impérialiste en guerre  civile pour le communisme;

7)Evidemment, le défaitisme révolutionnaire ne peut se concevoir dans un seul camp. Les directives communistes de sabotage sont fonction de la nature internationale de la classe ouvrière et s'adressent donc au prolétariat du monde entier. Le défaitisme prolétarien signifie la lutte à outrance contre "sa bourgeoisie" et ce, dans tous les camps (12), dans tous les pays.

8)Ce sont, de plus en plus, les événements eux‑ mêmes, la généralisation des conflits, qui détermineront chaque fois plus le prolétariat à choisir: soit crever pour le capital, soit vivre pour le communisme en s'organisant en parti internationaliste dirigeant la révolution communiste mondiale.

Camarade prolétaire , SOUVIENS‑TOI !

"LES OUVRIERS N'ONT PAS DE PATRIE"

(Manifeste du Parti Communiste ‑ 1847)

 1er juillet 1982.

PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS !

"La manœuvre de 1914 se répète. Vous êtes appelés à vous battre pour la démocratie contre la dictature: en réalité, vous êtes appelés à épouser la cause de vos impérialismes.(...)

Au cas où vous ne sauriez faire déferler ces mouvements de classe, la guerre est inévitable et sa transformation en guerre civile n'est possible qu'au travers de la reprise de vos mouvements de classe pour la défaite de tous les Etats qui vous auront jetés dans le carnage mondial. Disposez‑ vous à combattre contre toutes les patries: fasciste, démocratique, soviétique.

Votre lutte est la lutte pour l'Internationale, pour la révolution. Pour la victoire révolutionnaire, vous expulserez de vos rangs les traîtres socialistes et centristes qui, brisant votre front révolutionnaire, ont préparé les prémisses pour la guerre et prendront la tête des forces qui vous conduiront à une acceptation de la cause capitaliste: la cause de la guerre. (...)

           

Vive la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile !

            Vive les fractions de la gauche communiste !

            Vive l'Internationale et à bas toutes les patries !

            Vive la révolution communiste mondiale !"      

            (Manifeste de la Fraction italienne de la Gauche Communiste)   

Notes:

(1)       Sur cette question, nous renvoyons le lecteur intéressé à notre texte:             "Malvinas ‑ Contra la guerre impérialista : La revolucioَn communista mundial'' dans Communismo n°9 ainsi qu'au texte: "Malouines ‑ Un pas vers la guerre mondiale" dans Action Communiste n°6

(2)       Pour le développement de cette question, nous renvoyons le lecteur à notre étude: "Les causes des guerres impérialistes" à propos de la polémique au sein de la Gauche Communiste des années 1930, dans Le Communiste n° 6 .

(3) Cette liquidation systématique de population excédentaire pour le capital et la peur de la réémergence prolétarienne (exemple du bombardement de Berlin en 1945) sont les raisons fondamentales mises en avant par le marxisme révolutionnaire pour expliquer l'extermination des millions d'êtres humains non pas par les "méchants nazis" ou aujourd'hui les "méchants israéliens", comme le fait croire tout le battage antifasciste, démocratique et nationaliste, mais par le capital mondial. Lisez à ce sujet: "Auschwitz ou le grand alibi" de Bordiga.

(4) Cf. notre texte "L'armée et la politique militaire des Etats‑ Unis" dans Le Communiste n°12 et 13.

(5) D'autant plus que nous savons qu'historiquement, toutes ces conférences, ces accords de "non‑ agression",... ont toujours tranché des pas effectifs dans la préparation à la guerre, comme nous le montrent le pacte entre Hitler et Staline en 1939, les accords de Munich, ... et récemment, les accords de camp David.

(6)       Pour plus de développement, lisez nos textes "On nous parle de paix" dans Parti de Classe n"3 ainsi que "Campagnes anti‑ missiles, antinucléaires, pacifistes,... un pas vers le désarmement du prolétariat, un pas vers la guerre impérialiste généralisée" dans Action Communiste n°5.

(7)            Lorsque nous parlons de "tous les Etats bourgeois" nous reprenons encore une vision descriptive qui analyse la bourgeoisie mondiale comme organisée en de multiples Etats, eux‑ mêmes regroupés en constellations plus ou moins mouvantes. Il est clair que cette vision correspond à l'analyse des contradictions inter‑ impérialistes, des luttes inter‑ fractions au sein d'une même classe mondiale: la bourgeoisie. Ce type d'analyse ne doit ja­mais nous faire oublier l'existence d'une réalité globale, l'existence d'un Etat bourgeois mondial manifestant sa présence et l'intérêt du capital global face au prolétariat. C'est en effet contre la lutte internationale et internationaliste du prolétariat que la bourgeoisie parvient pleinement à s'unifier, à se regrouper derrière son Etat mondial, faisant ainsi le temps de la lutte contre le prolétariat, taire les différents antagonismes inter­- fractionnels tout à fait négligeables en regard au seul danger mortel que représente le prolétariat. C'est ainsi que l'on peut voir fréquemment, face à la menace ouvrière, la réunification d'armées et d'Etats qui la veille encore en guerre ouverte l'un contre l'autre, se réconcilient le temps d'écraser les luttes ouvrières (cf. les exemples en Russie en 1918‑1919 en Espagne en mai 1937…).

(8) Cf. notre "Nous Soulignons" sur la prise de position de la IVème Internationale trotskiste et des courants maoïstes en faveur de l'Argentine dans le conflit des Malouines.

(9)       Cette tendance se manifeste dans le fait de la démultiplication des armées présentes sur le "théâtre des opérations". Au Liban, nous pou­vons  compter 1) l'armée israélienne 2) l'armée syrienne 3) l'armée libanaise 4) l'O.L.P et les multiples groupes armés annexes (on n'en compte pas moins d'une trentaine) 5) les milices chrétiennes phalangistes de Bechir Gemayel 6) les troupes de l'ONU, FINUL sous le masque desquelles se retrou­vent notamment des paras français 7) des troupes iraniennes combattant aux côtés des syriens,... et l'on nous annonce l'arrivée probable de troupes américaines !!!

(10)            Reprenant en cela une argumentation contre‑ révolutionnaire présente chez Lénine et développée ensuite massivement par tous les courants léninistes ‑ staliniens, trotskystes; maoïstes et aujourd'hui les "nouveaux" trotskystes" auto‑ proclamés "bordighistes") en justification de leurs par­ticipations actives et "critiques" aux boucheries impérialistes.

(12)     "Donc, saboter un seul des deux militarismes ne veut pas dire aider l'autre mais les saboter tous les deux, saboter leur principe historique commun, leur moyen de conservation et de domination." (Bordiga ‑ "Les enseignements de l'histoire récente" ‑ 1918).

 


CE14.1 Contre la guerre impérialiste: La révolution communiste mondiale