C’est tous au sol, fraternellement mélangés de Carillo à Fraga, de Calvo-Sotelo à Felipe Gonzales, que se sont retrouvés tous les dignes élus du peuple espagnol. Et si cette position aplatie correspond à leur culte commun de la sainte démocratie, c’est la sainte trouille qui est à l’origine de leur plongeon !

Mais cette « grande peur » n’est pas celle que leur inspire le spectre de la révolution communiste détruisant de fond en comble le système d’esclavage salarié. Non, la frousse qu’ont eue toutes ces racailles est beaucoup moins dangereuse pour eux et les intérêts qu’ils défendent ; c’est celle due à la simple possibilité –aujourd’hui prématurée- de changement de forme de la dictature capitaliste.

 

Il est clair pour nous ouvriers révolutionnaires que dans le fond, tous, de l’extrême droite putschiste au P »C »E, de l’Eglise au gauchistes (ETA comprise), sont d’accord sur l’essentiel : la défense de l’économie nationale (nécessitant donc l’augmentation des mesures anti-ouvrières) et le renforcement/blindage de la démocratie (c’est-à-dire le développement fondamentale d’intérêts qui a été mise en avant de tous côtés : les députés /otages criaient « Vive la démocratie, vive l’Espagne », le lieutenant-colonel Tejero, chef des conjurés affirmait vouloir « établir une véritable démocratie en Espagne ». Tous invoquent le représentant suprême de l’Etat capitaliste, le roi Juan Carlos; tous veulent « l’union nationale, la paix, l’ordre et la sécurité » !

 

Que le putsch ait réussi ou non, c’est de toute manière l’Etat capitaliste et sa dictature démocratique qui ressortent fortifiés, plus terroristes, car soutenu par le peuple uni dans « la défense de la Constitution et de la légalité ». De tous côtés, la bourgeoisie veut ainsi étouffer le prolétariat et ses luttes sous l’union sacré anti-fasciste ou anti-putschiste : « Le temps est venu de la fraternité, celui de se prendre par le bras sans distinction de gauche ou de droite »  (Diario 16)

 

Le prolétariat, dans sa lutte pour détruire l’Etat capitaliste n’a aucun intérêt à défendre l’une ou l’autre fraction de la bourgeoisie, putschiste ou anti-putschiste, car toutes visent par ses voies parfois différentes à l’écraser violemment, à le détruire en tant que classe en lutte. C’est pourquoi, les seules perspectives pour les ouvriers d’Espagne sont de développer leur luttes sans aucun répit  contre « leur » bourgeoisie quel que soit son drapeau socialiste, nationaliste, putschiste, anti-fasciste, séparatiste…

 

PAS DE TREVE NI D’ALLIANCE !

Mais CLASSE CONTRE CLASSE

FORCE CONTRE FORCE

 

UNION NATIONALE = UNION POUR LE CAPITAL


CE9.1 Espagne, à genoux devant la dictature démocratique