L'horreur du Capital s'étale en maître au Cambodge, dépassant depuis longtemps tout ce que l'imagination pourrait concevoir. Mais non contente d'avoir engendrée la brutalité aveugle qui l'accompagne naturellement, la bourgeoisie s'amuse encore avec cynisme et sans pudeur à reporter cette tragédie sur de soi-disant "Etats communistes".

Pour les besoins du Capital, pour développer ses profits, sans s'arrêter aux moyens employés, pour renforcer son exploitation sur le prolétariat, les impérialistes en présence s'acharnent, du plus grand au plus petit, à s'entre- déchirer dans les territoires du Sud- Est Asiatique, utilisant les prolétaires comme chair à canon.

A chaque contre- révolution, le Capital tourne tout le mouvement communiste en dérision, le vidant de sa substance révolutionnaire, le déformant pour le donner en pâture à "l'opinion publique", et proclame ainsi quelques Etats de "communistes", là où règne le Capital en despote comme partout ailleurs au monde. Maintes fois
les communistes ont dénoncé cette falsification de l'idéologie dominante qui essaye de faire croire que le Capital peut être non mondial et que le communisme est possible dans un seul pays.

Après la guerre ininterrompue au Cambodge pendant des décennies, il y a encore surpopulation par rapport à l'absorption possible par le Capital de toute la main - d'oeuvre nécessaire à sa reproduction. Alors, les impérialistes, d'autant plus agressifs que faibles, continuent leur guerre fractionnelle entre Etat vietnamiens et Khmers rouges rebelles, et dans laquelle tous les Etats, de la Chine aux ?tats- Unis en passant par le Japon et l'URSS, investissent comme dans un combat de coqs. Dans tout cela, les prolétaires sont massacrés, torturés, violés, affamés, et les
survivants ne voient leur salut que dans la fuite. Mais c'est encore avoir trop d'illusions dans le Capital: de l'enfer au Cambodge, ils tombent dans le cauchemar du rejet, de l'entassement dans les camps. Ces derniers, que l'Etat Thaïlandais "concède" à ceux qui ont réussi à passer la frontière sans se faire tuer par
toutes les armées à la fois, n'arrange rien: une guerre frontalière s'engage à point pour que toutes les armées ne ratent pas leur objectif unique: le bombardement des camps de réfugiés.

Ils sont de trop au Cambodge? Qu'ils fuient ou meurent! Mais ailleurs, les autres Etats du monde ont leurs problèmes de trop-plein de main- d'oeuvre, de chômage: la crise frappe partout. On voit alors des "boat- people" se laissant aller à la dérive, où des milliers de gens errant dans les forêts, ne sachant où aller ou entassés dans les camps attendant désespérément la mort, ou encore restant sur place, laissant la famine achever la destruction.

La bourgeoisie, pour exprimer son "humanité" extrême, prend certains "boat- people" bien sélectionnés et les exhibe dans les pays "d'accueils" pour essayer de se laver les mains de manière émouvante de l'enfer qu'elle a provoqué. En dehors de ces quelques paravents, elle aide les réfugiés à sa manière: elle les tue. Le
prolétariat, en Europe "civilisée" comme ailleurs n'est pas exclu de cette barbarie: la misère du capital s'étend à tous les niveaux: elle n'est que plus ou moins bien dissimulée. Depuis longtemps, le Cambodge est une caricature, un vaste camp de
concentration de la bestialité capitaliste, une démonstration brutale de plus de l'incompatibilité totale entre l'espèce humaine et le capitalisme. Non, ce qui se passe au Cambodge n'est pas dû au capitalisme, c'est le capital!




CE4.3 Cambodge : les sommets de la civilisation